‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 12 sur 88 · I. — DOGME DE l’acclimatement · texte numérisé non relu

I. — DOGME DE l’acclimatement

Dans la Gazet-Te médicale du 26 avril, nous avons cité quelques faits pour établir l’acclimatement des peuples dans diverses régions-, aujourd’hui'

ils se présentent en foule sous notre plume.

En promenant nos yeux sur la carte du monde , nous trouvons bien peu de pays qui soient encore peuplés par les purs descendants des autochlhones ou habitants primitifs-, partout, au contraire, nous voyons les races se ruer les unes sur les autres , se pénétrer réciproqueme^ { émigrer surtout du nord au sud , et quelquefois se déplacer mutuellemènt en masse, en subissant des oscillations alternatives de va-et-vient. Le plus petit nom re des races emigrées se conserve sans mélange-, les autres se combinent avec îé's peuples conquis de manière à effacer en partie ceux-ci ou à être elles^'ôines absorbées. La plupart de ces peuples cultivent, bâtissent, prospèrent et se perpétuent , jusqu’au jour où de nouvelles nations viendront jouer à leur égard le rôle qu’ils ont rempli autrefois envers les regnicoles. En réalité la foule vivante , qui puilnle a la surface du globe , es donc agitée d’un perpétuel flux et reflux; elle est incessamment brassée par des espèces d’ondulations qui produisent des substitutions ^es méianees- c’est la mobilité et le mouvement, et non pas l’inamovibilrté de peuples naissant, vivant et mourant sur place comme un végétal.

Quoique , en général , les races des pays tempérés s acchmatenl moins facilement dans les zones plus chaudes , que les habitants de celles-ci dans les contrées plus froides, l’histoire nous montre pourtant es peuples du Nord envahissant et domptant ceux du Midr, la ’-éc'Pro'l^ a heu bien rarement. L’Europe , l’Asie , l’Afrique et l’Amérique sont sou-

“ta GS^^vTe'i^co^^^^^^ florissantes l’Italie et l’Asie Mineure ; les miL nÎtardent pas â devenir aussi puissantes que leurs mères. Les Phéniciens avaient , de leur côté , jeté quelques populations en Europe. Les Ph céens fondent , 399 ans avant Jésus-Christ , Marseille , Nice , Antibes ^c. les Gaulois, mêlés aux Grecs, pénètrent dans l’Asie Mineure, se font

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Christ), et prospèrent si bien que bientôt ils g

force des armes , etc. , etc. blonds . à U

Les nations hunique et gothique , peuples aux cheveux blon ,

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nnlssanl empire. Sons Théodoric le Grand, Ils cnltlvent, dessèchent es marais élèvent des villes et des monuments. Peu è peu toutes ces PeP" ' Zs nônvelles se comblnentetse croisent avec les anciennes : .1 en résulte

'“ZSweZs'ylslgotlis et les Vaudales occupent 'J le nom de Vandalousie, d-où l’on a (ait Andalousie | de là ils

Alrlqoe oènons les retrouverons blenlôt. Ces hommes du Nord s tmptanl^^^

„t prospèreul sur le sol Ibérlen , jusqu’à ce que les Maures d

sont le détroit et reloulent le christianisme. *■« "7“ ’ Z HetW

et (ondent une civilisation qui avait peu de rivales à redouter à ceim époque , dans toute l’Europe. Mais, en 718, don Péiage commence à reprendre l’oirenstve ; les Maures sont peu à peu i-epousses . .

enlève leur dernier boulevard , et Philippe 111 achève d’exporter leure de, nières populations en les arrachant de vive lorce à la terre qu elles n voulaient point quitter. De la fusion des anciens Ibériens , dos Romains, des Scandinaves , et même des Maures , sont nés les Espagnols de nos jours. Ainsi d’une part , les nations scandinaviques s’acclimatent en Espagne , se mélangent, et se perpétuent ainsi jusqu’à nous; et, d’a«‘re part , les Maures . venus d’Afrique , s’acclimatent également et prospèrent à un haut

Les Normands, dont le nom indique Torigine, commencent à menacer les côtes de France , vers la mort de Charlemagne (8 U) -, bientôt ils s’établissent et procréent dans l’une de nos plus riches provinces. Quant à la nation française actuelle, c’est un mélange, en proportions inégales, de Caulols, de quelques Romains et de Francs; elleflorit surune étendue dont ies deux points extrêmes , nord et sud , offrent entre eux plus de différence de température qu’on n’en observe entre nos côtes méditerranéennes et le

littoral algérien.

L'Amérique nous offre un spectacle qu’on peut considérer comme l’analogue de l’envaliissemenl de l’empire romain par les Barbares; nous voulons parler de ces grandes migrations des peuples du Nord , qui , à partir de 648 jusqu’en H96, se déversèrent des contrées boréales jusque dans l’Amérique du Sud, en fondant sur leur passage de durables populations et de puissants royaumes. Le Mexique reçoit successivement les Toultéques,les Chichimèques, les Nahualtèques, les Acaihues et les Astèques. ün sait dans quel état de prospérité et de civilisation ces derniers furent trouvés par les conquérants espagnols : architecture, canaux et digues, agriculture, luxe, rien ne laissait à désirer sous Monlésuma. Les Astèques n avaient point traversé le pays en passagers d’un jour; ils s’y étalent implantés. Et notons bien que toutes ces migrations appartiennent aux temps historiques : les monuments du Mexique et du Pérou nous en transmettent le souvenir.

Il y a plus, les philologues et les anthropologistes (1) sont très-généralement d’accord aujourd’hui sur le mode de peuplement primitif des deux Amériques ; 1“ peupies de l’Asie septentrionaie ayant passé le détroit de Beering et s’étant répandus dans les deux Amériques, sous forme d’un grand courant dirigé du nord au sud ; 2® migrations de Malais, de Madécasses et d’autres Africains, de quelques Gouanches, Égyptiens et Phéniciens, peut-être même d’un petit nombre de Normands.

Les philologues que nous avons cités et beaucoup d’autres encore (2) établissent que la population américaine constitue une même race, modifiée dans ses caractères accessoires par les climats, l’attitude de son habitation et son régime de vie, et que c’est seulement dans les régions boréales et magellaniques qu’on observe de notables dissemblances. On nous dira sans doute : quelles analogies trouvez-vous entre ces peaux rouges et leurs prétendus pères sibériens ? Les linguistes dont nous avons parlé vous feront voir une parenté très-rapprochée entre certaines langues amé-

(1) Fischer, Conjectures sur l’origine des Américains. — Hervas, Saggio PRATico. BELLE LINGUE ; et VocABOLARio POLiGLOTTO. — George de Hom, De ori- GiNiBus AMERiCANis, UbH IV, 1699. — Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne. — Humboldt et Bonpiand, Relation historique du voyage, etc. — Malte-Brun, Précis de géographie universelle. — V. aussi le travail de M. Vater, dans le Mithridates, etc., etc.

(2) Blumenbacb, De varietate, p. 257, 146, 183, 194, 283. — De Humboldt, Essai, etc. — Félix de Beaujour, Aperçu des États-Unis, p. 173. — G. Forster, Voyage aux côtes nord-ouest de l’Amérique, 111, p. 65, etc., etc.

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r.r;âdi ms cag.ts.qu, som , esté.s assés P»-

Lnter encore des caractères bien accusés qui trahissent l^eur g

scandinavique; et en Afrique, la grande tribu berbère des Chaouia, qui

nablte les monts Aurés et les vastes plaines f '77,*^

de beaucoup d’individus é peau blancbe. i. cbeveuv blonds et à la^e élancée. Il résulte de plusieurs communications faites a 1 Académi sciences (t), par M. Guyon, chirurgien en chef de l’armée d’Afrique, qu les ChaoiTia sont les descendants des Vandales, comme les Cagots sont le. enfants des Goths. Nous ferons remarquer en passant que ces Scandinaves sè sont parfaitement acclimatés, quoique cultivant et arrosant leurs err ün sait, du reste, que tous les Berbères sont agriculteurs, tandis que Arabes, tout en cultivant aussi, sont surtout nomades et pasteurs.

Nous disions que le climat, abstraction faite de la fusion des races, mprime des changements aux populations j en effet, le Français du Nord ne ressemble pas à celui du Midi, et l’enfant qui naît aux Antilles, de père de mère européens, le créole en un mot, a aussi un cachet particulier. En jetant les yeux sur les nombreuses îles de la Malaisie, de la Mélanésie, de la Polynésie et de la Micronésie, on s’aperçoit bientôt que les laces des Papous et des Malais revêtent des caractères accidentels spéciaux dans les différentes terres un peu éloignées les unes des auties, qui ne conna > par exemple, la grêle et chétive structure des indigènes de la Nouvelle-

Hollande?

Ces considérations nous ont conduit loin de l’Amérique et des migrations qui ont oscillé dans ces deux péninsules. Nous ne pouvons pourtant pas

(I) Académie des sciences, séance du 3 juillet 1848.

quiller Je Nouveau-Monde sans rappelerle fait de Haïti, où la race nègre se perpétue sans immigrations.

L'Afrique septentrionale a eu pour habitants les Libyens et lesGétuliens les Maurusiens (Maures des Latins), les Carthaginois, les Romains, les Vandales, les Arabes, les Turcs, les Espagnols et les Français. Les habitants actuels sont les autochthones, augmentés des autres peuples, jusques et y compris les Vandales et les Turcs, qui se sont fondus avec eux en proportions diverses. Nous avons dit que certaines peuplades scandinaviques no s’étaient que peu ou pas mélangées et avaient conservé leurs caractères primitifs ; tels sont les Chaouïa. L’acclimatement est ainsi prouvé, dans la montagne et dans les plaines, pour les peuples septentrionaux cultivant eux-mêmes la terre. Les Turcs, nous l’avons dit également, se sont croisés d’abord avec les femmes Indigènes et ont produit les Coulouglis, race vivace, forte et belle, qui se perpétue aujourd’hui sans nouvelles fusions.

Les Berbères, qui habitaient autrefois le littoral, ont été peu à peu repoussés dans l’intérieur et vivent aujourd’hui jusque dans les régions les plus torrides de l’Afrique centrale. La datte ne mûrit point dans le Tell, mais elle devient excellente dans les chaudes oasis de Souf, Tougourt, Ouargla, Guéléa et dans le pays des Touat; or la race berbère se retrouve et sur les sommets de l’Atlas et dans les terres basses (1) et calcinées des oasis du Sahara algérien. On comprend que nous avons parlé ici de la datte comme point de repère : la végétation nous a servi de thermomètre. Mais il y a plus, les Touareg, ces Hibusliers du Sahara central, sont aussi regardés comme de race berbère. Répandus sur toute la surface du Falal (désert central), ils ont des villes populeuses sur les frontières du Soudan, où ils vivent côte à côte avec les noirs, sous le soleil Je plus ardent; et, d’un autre côté, certaines peuplades de la môme nation sont perchées sur lesmonts Hoggar, immense pâté montagneux qui surgit, comme une grande île, du sein des sables de l’océan du désert. Il fait assez froid sur ces montagnes, pendant l’hiver, pour que les Touareg s’enveloppent dans des vêtements de laine doublés de pelleteries et pour qu’ils se renferment dans d’étroites tentes circulaires en peaux (2). Si la race blanche s’est répandue du littoral au Soudan, sur près de 600 lieues du N. au S., la race noire a aussi, de son côté, dépassé ses limites premières et a jeté, à travers le Falat, jusque dans les oasis du Sahara algérien, des populations qui vivent

(1) L’oasis de Biskra n’a que 75 mètres au-dessus de la mer, d’après les observations de M. Fournel.

(2) Le Sahara algérien, par le colonel Daumas. 18/|5, p. 329. Voyez aussi îiolre Expédition du général Cavaignac dans le Sahara algérien.

c6lo à côlo avec les blancs ou qui s’y sont inélées de manière que des oasis florissantes sont enllèremonl habitées par une race croisée.

Plus nous avançons , plus nous trouvons que l’acclimatement est un dogme, un axiome; plus nous trouvons qu’une même espèce peut vivre et se perpétuer sous des deux bien diCférents.

Notre sujet a pris tellement d’extension, que nous serons court en ce qui concerne l’Asie, ce berceau des peuples et de la civilisation. Nous l’avons déjà vue déverser en foute des enfants en Amérique et en Europe; qu il nous suffise de rappeler, en terminant, les invasions réitérées des races tartare et mongole en Chine et dans l’fndoustan.

Parmi les peuples émigrants dont nous avons parlé, tous ne se sont point établis dans leurs conquêtes en y transportant leurs pénates, leurs familles, en un mot une population complète ; plusieurs se sont contentés de former une caste aristocratique, une sorte d’oligarchie qui a conservé le pouvoir plus ou moins longtemps ; mais beaucoup ont réellement transféré leur nationalité d’un ciel sous un autre , y ont vécu , prospéré et procréé.

Un homme qui a parcouru tant de pays de la terre, qui a tant vu et si bien vu, qui a cultivé un si grand nombre de sciences naturelles et anthropologiques, toujours avec distinction, souvent avec profondeur, Alex, de Humboldt, a donc raison de dire, dans un livre qui résume toute sa vie (1), que l’homme a une merveilleuse flexibilité d’organisation qui se plie à tous les climats.

II. — LBS ANALOGIES, COMME L’EXPÉRIENCE, ÉTABLISSENT QUE L’EUROPÉEN S’ACCLIMATE EN ALGÉRIE.

C’est dans les ouvrages du savant que nous venons de citer que nous puiserons les documents propres à prouver à fortiori, en invoquant les analogies, que l’Européen peut s’implanter sur le sol africain.

Nous avons dit, dans la Gaz. Méd des 22 et 26 avril, que les populations espagnole et portugaise se sont parfaitement acclimatées dans l’Améque méridionale et peuplent aujourd’hui à peu près seules tout le littoral, après avoir détruit ou refoulé les regnicoles. Nous allons prévenir l’objection qui attribuerait cet acclimatement à ce que les hauteurs compensent la latitude.

On a en général exagéré l’élévation des savanes, des campos, des llanos

(1) Cosmos, traduction par Paye, p. fi22.

et des pampas. « Quaiil aux lianes de l’Amérique, dit M. de llumboldl (1), j’ai trouvé par les hauteurs barométriques observées à Colabozo, à la villa del Pao et à l’embouchure du Mêla, qu’ils n’ont que 40 à 30 toises au-dessus du niveau de la mer. » Il n’accorde pas plus d’altilu(}e aux lianes du basOrénoque, de Buenos-Ayres et de Caracas, qu’aux plaines de la Lombardie, qui ne dépassent pas de 60 toises le niveau de la Méditerranée. Les vastes terres unies situées surtout entre le haut Orénoque, le Conorichite et le Cassiquaire, sont de véritables marécages temporaires qui se dessèchent entièrement après avoir été couverts, pendant l’hivernage, de nappes d’eau qui atteignent jusqu’à 12 ou 13 pieds d’épaisseur. Les villes du littoral sont extrêmement chaudes, et les soins d’hygiène publique ne les ont pas toutes débarrassées des foyers accidentels qui existent dans leur sein ou aux environs. Ainsi Cumana (2) a des marais salés et des manglares(3); Rio-Janeiro recèle des eaux stagnantes dans sa partie basse, etc., etc. Pourtant les races européennçs se multiplient dans ces pays, incomparablement plus chauds et plus humides que les parties basses de l’Algérie ; elles y prospèrent, quoique les immigrations soient des plus insignifiantes aujourd’hui, et que de perpétuelles tourmentes politiques arrêtent le commerce et les productions agricoles et industrielles. Je sais bien que le créole ne remue point la terre de ses propres mains-, mais il vit souvent dans ses plantations, parmi ses esclaves, respire le même air, absorbe les mêmes émanations.

Les pays compris autrefois, dans l’Amérique septentrionale, sous le nom de Nouvelle-Espagne , nous offrent des analogies avec nos provinces africaines, en ce que le territoire s’élève graduellement du littoral jusqu’aux provincias internas.

Les tierras calientes bordent l’Océan en forme de bande qui se renfle et projette vers l’intérieur de vastes plaines que leur altitude , qui est de 300 mètres, je crois, ne préserve pas d’une moyenne de 23° à 26® centigrades , c’est-à-dire 8 ou 9 degrés de plus qu’à Naples (4) , et 7 ou 8 de plus qu’à Alger, où la température n’atteiutpas 18°. Quand les Européens non acclimatés, dit M. de Humboldt, fréquentent pendant longtemps ces (fertiles régions et s’y réunissent dans des villes populeuses , elles deviennent le site de la fièvre jaune. « Dans les pays très-chauds, mais secs à la

(1) VoïAGE DE Hdmboldt ET BoMPLAND, relation historique, 1. 1, p. 150, 165.

(2) Jd., p. 324.

(3) On appelle ainsi les lieux plantés de palétuviers, rhizophora mangla.

(4) De Humboldt, Essai politique sub la Nouvelle-Espagne. Grand in-4", 1. 1, J). 39.

fois, coiiliuue le savant voyageur, l’espèce humaine jouit , « au contraire ,

« d’une longévité peut-être plus grande que dans la sono tempérée... Les Européens qui, à un âge un peu avancé, se transportent dans la partie équinoxiale des colonies espagnoles , y parviennent généralement îi une belle et heureuse vieillesse. A la Vera-Cruz, « dans les tiorras calienles, au milieu des épidémies de vomissement noir , les indigènes et les Européens déjà acclimatés depuis quelques années jouissent de la santé la plus parfaite. « Plus loin : que, dans les régions chaudes et humides (p. 60) , la mortalité est considérable chez les jeunes gens et surtout chez les enfants , d’autant plus que ceux-ci sont laissés par leurs parents indigènes dans le plus affligeant abandon ; que le fléau de ces contrées consiste dans des (lèvres intermittentes surtout tierces; que, dans ces pays chauds et humides, la mortalité est si grande, que la population n’y fait presque pas de progrès sensibles; que dans la ville dePanuco (1), dont la température est aussi brûiante qu’à Vera-Cruz , les décès l’emportent sur les naissances , quoique la fièvre jaune n’y règne pas; que, dans les contrées froides, au contraire , — nous verrons ce qu’on doit entendre par là,-— les décès sont aux naissances comme 100 : 190, ou même comme 100 : 200.

La bande tempréeé, tierras templadas, a une moyenne de 20“ à 21“, c’est-à-dire beaucoup plus élevée que celle des lieux les plus chauds de l’Algérie. « C’est le beau climat de Xaiappa, deTasco, et de Ghilpanziago, trois villes célèbres par l’extrême salubrité de leur climat, » dit M. de Humboldt (p. 40).

En continuant de progresser du littoral vers l’intérieur, on arrive dans la bande appelée froide et dans les provincias internas ; e’est là qu’est si.’ tuée, à 1,168 toises au-dessus de l’Océan , la ville de Mexico, dont la moyenne thermométrlque dépasse 16“, degré qu’atteint à peine Tlemcen , assise, en Algérie , à 300 mètres seulement au-dessus de la Méditerranée.

Il résulte de ces citations et en g^éral de tout l’ouvrage de M. de Humboldt, que :

1“ La population prospère dans les régions chaudes plus que dans les plaines basses de l’Algérie ;

2“ Les pays très-chauds et secs sont sains ;

3“ Les contrées très-chaudes et humides (nous n’avons rien de comparable en Algérie) sont malsaines, et la population n’y augmente presque pas ;

4“ Les influences les plus délétères qui régnent dans ces contrées sont celles que nous avons appelées conditions accidentelles ;

(1) M. do Humboldt pense que la chaleur n’est pas la seule cause de cetlo mortalité.

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5» Lamorlalilé porte surtout, comme en Afrique, sur l’enfance, et le défaut de soins y est pour beaucoup ;

6® Tout ceci est applicable à l’Européen comme à l’indigène-, l’Européen s’acclimate à peu près partout et a même plus de chances de longévité que le regnicole , ainsi qu’on peut le voir par les tableaux suivants (p. l it et seq.) :

Sur 100 blancs créoles (Espagnols). . . 8 ont dépassé 50 ans.

Sur 100 Indiens 6 /i/5

Sur 100 mulâtres 7

Sur 100 individus d’autres castes mêlées. 6

« Ces calculs, continue M. de Humboldt , en confirmant l’admirable uniformité qui règne dans toutes les lois de la nature , paraissent indiquer que la longévité est un peu plus grande dans les races les mieux nourries et dans lesquelles l’époque de la puberté est plus tardive.

Les chiffres suivants donneront une idée de la prospérité , de l’accroissement et de la composition des populations de la Nouvelle-Espagne à l’époque du voyage du savant explorateur.

En 1803, la population totale pouvait être estimée à 5,200,000 âmes, parmi lesquelles on comptait 1,200,000 Européens, 8,000 nègres seulement, et, en tout, de 9 à 10,000 esclaves. C’est donc la colonie espagnole où les noirs sont le moins nombreux. La proportion annuelle des naissances aux décès est comme 170 : 100, d’où il suit que la population doublerait chaque 19 ans si cette marche ascendante n’était pas entravée de temps en temps par des circonstances perturbatrices, telles que les fièvres paludéennes, le vomito-negro , la variole (1), les famines et le matlazahualt, affection propre aux Indiens (p. 58, 65, 64). « Les progrès (p. 75) que la population a faits au Mexique et dans l’Amérique septentrionale , ajoute M. de Humboldt, sont simplement dus aux effets d’un accroissement de la prospérité intérieure. » Les immigrations y ont peu contribué; on peut les évaluer à 800 arrivants par année, de sorte qu’il faudrait 100 ans pour introduire 80,000 Européens.

Les terres sont cultivées par les noirs , par les esclaves et par les indigènes libres qu’on prend à la journée ; les Européens vivent , les uns dans les villes , les autres dans leurs plantations.

Certes voilà une bien puissante analogie en faveur de l’acclimatement dans nos provinces africaines ; et il est à noter que nous raisonnons à for-

(1) Selon le franciscain Torribio, la variole a enlevé en 1520 la moitié de la population.

„.W, cm, ne noue .nvons ,ai. voie en cnmpamn. les ban, les ,ne«l-

1 Uiermoniétriqiies prises on Algérie.

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en doute l'acclimatement de l’Espagnol qui cultive ces terres. Eh bien . Esnagnol transporté A Oran , présente plus de mortalité que dans sa nlle aiiolqu’il n’ait pas changé de température et qu’Oran n’offre que irès-peu de fièvres paludéennes. C’est que l’immigrant en Afrique trouj^ temporairement bien d’autres causes de mortalité, parmi lesquelles le cl mat occupe un rang secondaire. Bien plus , en Andalousie l’Espagnol eu livaif, en Afrique il est marchand. Où est donc la haute nocuité de la riiiiiire de'? terres au voisinage de la ligne isotherme

couru lus Quolre parues du monde el d’avoir un vom teuillelé l’iiisloire do nuis ses premiers temps ou sondé les vieilles traditions , tout cela pour Irriver AU question de l’acclimatement en Algérie. Notre but a été bien nettement annoncé : établir que l’acclimatement est une loi, une règle, un dogme. S’il existe des exceptions, c’est pour des contrées essentiellement différentes de l’Algérie , le Bengale et Java, par ,ue l’Européen ne

de l’Algérie, c’est faire une hypothèse, cesi essayci

exception. La loi de l’acclimatement peut se tenir tranquille et se renfermer

da^s^pe Sécurité parfaite, iusqu’è ce

tout è leurs frais , que , par exception, il existe incompatibilité entre 1 Eu ropéen e7le littor’al algérien. Or ils se sont appuyés sur des statistiqu^ qui ne peuvent fournir ces preuves. A la rigueur, il n’y a donc pas 1 eu 3e se défendre , ou du moins il en serait ainsi si la cause du non-acclimatement n’avait trouvé dans M. Boudin un habile avocat qui a su répandre dans son plaidoyer l’attrait qui résulte toujours d’une conviction profonde et sincère et le prestige de son grand talent -, si cette cause n avait fait des prosélytes jusque dans la chambre législative (M. Desjobert)-, si , enfin, il n’importait de prévenir les conséquences désastreuses pour le pays qu’eniratneraient ces opinions si elles venaient à trouver créance.

jjl^ Examen de la valeur de quelques énoncés et de certaines

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