GENERAL
CelLe*ci se recoimaît bien plus à sa veille , et stiFtoat à son lendemain ^ qua son jour même. Quant à ce jour-là, c^est surtout affaire aux lieutenants et aux soldats, le^uels, dans nos grandes armées , et sur des champs de combat si étendus; sont ti^op hors de la vue du général pour qu'il puisse porter la main partout et à temps , selon les^ divers incidents de la bataille.
La victoire de soldats se reconnaît à ce qu'elle R a guère de résultat que la conquête du champ de bataille; victoire.sanglante.et souvent stérile; tandis que celle du général , moins meurtrière, est féconde en résultats décisifs, prémédités.
Certes, porter subitement une grande armée de son extrême droite à son extrême gauche , et la placer inopinément ainsi sur le flanc droit et la retraite de son adversaire, c'est une manœuvre d'une conception grande et audacieuse ; mais ce qui est rare, c'est bien moins l'audace dans la
conception que l'audace dans l'exécution, quand celle-ci est rapide et acharnée , jusqu'à ses derniers résultats possibles , contre un ennemi déconcerté ; sans.quoi, la conception avorte en tout ou partie, selon que la victoire de soldats remplace celle de généraL