LA QUESTION PU JOUR
Si Ton reittârqué qu'il a falhi remettre notre dit-néuvième isiècle en tutelle à Tâge de cinquante-deux ans, coinme au temps de sa première enfance , ce peu de progrès de sa raison ne doit paà nous étonner.; -
Quelque vieux que soit un siècle , il est tou-
jours jèurie de la' jeunesse des générattions qui sans' cesse s'^y succèdent ; en sorte qu'il ne peut guère être plus sage dkns sa vieillesse que dans son jeune âgé.
Il est vrai qu'il n'en est point ainsi des vieillards contemJ)orains de ce pauvre siècle ; mais qu'y gagne-t-il ? Que peuvent ces vieillards sur
cette jeunesse incessamment renaissante, qui Ile voit plus en eux que des gens d'tine^utre époque i d'un temps passé dont eÙë leur imptltè Ifes fautes;' dies' êtres devenue importuns ^ supér&us , surannés ;' diéfe' môtri^artts' enfin , déjà plus morts au monde présent qu^il ne leur Teste à y mourir ? " —
2V^ SOUTÉNifeS ET RÉVEHÏES
Car le temps, qui ttx>p souvent ne fait Yîeni à tériips ièî^bas , île nous ^rihe fe sagesse qu'avec la Vieillesse ; c'eôt-à-dîré quàM il n'c^ est plus temps pour nous en ce * riïôhdie , et Tju'il ne ixbus reste plus qu'à noiià abstenir, '' nous soûvehir, tious repentir, et régler notice côtapte à râidrë dàhs un autre monde:"
Toutefois , dèiii(îurés' encore' spectateurs dans celui-<;i , qu*y voybns-ttotis ? ' N'èst-Cé pas ' surtout une Bourgeoisie triomphante , qùïrie craint pas , au dîx-nèuvîémé siècle , d'imiter lé lukê
insolèrit tet ruineux et lâ mollesse 'scandaleuse-
ment voluptueuse d'une Noblesse qu^â'ïa fin du dix-huitième elle a vaincue; ni d'en renouveler l'aveugle imprudence, en excitant sans cesse le Peuple qui l'envie, contre les Gouvernements qui la protègent ?
D'oiil'on peut dôftèlôref ' qîie- fe Pouvoir descendant désormais de classe en classe jusqu'à la dernière , on verra ce Peuple y remplacer à son tour cette Bourgeoisie , des le Vingtième siècle qui S approche , comme celle-ci y remplace, dans le dix-neuvieme , la Noblesse du dix-nuitieme ; les meiAes causes devant produire dp mêmes
effets, ;et toute chute , aw inQi;al comme au >physiqifÇ;, jd^yep^Tit de pl\is, en plus . rapide à mesure ^qu'elle apprpche de son dçmier terme . , , l^aiSj, ce 4çTOier fait acçonipli dftns i|n mondç. oii tout fi^ît pour rejçommencer.^t finir encore, que doit-il ; en , résulter? . .Sera, - ce . jine mine? sera-ce un progrès , pour , nos sociétés . europée.i^nes ? Xe)i]e est pourtant la question du jour ! Et comme la civilisation présente diOere trop des • civilisations pas|sçe$.pc|urqi^^^ le sort de, cçUes-
^*'Pr^'^:^g^ Pptr^/'^^W '^ We telle question,, relui pour nui tout existe a la fois pourrait seul répondre! , /
• t il
<*i,nM'./.'> '\' ■ i>ir>iit ri']:'î
. .1, nvWotV! U:S;"^^lAl$,»iB»ARK5J. '.) ,i.. 1 .5.1 r» .
S'il est vrai que, dans deux à trois mille ans, ^rès une seconde éclipse dans les ténèbres d'une
Kirbarie nouvelle! , le s^enre humain soit destiné à une troisième civilisation « espérons qu'alors
250 SOUVENIRS ET KÈVERIES *
il adoptera im mode d'enseignement toilt (liffe« reut de celui que , tout inhumain qu'il eM:, nou» appelons /îoJ /tttwa/i^*A/ :
I Autrement V comme à TétUde actuelle, d^à si iQiigue^ des langues môrt^ de la première épo^ que civilisée il faudrait alors ajouter celle des quati;e ou cinq langues de la; seconde, mortes aussi et devenues tout aussi classiques , on voit . que les doctes générations» de cet av^r ne pourraient guère .être prêtes à entrer dans lé mondd qu'à «rage oii l'oii doit se préparer à en soitir {
Mais quoi ! va^t-ron s'écrier, quelle triste prévi-» sioii! Serait-il donc vrai que notre (seconde civilisation, si répandue, si progressive , et = fei supérieure à la première , en pourrait éprouver, à son tour, le funeste sort? — Hélas! oui, sans doute. — Quelle affirmation ! Comment serait-ce possible? Quels ipoines ignorants, quel Arabe fanatique pourraient, «de nos jours, effacer ou incendier tant d'œuvres littéraires et scientifiques que l'imprimerie répand chaque jour par milliers sur toute la^terre?;' » »
Où sont d'ailleurs maintenant ces hordes de Barbares, destructeurs de la civilisation antique?
D'UN OCTOGENAIRE. .,^.
Les Attila d'alors , eux^niêines , ne sont-ils pas aujourd'hui les chefs de la civilisation moderne?
Eh qu'importe, si l'hoînme naît sauvage et barbare; isd telle est sa nature inculte, et si toute civilisation n'est qu'une broderie artificiel le sur ce fond indestructible qu'elle ne peut recouvrir que passagèrement? Que peut cette forme factice sur un fond aussi réel? A- t-elle donc changé nos passions?.,. Nos passions! voilà les Barbares! Ils sont là, toujours présents, toujours menaçants! N'allons point les chercher ailleurs; les Bîirbares sont en nous-mêmes!
Tel est l'homme ! Composé dé mal et de bien, une lutte incessante! est son hist:oire; ces alternatives de civilisation et de barbarie en sont les époques les. pltis remarquables; Bit, dans cette voie de. plus, en^ plus laborieuse , si lé ^ genre humàiw m'a progressé, scientifiquement , morale-! ment Boiême,, et ne doit progresser encore qu'en dép^tdeces révolutions sociales, c'est que Dieu, pour châtier soh Orgueil sans doute ^ ne lui permet d'avancer ainsi que de chute «n chute!