‹ MélangesChapitre 63 sur 111 · SCENE VII. 3g · texte numérisé non relu

SCENE VII. 3g

BOILEAU

Ah ! le paradoxe est charmant ; Où la trouyer sans complaisance Dans Cinna !

BOURSAULT

Mais oui , dans ce sens Que réloge de la clémence Est la satire des tyrans !

Partout la satire se loge , Car ainsi tout a son envers :

Si vous retournez un éloge , La satire est à son revers.

Un jour vous chantâtes la gloire Du grand Roi , mais , à votre insu ^ Votre éloge de sa victoire Fut la satire du vaincu !

BOILEAU, souriant.

Mais vous aggravez ma position! Comment 1 j'aurais fait des satires mênae sans le vouloir ! Ah ! que vous calmeriez bien mieux ma conscience si vous pouviez, à mes yeux, tout au contraire, transformer en éloges mes satires !

BOURSAULT

Hé , pourquoi pas ? Je veux qu'ici surtout , votre conscience reposé en paix^

Air:

lin tel remords est importun ; Mais songez , pour calmer le vôtre , Que blâmer le vice dans l'un , C'est louer la vertu dans l'autre !

Laissez donc là ce noir souci Lorsque votre cœur s'interroge , Puisque chaque satire , ainsi , Se compense par un éloge !

BOILEAU

Ce que vous me prouvez le mieux, c'est que vous avez réponse à tout. Mais que dirait Pascal s'il vous entendait.'^ Ne craindriez-vous pas de lui donner le sujet d'une nouvelle Provinciale/}

BOURSAULT

Sur le Jésuitisme.^ Au contraire, je lui prouverais qu'il n'y a pas de plus grand ennemi que vous de la satire !

BOILEAU

Ah! par exemple!

BOURSAULT

Air :

Vous en conviendrez , c'est un fait .

Vos leçons, que chacun admire,

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