‹ Mélanges linguistiquesChapitre 30 sur 45 · FRANÇAIS R — D · texte numérisé non relu

FRANÇAIS R — D

finale : médi(chum, remedium, homicidium, Illydium, grammati(c)a, dalmati(c)a, studium *. Il faut y joindre Gire, forme fréquente en anc. fr. de Aegidius ?, et envire (envirie dans Phil. de Thaon Meéver, Recueil, p. 287) [“envire : contredire Atre pér.3260 ; ennuire Brut 3884]. Trois mots feraient exception, d’après M. T., et présenteraient une gutturale en place de la dentale. Le premier, navire, provient incontestablement de zavilinm, fréquent en baslatin ; le v. fr. a souvent la forme ”avilie; je ne citerai que Rol. 2627 (à côté de mavirie 2642); plus tard wavile, p. ex. Viol. 799. — Firie est plus compliqué, mais n’est pas plus douteux. Le mot essentiellement populaire fcatum|3| à eu, comme on sait, en roman, des destinées fort diverses ou plutôt a subi des dégradations successives : le roum. ficat, le sarde figdu, le vén. figä ont seuls conservé l’accentuation latine ; lit. fégalo, le pg. figado (esp. higado) nous montrent un déplacement d’accent ; ce déplacement amène naturellement lafaiblissement de la, que nous trouvons dans le ffgido des glosses de Cassel, et dans le féghet bolonais ; une fois cette forme admise, elle se transforma, par analogie avec les nombreux mots semblables, en fdicum : de là le piém. fidich, le bergam. fidech, le lombard fidegh ; de là aussi le prov. feige (suisse fedge), qui ne peut venir de ffcatum, et la triple forme française fie, feie (foie) et firie qui est à fédicum ce que suirie est à médicum, — Reste arlumaire où artimaire, qui viendrait « incontestablement » de artem magicam. Je le conteste cependant, et je le tire de arte mathematica, qui aurait donné régulièrement artimatimaire où armatimaire [*cf. pg. artimanba] ; on ne s'étonnera pas, dans un mot savant passé dans le peuple, de cette syncope qui ne manque pas d’ailleurs d’analogies. Artimaire et daumaire viennent ainsi confirmer la brillante explication de grammaire que nous devons à M. Tobler. La forme artimage représente d’une autre façon le sufhxe ética. Reste à savoir comment la dentale des mots en question s’est changée en 7. À mon avis, elle a passé par /. L’/ devant ? atone

1. On sait que M. Ascoli a démontré que le suffixe -u/ico est devenu -adio avant de prendre la forme -agoio en it., -age en français.

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