‹ Mélanges mathématiquesChapitre 1 sur 223 · ALLOCUTION · texte numérisé non relu

ALLOCUTION

PRONONCKK

DANS I.A SALLK ACADEMIUIK DE l/IMVEHSITK DK LI1:(;E

LE t DIOC'ICMIillIî: 188»

MesiAmes, Messieurs,

L'érnolion me renclrHil iibsolumeni inucl, si je n'aviiis eu la piécoulion de préparer, à l'avaiKe, <|iiel(jiies paroles de rernereienients pour les iionneurs dont vous m'accablez. Elles sont loin de rendre ce que j'éprouve; mais vous connaissez la maxime : Si la lettre tue, l'es^tit vivifie.

Je dois, avant tout, rendre grâce à ceux (jui ont eu l'idée de cette manifestation, si glorieuse poiir moi ; et, en particulier, à M. Demaret, le jeune et zélé Président du Comité d'organisation. En second lieu, je prie mon illustre ami Teliébyciu'IT, et MM. Folie, Mansion, i>euberg, Le Paige, ...mes savants Confrères, d'agréer l'expression de ma reconnaissance. Malbeurcusement, quelques-uns de ceux que j'aurais voulu voir ici n'y sont pas. M. Hermiie, Président (riionneur, et le plus éminenl des Géomètres français, aurait voulu assister à cette cérémonie : des devoirs impérieux le retiennent à Paris. M. le général Liagre, qui ne manque jamais de me prouver sa vive affection, m'avait promis de nous présider : des circonstances douloureuses rempéciienl de quitter Bruxelles. Ce matin même, j'ai reçu de mon vieux camarade Tresca, mon ami depuis plus de cin(|uante ans, une triste lettre : la maladie l'empèclie de venir (*). Enfin, M. Souillart, Professeur à la Faculté des sciences, de

(*) Il est mort l'année dernière, après m'avoir, peut-être, sauvé la vie! (Décembre 1886.)

( Il )

Lille, et délégué par la Société des sciences, est également retenu par une indisposition.

Vous avez devant vous, Messieurs, le chef-d'œuvre qui met le comble à la réputation dont jouit, si justement, M. Delpérée. L'habile artiste me permettra d'ajouter, à vos chaleureux applaudissements, mes plus vives félicitations.

Lnlin, je vous remercie tous, amis connus ou inconnus, vous qui, après avoir rendu possible cette fêle, en rehaussez l'éclal par votre présence !

Je serais coupable d'ingratitude si, dans celle rapide énumération, j'oubliais la Belgique, si hospitalière pour moi et pour tous les Français. Mais ce mauvais sentiment n'a jamais eu accès dans mon âme. D'ailleurs, comment pourrais-je oubliei' ce que je dois à votre pays? Ne suis-je pas, pour vous, un çt<fls/-compatriote? Ne suis-je pas né à Rruges, comme mon savant Collègue et ami vient de le rappeler? Aussi, en toutes circonstances, j'ai manifesté l'alTection que j'éprouve pour ma seconde patrie (la première, suivant M. Mansion). Permettez-moi d'en donner une preuve.

Il y a quinze ans, je venais de lire, en séance publique de la Classe des sciences, le rapport sur le concours quinquennal. M. Quetelet voulul me présenter au Roi des Belges, présent à la séance.

Après qu'il m'eut adressé quelques félicitations, je loi lançai celle apostrophe, qui l'étonna peut-être un peu ; « Sire, puisque » l'occasion s'en présente, je vous dirai que j'ai trouvé, en » Belgique, le bien-être et la sécurité (|ui me manquaient en » France. J'en remercie la Belgique et son Gouvernement. »

Aujourd'hui, Messieurs, la situation a changé : la France est libre, sinon heureuse; mais ma reconnaissance envers la Belgique reste entière.

M. Mansion, dans son consciencieux et trop bienveillant Rapport, ne s'est pas contenté d'analyser, en excellents termes, des travaux bien arides : il a fait la biographie de l'Auteur. Permettez que celui-ci la complète en quelques points.

Si mes débuts dans la vie furent pénibles, j'ai été cependant,

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