I. Dans Tèdition définitive, on a ajouté : « mais mal
reusement a perdu son m. — A propos du <y, nous lisons : « 11 faut escrire avec un cq, nncqucter, cacqueter, etc. » Et pourquoi le faut-il} L'Académie, plus tard, a supprime toutes ces superfétations, — sauf dans Jacques, jacquellc, grecque, et, ce qui a au moins une apparence de raison, acquérir et ses dérivés. De même plus loin, on trouve cette solennelle décision : « Encore que la lettre finale des noms, soit singuliers, soit pluriels, en aux, en eux et en oux, se prononce comme une s, neantmoins // les faut escrire par un x. » J'ai déjà dit ce que je pensais de cette règle ridicule et de ses exceptions; elle n'a soulevé aucune objection, ni alors ni depuis lors, dans l'illustre assemblée. — Il n'en a pas été de même de la suivante : «Tout z qui finit un mot est un y, soit simple voyelle, soit dernière lettre d'une diphtongue ; ce qui est vray non seulement dans les mots d'une syllabe, comme : toy, moy, soy, mais aussi dans ceux de plusieurs, comme : euiplox, envoy, essay, etc. » Tout cela a disparu, sauf, je l'ai déjà dit, dans v (/7'/) et les noms de lieux.
Le chapitre vu : « De plusieurs minuties de l'orthographe », nous apprend entre autres choses que v Vœ est receu en ces mots : bœuf, chœur, cœur, mœurs, œuf, œuvre, sœur, œil, vœu, nœud. » Hélas! il y est si bien receu que nous l'y subissons encore, bien qu'avec dégoût (pour ma part au moins). Il est clair que les ignorants qui ont inventé cette belle orthographe voulaient rappeler l'o latin; ils ne savaient pas que 0 bref et accentué devient régulièrement é//, et que là encore ils mettaient « la pièce avec la monnaie », et de plus introduisaient en français une notation d'Iroquois. Je ne sais qui les a empêchés d'étendre leur découverte à tous les mots analogues, d'écrire iiœuf Qwveni, novus). vœux (vola), fœu (focus), jœu (jocus), dœil (cordoliuui), mœtile Çinola), etc. C'est, sans doute, cette inconséquence qui seule est conséquente dans notre système orthographique. Mais conçoit-on qu'un candidat au baccalauréat qui écrit meurs, beuf, seur, suivant l'excellente orthographe du moyen âge, reçoive une mauvaise note de son examinateur, lequel s'imagine savoir mieux le français que lui ?
Voilà quelques-unes des réflexions que suggère la lecture du petit livre publié par M. Marty-Laveaux et du cahier qui en est l'embryon. Je ne voudrais pas qu'on put m'accuser de les présenter au public dans un esprit de dénigrement contre l'Académie française ni contre ceux de ses membres auxquels on doit ce travail. C'étaient pour la plupart de bons esprits, — quelques-uns étaient de grands esprits, — écrivant bien leur langue, mais n'en connaissant ni Thistoire ni les lois, et empêtrés dans une conception fausse de la tâche qui leur incombait comme législateurs de l'orthographe. L'Académie fran-