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Que nous réserve l'avenir ? Non seulement le passé, mais encore le présent nous le laisse entrevoir. Montez sur le sommet de votre Mont-Royal qui domine les coupoles et les dômes de cette métropole commerciale, promenez vos regards sur cette belle cam-
agne qui s'étend tout autour de vous jusqu'aux imites de l'horizon, entrecoupée de rivières qui serpentent et parsemée de lacs aux eaux argentines, à travers les bosquets verdoyants, vous apercevrez brillant aux rayons du soleil le clocher de cinquante églises. Descendez, sur ces palais flottants qui viennent accoster à vos quais superbes, le cours du grand fleuve; sur chaque rive, de distance en distance, au milieu d’un groupe de maisons blanches et proprettes, vous verrez briller le clocher d’une église. Pénétrez dans la forêt, enfoncez-vous dans la chaîne des Laurentides, au détour d’une colline vous découvrirez la chapelle du colon et son clocher ecintillant qui, pour l’encourager au milieu de ses travaux, semble lui montrer le ciel comme
du doigt. La religion a pris possession du sol, partout elle y a planté profondément ses racines, partout elle y déploie son ombrage protecteur.
Le dimanche, parcourez nos villes et nos campagnes, et vous trouverez qu’en tout lieu le travail a cessé ; la charrue s’est arrêtée dans les champs, le marteau ne résonne plus sur l’enclume, le sifflet de la manufacture s’est tu, il règne un silence religieux, le repos du Seigneur s’est étendu sur le pays. La population en habits de fête, digne, rayonnante, se dirige vers le temple; les fidèles, nombreux, se pressent dans l’enceinte sacrée ; les genoux fléchissent, les fronts recueillis s’inclinent, et de tous les cœurs s'élèvent des paroles et des chants de gratitude en l’honneur du Dieu qui s’immole. De longues files de chrétiens pieux s’approchent de la table sainte, et avec le pain eucharistique la vie divine circule par toutes les veines de la ration.
Ici comme ailleurs, sans doute, l’enfer a rugi, l’impiété a tenté de répandre son venin, de semer son ridicule et ses négations. Maïs les impies n’ont pu faire école, leur voix s’est perdue comme dans le désert. Ils se sont trouvés isolés dans la société ; jusque dans leur intérieur ils ont rencontré des apôtres en ces êtres qui leur sont les plus chers, leurs femmes et leurs enfants. S'ils ont voulu acquérir l'influence à laquelle leurs talents pouvaient leur donner droit, ils ont dû renier leur passé, cacher leurs principes et revêtir la peau de l’agneau, tant la masse du peuple est chrétienne. C’est une victoire, car, comme on l’a si bien dit, l'hypocrisie est un hommage rendu à la vertu.
Nos pères ont apporté la foi aux nations sauvages qui habitaient nos forêts, et ces enfants des boïs, en disparaissant devant le souffle de la civilisation, ont été prendre leur place au ciel. Nos missionnaires continuent cet œuvre d’apostolat, et s’enfonçant dans les plaines de l’Ouest, ils portent le règne de Jésus jusqu’au pied des Montagnes Rocheuses, jusqu'aux climats glacés du septentrion le plus lointain. L’é-