‹ MélangesChapitre 44 sur 111 · UNE COQUETTERIE DU SIÈCLE DERNIER · texte numérisé non relu

UNE COQUETTERIE DU SIÈCLE DERNIER

LA CORRESPONDANCE, Lui à Elle.

Du camp de ***.

Air : de Joconde.

Par monts , par vaux et par cliemin ,

Quand un héros voyage Il n'a pas toujours sous la main

Ce qu'exige l'usage; Puis y ce billet si bien conçu

Qui devait le confondre, Ne l'ayant pas encor reçu ,

Il n'y pouvaîf "fépohdre !

(1) La correspondance suivante avec madame*** a été trouvée iansles papiers de l'auteur. En lui donnant ce titre ^ et la divisant en quatre parties, sous des noms divers^ on a cru devoir la placer ici comme un souvenir, assez piquant, à* conserver des mœurs aimables d'autrefois.

j^M P«£M£S LÊ6Ë11E&

Mais il peut vous répondre enfin :

Qu'il a Vâme constante , Et le cœur toujours sur la main....

Quand il vous la présente; Qu'il se sent même, et cette fois

Comment ne pas l'admettre?

De l'esprit jusqu'au bout des. doigts.

Quand il lient votre lettre!

Elle à Lui.

Ainsi , du héros voyageur

Vous prenez la défense !

Eli bien ! je serai sans rigueur

Pour un si long silence; Saurai même quelque pitié

Pour un peu d'inconstance j Car on pardonne en amitié

Tout, hors l'indifférence !

Mais, lorsque par monts et par vaux

Vous suivez le génie D'un Hercule aux mille travaux ,

Si loin de votre mie ,

Que voulez- VOUS, de vos exploits, Qu'en $on ê^me elle pense ?

Est-ce pour elle que cent fois Vous brisez voire lance?

V^ous souvienl-il qu'aux temps jadis,

Pleins d'une noble flamme, Vos ancêtres, les Amadi&y

Ne servaient que leur dame?

Que d'elle seule , lance an poing ,

Us proclamaient l'eaipire?....

11 est vrai qu'ils n'écrivaient point ,

Ne sachant pas écrire !

Vous , qu'enflaoune un autre désit,

Votre héros en tête , Chaque an , d'un trône à cODquérir

11 vous remet en quête; Mais de sa gloire trop épris ,

Tout vainqueurs que vous êtes, Vous revenez les plus conquis

De toutes ses conquêtes!

^44 POÉSIES LËGÈRËS.

Lui à Elle.

Pourquoi, Lise, aux Preux de nos leiuj)s

Ces reproches sévères?

Ils ne sont pas si différents

De ce qu'étaient leurs pères :

Seraient-ils , comme leur héros ;

Tarit épris de conquêtes , Si leur gloire était sans échos

Dans Paris où vous êtes?

Non , non ! le seul tort de ces^ Preux

Et du Chef qu'ont les nôtres , C'est de se croire trop chez eux

Quand ils sont chez les autres; Mais tout Preux est partout ainsi :

Qu'il combatte ou qu'il aime, Plus il est maître chez autrui,

Moins il l'est de lui-^même!

Mais enfin de ces torts guerriers Va cesser le scandale :

Le retour sonne /en nos foyers Vous serez sans rivale ;

POÉSIES LËGÈRES. ^^^

Vos myrtes serpnt nos lauriers ;

Et, d'une ardeur égale , Nous n'aurons plus , tous à vos pieds ,

Que vous pour Générale !

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