‹ Mélanges linguistiques (volume 3)Chapitre 88 sur 151 · Cf. ci-dessus, pp · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, pp

2. Si la sal es fada, en que la saborares ? (Trad. de VEvang. de S. Marc, ch. IX); de sabor/aJa (Elucidari de totas causas); — cité par Raynouard, qui ne sépare pas ce mot de fat.

3. Je ne parle pas de cas spéciaux, comme rance de rancidus, net de nitidus, etc. Ces détails seraient a leur place dans une phonétique générale;

e n'indique ici que le pterumqiie fil.

sain » a existé anciennement' ; l'adoucissement du ^ en d se retrouve dans coude, de cubitus, anciennement coûte, qui a peut-être laissé sa trace dans s'accoter (en face de s'accouder) [^].

L'analogie nous indique donc, comme étymologie de fade, le lat. vdpidus, « éventé », dont le sens convient assez à celui de notre mot. Il y a, il est vrai, une difficulté dans le changement du V initial en/; mais ce fait, s'il est rare, n'est pas inouï : nous le retrouvons dans/o/V de wicQYn, palefroi de. paraveredus (en ail. Pferd), flasche, d'où flacon, de vasculum avec métathèse de 1'/; M. Diez ÇGranunatik, 1. 1, 267) en donne plusieurs exemples italiens et espagnols.

En ancien français fade avait souvent un autre sens que celui qu'il a exclusivement de nos jours; il voulait dire « mal à son aise, languissant, écœuré ». Ainsi Tristan déguisé en mendiant infirme dit ÇTristari, t. I, p. 177) :

Sire Artus, rois, je sui malade.

Bociez, meseaus, desfais et fades '.

1. Barlaam et Josaphai, p. 26, v. 21, Josaphat demande si tous les hommes sont malades ; on lui répond :

Nenil, aies 1 a assés.

Les éditeurs ont imprimé par erreur à tes. M. Biez (Etym. Wb., s. v.) cite aussi Rutebeuf, I, 433, c'est-à-dire le poème du Roi de Sicile, par Adam de la Halle, où se trouve ce vers :

Plus ates et plus joins qu'en ses plumes oisiaus.

— De là aate (ad-aptus), qui signifie « dispos, agile ». Dans le Voyage de Charkmague (v. 615) :

Puis serai si légers et ignals et aates.

L'éditeur a imprimé atés ; M. Diez corrige ates, mais le vers n'y est pas, c'est aates qu'il faut. C'est à tort que M. Diez rattache ate, aate et ses dérivés aatir, aatine, au norois at : ces mots viennent d'à p tu s.

2. [Cf. Romania, XV, 142 : « Ate, d'où adate, aate, ne peut venir d'adaptum, qui aurait donné adat ; il doit provenir d'habitum; cf. jnalate a côté de malade. » — Cf. aussi ci-dessus, p. 262, n. 8.]

3. M. Burguy (Grammaire, t. III, s. v,fade) traduit à tcrt ici par c déplaisant, laid, dégoûtant ».

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