LECHE
Je ne connais pas de lecture plus agréable que celle du Diciionuaire de M. Godefroy; on y apprend toujours, et on s'y amuse souvent. En l'ouvrant au hasard, comme je le fais quand j'ai quelques minutes de loisir, je tombe sur l'article Lèche (t. IV, p. 749), que je signale au laborieux lexicographe pour que, dans son Supplément, il le corrige ou plutôt le supprime. Ce mot, qui s'écrivait aussi leiche et lesche, signifierait « appât, amorce, friandise ». Quatre exemples sont donnés à l'appui. 1° Si comme li poissons s'amort A lèche quant hone la sant ; il est clair qu'il faut lire ^ Teche. 2° Biauté et grasse sont deux lèches Oui font fuir (1 . soffrir) maintes destreches As amans. Si au lieu d'emprunter cette citation de Jean de Condé à Dinaux, M. G. avait consulté l'édition d'A. Scheler, il aurait vu qu'il y a teches et non lèches. 4° Regarde^ cy la villainie De ce gentil genin de lesche, dit Ch. Fontaine; mais Jenin de Lesche est un nom propre : c'est le nom d'un « badin » fort connu à Paris au commencement du xvi^ siècle (voy. Montaiglon et Rothschild, Recueil, t. X, p. 369). — Reste le troisième exemple, emprunté au livre du chevalier de La Tour Landri ; l'édition de M. de Montaiglon