A MGR J. J. LARTIGUE
Ste-Thérèse, 7 janvier 1827.
Monseigneur,
Comme Votre Grandeur, en m'invitant a prêcher le jour de l'anniversaire de son sacre, ne peut avoir l'intention que d’accorder une faveur, je l’a supplie de me permettre de l’en remercier pour cette fois. La première raison, c'est que n'ayant pas encore reçu la lettre dont vous m'avez honoré, quoique nous soyons arrivés au sept de janvier, je regarde le temps qui me reste cumme trop court, à cause de mes occupations actuelles. La visite de ma paroisse n’est pas encore faite. La seconde raison, c’est qu'étant, obsédé chaque jour par les syndics de ma paroisse qui sont en frais de répartition, il me reste à peine le temps de vaquer à mes obligations. Si dans quelque autre circonstance, Votre Grandeur daigne jeter les yeux sur moi pour remplir quelque devoir semblable, je ne m'’exposerai à rien qu'après avoir communiqué à Votre Grandeur ce que j'aurai à traiter. Veuillez bien, Monseigneur, agréer mes excuses pour cette circonstance et être persuadé que je ressens de la peine de ne pas accepter l'honneur que vous m'offrez. En attendant que j'aille chercher votre bénédiction, veuillez bien accepter les témoignages de mon profond respect, et me croire de Votre Grandeur le très, etc.
A MGR B. C. PANET
Ste-Thérèse, 10 avril 1829. :
Monseigneur,
Après avoir prié Votre Grandeur de vouloir bien agréer les témoignages de mon respect, je la supplie d’avoir la bonté de jeter un coup d'œil sur l'exposé suivant.
Il y a environ dix ans que, moi réuni à mes paroissiens, nous avons bâti une maison pour servir à l'instruction de la jeunesse. C'est une maison d’une quarantaine de pieds, et à deux étages. Outre cette école, j'en ai fait tenir une seconde dans mon presbytère et une autre dans une maison du village. Depuis quatre ans, je me suis appliqué à former des jeunes gens dont quelques-uns sont capables d'enseigner les trois et quatre premières années de
latin. Outre cela, je suis à la veille d'ouvrir une école anglaise, conformément au désir que me témoignent un certain nombre de personnes respectables. Cependant, comme notre maison d'éducation est sise sur le terrain de la fabrique, je n’ose entreprendre ni augmentations, ni réparations sans faire part à Votre Grandeur du désir que j'aurais, ainsi que mes paroissiens et le seigneur de la paroisse, de vuir cette maison et le terrain qui l’environne employés conformément au bill pour l'érection des écoles ; ce qui exempterait des dépenses, puisque la maison est bâtie et que cela ne causerait aucun dommage au curé, vû que cette partie du terrain de la fabrique est d’une petite valeur, et n’a jamais servie avant mon arrivée à Blainville.
Dans l'acte de donation, passé pendant l’avant-dernière visite ce Mgr de Telmesse, il est dit que ce terrain est pour l'utilité du curé ; mais, comme je viens d’observer, il ne peut lui être utile, et parce qu'il est trop petit et parce que c'est une terre ingrate, s’il pouvait être consacré pour l'éducation, ce serait un heureux emploi. Pour faire connaître à Votre Grandeur la position de ce terrain et la mettre plns en état de donner son opinion, j’ai cru devoir peindre ci-après un plan à peu après conforme au terrain et aux bâtiments y construits.
J'espère que Votre Grandeur aura quelque égard au désir que je lui manifeste, parce que je sais qu'elle désire voir fleurir l'éducation, et que, de mou côté, je n’ai rien négligé pour cette fin ; mais plus de £1000 déboursés pour l'utilité de ma paroisse ne me permettent pas de faire grand'chose pour ellemaintenant, et surtout dans ,une année comme celle-ci... Néanmoins je suis prêt à tenter tout moyen possible dès que Votre Grandeur aura eu la bonté de me manifester ses intentions. Daignez me croire avec le plus profond respect, etc.
A MGR B. C. PANET
Ste-Thérèse, 27 déc. 1830.
Monseigneur,
J'avais obtenu de feu Monseigneur Plessis la permission de faire dans ma paroisse la neuvaine de St-François-Xavier, afin de faire participer mes paroissiens à l'indulgence qui y est attachée. Pressé ensuite par feu M. Bélair de l'aider dans la sienne, j'ai demandé et obtenu de Monseigneur Plessis l’indulgence de la ‘première semaine de juillet, sans que celle de la neuvaine ait été révoquée. Néanmoins je n'ose faire usage de la première. permission sans le consentement de Votre Grandeur, et je la prie de m'’accorder l’indulgence de St François-Xavier, outre celle de la première semaine de juillet . }
Monseigneur, daignez me permettre de profiter de la présente occasion pour vous ouvrir mon cœur sur ma situation actuelle. La mort en m'’enlevant mon respectable voisin, M. Bélair, m'a privé d’un sage directeur, d'un modèle des vertus ecclésiastiques, d’un consolateur dans mes peines. Près de quinze années passées près de lui m'ont donné le temps de le connaître et d'apprécier son mérite. Aussi, cette perte m'est-elle aussi sensible que celle du meilleur des pères. Qu'il me soit permis de supplier Votre Grandeur de vouloir bien le remplacer par un homme d’un âge mur, et rempli de l’esprit ecclésiastique...
Dans la crainte de fatiguer Votre Granieur, je ue lui dirai rien de plus, si ce n’est qu’il y a bien du mal dans ce district, et que celui même qui demeure paisible n’est pas exempt de chagrin. Daignez accepter les témoignages du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d’être, etc.