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migration, qui nous paraît un mal et un affaiblissement pour nos forces nationales, est un bien pour d’autres contrées où nos compatriotes, avec leurs écoles et leurs églises, implantent les principes de la vérité; c’est un germe qui se développe rapidement et qui portera son fruit en son temps. Notre population si imprégnée de christianisme est une pépinière de prêtres, de religieux, de religieuses qui consacrent leur vie à la prière, au salut des âmes, à la bonne éducation de la jeunesse, au soulagement de toutes les infortunes humaines. Nos collèges se sont acquis une réputation étendue et les étrangers même viennent nous confier ce qui leur est plus précieux que leurs trésors, l’âme de leurs enfants. Nos séminaires sont des sources de science sacerdotale, où viennent puiser et s’abreuver les lévites de cent diocèses. Enfin, le Canada, sur ce continent d'Amérique, est un foyer rayonnant de religion qui illumine, réchauffe et vivifie.
Chez nous, au moins dans une certaine mesure, se trouve résolu le problème le plus difficile des temps modernes, les rapports de l’Eglise et de l'Etat: l'Etat qui, tout en développant les intérêts temporels, doit faciliter l’accomplissement des devoirs éternels ; l'Eglise dont l’autorité forme la conscience, puis la dirige dans tous les actes de la vie privée, civile ou politique. Nos hommes publics sont chrétiens et se font gloire de l'être : ici la religion n’est pas un obstacle à l’avancemen. au contraire c’est un levier de succès, Dieu en soit béni! Nos écoles sont placées sous la haute direction de ceux à qui il a été dit: ‘Allez, enseignez toutes les nations.” On y apprend à servir Dieu en même temps que son pays. Notre code de lois est encore de beaucoup le meïileur qu’il y ait au monde, On peut dire, d’une manière générale, que notre législation est libérale dans ses dispositions et qu’elle veut respecter les droits d’un chacun. Par la force des circonstances et les nécessités de la situation, dans nos provinces règne véri-
tablement cette liberté de culte si souvent pronée,
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si rarement pratiquée; toutes les dénominations eligieuses se meuvent, sans se heurter, au sein d’une constitution chrétiennement comprise, généreusement appliquée. Si je jette les yeux sur la carte de l’univers, je constate avec bonheur que c’est sur les bords du Saint-Laurent que l'Eglise jouit de la plus grande somme de liberté ; et si sous ce rapport il existe encore quelque amélioration possible, appuyés sur les enseignements du passé, nous ne devous pas douter que nos hommes d'Etat, continuant les nobles traditions de notre histoire, ne sachent saisir les moments favorables, et par des mesures prudentes et sûres, ne complètent l’œuvre glorieuse dont ils ont hérité de leurs honorables prédécesseurs ; et toujours dans cet heureux pays, pour le plus grand bien du peuple, marcheront en paix, dans une confiance et une entente mutuelle, les deux pouvoirs qui viennent également de Dieu: Posuit episcopos regere ecclesiam Dei, Dieu a établi les évéques pour régir son Eglise ; Per me reges regnant, c’est par Dieu que les rois règnent.
Tous les hommes ont été créés pour le salut; quelques-uns cependant, doivent travailler, d’une manière particulière, à leur sanctification et à celle de leurs frères: ce sont les prêtres. Toutes les nations ont été organisées pour faciliter la diffusion du sair.t évangile; quelques-unes cependant doivent davantage cultiver pour elles-mêmes les vérités de la foi et en répandre les lumières à l’extérieur: ce sont des nations sacerdotales. Elles exercent le sacerdoce des idées et des principes ; elles offrent le spectacle de lois, de mœurs, de coutumes en parfaite conformité avec les commandements de Dieu et les préceptes de son Eglise; c’est de leur sein que partent, pour se répandre dans le monde, les grands mouvements de zèle, de philanthropie et de charité; elles marchent à la tête du bien, elles prêchent d’exemple. Tel est le sort privilégié que la Providence a réservé au peuple canadien, telle est sa mission. S'il y demeure fidèle, Dieu lui continuera sa pro-
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tection et une ère de prospérité ; s’il y devient infidèle, il n’a plus sa raison d’être, la colère divine le fera disparaître, comme autrefois la race sacerdotale de Jacob, de la surface de la terre. Ainsi, pour conclure en trois mots, ce sera par excellence un peuple chrétien et religieux, ce sera un peuple missionnaire, un peuple sacerdotal, telle est la réponse qu'on peut donner à cette question: Quis, putas, puer ste erit? Que pensez-vous que sera ce dernier né d’entre les peuples ?
Mes frères, aimons cette religion divine, à l’ombre de laquelle nous sommes nés et avons grandi: elle assure la tranquillité du présent, le bonheur de nos foyers, l’innocence de nos coutumes patriarchales ; elle possède les promesses de l’avenir, les secrets de notre influence et les causes de notre grandeur nationale. Vivons en chrétiens ; dans quelque état de la 80ciété que nous soyons, faisons, chacun de nous, notre devoir ; et comme un peuple est composé d’une réunion d'individus, le peuple canadien se trouvera avoir accompli sa vocation. Dans les circonstances difficiles, alors que les grands intérêts de la société sont en jeu, rappelons-nous que nous sommes les défenseurs nés de la vérité, les champions du droit, les apôtres du bien, et quand même, pour un temps, nous devrions souffrir dans nos intérêts matériels, il ne nous est pas permis de reculer devant la difficulté. Fais ce que dois et advienne que pourra. Aime Dieu et va ton chemin. Une défaite, quand elle est subie pour la justice, devient le principe de la victoire.
Imitons Jean-Baptiste dans son courage. Le roi Hérode vivait publiquement dans le péché ; le saint homme l’en reprit et lui dit: non licet, cela ne vous est pas permis. Hérode le menace de la prison, Jean lui répond: non licet. Hérode le jette dans les fers ! non licet. Hérode le fait décapiter. Aujourd’hui la mémoire d’'Hérode est exécrée, celle de Jean-Baptiste est exaltée. Pour lui, la mort a été le principe de la vie, du triomphe et de la gloire.
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