‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 59 sur 151 · Ainsi zapaJîoÀr; ^ paràhola, zopuXo; >- côryîus, etc · texte numérisé non relu

Ainsi zapaJîoÀr; ^ paràhola, zopuXo; >- côryîus, etc

4. Cf. G. Paris, Bill, de VÉcole des Chartes^ 6^ série, t. II (1865), p. 58:^,

FICATUSÎ EN ROMAN 5^9

tus de Sidoine Apollinaire, lequel a abouti au port, corde cordre coldre, à l'esp. i^orde !:^ordre f^oldre '. On peut admettre avec toute vraisemblance que dans cette même prononciation cjxwTiv était devenu s-vcôtum.

Ainsi il existait en latin côte à côte, avec le même sens de « foie » en général, un mot grec, sycotum et une imitation latine de ce mot, fie â tu m. Je crois que le premier, qui avait donné naissance au second, a continué d'agir sur lui dans l'usage vulgaire et se l'est assimilé de plus en plus. Il fliut remarquer que celui-ci lui ressemblait déjà par le c et le t qui dans l'un et dans l'autre commençaient la deuxième et la troisième syllabe ; les différences portaient, sans parler de la désinence, sur la consonne initiale, sur les voyelles des deux premières syllabes et sur l'accentuation, qui, dans la prononciation vulgaire, s'était reportée de la dernière sur la première du mot grec. L'assimilation ne s'est pas, que nous sachions, exercée sur la consonne initiale de ticatum^; mais elle a tenté les trois autres points où le mot latin différait du mot grec.

1° Il a existé une forme ficotum K Elle se trouve dans des

1. Voy. sur ce mot M"^e M. de Vasconcellos dans le Jahrhuch fur roui. Lit., t. XIII, p. 213 ss. M. Meyer-Liibke dit que « f^oldre do. xooyT;; (1. ■/.o)ç,0'-o;) est surprenant » ; mais la forme côry tus de Sidoine montre la transition. C'est au fond la même chose qui s'est passée pour les proparoxvtons grecs à pénultième longue, comme "spr^ao:, sioojÀov, |3rju7Ûpov, etc., qui chez les classiques sont erêmus, idôlnm, hutyruni, etc., mais qui dans la prononciation populaire étaient érëmus, idôlum, bûtyrum, etc. La surprise de M. Meyer-Lùbke vient sans doute de ce que dans les autres mots oxytons qu'il cite, cT::aaaoç, GaÀÀo;, Ta-c'.vd;, il constate que l'accent se reporte simplement en latin sur la pénultième ; mais pour les deux premiers, qui n'ont que deux syllabes, il ne pouvait en être autrement. Quant à -ra-E'.vdç, il est très douteux qu'il faille le reconnaître dans Fit. tapino, anc. fr. tapin, qu'on ne peut guère séparer du verbe tapir. Je ne trouve pas d'autres exemples de mots grecs oxytons à pénultième longue qui aient passé en latin et de là en roman.

2. Je ne serais pas surpris de rencontrer quelque part une forme sicatu m.

5. On ne peut savoir s'il s'agit de ficôtum ou de ficotum ; la seconde hypothèse est cependant plus probable, cette forme essentiellement populaire devant avoir subi l'influence du populaire svcôtum plutôt que du classique svcôtum.

0 NOTES ETYMOLOGIQ.UES

mss. du prétendu Plinius V'alerianus ' et dans les Acfa s. Theodoriti, texte de la tin du iv^ siècle-. Cette forme prouve d'une façon irrécusable l'influence exercée sur fie à tu m par son géné-

rateur grec.

2° Le changement de l'î en ê est une autre manifestation de cette influence. L'j grec, sans parler de sa représentation savante par V, ni de sa représentation archaïque par u (o), est souvent remplacé, dans les inscriptions ou les très anciens manuscrits (auxquels il faut joindre parfois le témoignage des grammairiens), par i, e, oe '. L'i doit être considéré comme un ï'^. ce qui dans le roman (sauf le sarde du centre et du sud) équi-

1 . Elle est donnée par Forcellini-De Vit, qui, après avoir cité la forme fi gatum , qui est celle des deux seules éditions que j'aie pu consulter (Rome, 1509, et Bâle, 1528), ajoute : « Alii autem legunt//co/M;;/. » Cette partie de Plinius Valerianus n'a pas été reproduite dans l'édition de V. Rose.

2. C'est la leçon que porte à deux reprises le manuscrit suivi par Mabillon (vov. Du Cange) ; celui qu'a suivi Ruinart avait fecatum ; un autre donne fi gatum. Les nouveaux Bollandistes ont imprimé ficatum d'après le ms. qu'ils jugent le meilleur (Oct., t. X, p. 44, col. 2 ; ils donnent comme variante de Mabillon, par une faute d'impression, ficolum au lieu de ficotum). Si ficotum ne se trouvait qu'à un seul endroit, on pourrait v voir un simple lapsus de copiste ; mais l'existence réelle de cette forme est attestée par le fait qu'elle figurait deux fois dans le ms. de Mabillon et qu'elle se retrouve dans le ms. de Plinius Valerianus cité par Forcellini-De \'it.

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