‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 56 sur 151 · Sauf dans une note du Kachtrag qui renvoie au · texte numérisé non relu

Sauf dans une note du Kachtrag qui renvoie au

5. Ce doute est suggéré par la remarque, indiquée plus haut, de M. Grôber.

awi OU fWâgnni, forme qui peut-être est due à l'étymologie populaire et s'appuie sur ("ides, corde à boyau, et d'où se sont développés Jidegb, felge, etc. » Mais fi des ne désigne jamais que les cordes de la lyre, et on ne voit pas quel rapport cela peut avoir avec le foie ; puis l'influence de fïdes n'expliquerait pas les formes en i avec recul d'accent et expliquerait encore moins les formes comme fégato. On peut ne pas tenir compte de cette proposition un peu irréfléchie.

Le Dictionnaire général se borne prudemment à tirer /a/V du lat. pop. fi dieu m, « altération inexpliquée du lat. fîcâtum ». Il est vrai qu'il nous renvoie au § 509 du Traité de la formation de la langue, non encore publié; mais, à en juger d'après ces mots mêmes, ce § semble devoir être consacré aux phénomènes que l'on constate sans pouvoir encore les expliquer '.

L'explication la plus récente a été proposée par M. Horning\ Après avoir constaté en roman des couples comme pïdicu <C pïcïdu, etc., il ajoute : (f On se demande si les difficultés contre lesquelles a échoué jusqu'à présent l'explication de /«^V^/o, \omh. Jîdegb, neuchd.t. fed^, fr. foie, ne peuvent pas se lever en admettant à côté de ficatus un fie id us (le sarde possède Jidigu eifigâii), qui serait au subst. ficus comme sucidus à sucus, mu(c)cidus à mu(c)cus, et qui serait devenu fidicus comme picidus est devenu pidicus. Le recul de l'accent dans fégalo se serait fait sous l'influence de ficidus. » Cette hypothèse, à coup sûr plus plausible qu'aucune des autres, a l'inconvénient grave de n'off"rir aucune explication pour le changement d'i en e en italien et en gallo-roman K En

1. M. Nyrop, Gramm. histor. delà langue française,!,^ 139, range aussi le déplacement d'accent de ficatum parmi les « cas isolés et inexpliqués ». La grammaire de Schwan-Behrens ne mentionne pas ce mot, non plus que le Coîirs de grammaire historique de Darmesteter-Sudre.

2. Zeitschr.f. ro?u. PhiL, t. XXII (1898), p. 488. Le reste de la note est employé à établir qu'aucune forme romane ne postule ficitum ou fiticum avec t, et que le wall./d^ représente un ancien fede (voy. ci-dessus, n. 36 [p. 538, n. 2]). Il faut toutefois noter l'abruzz. féteche, qui renvoie à fétïcum, et peut-être certaines formes relevées plus haut en provençal, languedocien et catalan.

3. Ni pour les formes qui semblent postuler un t ('voy. la note précédente).

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outre, l'existence d'un latin fie i du s est très invraisemblable, quand on suit, comme nous allons essayer de le faire, l'histoire du motet de son sens.

On re2:arde généralement ficatum comme étant une expression elliptique pour ficatum jecur, lequel signifierait « foie engraissé avec des figues ». Mais ficatum jecur ne se rencontre nulle part. Le Dictionnaire de Forcellini-De Vit dit : « FïcÂTUM. Nomen proprie adiectiuum..., ficis saginatum, absolute fere adhibitum. » Fere doit être remplacé par setnper, ou plutôt il faudrait dire que ficatum n'est connu en latin que comme substantif'. Ce mot n'apparaît que tard. On le trouve dans les livres de cuisine et de médecine, ainsi dans Apicius : In ficato oenogarum, piper, thymiim... Aliter : ficatum praecidis ad cannam...'' (il s'agit d'un foie de truie 5); — dans le petit poème du Jtidicium coci et pistoris, où il est pris dans un sens culinaire-^; — puis dans le texte médical désigné sous le nom de Plinius Valerianus^, où c'est d'un ficatum perdicis qu'il

1. L'affirmation des lexicographes a fait créer en latin moderne un verbe ficare avec participe. Ainsi, dans sa traduction de l'épigramme de l'Anthologie palatine (IX, 487J dont je parlerai plus loin, Dùbner rend Èaè Tjy.coGév-a par me ficatum.

2. Apicius, De re coquinaria (éd. Schuch, Heidelberg, 1867), VII, 263. Dans l'édition de Bâle, 1541, on lit (p. 66) : In ficato, hoc est jecinore suis fico saginatae, oenogarum. C'est évidemment une glose, mais qui indique bien qu'il s'agit d'un foie de truie, et c'est ce que remarque aussi Lister dans son édition d'Apicius (Amsterdam, 1709, p. 189).

3 . Schuch a donc eu tort de comprendre jecur anseris. C'est une opinion qui est devenue courante, et qui se retrouve dans les dictionnaires latins et romans, que ficatum désigne essentiellement uu/oie d'oie : elle se base sur le vers souvent cité d'Horace, Pinguibus et ficis pastum jecur anseris alln ; mais si l'on nourrissait des oies avec des figues pour leur développer le foie, on appliquait plus souvent encore ce régime aux animaux de l'espèce porcine : voy. ci-dessous, n. 69 [p. 545, n. 6].

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