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sardes par un chassis qui donne sur le jardin, tout était consumé. Heureusement qu’il ne ventait point. Quelque intérêt que prenne Votre Grandeur à tout ce qui intéresse votre Petit-Séminaire, je ne me permettrai point de décrire ce qui s’est passé. Notre perte a été moindre que nous nous l’étions figurée dans le moment. Toute la maison était inondée. Le premier étage avait été dépouillé, avec précipitation, des portes, des fenêtres et de tout ce qui avait pu s'arracher. Les gens élaient si transportés qu’ils auraient renversé la maison pour arrêter le feu.
‘ Si cette œuvre m'’appartenait (l'établissement du Petit-Séminaire), je regarderais ces accidents comme un châtiment; mais elle est à vous, et en cela je vois une épreuve.
‘ Je rappelai hier à mes paroissiens ‘ que je com- ‘ mençais, parmi eux, ma trentième année, que je ‘ n'avais cessé de me sacrifier pour eux, que cette entreprise ne pouvait venir que de l'enfer, que j'avais fait tous mes efforts pour former leurs enfants à la piété, que je ne comprenais pas comment il se ‘ pourrait trouver parmi eux des hommes capables ‘ d'une pareille noirceur, qu’à la vérité quelqu'un m'avait dit qu’il était contre l’établissement et qu'il lui nuirait autant que possible...” Cependant, je re saurais le croire coupable d’un tel forfait.
‘ Chose singulière, le mrstin de l'incendie il s’est rendu au feu deux préd'rnts suisses en même temps que leurs adeptes canadiens, ce qui a été remarqué avec surprise. On assure qu'il a été dit, par un de ces adeptes, que l'église et le presbytère n’existeraient pas aux premières neiges. On à commente des perquisitions à ce sujet, mais il est bien difficile d'en venir à un résultat favorable.
‘« Ce matin, vers quatre heures, un des serviteur de la maison, passant pour se rendre à la grange, aperçut quelqu'un dans le couloir qui se trouve entre la salle des élèves et les lieux d’aisance ; croyant que c'était un autre serviteur, il l'appelle, et, cet
‘ homme n'ayant point répondu, il fait semblant de s’a-
‘* vancer sur lui, ce que l’autre voyant prend la fuite et ‘se sauve sur la terre voisine en passant derrière le ‘‘ eimetière. On se Li Ds de mettre des gardiens.
‘,. Nous ne perdons pas courage et nous nous reposons sur le secours de vos prières. Je ne suis nullement surpris du mal qu’on nous veut, étant chargés d'une pareille fonction.”
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Après la lecture de ces deux lettres du Fondateur à propos d’incendies, les pensées se pressent nombreuses dans mon esprit.
M. Ducharme a semé dans le sol térésien le grain de sénevé ; il l’a arrosé de ses sueurs ; il l’a cultivé de son travail, il lui a consacré le meileur de son existence : pourrait-il aujourd'hui l'avoir oublié !
M. Ducharme, lui aussi, a passé par les épreuves du feu; il a connu les angoisses de ces heures terribles, et le vide qu'éprouve l’âme en face des décombres et des ruines calcinées : son cœur de père comprend donc les tristesses et les difficultés de l’impasse que nous sommes à traverser.
M. Ducharme, après une vie de dévoument, de privations et de sacrifices, nous n’en doutons pas, est allé jouir de la récompense promise au bon et fidèle serviteur, Ici-bas ses travaux ont mérité la rosée des hénédictions célestes ; là-haut, ses prières ne sont pas moins puissantes que ne l'étaient ses labeurs d'autrefois.
Ce n'est donc pas une chimère de penser que notre vénéré Fondateur est là, à nos côtés ; qu'il soutient notre courage, qu'il inspire nos résolutions, qu’il dirige nos conseils. Oui, il nourrit l'attachement des élèves actuels, il réchauffe l'amitié des anciens, il ouvre les cœurs à la sympathie, il dénoue les bourses à la charité. Enfin nous croyons le voir, bienveillant et affable, qui sourit à nos efforts : et cette pensée nous est un encouragement, une consolation, une espérance.