‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 53 sur 151 · Romania, t. VI, p. 132 [ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Romania, t. VI, p. 132 [ci-dessus, p

2. Zi'itschr.f. rom. Phil., t. VIII, p. 105 (et non 195, comme imprime Kôrting).

de ficatum jeciir (voy. plus loin); ensuite on ne voit pas pourquoi dans le groupe ficatumjécur on aurait éprouvé le besoin de reculer l'accent du premier élément, ni pourquoi le recul de l'accent aurait amené le changement de l'î en ï ou ë '.

En 1885, ^- Grober proposa l'explication que j'ai indiquée ci-dessus, et qu'il maintint en 1889. Suivant lui, « d'après la distribution des formes sur le domaine roman, c'est fitïcum, non attesté, qui apparaît comme la plus ancienne ». Cela tient à la théorie bien connue du savant philologue sur la chronologie du roman : le roumain, le sicilien, le vénitien, le frioulan, représentent, à cause de la date de la conquête des provinces où ils se parlent, l'état le plus récent du latin vulgaire (sauf toutefois l'italien, qui est le latin vulgaire continuant toujours à évoluer) ; le sarde, puis l'hispano-roman et enfin le gallo-roman représentent les états successivement les plus anciens. Il est vrai que pour regarder fiticum comme la forme la plus ancienne il faut, dans cette théorie, écarter le sarde ficâu (mais cQs,i figàii) comme « Buchform » (plus tard M. Grober a écarté de même le roumain, le vénitien et le frioulan % mais il n'a parlé ni du vegliote ni du ladin). « Uesp. hîgado, postérieur au sarde fidigu, est le produit de la refaçon du mot d'après ficus, déjà à l'époque romaine, amenée par l'usage d'engraisser les oies avec des figues. » Ce qui a frappé M. Grober, c'est que « à l'appui d'une interversion des phonèmes de ficatum en *fiticum, surtout dans plusieurs langues romanes, on ne saurait apporter absolument aucun exemple ». Cette dernière assertion est juste, mais ne suffit pas à étayer une hypothèse aussi aventureuse.

M. Meyer-Lubke, dans sa Phonétique romane, s'est occupé de notre mot à quatre reprises. Au § 44, après avoir remarqué que les formes romanes postulent une triple base, fécatu,

1. M. Grober (Arch.f. ht. Lexik., t. VI, p. 389) dit que « d'Ovidio explique le déplacement d'accent par la position proclitique de ficatum dans le groupe ficatum jecur, ce qui aurait amené l'introduction du suffixe -(a)ticum pour icatum » Cette explication n'est pas celle de M. d'Ovidio, purement phonétique ; elle est d'ailleurs en elle-même fort peu probable.

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