‹ Mélanges littéraires [microforme]Chapitre 6 sur 122 · COMPLIMENTS · texte numérisé non relu

COMPLIMENTS

Adressés à M. Jacques Roque, Directeur du Petit Sémi-

naire, le 25 juillet 1809, par MM. les Rhétoriciens.

À peine, sur nos bords, par ses feux lumineux, Apollon, en ce jour, dans sa marche féconde, Décorant l’univers d’un éclat radieux,

Commençait à briller du vaste sein de l’onde,

Que déjà mille oiseaux répandus dans les airs Semblaient nous inviter dans leurs tendres ra mages Et nous dire à l’envi, par les plus doux concerts : Au pasteur du troupeau présentez vos hommages. Dés lors, nous soupirons après l'instant heureux,

Où tu dois parmi nous répandre l’allégresse, Et nous faire sentir le prix de ta tendresse. Tu parais. et déjà sont remplis tous nos vœux. Il n'est point sous tes lois de jours infortunés, C’est ici que l’on goûte une paix sans alarmes ; L’humble et douce vertu brille avec tous ses charmes ; Point d’instants qui ne soient de plaisirs couronnés. Oui, sans doute, au moment où le ciel te vit naître, L’arbitre des humains, seul auteur de ton être, A régner sur nos cœurs t’avait prédestiné.

En vain dans sa fureur un peuple forcené, Voulant se signaler par l'horreur de ses crimes, Fit couler à grands lots, sous le glaive tranchant, Le sang de mille et mille innocentes victimes ; En vain contre le Ciel l’Enfer se déchaïnant Exhala de son sein ses dogmes imposteurs, Infecta tous les cœurs de son souffle homicide, Arracha de l’autel les brebis, les pasteurs, Arma contre le père une main parricide ; En vain les éléments soulevés contre toi Conjurèrent ta perte ; invincible en ta foi, Et toujours à leurs traits héros invulnérable, Tu bravas les tyrans, les supplices, la mort, Tu parvins sain et sauf aux rives de ce port. O moment fortuné ! jour pour nous favorable !..…. Parsemons tous ces lieux de rameaux d'oliviers, De guirlandes, de fleurs, de verdoyants palmiers. Surtout, présentons-lui de nos cœurs les prémices : Ce sont là ses souhaits ; ce sont là ses délices. S'il nous était donné de pouvoir, en ce jour, Exalter dans Sion tes bienfaits, ta mémoire, Et chanter sur l'enfer ton triomphe et ta gloire !.… Mais puisqu'il faut encor languir dans ce séjour, Je te dirai, conduit et guidé par l’amour :

Accepte de ma main

Ce léger don de Flore, , ; Qui pour toi, ce matin,

Souriait vers l’aurore.

JOSEPH-CHARLES DUCHARME, Etudiant en Rhétorique.

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