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EN GÉNÉRAL

ET EN PARTICULIER SUR LES FOYERS QUI LEUR DONNENT NAISSANCE EN ALGÉRIE.

Sous ce titre nous avons présenté à l’Académie nationale de médecine, le 28 juillet 1846, un mémoire auquel cette savante assemblée accorda son assentiment, en acceptant les conclusions du rapport fait par M. Gaultier de Claubry, dans sa séance du 29 février 1848. Nous livrons aujourd’hui notre mémoire à la publicité, après l’avoir augmenté de nombreuses addn lions, fruit des observations que nous avons recueillies pendant nos continuels voyages dans la province d’Oran.

Nous avons évité toute théorie ; notre but a été de rassembler des faits ; seulement, après avoir groupé ceux-ci, nous les avons interprétés de manière à pouvoir en tirer des conclusions.

Nous voulons démontrer que l’on a donné une acception beaucoup trop restreinte au mol marais, en ne comprenant par ce mot que certaines circonstances topographiques et hydrographiques que nous appellerons nrnrais-type, tandis qu’il existe une foule de conditions ou d’accidents qui

amènent la décomposition végéto-animale, source des effluves fébrifères, ou au moins phénomène le plus apparent de tous ceux qui se passent dans les marécages. La démonstration de cette proposition constitue la base et la partie vraiment originale de ce travail. La plupart de nos chapitres sont consacrés à mettre en évidence le rôle iropaludateur de ces différents foyers dont jusqu’ici on n’avait pas bien apprécié ou pas même soupçonné l’action, parce que leurs caractères les plus grossiers, les plus saillants ne les rapprochent pas du marais-type qu’on est trop habitué à considérer comme le seul laboratoire d’effluves.

A côté du marais-type, nous rangeons comme sources miasmatiques : les eaux infiltrées dans la terre des lieux déclives ou collectionnées en nappes souterraines ; les inondations et le séjour intermittent et plus ou moins prolongé des eaux sur les jardins et les cultures de l’Algérie ; le remuement et les fissures des terres, surtout des terres vierges ; divers foyers de décomposition végéto-animale qu’on trouve dans les villes ; les brouillards de la nuit, les rosées du matin, les pluies séparées par des jours de soleil : ces dernières conditions n’ayant toutefois pour effet que de permettre ou de favoriser la putréfaction des détritus laissés à nu par le retrait des eaux.

Plusieurs auteurs, notamment Chervin (1) et M. Boudin (2), ont cherché à établir que l’infection palustre est la cause des fièvres à quinquina qui régnent dans toutes les parties du monde, du choléra qui naît dans le delta du Gange, de la peste qui se développe dans celui du Nil, et de la fièvre jaune qui se produit dans celui du Mississipi et sur les côtes des Antilles ; mais ils n’ont pas décrit toutes les sources des miasmes fébrifères. Nous avons cherché à combler ces lacunes, quant aux pyrexies à quinquina.

Nous démontrons que de nombreux foyers, d’aspects très-divers, fabriquent le même miasme ; nous établissons que partout où régnent des lièvres paludéennes endémiques, on trouve quelques-uns de ces foyers. L’esprit satisfait peut alors rapporter à une cause identique ces maladies dont l’identité de nature est démontrée par leur curabilité à l’aide du même médicament, le quinquina. On n’est plus réduit à invoquer, comme cause de ces fièvres, l’humidité ou les variations thermo-hygrométriques, sous prétexte que, dans des contrées sans marais, ces influences régnent lors du développe-

(1) Chervin, De l’identité des fiévbes d’origine palddéen.nk. Paris, l8/i1.

(2) Boudin, Essai degéographie médicale. Passim.

menl de certaines épidémies. Nous expliquons le rôle des perlurbalions atmosphériques cl de l’humidilé : elles permeltent aux foyers de fabriquer des miasmes, mais elles sont incapables de les produire par elles-

mêmes

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