Rof)i . u. Past., II
3. Bartsch remarque : « /«ïi verstehe ich nicht. » Rendant compte de son livre dans la Revue critique (1870, t. II, p. 63), je disais : « laïs pour taiens se trouve ailleurs. » Inutile de dire aujourd'hui que. cette identification est inadmissible, et que Godefrov a tort de dire à l'art. Lais : a Synonyme de Jaiens. »
A. FR. L.ïis 569
plusieurs fois dans ce roman. «Je n'ai pas le loisir présentement de vérifier cette assertion '.
Enfin, dans le Tristan en prose, le géant qui tue ceux qui ne devinent pas ses énigmes propose celle-ci, en vers, à Pelyas : Une beste ot en cest pays Oui deiis faons ot ;de lays Les pei'ist on apercevoir. Pelyas, qui a deviné, lui répond : Ta niere porta deux enfans si grans que Von les pei'ist veoir de plus loing que nus autres ^. Lays veut certainement dire : « de là-bas, de là en bas », car la scène se passe sur un haut rocher. [*Add. Jeanroy, Lais, XXIV, 33.]
Ce sens de « là-bas, là en bas » est celui qui résulte clairement de presque tous les passages cités. Dans quelques-uns, il est vrai, laïs paraît signifier simplement « là », mais c'est un changement de sens postérieur, pareil à celui qu'a subi notre là-bas, qui signifie aujourd'hui le plus souvent simplement « là, là au loin ' ». On remarquera que dans plusieurs passages laïs est joint à aval, qui en précise et en renforce le sens. Çaïs de même, dont on n'a que l'exemple du Reclus de MoUiens +, veut clairement dire « ici-bas ».
On remarquera aussi que dans les mss., quand la rime ne s'y oppose pas, laïs est remplacé par la jus (ou l'inverse) », et il est difficile de ne pas voir là deux formes du même mot. La forme contractée laïs paraît être de bonne heure tombée en désuétude, car elle a été très souvent méconnue par les scribes. Elle a cependant été usitée pendant un temps dans tout le domaine delà langue d'oïl.
1. Je possède cependant une copie de ce texte, que mon père avait fait faire et que je compte imprimer quelque jour ; mais cette copie ne marque pas les folios du manuscrit, en sorte qu'il faudrait vérifier sur celui-ci même, et le temps me manque.
2. Lôseth, Le romande Tristan en prose, p. 9 (d'après le ms. fr. 334).
3. Ce mot peut aujourd'hui perdre si complètement son sens primitif qu'on chante dans Carmen par exemple : Là-bas, là-bas, dans ta montagne, Làbas, là-bas, tu me suivrais.
4. Godefroy, au mot Lais, dit : « Cf. Chais au Supplément. » Mais, comme veut bien me le faire savoir M. A. Salmon, le seul passage cité au Supplément (encore inédit) est celui du Miserere.