UN ANCIEN ÉLÈVE
(Le Monde du 14 octobre).
Sur cette terre les plus belles choses ont parfois le pire destin. Mardi dernier encore, il existait ce cher collège de Ste-Thérèse. Modeste à ces débuts, mais grandissant avec les années comme un arbre que l’on a confié à un sol fécond, il avait déjà pris des proportions considérables, une ère nouvelle de prospérité s'était ouverte pour lui. Loin du tracas et des distractions malsaines des villes, mais reliée avec les grands centres par plusieurs lignes de chemins de fer, réunissant ainsi et tous les avantages de la campagne et les commodités et le confort des localités populeuses ; agréablement située au haut d’une colline à la pente doucement inclinée ; munie d’un personnel d'élite, cette institution offrait une retraite incomparable à l'enfance et à la jeunesse avide de science et d'éducation.
Et il était beau ce collège, avec son entourage de verdure, ses oiseaux joyeux, ses bosquets d’érables plantés et alignés au cordeau par les élèves du bon pére Ducharme, son dôme radieux, son toit resplendissant et sa
tour bravant la nue ; et, chaque matin, à bord du convoi de Saint-Jérôme, pendant qu’il longe en décrivant une courbe profonde les hauteurs au bas desquelles régnait comme un roi ce gigantesque édifice, il faisait bon de promener ses regards sur toutes ses beautés, de se faire enfant et de redevenir de nouveau petit écolier. Je me rappelais ma première entrée dans cette maison. C'était en 1868 : j'avais quitté Saint-Jérôme; je m'étais arraché aux embrassements de ma mère, et j'avais pris place dans la diligence ; car la vapeur alors ne nous transportait pas comme aujourd'hui de Saint-Jérôme à Sainte-Thérèse, avec la vitesse du vent. L'équipage avait sué et soufflé, dans cette mer de sable qne l’on appelle la Grande-ligne. J'arrivais enfin au terme de mon voyage. ‘Je projetais aussi loin qu’il m'était possible ma vue dans le lointain. J'apercevais à l'horizon une immense boule d’argent : c'était le dôme de Sainte-Thérèse : c'était la terre promise.
Hélas ! tout cela est disparu ! Le 5 octobre 1881 est venu! jour à jamais néfaste et de sinistre mémoire ! Il fait un froid d’hiver, un vent à tout détruire, précurseur d’une catastrophe. Le feu éclate près du dôme, sans qu’on en connaisse l’origine, et en quelques heures ce superbe collège et toutes ces beautés s’engloutissent sous les ruines et les décombres; et maintenant l’œil triste parcourt des murs dénudés, lugubres; une grande désolation a envahi ces lieux, et les habitants de ce séjour de paix, de bonheur et de joie, sont partout dispersés.
Mais le malheur à quelque chose est bon. Les grands maux appellent les grands remèdes, et les grands désastres font éclore la générosité, les sympathies, le courage et les beaux dévouements. Dieu frappe quelquefois les hommes pour faire fleurir ces vertus. Il n’y a qu’un instant, les messieurs de Ste-Thérèse ont vu leur maison s’abimer dans les flammes et avec elle s’évanouir toutes leurs espérances ; .et déjà, au milieu des débris fumants encore, à peine remis des émotions et de l’effroi que produit un terrible incendie, ils se réunissent, acceptent l’hospitalité que leur offrent les
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bonnes sœurs de la Congrégation de Ste-Thérèse, et avec un courage que l’on pouvait croire ne plus exister, ils se disent : « Dieu nous avait tout donné : pour nous éprouver, il nous enlève tout, que son nom soit béni et que sa volonté soit faite. Puisque nous avons été chargés de continuer l’œuvre de M. Ducharme, nous la continuerons : il faut rebâtir le collège.» Le soir même du feu, leur résolution est prise ; de suite ils le font connaître au public par la voie de la presse. Le lendemain, le supérieur souffrant et malade, prend le chemin de l'hôpital, pendant que ses prêtres se mettent à l'ouvrage. Au plus pressé d’abord ; ces chers écoliers que l’élément destructeur a mis dehors et forcés d’interrompre leurs études, il faut les rassembler le plus tôt possible, il faut un logis. Un local est bientôt trouvé et dans quelques jours, jeudi prochain, les classes s’ouvriront.
Pendant que l’un d’eux travaille à l'installation des élèves, un autre engage des ouvriers, fait déblayer le terrain et le prépare à recevoir les fondations du nouveau collège. D’autres se répandent par les villes et les np et se font mendiants et quéteurs. Ciel ! ils ne demandent pas pour eux! Qu'’ont-ils besoin, eux, d’aumônes ? Qu'ont-ils besoin, eux, d’un vaste collège, si ce n’est pour le bien du public et la plus grande gloire de Dieu et de la patrie. Au lieu de refaire ce que le feu a détruit, au lieu de réédifier leur établissement, ces messieurs ne pouvaient-ils pas liquider leurs affaires et se retirer avec honneur ? Certainement, ils le pouvaient. Le montant de leurs assurances est de $40,- 000 ; la valeur de leurs fermes est aussi très considérable ; il leur aurait même resté plusieurs milliers de piastres qu’ils auraient déposées entre les mains de leur évêque, et celui-ci les aurait pourvus de cures ou autres bénéfices. Ils auraient mené un genre de vie paisible et surtout plus profitable pour eux-mêmes. Au lieu de cela, ils se sont imposé la lourde tâche de solliciter des souscriptions, de quêter en un mot. Et Dieu sait ce qu’il en coûte de s’hümilier, de s’exposer aux refus, de se soumettre à tous les ennuis et les fatigues du plus
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misérable des métiers. Mais le public est bien disposé, il est d’autant plus bienveillant que leur infortune est plus sensible et que leur entreprise est plus digne et plus belle. Les bourses se délient, les dons se font nombreux, les souscriptions sont généreuses. Les appels à l& charité sont fréquents dans notre pays, mais l’on donne toujours sans se lasser, tant cette noble vertu a jeté de racines dans notre Canada.
C'est avec orgueil que l’on voit dans /a Minerve et les autres journaux une liste de souscriptions en faveur de Sainte-Thérèse, aussi importante par le montant que par le nombre. Personne ne tire en arrière, tous s’empressent de donner quelque chose ; l’on dirait que chacun veut pouvoir dire : ‘* Cette maison d'éducation que l’on veut rebâtir sera ma propriété.” Et rien n’est plus digne d'attention, dans ce moment, que le courage et le zèle de ces prétres-quêteurs, si ce n’est la grandeur d’âme et la générosité de leurs baïnfaiteurs.
(La Minerve du 44 octobre.)
Les sympathies de la presse.
Au milieu de notre infortune, de toutes parts, des évêques, des hauts dignitaires de l’autorité civile, des séminaires, de toutes les classes de la société, les sympathies nous sont arrivées nombreuses, chaudes, franches, sincères. Elles n’ont pas peu contribué à soutenir et à fortifier notre courage. Nous remercions le ciel qui les a inspirées et les cœurs généreux qui nous les ont prodiguées.
La presse, de son côté, sans distinction de partis, a compris Tétendue de notre malheur. ŒElle a saisi la note de nos angoisses; et dans des articles aussi bien écrits que pensés, elle en a répercuté l’écho jusqu'aux quatre coins de la Puissance. Que la Minerve, le Monde, le Courrier de Montréal, la Patrie, la Tribune, le Nord, le Post, la (razette, le Herald et lg Star veuillent bien accepter l'expression de notre gratitude pour le récit émouvant qu'ils ont donné de nos désastres, et pour
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toutes les paroles de condoléance et d'encouragement qu'ils ont su trouver si souvent et si à propos à notre adresse.
Aujourd’hui, dans ces pages, comme dans un écrin, nous recueillons quelques-unes de ces bonnes paroles. Elles seront nouvelles pour la plupart de nos lecteurs ; et plus tard, quand les jours sombres du présent seront dissipés, elles resteront comme un témoignage d'estime et de bienveillance aussi honorable pour ceux qui l'ont donné qu’il est agréable à ceux qui en sont l’objet. Nous regrettons que l’espace ne nous permette pas de multiplier davantage ces citations.
Le Nord du 6 octobre :
C'est sous le poids d’une profonde douleur que nous devons, aujourd'hui, annoncer à nos lecteurs le sinistre incendie qui vient de réduire en cendre les séminaire de Ste-Thérèse. Ce que nous déplorons, ce que tous les amis de l’éducation déplorent aussi, ce n’est pas seulement la destruction de riches et immenses bâtisses, la perte d’un ameublement considérable, de: collections variées, de livres, d'instruments, d'appareils de classe et d’exercice, représentant, au bas mot, une valeur de $150,090, c'est encore et surtout le malheur irréparable peut-être, sous certains rapports, qui vient de frapper la religion ét la patrie ; c'est ce désastre terrible qui, dans l’espace d’une couple d'heures, a réduit à néant ce que plusieurs générations de prètres dévoués avaient amassé à force de travail, de labeurs, de sacrifices inouïs, pour servir à l'éducation de la jeunesse studieuse, pour donner des prêtres à l'Eglise, et au pays des serviteurs capables de lui faire honneur. Dans ce même coup, la Providence a atteint bien des cœurs, a fait verser bien des larmes, surtout au milieu de cette nombreuse famille térésienne, accablée de douleur à la pensée qu’elle n'est plus cette maison bénie où un si grand nombre ont vu s’écouler leurs plus belles années ; là, ils vivaient encore des souvenirs d'autrefois, ils avaient laissé comme une partie d'euxmêmes, tant ils se sentaient fortement rivés au seuil de leur alma mater.
Fondé par le dévouement le plus entier, maintenu au milieu de tons les obstacles, forcé de compter sur les seules ressources que la charité et le travail de ses prêtres ont su créer, le séminaire de Ste-Thérèse avait pris cependant, dans notre province, une place qui nous faisait honneur et qui le mettait au premier rang sons le rapport des études littéraires et scientifiques. IL comptait cette année 230 élèves et avait un personnel enseignant des mieux préparés. Dès 1875, il avait donné l’éducation classi-
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que à 2,300 élèves, et formé 130 prètres séculiers et réguliers.
Il avait été fondé en 1825, quoiqu'il n'ait été reconnu canoniquement qu'en 1842, et civileunent en 1845. Les différentes phases par lesquelles il à passé, depuis le moment où M. Ducharme choisissait cinq ou six jeunes gens de sa paroisse (Ste- Thérèse) pour en faire des prêtres, jusqu’à ce jour, sont remplies d'un grand intérêt ; nous ne croyons pas qu'il existe une autre maison d'éducation où les luttes, les labeurs, les épreuves aient été aussi nombreuses et toujours surmontées avec une énergie aussi inébranlable. Cette dernière épreuve, la plus grande, n’a pu abattre le courage des MM. de Ste-Thérèse. Ils vont de suite s'organiser pour continuer les classes dès cette année, et les travaux de reconstruction vont commencer sans retard.
Tout le pays viendra en aide, sans doute, le diocèse de Montréal particulièrement ; les sympathies dont cette maison est l'objet nous donnent l'assurance que le malheur sera bientôt réparé, au moins autant qu'il peut l'être.
Les effets de ce désastre seront plus particulièrement sentis par la population des districts du nord de Montréal. Que d'hommes distingués, sortis des paroisses environnantes, doivent au séminaire de Ste-Thérèse d'occuper les hautes positions qu'ils possèdent dans l'Eglise comme dans la société civile ! De ce côté, les sympathies ne manqueront pas ; elles se sont déjà produites avec un empressement et un entrain qui sont la meilleure preuve de l'importance que l'on attache au maintien de cette maison.
De plus, il est bon de remarquer que le séminaire de Ste- Thérèse, au moyen de ses admirables fermes, a été un centre de progrès agricole comme il ne s'en rencontre pas de supérieur dans la province ; les districts environnants ont profité, dans une large mesure, des enseignements pratiques que l’on pouvait recueillir du mode de culture qui y était en usage ; la paroisse de Ste-Thérèse lui doit, en grande partie, ses succès en agriculture, ainsi que l'importance qu'elle a acquise par la construction des nombreux chemins de fer qui y convergent.
Pour tout le nord de Montréal, le séminaire a toujours été un appui précieux dans les grandes entreprises publiques, dans les æuvres de la colonisation, de la réforme agricole et des chemins de fer; il a répandu le goût de l'étude et des lettres parmi la population qui l'entourent. Dernièrement, en 1880, l'on y commençait la publication de cette exquise petite revue de collège, les Annales Térésiennes, qui venaient chaque mois rafraichir les souvenirs du bon temps d'écolier et nous donnaient de ces travaux littéraires d'un goût si pur, d'un style si châtié, d'une tournure si classique, que les meilleurs juges ne pouvaient s'empècher de les ranger au premier rang parmi les productions de nos hommes de lettres. Bref, sous tous les rapports, le séminaire de Ste-Thérèse n'a jamais failli à sa tâche; il a toujours été fidèle aux enseignements et aux nobles traditions de ses fonda-
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teurs. Après avoir fait autant de bien au pays, ne serait-il pas juste que le pays tout entier lui vienne en assistance et contribue à le relever de ce terrible désastre ?
La Minerve du 6 octobre :
Encore un désastre à enregistrer. 11 s’agit cette fois de l’incendie de l’une de nos plus importantes maisons d'éducation, le séminaire de Ste-Thérèse. C'est le second collège qui est cette année la proie des flammes. On sait qu'il y a quelques mois à peine, le feu dévorait le séminaire de Rimouski.
Nous sommes heureux de savoir toutefois que les pertes immenses — environ $150,000 — que vient de subir cette institution ne sont pas irréparables. Avec des assurances <: montant à $S40,000 et le concours de la générosité publique, il nous est permis d'espérer que le séminaire ne restera pas enseveli dans les ruines sous lesquelles vient de disparaitre son imposant édifice. Il n'aura pas le sort du collège de Terrebonne, lequel, après avoir rempli une mission si utile, alla s’abimer dans les flammes qui en quelques heures détruisirent le fruit de plusieurs années de sacrifices, de travail et de dévouement.
Si terrible que soit eette épreuve, elle n’a pu abattre le courage des directeurs du séminaire. Hn présence des cendres encore fumantes de leur édifice, ils se sont réunis, sous la présidence de Sa Grandeur Mgr Fabre, accouru sur le théâtre du désastre pour leur témoigner sa profonde sympathie, et ils ont résolu de commencer sans délai la reconstruction de l'édifice.
Le public n'hésitera pas, nous en sommes persuadé, à leur montrer d'une façon tangible qu'il apprécie leur énergie et leur dévouement à la noble cause de ‘éducation. Les anciens élèves que le séminaire a produits en si grand nombre — et parmi lesquels on compte le lieutenant-gouverneur, plusieurs juges et maints autres hommes distingués, tant parmi le clergé que dans les professions libérales, —seront sans doute les premiers à donner l'exemple de la générosité dans le terrible malheur qui frappe leur a/ma mater,
La Minerve ue saurait être insensible au coup qui vient d'atteindre le séminaire de Ste-Thérèse. Aussi l'administration ouvre-t-elle à l'instant une liste de souscription qu'elle espère voir remplir rapidement par ses amis, s'inscrivant eile-mème pour la somme de $25.00.
Le Monde du 6 octobre :
La pénible nouvelle de la destruction du collège de Ste-Thérèse a jeté la consternation en, cette ville, hier après-midi, C'est la troisième institution de ce genre qui devient la proie des flammes depuis peu de temps. Nous espérons que les dévoués directeurs du collège, qui ont toutes les sympathies du publie, rece-
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vront les secours nécessaires pour leur permettre de rebàtir au plus tôt.
Un douloureux émoi a été créé à Montréal lorsqu'on apprit qu’un des plus beaux collèges de la province de Québec était devenu la proie des flammes. Les dépèches se bornaient à dire que le collège de Ste-Thérèse avait été détruit de fond en comble par le feu.
Le Courrier de Montréal du 6 octobre :
Il y a quelques mois à peine, les citoyens de Rimouski avaient la douleur de voir leur beau séminaire dévoré par les flammes ; hier, une autre maison d'enseignement supérieur était réduite en cendres en quelques heures. Le séminaire de Ste-Thérèse, cette importante institution qui {faisait l'orgueil de la région située au nord de Montréal, est devenu la proic des flammes.
Cette triste calamité qui vient de fondre sur une des principales institutions du pays, ne peut manquer de produire un vif élan de sympathie et de générosité parmi le public; et nous espérons que ces sentiments se traduiront sous une forme tangible, et que des souscriptions abondantes permettront aux Messieurs du séminaire de Ste-Thérèse de reconstruire bientôt leur maison
Le Post du 6 octobre :
The destruction by fire of the noble College of $te. Therese is a great misfortune, nay more, it is a national calamitv, and as such it should be considered with a view to its possible reconstruction. It is the Ana Mater of some of the most distinguished men in the Province, including Lieut.-Governor Robitaille and His Hon. the judge Routhier. The efforts made by Mr. O'Meara, Deputy City Clerk of Montreal, at the fire were a labor of love, for he too is a graduate of Ste. Tlierese, as are numbers of other prominent men of al nationalities, not only in Canada, but in the United States. Ste, Therese was almost a free institution, board and education were given at a minimum cost, the college authorities made no profit and saved no money, and the consequence is a dead loss by the ravages of fire. The loss is estimated at nearlv two hundred thousand dollars, the insurance is only forty thousand ; and as we have implied there is no reserve fund. It is the general opinion that something should be done in the premises ; a voice is only wanting to rouse the people to the extent of their loss and to the necessity of making it good. A hundred thousand dollars will rebuild Ste, Therese, and this is not too large a sum for the Province, even without outside assistance, to subscribe. The Lieut.-Governor has already offered his aid ; so has the Hon, Mr, Chapleau, and so have many others ; but to meet the requirements of the case there
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must be an organized effort. Why, for instance, should not the Lieut.-Governor organize a central committee with power to form sub-committees throughout the province, who would collect money to rebuild Ste. Therese ? The times are good ; the harvest is bounteous, and if the Government of Quebec is poor, the Province is uot. There are a thousand men in Montreal alone who could give twenty-five dollars each ; the balance might be collected from the farmers, merchants and professional people throughout the Province. As for The Post, it is both anxious and willing to assist, both in money or space in any movement that may be initiated towards the reconstruction of such a noble educational monument as the College of Ste. Therese. Who will begin ?
Le Nord du 13 d’octobre.
Si, bien souvent, des plaintes ont été formulées au sujet de notre système d'éducation primaire et secondaire, il n’en a jamais été ainsi de nos maisons d'éducation supérieure. De tout temps, pouvons-nous dire, elles ont douné entière satisfaction et se sont tenues à la hauteur de leur mission ; elles n'ont cessé de fournir à l'Eglise et à l'Etat des sujets distingués, des hommes capables de faire respecter nos droits et de diriger d'une main ferme et sure, vers ses destinées, le peuple canadien-français. Nous pouvons leur rendre cet hommage, en toute vérité, qu'elles ont formé un clergé qui peut être cité comme représentant les plus beaux modèles de dévouement, de charité et de zèle pour l’accomplissement des devoirs sacerdotanx, Quant aux hommes instruits engagés dans les carrières libérales, ils ne nous ont pas fait défaut non plus: on les a toujours trouvés fidèles au poste, soit dans l'arène parlementaire, soit sur le banc, au barreau et dans l'exercice des différentes professions ; en général, ils sont animés de beaucoup d'esprit de progrès et les principes qu'ils professent sont les principes sanctionnés par la doctrine de l'Eglise, par les enseignements du droit naturel et d'une saine économie sociale, Si quelquefois, plusieurs se sont écartés de ce sentier de la sagesse qui fait la force des nations, ces aberrations n’ont été que partielles et temporaires, et nous ne sachons pas qu'il existe parmi la classe instruite, de groupe organisé en école, pour prècher des doctrines perverses contre l’ordre social ou religivux. Aussi est-il bien certain qu'il n'existe nulle part, aujourd'hui, une nation aussi complètement et aussi parfaitement constituée que le peuple canadien en général et plus particulièrement la population de la province de Québec, qui a un avantage sur les provinces sœurs, celui d'avoir une histoire, des traditions, une langue, des luttes et des victoires, des institutions religieuses et civiles qui en font un tout homogène : chose nécessaire pour atteindre le but que toute société doit se proposer.
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Le Play, l’illustre auteur de la Réforme sociale, après bien des recherches de par le monde entier, après des études sur les différents groupes de population qui habitent l’ancien comme le nouveau monde, après avoir scruté leur constitution intime, aussi bien que leur régime extérieur, n'hésite pas à citer le Canada comme une grande nation modèle de notre temps, etparlant de la province de Québec, il dit ‘‘ qu’elle forme l'Efat-province qui ‘< par son passé comme par l'organisation présente de la famille,de ‘< la religion et de la propriété, offre les meilleurs symptômes de ‘* hautes destinées. Dès l'origine, le clergé s’est mis à la tête de ‘‘la colonie, les prêtres séculiers, secondés souvent par les jé- ‘“ suites, ont dirigé toutes les entreprises de défrichement ; ils ‘ont présidé à la création des villages, en joignant à leur ‘fonction principale celles du législateur, du juge, de l’architecte ‘‘et du médecin. Ce sont également les cleres qui ont lié #n- ‘ dissolublement à la langue française l'enseignement de la re- ‘€ digion, la culture des arts, des sciences et des lettres .”
Avec un pareil témoignage, notre clergé peut être appelé avec raison la base fondamentale et la ïjorce dirigeante de notre nation ; car nous pouvons dire que c'est le clergé qui a fait la province de Québec, tout comme on a dit de l’episcopat français, qu'il a fait la France. Aujourd'hui encore, où prenons-nous les hommes qui, par pur dévouement, s'occupent de l'avancement du pays, de l’enseignement supérieur des arts, des lettres er des sciences ? Dans le clergé. Qui s'occupe sérieusement et sans attendre de rétribution du défrichement de nos forêts, de fonder de nouvelles paroisses ? Encore le clergé: MM. Labelle et Lacasse, soutenus, encouragés par les hauts dignitaires ecclésiastiques. Et, de nos jours comme il y a cinquante et cent ans, si l’on veut obtenir de grands résultats dans une entreprise, si l’on veut diriger l'opinion publique dans une voie de progrès, il faut faire appel au clergé : c'est l'autorité sociale par excellence.
Et ce clergé auquel nous sommes si redevables, ce sont nos maisons d'éducation supérieure qui l'ont formé. La Providence a permis, et c’est ce qui a le plus puissamment contribué à notre maintien comme organisation sociale, que ces maisons se multipliassent de tout côté et comme par enchantement. Cela a facilité la distribution de l'édueation supérieure aux enfants des classes ouvrières, des cultivateurs pauvres, qui sont le plus grand nombre. En sorte que de cette manière, presque tous les jeunes gens qui paraissaient doués d’he ‘reuses dispositions, ont pu recevoir le bienfait de l'éducation, Combien d'hommes distingués, placés même au faite des dignités civiles et ecclésiastiques, fussent restés dans de modestes conditions, s'ils n’eussent trouvé, à deux pas du toit paternel, le collège qui leur a fourni l'instruction presque gratuitement !
Voilà, entre mille, quelques faits qui pénètrent tout le monde de l'importance qu'ont nos maisons d'éducation supérieure, et