AUX MATÉRIALISTES
PUISSANCE *ÉS FAITâ.
Quand la vue du mal dans la créatioiji devrait faire douter de l'existence d'un Créateur souve-
rainement juste et bon, la icroyance instinctive et universelle du genre humain , en dépit de tant de maux, à un Dieu pareil , est un fait si extraordinaire , que sa singularité suffit seule à prouver que èe Créateur existe.
C'est ainsi qu'en dépit de la vue de la mort qui frappe, autour de nous, tout ici-bas, et tant de choses de nous-même , notre croyance , également instinctive et incontestablement universelle, à notre immortalité pour un autre monde rémunérateur de celuirci , est un second fait si extraordinaire aussi , que sa singularité suffit de même à prouver l'existence de cet autre monde.
Un troisième' fait , conséquence des deux premiers, vient àlçiir appuis C'est l'égarement de notre raison quand , se croyant incrédule à ces deux croyances , elle prétend s'y substituer : révolte contre nature , pleine de subtilités inconséquentes et contradictoires, dont les essais,' toujours impuissants ou bientôt punis , prouvent à la fois et le libre-arbitre de l'homme qu'elle •contesté, et que Dîéu à ïnis dés bornes à ce Ubrearbitréi ' ' =
m SOUVENIRS ET RÊVERIES
X***, qui se croît libre-penseur parce qu'il professe un matérialisme athée , ne se croit d'ailleurs pas moins obligé d'être un honnête homme , ce qu'il est en effet, mais ce qui est une inconséquence, car s'il était aussi convaincu qu'il le dit que toute idée morale est un préjugé , pourquoi serait-il honnête?
Répondra-t-il que c'est par instinct et machinalement qu'il se conduit ainsi? Mais alors quelle est donc en lui cette machine qui écrit des livres qu'elle croit pleins d'excellents raisonnements contre la raison^ d'esprit contre V esprit^ de pensées prouvant qu'elle ne pense pas^ et qu'en elle enfin , comme en ce monde , tout est machine ?
X***, tout en vous est contradictions, et vos livres, comme vos actions, vous contredisent!
Dans l'apparition d'un chef-d'œuvre quelconque , ce qu'il y a de plus remarquable n'est
D'UN OCTOGÉNAIRE. j^^
pas ce chef-d'œuvre , ni même que ce soit Fuu de nos semblables qui ait pu l'accomplir. Non; mais ce qu'il y a là surtout à considérer, c'est l'universalité du succès de ce chef-d'œuvre.
Le sentiment ou plutôt le principe qui a inspiré cette œuvre à son auteur, préexistait donc dans toutes les consciences , puisque toutes , à l'aspect de ce chef-d'œuvre, ont été saisies d'une même admiration.
Or, quel est ce principe préexistant, inné dans toutes les âmes , éternel enfin , sinon celui du Beau y du Bon et du Frai, c'est-à-dire de la perfection, laquelle est Dieu.^
C'est ainsi que tout ce qui approche à nos yeux de cette perfection , nous ramène à l'idée de.Dieu; et que, dans l'unanimité de notre admiration pour tout chef-d'œuvre , même de main d'homme, on découvre une preuve de plus contre l'athéisme !
Les gens qui croient se vanter en disant qu'en ce monde ils ne voient rien en beau , pas même Dieu, montrent que c'est au travers d'eux-mêmes
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qu'ils voyent toutj ce 'qui ne fait guère leur ëloge! •'