HISTOIRE DH LORTHOGRAPHE FRANÇAISE
ne s'y est jamais prononcée, et d'après l'axiome siihlata causa lollitiir ejfedns^ on devrait bien les débarrasser de cet appendice inutile, et écrire, comme les bons textes du \iii^ siècle, uile, iiis, uistre, ttit, ièbîe. De ces lettres-là on peut vraiment dire ce que \'oltaire disait un peu trop légèrement de toutes les lettres qu'on écrivait sans les prononcer : « Ce sont nos anciens habits de sauvages. »
Après cette belle théorie de 1'/.' initiale, vient le d final. Nous voyons là que : v II faut un cl à nid, à bled, à niuid, à nœud , quoy qu'on prononce ///, blé, mui, nœu... On n'en met plus à ;/// et à cru. Quelques-uns neantmoins le retiennent à crud. » En prés de deux siècles, nous avons fait un grand pas : nous ne mettons plus, avec l'autorisation de l'Académie, de d à bled. Allons! e pur si muove\
\^ient ensuite le o" final. On recommande, fort heureusement, bain, soin, sans g, et même sein Çsignuni), où le ^ a reparu depuis jure postliminii. Il en faut « un à loing, à coing et à. poing y^. Telle était la première décision; elle fut attaquée : « Je ne voudrois point, dit Perrault, de g à ces mots loing, coi}ig et poing, particulièrement à loing; pour les deux autres passe. Il seroit estrange de voir dans un madrigal: Loing de vos yeux. » Pour comprendre la force de cette remarque, il faut se souvenir qu'alors on se dispensait bien souvent de l'apostrophe, et que les mots en question donnaient lieu à une équivoque peu galante. Cette objection frappa tout le monde : « Bon. BoYER. — Bon. Tallemant. — Bon. Segrais. — Je suis du mesme sentiment. Doujat, » C'est pour cela que'nous ne mettons plus de g à loin, tandis que nous en mettons encore à poing et coing, et surtout à oing (« Il en faut nécessairement vn à oing, vieux-oing », ce qui se comprend, car si on écrivait l'oin comme loin, l'équivoque serait encore à craindre. Et voilà les bases imposantes de notre système orthographique !
Suri'/; finale : « Plusieurs mettent une /; a estomach et à almanach. Quelques-uns escrivent ahnanak par un k ^ y> Perrault, toujours novateur, écrit : « Je ne voudrois ni /; ni k, mais le c tout seul. » — Les autres suivent encore ici le chef de file : « Bon. Boyer. — Bon. Régnier. — Bon. Bossuet. — Je suis de mesme avis. Tallemaxt aine. — Bon. Tallemant jeune. » Doujat seul résiste : «Pour le k je n'en veux point, mais beaucoup laissent 1'/; principalement à ^//;;/rt;/^/c/.'. C'est ma pensée. » Doujat était un homme de poids. Des deux mots en litige, estomach seul avait quelque droit à avoir une /; ; ce fut à almanach qu'on l'attribua.
A Vni finale, je remarque «fam, sorte de pastisserie », qui heu-