OS TE RI N
Le mot osterin ' se présente dans divers textes français, tous poétiques, des xii^' et xiii"" siècles, soit comme épithète de paile, hliaut, inaiilel, chapel % soit comme substantif désignant une étoffe dont on fait des robes, des bliauds, des manteaux, des chances, des oreillers, des tentures, des pennons de lance '. On trouve aussi, mais rarement, le subst. fém. oslerhie-^. Sauf ceux
1. Yâv. ostariit (une seule fois, dans la Mort Ainieri), oslorin ((réquQnt), osturin (anglo-norm.).
2. Godefroy enregistre, d'après Michel, un haubert blanc osterin dans le ras. francisé (L) de Girart de Rossilho ; mais le ms. porte enter in y qui est d'ailleurs une fantaisie du copiste (voy. P. Meyer, Gir. de Rouss., § 339 n.) pour un mot (Jeoin P, tenoi O) qu'il ne comprenait pas.
3. Aux exemples apportés par Godefrov, on peut ajouter celui que Henschel a inséré, d'après les fragments (ÏAspremont imprimés par Bekker, dans le Glossaire français de Du Gange ; ceux de Schultz (/. c. infra : trois du Bel DesconeUy un d'Alexandre, un d'Ami et Amile et un de Claris et Laris), et en outre : Despoilla soi d'un osterin (Thèbes, 9379); mon blial osterin (Hervi de Mes, cité par P. Paris, Cbans. d'An t., t. II, p. 212 n.); pale^ et osterins (Orson de Beauvais, sous presse, v, 123 1); La terre fu couverte de polpra e d'ostorin {Alexandre, I, p. 77, v. 76); [" Flor. et Flor., 5931 (n. 6)].
4. A l'exemple du Bel Desconeiï donné par Godefroy ajoutez celui des Lorrains cité par Fr. Michel, Recherches sur les ctojfes de soie, I, 372.
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qui ont évité de se prononcer sur le sens de ce mot % les philologues qui jusqu'ici l'ont expliqué, soit comme adjectif soit comme substantif, ont été d'accord pour le traduire par « de pourpre - » ou par « étoffe de pourpre ', vêtement de pourpre ^ »; bien que parfois avec doute >, et l'ont rattaché à ostrum^' ou à ostrea ". M. Bos a même indiqué comment il le rattachait à ce dernier mot : « Et. *ostrearin« ^'ostrea, huître ».
Godefroy ne s'est pas écarté de cette explication. Il traduit Tadj. ostcrin par « de pourpre, teint en pourpre », le subst. osterin par « étoffe de pourpre » ; il se contente de remarquer que « cela ne détermine pas la couleur, car il y avait de la pourpre de toutes couleurs », ou qu'il s'agit « d'une nuance qu'il serait aujourd'hui impossible de préciser*^ ».
M. Alwin Schultz. dans son excellent livre sur la Vie courtoise au moyen âge, semble n'avoir connu ni cette explication ni l'étymologie qui l'a certainement produite, car il propose, avec
1. Comme Roquefort, qui dans son supplément, citant le passage de Floirc et Bl. où un personnage est chauciei d'os tarins, traduit simplement ostorin : « sorte d'étoffe propre à faire des chaussures ». M. Fœrster, dans son Glossaire d'Aioul, ne se compromet pas plus : « Art Stoff"».
2. Michelant est, je pense, le premier qui ait donné cette explication (dans son Glossaire d'Alexandre, 1846); on la retrouve chez P. Paris (Ch. d'Ant., /. c), Michel (Table des matières du livre cité), Du Méril (Gloss. de FI. et Blancb.), Bartsch (Gloss. de la Chrestomalhie et de la Langue et la Litt.fr. au VI. d.), P. Mever (Gloss. d'Alexandre), Alton (Gloss. de Claris et Laris), et sans doute d'autres. M. Bos traduit : « couleur de pourpre, écarlate ; fait de pourpre ».