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‘ Je les ai connus ces pasteurs dévoués, j'ai eu avee eux des rapports fréquentset même particuliers ; je puis aujourd'hui vous assurer qu'ils ont été vos plus sincères bienfaiteurs ; jamais ils n’ont cessé un seul instant de travailler pour votre bonheur. Au prix de maints sacrifices. ils ont élevé cette admirable institution, ce beau collège qui fait la gloire de votre paroisse. J’ai été heureux, dans le temps, de prêter main-forte à ces apôtres pleins de zèle, de m’associer autant qu’il m'a été possible aux saiutes œuvres qui se faisaient par les soins vigilants et les généreux efforts de ces hommes infatigables ; je m'honorais de pouvoir être leur humble coopérateur, j'ai étendu la protection de l’épiscopat sur ces enfauts qui se montraient si soumis, qui savaient recevoir avec tant de respect les conseils de leur premier supérieur. Je le répète, vous avez été l’objet de leur tendresse cortinuelle et de leur constante sollicitude,
‘ Nous sommes aujourd'hui sur la tombe de ces paseurs qui reposent en paix sous les voûtes souterraines de ce sanctuaire. Du fond de leurs tombeaux il s'élève une voix éloquente qui vous presse de toujours suivre leurs conseils et de marcher fidèlement sur les traces qu'ils vous ont laissées, Vous venez de prouver que vous n'êtes pas sourds à leur voix, en répondant avec une telle générosité à Pappel de votre pasteur actuel, lorsqu'il vous à invités à venir en aide aux embarras pécuniaires de Pévèché. Je me réjouis de rencontrer des cœurs aussi charitables, Que Dieu accepte avec bienveillance loffrande que vous venez de me remettre ; je prie la bienheureuse Vicrge Marie, saint Joseph et votre grande patronne, sainte Thérèse, de vous accorder en retour leur puissante prolection.
4 Je termine en faisant des vœux pour que cette paroisse soit toujours un modèle de charité. Que Dieu répance dans vos cœurs cette vertu céleste ; que toujours parmi vous les pauvres soient assistés; que ceux qui souffrent regcivent de vos mains le secours, la consolation et la joie! que toutes les misères trou-
A STE-TIHÉRÈSE. 35
‘ vent chez vous un prompt soulagement ; et le bon- ‘ heur règnera dans vos familles, vos enfants seront ‘ bons et pieux, vos affaires prospèreront. Oui, que ‘* cette paroisse prospère, que ce couvent prospère, que ‘ ce collège prospère et grandisse toujours ! Gloire à ‘“ Dieu, à Marie et à saint Joseph !”
Puis M. le Supérieur, les prêtres du collège, ies paroissiens, à tour de rôle, vinrent s’agenouiller aux pieds de Monseigneur pour déposer entre ses mains une offrande spéciale, afin de recevoir de Sa Grandeur une bénédiction spéciale. Presque toute la paroisse, hommes, femmes, enfants, vieillards, voulut prendre part à cette touchante cérémonie. Enfin l'exercice fut couronné par la bénédiction du Saint Sacrement, donné par Monseigneur lui-même.
CUEZ LES ÉLÈVES.
A trois heures et demie de l'après-midi, la communauté se réunissait dans la salle des grands pour présenter à son tour ses hommages à Monseigneur. Des guirlandes de verdure couraient autour de la salle, des faisceaux de drapeaux étaient disposés le long des murs. Au fond, s'élevait un trône dont les tentures se déployaient entre deux figures vénérées, les bustes de Pie IX et de Meur Bourget ; au-dessus du trône, encadrant l’écusson lu diocèse, se lisait l'inscription: Amour, honneur, reconnaïssance au second Fondateur.
Monseigneur fait son entrée au son de la fanfarr et au bruit d’applaudissements prolongés. Aussitôt que Sa Grandeur à pris place sur le fauteuil qui lui a été préparé, et que les messieurs du clergé se sont assis à ses côtés, le grand chœur entonne :e chant de bienvenue :
Salut, pontife vénérable
Dont l'air impose de grandeur ; Salut, Père dont l'œil affable Pour nous rayonne de douceur.
Honneur à toi ! bras tutélaire Qui dirigea le fondateur ; Toujours de notre séminaire Tu fus l'ami, le protecteur.
Amis, chantons à perdre haleine Ses vertus, son nom glorieux ; Que l'écho, là-bas, dans la plaine, Répète nos accents joyeux.
Sa main bénit nos jeunes têtes ; Il nous apporte la gaieté,
Et la plus belle de nos fêtes
Est un présent de sa bonté.
De ses lèvres apostoliques Coulent des paroles de miel, Douces, vibrantes, pathétiques, Qui paraissent tomber du ciel.
Le malheur frappe sa vieillesse De coups imprévus, douloureux ; Venez soulager sa tristesse, Amis, par vos dons généreux,
Salut, pontife vénérable
Dont l'air impose de grandeur ; Salut, Père dont l’œil affable Pour nous ravonne de douceur.
Honneur à toi! bras tutélaire Qui dirigea le fondateur ; Toujours de notre séminaire Tu fus l’ami, le protecteur.
Le chant terminé, M. le Supérieur lut à Monseigneur l'adresse suivante, en lui remettant l’offrande du Séminaire :
A Sa Grandeur Monseigneur 1g. Bourget, Archevéque de Martianopolis.
Monseigneur,
J'ai à peine besoin de vous exprimer le sentiment qui se reflète sur toutes les figures comme il remplit tous les cœurs, Nous ne songeons plus en ce moment aux circonstances malheureuses qui vous ont arraché au repos de votre retraite. Nous sommes tout entiers à la joie de vous revoir. Il fait bon, en effet, de retrouver la présence, le regard, la voix d’un père, après en avoir été privé ; et cette fête est d'autant plus douce qu'elle a été plus longtemps attendue. 11 fait bon, aussi, d’avoir sous les yeux ce spectacle, qu'une âme forte est toujours maitresse du corps qu'elle anime, et que la vieillesse n'a point de langueurs ni de souffrances dont ne saurait triompher le dé-
#vouement de la charité.
Le Séminaire de Ste-Thérèse se fait un bonheur comme un devoir de répordre à l'appel de Votre Grandeur ; et il apporte à l'œuvre commune sa part de zèle et de sacrifice. Nous l'eus: sions désirée plus considérable ; mais si petite qu'elle soit, nous savons qu'elle paraîtra assez grande encore, venant d'un bon cœur, corde magno et animo volenti, et d'une main qui offre tout ce qu'elle peut donnér.
Toutefois, je tiens à le dire, si notre modeste offrande donne la mesure de nos ressources, elle ne donne pas celle de notre reconnaissarce. Près de quarante années nous séparent du jour où vous ‘présidiez, Monseigneur, à l'inauguration de ce séminaire. Ce qui était humble et petit alors, est devenu grand ; et nous sommes nous-mêmes les témoins, les heureux témoins de cet accroissement. Mais dans la joie que nous éprouvons de voir les proportions actuelles et d'entrevoir pour l'avenir le couronnement de l'édifice, nous ne pouvons oublier quelle main en a posé les bases avec l’aide de Dieu et le concours du fondateur, Aussi nous la vénérons, nous la bénissous, cette main pieusequi a consacré à l’Église l'institution naissante de M. Ducharme ; cette main .prudente qui l’a dirigée dans son premier essor ; cette main ferme qui l'a soutenue et sauvée peut-être à l’époque ia plus critique de son existence. Nos désirs et nos vœux pour ce pontife bien-aimé seraient qu'il pût échapper aux vicissitudes de la vie humaine; mais nous avons du moins cette assurance, que sa mémoire nous restera, toujours honorée, toujours chérie dans cette maison, comme celle d’un second fondateur,
C'est à ce titre, Monseigneur, que vous daignerez bénir encore ce Séminaire, et cette bénédiction lui sera dans l'avenir, comme elle le fut dans le passé, le gage d’une fécondité toujours croissante pour l'honneur de Dieu et de la sainte Eglise.
Avec les vœux que nous formons, de bonheur pour vous, Monseigneur, et de succès pour la grande œuvre que vous avez entreprise, agréez l'hommage de notre vénération constante et de notre filial dévouement,