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DE LA PERSONNALITE DIVINE

On ne remarque peut-^tre pas assez qu'en ce monde , la vie ne se montre qu'individuelle , et qu'en conséquence , le principe de toute vie doit nécessairement être l'individualité , la personnalité vivante la plus entière et la plus complète que l'on puisse imaginer. Personnalité si puissante , qu'il a suffi d'un seul souffle d'elle pour créer l'infinie variété des individualités de toute nature qui remplissent cet univers. Souffle divin , lien mystérieux de l'esprit à la matière , de la créature au Créateur, qui échappe au scalpel du physiologue comme aux vaines hypothèses oii s'égare le panthéiste, malgré l'exemple de sage réserve que lui donne la science quand elle reconnaît que son domaine finit où. commence ce grand mystère 1

Exemple que n'a nullement démenti le plus illustre des savants de notre siècle; car je tiens du célèbre et théiste Biot, son élève, queLaplace fut mal compris quand , à propos de l'idée d'un

créateur, il disait : « Je n'ai pas besoin de cette « hypothèse; » et qu'il avait seulement voulu dire que les sciences ne doivent point chercher un appui dans les croyances , ni la physique s'appuyer sur' la métaphysique.

Dieu seul est créateur ! l'homme ne crée point ! Il ne peut pas avoir l'idée de ce qui n'existe pas. Son imagination, qu'il croit être si créatrice, ne fait, dans ses plus brillantes inventions, que se servir de ce qui existe. Jiisques aux plus monstrueuses idées de son paganisme, c'est dans la création elle-même qu'il les a puisées. S'il a donc originellement la conscience ou l'idée de Dieu et d'un autre monde, c'est qu'ils existent !

Ce fait posé, c'est un autre fait que, lorsque , la mort sépare deux âiftes intimement unies en ce monde, tous les efforts de l'âine restée de ce côté de l'abîme pour se rattacher à celle qui l'a franchi, sont inutiles. Mais en est-il de même quant à celle-ci.»^ Là est la question.

Et d'abord, qu'est-ce que l'être animé dans cet univers visible, sinon la matière individua-

lisée sous mille formes diverses à Tinfini, par

d'innombrables a/we^, invisibles , immatérielles et

plus ou'moins intelligentes, dont la vie est run des attributs ; vie qui , remarquons-le bien , ne se montre partout qu'individuelle?

Qu'est-ce que l'homme, sinon de toutes ces individualités la seule dont l'organisation matérielle permet à son âme un assez grand développement d'intelligence pour qu'elle puisse se connaître quelque peu elle-même, comprendre sa responsabilité morale, et découvrir quelquesunes des lois qui régissent cet univers ?

Qu'est-ce que la mort (que l'âme, souffle de Dieu et principe de vie , soit ou non le centre d'organisation de la matière qu'elle anime), qu'est-ce que la mort, sinon la séparation de cette âme d'avec cette matière organisée, quand cette organisation cesse, soit par vieillesse ou accident, soit par une volonté de l'âme, comme " dans le suicide ?

En tout cas, ce n'est certes point la matière, inerte de sa nature, quelle que soit son organisation, qui peut être en nous cet être réel et animé, cette personne vraiment vivante, cet individu enfin que la mort, qui n'est que la dé-

sorganisation de la matière, fait disparaître de ce monde.

Ce n'est donc pas la matière qui individualise rame, mais l'âme, la matière passagèrement. Et quand nous voyons qu'à cette puissance d'individualisation se joint celle d'une intelligence encore plus individuelle en ce monde, comment ne pas croire, d'accord avec notre instinct, que cette âme emporte et conserve son individualité morale dans un autre monde ?

Or, cette croyance en implique une autre qui répond à la question ci-dessus posée : c'est-à-^ dire que si l'âme, restée captive dans la matière , ne peut se joindre à l'âme affranchie de cette entrave, il n'y a point de raison pour qu'il en soit de même quant à celle-ci , dont l'existence, devenue tout immatérielle, doit pouvoir s'étendre, sans obstacle, d'un monde à l'autre.

Croyance qui peut nous être aussi salutaire qu'elle est chère à nos douleurs : car enfin, que font nos âmes entre elles sur cette terre, sinon se juger sans cesse réciproquement ? Jugements déjà bien assez redoutables ici-bas, mais bien autrement à redouter nous venant d'un autre monde l

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