PEN
d'années, a été pour eux la personnification de la dignité épiscopale. Ils viennent revoir ce père dont la figure si calme leur sourit de douceur et de mansuétude, ce noble octogénaire dont le front illuminé leur paraît rayonnant de l’auréole de ses mérites, de ses vertus et de ses cheveux blancs. Ils viennent entendre ces paroles pieuses, fortes et sonores, qui savent si bien trouver le chemin des cœurs et faire vibrer la fibre la plus intime de l’âme. Les vieillards viennent s’incliner sous cette main qui a béni leur enfance, qui a consolé et dirigé leur âge mur ; les enfants, avec admiration, viennent contempler celui dent ils ont entendu parle” si souvent dans leurs familles, pour transmettre son souvenir aux générations qui suivront.
Notre joie est grande, cependant elle n'est pas sans un mélange de tristesse. Nous ne comptions plus vous revolg ; mais, en vous revoyant, nous ne pouvons nous empther de penser : ‘‘ Hélas! c’est pores pour la dernière fois. Reviendra-t-il encore?” Vous nous paraissez comme le Sauveur à la veille de quitter ses apôtres et vous semblez nous dire : ‘* Mes enfants, vous me voyez, et encore un peu de temps, vous ne me reverrez plus ; mais n'allez pas vous attrister, il est mieux que je m’en aille, je ne vous oublierai pas.” Vous ne nous oublierez pas! cette pensée au milieu de nos peines nous est une consolation. Nous le savons, au fond de votre paisible retraite, à l’ombre de vos grands arbres, auprès du fleuve qui murmure, dans le secret de votre oratoire, devant Dieu, vous penserez à vos enfants ; votre ardente prière montera au ciel pour ce troupeau bien-aimé, au service duquel vous vous êtes dépensé entièrement, et dont le cœur et les affections vous sont restés si sincèrement attachés.
De notre côté, soyez-en certain, Monseigneur, nos prières et nos vœux vous accompagneront partout. Recevez nos adieux et nos remerciments. Ces pieux chrétiens, par ma bouche, vous remercient de tant de bons conseils, de saintes paroles, de sages directions que vous leur avez prodigués. La paroisse de Ste-Thérèse vous remercie pour avoir bien voulu la visiter si
es os
souvent, plus souvent peut-être que toute autre. Les communautés vous remercient pour tant de marques d'intérêt que vous leur avez témoignées. Le séminaire vous remercie ; et je sais que je suis l’iaterprète fidèle des sentiments de mon supérieur et de mes confrères, en vous remerciant pour la large part que vous avez prise dans la fondation de cette maison, pour la protection dont vous avez honoré son enfance, et pour les nombreuses faveurs dont vous n'avez cessé de la combler à toutes les époques de son existence, TL a véc dans cette paroisse un prètre dont la mémoire au milieu de nous est encore toute vivante, dont les œuvres à chaque pas nous rappellent un nom vénéré, el qui remplit cette église de son souvenir, un curé modèle, l’idole de ses paroissiens, pour vous, Monseigneur, un ami que vous avez tant estimé et qui, en retour, vous à beaucoup aimé, je veux dire M. Joseph Charles Ducharme., Il dort du sommeil des justes sous les dalles de ce sanctuaire ; à ses côtés repose son enfant chéri, son bras droit, M. Joseph Duquet ; tout près reposent aussi ses Zélés collaborateurs dont ces marbres reronnaissants nous racontent les mérites et les vertus. 0 Ducharme, Ô Duquet, vénérables prédécesseurs dans l'œuvre que nous poursuivons, vos os ont dû tressailltr dans la poussière du tombeau, vos âmes bienheureuses ont dû descendre parmi nous, Dieu sans doute la permis. Je vois vos nobles figures autour de cet autel où vous êtes montés si souvent ; vous Vous Unissez À Nous, daus cette fête de:la joie, de la gratitu le et de l'amour, pour dire à notre commun bienfaiteur, merci, pour lui dire adieu, pour lui dire au revoir. Adieu et au revoir là-haut !
En terminant, Monseigneur, veuillez nous bénir de ja bénédiction des patriarches, de cette bénédiction féconde qu'Abraham, Isanc ou Jacob faisaient descendre sur la tête de leurs enfants. Recevez encore une fois Fassu- ‘ance de nos prières les plus ferventes pour la prolongation de vos jours, pour le soutien de votre santé et pour le succès de l’œuvre charitable dont vous avez bien voulu couronner le soir de votre noble existence,
LES ANNALES TÉRÉSIENNES
Séminaire de Ste-Thérèse