FRANÇAIS R —= D
aussi pour hure. J’'ajouterai les exemples suivants : daumaire de dalmatica, Dial. Greg., 256, 8, convirer (il faut lire ainsi au lieu de conjurer) de con-vitare, Troie 24.609; firie, Ch. Rol. 1278, à côté de fe, fire de ficatum ; esbarist ( : guarist) dans G. de Coinsy 659, 428, esbarie ( : marie) ib. 267, 253 et 483, 57, esbaris ( : esmaris) 36, 410, 465 d’esbair ; garigna Baud. Seb. XII, 172 (il est vrai que Boca propose d'écrire gaingna) ; soron Mont S. Mich. 1085, seront Jeh. de Journi 503, 913 de secundum ; le mot devorer « maudire », qu'il faut naturellement séparer de devorer « manger » (Littré les confond), et de vient de devotare (on ne trouve pas, que je sache, en anc. fr. la forme dzvoër) ;
afiree — afiee qu'il faut lire, suivant moi, au lieu d’ariree dans Gautier de Coinsy 565, 373 ce navint onques Que fust perdue n'adiree Riens qui a toi fus la locution a estuire ( : deduire) du Roman de la Rose 4073 est sûrement « estuide ; de même dans l'autre mot estuire, qui se trouve avec le sens d’ « étui » dans Barbazan-Méon, IV, 247, 251, r pourrait bien être inséré, ou ne serait-ce pas une forme féminine parallèle à estui ? Volenterif, d’où provient, dans Phil. de Thaon Best. 600, l’adverbe de six syllabes volenterivement, et qui est plus fréquent sous la forme volentrif, montre également l7 qui ne se trouve pas dans volenteif (abrégé en volentif); je ne me rappelle pas avoir vu plenterif à côté de plenteif, mais il faut joindre à cette liste le fr.
mod. plantureux, anc. plenturos et aussi plenteüros, Amad. 6764, :
dont [x a remplacé le v disparu de pleutivos pour plenleïvos (pour lu, cf. fr. mod. machurer) *.. Dans Alexis 62 b tous les mss. appellent Acaries l'empereur romain Arcadius, et il me semble risqué de remettre le d latin à la place de Pr : cet r, d’après ce qu'on vient de voir, est justifié sans qu'il soit besoin de recourir à la confusion supposée avec saint Acaire. Enfin rappelons le fr. mod. sureau ; certainement de l’anc. fr. ‘seä on peut tirer sans intermédiaire un dérivé seü-r-el ; la difficulté est que señr à côté de se se trouve déjà dans l’ancienne langue ; la forme prise par le dérivé aurait-elle influé sur celle du primitif ou bien lr remplace-t-il des consonnes tombées même à la fin des mots ?
1. M. T. montre ici en quelques lignes que l’anc. fr. plentor, invoqué par M. Littré, n’a jamais été rencontré, et que le pr. plerdor n’est qu’une faute de lecture pour plen-dor.
C’est sûrement le cas dans leur, lor — la ou qu'on rencontre dans plusieurs textes des provinces du Nord (voy. Gætt. Gel: Aux., 1874, p. 1046)... Je pense encore que le mot car, qui se rencontre souvent dans Baud. Seb. à la place du pronom relatif que et de la conjonction que (si je ne me trompe, seulement devant des voyelles), est identique à que ; ce n’est sûrement pas le car issu de quare: Or oiés l'aventure car il li avenra, IV, 540; Tant ala par la ville car il vint a un four, VI, 626, et très souvent. »
Les exemples allégués par M. Tobler doivent être sensiblement restreints. L’étymologie de hure, proposée par M. Bugge, toute séduisante qu’elle soit, est loin d’être certaine. Conjurer, dans le Roman de Troie, peut fort bien rester. Esbarir, forme que je ne connais, aussi bien que M. T., que par Gautier de Coiïnci, ne me paraît pas pouvoir venir d’eshair ; le sens ne convient pas partout; ainsi dans ce passage : Nosire nef est si esbarie Par pou gwele w’afonde et noie, 521, 198 : je le traduirais plutôt par « ébranler ». Pour garigua il faut lire gaingna. Je ne croïs pasä la distinction établie entre les deux devorer : M. T. lui-même la rend peu vraisemblable en remarquant que devoer n'existe pas en ancien français ; la transition du sens n’est pas impossible, surtout si on considère qu'il s’agit là d’un mot à moitié savant: on peut trouver un intermédiaire dans le sens de « faire périr tuer », donné aussi à devorer (Jubinal, Contes, 1, 83 [*Alise. 1679|). Afirer pour atirer dans G. de Coinci est une conjecture un peu bien hardie. Wolenterif dérive évidemment de voluntarius; cf. maladif, tardif, pr. saprieu, etc. Quant à plantureux, je l'explique par plenteivuros, adj. d’un subst. plenteivure, tiré de plenteif ; dans le Dolopathos, v. 2770, on trouve plantiverose comme variante à planteurose. J'exclus tous les exemples plus ou moins douteux qui présentent une 7 finale, parce qu'en tout cas ils appartiennent à un autre genre.
Restent donc les mots wire remire homecire Allyre navire artumaire grammaire daumaire firie soron estuire [*siere Ambr. 3326]. Retranchons soron (soronc au x1v° siècle, dans Littré, s: w. selon), qui est une variante de selon et où l’r est par conséquent issue d’une / antérieure. On voit tout de suite que tous les mots dont l’étymologie est sûre présentent dans leur type latin une
voyelle accentuée suivie d’une dentale, d’un ÿ et d’une voyelle
RS ad Cu
Re me —