Vov. ci-dessus, p.252, n
Jäme, et enfin fäme, ete. L'écriture actuelle par deux »2: ou » dé
Rôme, bône, comme rômpe, bônde. Il arriva plus tard (pas avant le xvif siècle, si je ne me trompe) que dans les mots féminins de ce genre la nasalité se perdit : la voyelle purement orale qui reparut alors fut uniformément à : Rôme, courônne aussi bien que bonne. La raison de ce phénomène est que les quatre voyelles ouvertes 4, ë, à, &, sont seules susceptibles de nasalisa= tion : en se nasalisant, les voyelles fermées 4, é, 6, @ étaient devenues ouvertes ; la nasalité disparaissant, ce sont des voyelles ouvertes qu'on à retrouvées : ainsi ce qui est arrivé à lé est arrivé à l’a dans femme, prononcé anciennement fême, puis
la plupart des mots de ce genre (pomme, couronne, bonne, ete.) est un vestige, aujourd’hui sans raison d’être, de l’ancienne prononciation pôme, etc. C'est ainsi que s'explique le phéno= mène, si surprenant au premier abord, de la représentation dans ce groupe de mots de 6 ancien par à moderne (pôma pomme). — Tandis que la nasalisation de a, e devant une nasale dans certaines conditions est antérieure aux plus anciens monuments de la langue (voy. Rom. VII, 126), celle de lo s’est produite plus tard. Dans beaucoup de poèmes anciens en assonances, nous voyons 0 suivi de nasale figurer à la même asso: nance qu'é ordinaire; cependant l'influence de la nasale est déjà marquée en ce que à et 6 sont unifiés, et ramenés l’un et. l'autre à 6’. On sait qu'en anglo-normand o» est de bonne heure écrit oun, comme an est écrit aun; cet oun est certaine ment à l’origine une diphthongue, et il y a là un précieux indice pour la prononciation; mais je ne puis traiter ici ces questions. À partir de la fin du xu° siècle au plus tard, lo du groupe on est nasalisé, et il l’est resté jusqu'à nos jours, sauf, comme je l'ai dit, dans certains mots féminins. — Il est inutile
1. Il semble qu’il y ait dans ce fait une contradiction flagrante avec ce quia été dit ci-dessus au sujet des voyelles nasales qui se composent nécessairement d'une voyelle ouverte et d’un élément nasal: on voit ici, tout au contraire, à devenir 6 devant les nasales. Mais il l’est devenu, si je ne me trompe, par des modifications successives. Il a d’abord donné, comme tout o brefaccentué; dd, puis do, l'accent portant sur 6. Ce groupe, qui, dans les conditions ordinaires, est devenu wo, puis we, etc., a perdu devant les nasales sa seconde voyelle, 6, et il est resté 6 : bon, béon, bôn. L'6 ainsi constitué et égal à 16
d'étudier l’un après l’autre les mots qui présentent 6 devant une nasale ; ce que j'ai diten général s’applique à chacun d’eux.
… J'ai démontré que, sauf des cas qui rentrent dans une règle générale ou qui s'expliquent par l’analogie, tout 6 latin vulgaire (= lat. class. 6, #) accentué et libre donne en français eu. Les exemples allégués par Diez d’ou (avoue, doue, noue, nous, vous, pour, proue, roure, époux, Toulouse, tout) et d’o (console, or, dos, noble, octobre, sobre) ont tous été écartés, ainsi que d’autres sem-
blables.