‹ Mélanges littérairesChapitre 18 sur 25 · PÉRORAISON · texte numérisé non relu

PÉRORAISON

Sous quel jour ( et c'était là le résultat auquel j'étais impatient d'arriver, comme au couronnement de tout ce

le teiiii)> ne lui avait pas permis de prononcer son discours tout entier. Il 4 supprimé la fin delà deuxième partie, et présenté qtielqnes-uues des dernières idjées de la troisième puur passer à la péroraison.

discours ) , sous quel jour devons-nous donc envisager un système d'études où la tâche habituelle de la jeunesse est de traduire les ouvrages les plus capables de régler chez elle les mouvements de l'esprit et du cœur ! Jeunesse de nos collèges, que je voudrais voir en ce moment pressée autour de moi , lorsque nous vous demandons des traductions, nous ne vous imposons donc pas, pour l'essai de vos forces, un travail impossible , comme deux orateurs de la capitale, chargés eux-mêmes d'instruire, ont osé le prétendre dans ces solennités mêmes où des couronnes sont données aux traductions. Aussi, prononcer ici cette première partie de notre discours , c'était en quelque sorte réparer et un tort domestique et un scandale littéraire. Nous vous offrons plutôt les moyens d'affermir votre raison , d'épurer votre goût, de hâter vos progrès dans votre langue , de préluder aux plus brillants essais de l'imagination, d'exprimer enfin avec plus de force, de ces chefs-d'œuvre antiques, ce qu'ils renferment de suc et de substance. Par la traduction , en effet , je veux dire par cette sorte d'entretien où , mis en rapport avec les esprits les plus distingués, vous les écoutez dans leur langue pour parler dans la vôtre; par cet exercice journalier, vous entrez dans une communication plus intime avec cette brillante antiquité qui , dans ce magnifique système de vos études , renaît pour vous instruire et pour nous instruire avec vous. Elle renaît dans toute sa beauté. Des mains prudentes, en la reproduisant devant vous, ont depuis long-temps écarté ce qui pouvait vous nuire. Tant de vénérables modérateurs de vos études , dans toute l'Europe , ont senti quelles attentions scrupuleuses exige un auditoire tel que le vôtre. Car et vous aussi vous formez une assemblée bien imposante à nos yeux, une assemblée devant laquelle chacun de nous, lorsqu'il se pénètre de la noblesse de son ministère, s'incline avec terreur. Ainsi, grâce aux choix les plus sévères, ces grands écrivains,

dont vous essayez de reproduire les beautés, ne vous montrent que leur génie dirigé par la morale. Et comme il n'est rien qui soit vraiment beau hors de la vertu . c'est à la vertu avant tout que les plus belles inspirations de leur génie vous ramènent. S'ils ont failli dans leur conduite, ce qui devait arriver souvent, parce qu'ils n'avaient pas comme vous les ressources d'une religion avec laquelle l'héroïsme lui-même devient facile; dans cette majestueuse tribune où évoqués devant vous ils parlent tour à tour, les premiers qu'ils accusent, ce sont eux-mêmes. Et ce défaut d'accord entre leurs actions et leurs paroles, qui se présente à vos yeux comme un ridicule, vous dispose à chérir davantage la vertu, comme l'accomplissement délicat de toutes les convenances. Ainsi, dans cet ouvrage journalier de la traduction, se développent vos âmes encore tendres, au milieu des leçons de la sagesse et des trésors du génie.

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