DES PRODUITS DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE NATIONALES
Les deniistes. Le roi des tous. Petits conseils aux professeurs de prothèse den a.re.
Anatomie élastique du docteur Auxoux. Des hannetons pour 250 fr... Le ver à soie monstre. Exhibitions peu décentes et nécessité de la feuille de vigne. - Anatomie pathologique de MM. Thibert et Robert (de Strasbourg). Appétence e inappétence. La nature et les imitations. - Un plessimétre d'or et un guerrier de fer. Amour + 4, et jugement - i. Les sangsues de M. Alexandre. Miscellanées. ntermède au bénéfice des huîtres. Richesses de cette bonne Algérie. Graves etudes en dînant. M. Boucbardat fait fermer les fabriques de sucre. Les conserves alimentaires; petit souper fin d’Ulysse et de Pénélope. Méthode Boucherie pour la conservation du bois. Un bouquet de mille couleurs. Cinquième acte et dernier tableau : le palais du roi des fous.
L’humeur gaie ou maussade qu’on a tout un jour dépend bien souvent de la première impression reçueà son réveil. Si on s’est levé de travers, comme on dit , on sera pessimiste du matin à la nuit, on verra tout en noir, et les yeux prévenus ne trouveront que teintes sombres dans les frais tableaux dont les couleurs roses et fraîches sourient à l’œil. Si, au contraire, on a commencé sa journée sous l’influence épanouissante d’une impression agréable, on apercevra tous les petits événements de sa journée à travers un prisme qui jettera sur eux son reneU Heureux ceux qui se lèvent avec un sourire sur la bouche, car ils se coucheront avec une joie au cœur !
Ce début, qui tourne visiblement à la philosophie, ne veut pas dire autre chose
que ceci : Puissions-nous trouver, en entrant ù l'exposition des produits de l'industrie, quelque bonne petite chose qui nous fasse bien rire, afin qu’un air de gaieté nous accompagne dans ces longues et nombreuses galeries. Or le hasard nous sert parfaitement, car noos voilà devant les tableaux de MM. les denlistes.
Chacun a lu sa Notre-Dame de Paris. Quel épisode désopilant que celui de la fête des fous ! Le plus grave personnage peut-il garder un front austère, quand il se figure toutes ces drôles de têtes paraissant tour à tour au guichet, et luttant à qui fera la plus laide grimace? C’est Quasimodo qui l’emporte; vive le roi des fous !
Pas n’est besoin de remonter si loin dans le moyen âge, pour trouver un aussi réjouissant combat ; les tableaux de MM. les chirurgiens et médecins dentistes, professeurs de prothèse, etc., sont là pour vous le dire. N’ayez pas peur d’eux’, ils montrent tous les dents, mais ils ne sont pas méchants au fond ; seulement n’approchez pas trop, car ces râteliers qui fonctionnent sous l’influence d’invisibles masséters, mordent bel et bien, et ne vous rendraient que haches menu comme chair à pâté.
Ne vous arrêtez pas longtemps devant M, Dés ; ses mécaniques sont d’une
désespérante immobilité, et il n’y a pas une seule grimace à étudier. C’est que le célébrissime dentiste se repose sous ses lauriers ; il a été déjà roi des fous, et on ne l’est pas deux fois dans sa vie. Il faut que chacun vive et fasse rire à son tour.
Depuis longtemps on reproche à la clef de Garengeot de faire basculer la dent, au grand dommage de l’alvéole, trop souvent brisée sous cette pression qui la saisit en flanc. Le remède est facile à indiquer : il faut tirer droit. Malheureusement les Instruments inventés pour obéir à l’indication, ne sont pas aussi simples que la formule est courte, à telle enseigne que le davier perpendiculaire exposé par M. Dés constitue à lui seul un véritable petit arsenal monté sur un pié-
destal de telle dimension, qu’il pourrait presque supporter la statue ozanorede son maître. Sachons gré néanmoins à l’auteur de ses louables efforts et de sa tentative d exécution, mais répétons, en paraphrasant, un mot bien connu de ceux qui lisent les préfaces : le besoin d'une clef ou d’un davier à traction perpendiculaire continue à se faire généralement sentir.
Quand on emprunte à l’art un ornement que la nature a refusé ou qu’une caducité précoce a détruit, on ne cherche pas son modèle dans les défectuosités, mais dans les beaux types. Ainsi, un dentiste ne s’avisera pas de fabriquer des râteliers de dents aitificielles mal alignées, noires et minées par la carie. M*” ne paraît pas avoir été pénétré de ce principe, ou bien il a eu le malheur de ne rencontrer que des individus anémiques et frappés de scorbut, car toutes les gencives de son tableau sont d’un bleu ecchymotique ou d’une teinte pâle et blafarde tout à fait maladive.
Ici, au contraire, une exliihition champenoise nous étale une suite de gencives
d-un rose à faire envie à la reine des Heurs. L'enseigne porte : Orthodontie. Quel parfum grec dans ce mol! mais pas une seule grimace! C’est désolant-...
Passons. . .
Knfm nous avons trouvé notre affaire, car nous voici devant le mirifique étalagé de M. Paul S .., irlÈdecin et chirurgien dentiste de la Faculté de Pans. Quels mouvements variés, combinés, décomposés! Comme tout cela joue, se trémousse, bâille et rebàille, croque et recroque dans le vide! Les dents se livrent à de véritables figures chorégraphiques. Voyez ces trois osteides qui se détachent de la mâchoire inférieure pour aller au-devant d’une dent qui s’avance blanche et solitaire ; ça vous représente à merveille la pastourelle, trois personnes d’un côté, une dame seule de l’autre. Là ne se borne pas le ballet des ostéides : avec un peu de bonne volonté, on retrouverait en avant deux et la poule.
Nous avons enfin élu le roi des fous pour 1849. Écoutons son discours d installation :
. On ne saurait trop se mettre en garde contre certains charlatans ehontes qui ne s'appliquent qu’à exploiter la crédulité publique; ils font précéder leur nom des abréviations M“ ou M‘“, pour faire croire qu’ils sont médecins dentistes. Ils se disent aussi inventeurs de procédés plus ou moins problématiques ; enfin, ils poussent l’effronterie jusqu’à se dire auteurs d’ouvrages sur l’art du dentiste.
Il faut, pour confondre ces empiriques, leur demander une ordonnance. Ils ne sauraient l’écrire, » Plaudite, cives-
Malgré la grande variété des dents, minérales ou non, à une ou deux teintes, empruntées à l’hippopotame ou au cheval marin, on ravirait néanmoins assez facilement la palme au roi d’aujourd’hui.
Ses râteliers n’exécutent qu’une vulgaire mastication par élévation et abaissement successifs ; le mouvement de latéralité, de broiement, ajouterait beaucoup au naturel et au pittoresque de la chose. Enfin, la démonstration de l’eflicacité des râteliers ne sera pas complète ni bien convaincante, tant qu’une enseigne vivante ne restera pas là toute la journée, entamant toutes sortes de mets avec des dents artificielles. Par les temps qui courent, on trouverait facilement des gens qui se feraient arracher toutes leurs vraies dents, privées du plaisir de la mastication faute de matière, et qui accepteraient un faux râtelier, à condition qu’on fournirait à celui-ci des occupations variées et garanties durables. En attendant ces perfectionnements, vive le roi des fous de 1 849 !
Mais, en conscience, nous ne pouvons pas le quitter encore, car c’est un si bon roi ! Henri IV voulait que chaque paysan pût mettre la poule au pot ;
M. Paul S veut que tous ses sujets ait un palais bien meublé, et, croyez
moi, c’est un homme assez habile pour y parvenir, plaisanterie à part.
Une foule compacte se presse un peu plus loin, autour de la riche collection clastiquc du docteur Auzoux. Quand nous passâmes, un enfant poussait des cris de joie en apercevant un hanneton monstre, douze fois plus grand que nature j
puis, lendanl ses deux petits bras, il pria sa bonne de satisfaire sa fantaisie Mais par malheur, ce giganlesque coléoptère n’a rien de commun avec ceux qu’on vend dans les rues pour 2 liards : il coûte 260 francs!! Aussi la bonne refuse, l’enfant pleure, et personne n’achète le hanneton. Il n’y a guère qu’un 01s de France qui pourrait se passer un si cher caprice; or nous sommes en république, mauvais temps pour les hannetons Auzoux.
Le colimaçon de 2 pieds, le ver à soie de 80 centimètres, la sangsue de 60 cent.mètres, sont également des petites bêtes bien grosses et fort chères ; car le prospectus nous apprend que cela coûte de 200 à 250 francs. Mais le ver à soie présente un intérêt réel, qui lui vaudra certainement plus d’amateurs qu’au hanneton monstre.
Cette pièce, qui ne figurait pas à la dernière exposition , mérite une mention spéciale, a cause de son heureuse exécution et du curieux mécanisme dont elle montre les plus secrets rouages. Après avoir successivement découvert et examine, dans tous leurs détails, les systèmes musculaire, vasculaire et nerveux, on arrive à l’appareil sécréteur de la soie. C’est dans deux canaux repliés sur euxmêmes, à peu près comme l’épididyme, que le liquide est fabriqué. De là il se rend dans deux réservoirs allongés, donnant chacun naissance à un tube, double tuyau qui se résume bientôt en un seul canal. Celui-ci est l’aboutissant de deux bouquets de muscles composés de quatre faisceaux; chaque paire de muscles se contracte alternativement, ce qui fait subir au fil de soie la torsion nécessaire pour lui donner de la ténacité et de la résistance. Une dernière filière tasse et condense la matière, l’étend et l’allonge, polit sa surface, abat les spires produites par la torsion, et le fil est enfin sécrété par le ver à sole. Le petit ouvrier a fini sa besogne ; c’est à l’homme à reprendre le produit, et à le soumettre aux manipulations qui le rendront propre aux usages suxquels il le réserve.
Dans le parterre figuraient des femmes et des vierges, dont aucune ne regardait en face 1 exposition, mais obliquement et de côté. Cela nous donna à deviner quelque crudité médicale indiscrètement exhibée devant le public; effectivement, en suivant ces regards timides, notre œil a rencontré une douzaine de matrices accrochées par rang de taille. Que les hommes déjà barbus approchent; après les avoir soumis à un coup d’œil investigateur, comme cela se pratiquait jadis envers les amateurs du n® 113, on leur ouvrira, comme des boîtes à bonbons, toutes ces matrices, au fond desquelles ils pourront voir les métamorphoses que subit le germe, du premier au trentième jour, du premier mois au neuvième. C’est avec le plus vif intérêt qu’on suit pas à pas le développement de l’embryon, la formation de la vésicule vitelline et sa disparition ; on compte les membranes, on apprécie leur épaisseur, on peut mesurer du regard la poche amniotique. Tout cela est d’une vérité frappante, trop frappante peut-être pour le public qui afflue dans les galeries; car cette énorme matrice coupée en deux et montrant ces flancs ouverts, ces trompes qui s’érigent, ces cols qui font saillie et s’entr’ouvrent avec une
SOI te d indiscret appétit, sont d’une crudité que le médecin seul peut supporter
sans la feuille de vigne. Certes l’on ne pourrait pas inscrire en télé du musce \uioux, comme sur le fronton du théâtre Comte :
Par les mœurs, le bon goût, modestement il brille, Et la mère s#lis crainte y conduira sa lille.
Oansun musée d’anatomie, nous concevons cette nudité sans voile; le médecin doit pénétrer tous les secrets de l’économie, et la vue d’un organe cache ne
réveille pas dans son esprit d’autres idées que l’aspect des parties qui se montrent toujours à découvert, mais, dans un lieu ouvert à tout le monde, la pudeur a des exigences auxquelles il faut savoir obéir. Le public est un enfant qu. ne doit pas être initié à certains mystères de notre art, ne découvrons donc pas tout coup le fond du sanctuaire à ses yeux surpris et oftensés.
Maxima debetur pueri reverentia....
.l’est egalement par suite de ses études spéciales que le medecm est parfois un laiii soit peu décolleté dans ses paroles et légèrement lib e dans scs écrits. E i bien ! autant ce laisser-aller et celte franchise d’expression nous paraissent naturels et sans inconvénient, bien plus, nous semblent utiles quand on s’adresse à des hommes de l’art, autant elle mérite le blâme lorsque des etrangers figurent dans le cercle. Imitons alors la retenue de ces peintres dont les mannequins nus, admis à l’exposiüon, disparaissent sous une enveloppe de gaze- La jeune femme qui passe devine qu’il y a là un mystère, elle continue sa roule, et sa main discrète s’est bien gardée de soulever ces voiles pudiques. N’imposez pas vos crudités à la vue du public; laissez-les seulement pressentir, et attendez ta première demande pour soulever la gaze et faire valoir vos richesses aux yeux des
curieux. i- » , a
Si M. Auzoux n’est pas le premier qui ait représenté l’anatomie en relief et à
l’aide de pièces mobiles qui permettent pour ainsi dire de les disséquer et de les recomposer ; s’il a été précédé, dans ce travail, par un liomme auquel nous consacrons ici un souvenir, par l’ingénieux Broc, il est au moins incontestable qu’il a imprimé à cet art un cachet tout particulier de vérité, et qu’il l’a rendu populaire. Les perfecüonnements introduits par le docteur Auzoux, et les nombreuses applications nouvelles qu’il a faites de l’art plastique, l’ont posé en véritable fondateur. Les pièces sorties de ses mains figurent aujourd’hui non-seulement dans nos écoles et dans nos Facultés, mais dans toute l’Europe, qui ne peut atteindre notre habileté en ce genre de reproduction , on les rencontre en outre jusque parmi les collections d’histoire naturelle que l’amateur étale dans son muséum. Enfin, le gouvernement en a doté quelques institutionssuperieures, l’École polytechnique, par exemple. L’homme du monde, qu’un attrait si puissant invite à étudier les secrets méc.anismes de son économie, s’adonne avec ardeur à celte élude, quand le contact répulsif et la vue hideuse du cadavre ne sont plus là
pouranctm la Icntalion tle sa curiosité. Un peu li’anai.omie (luira prohaWtment par eue le complément de toute éducation libérale bien soignée.
Le vétérinaire Ircuvera aussi dans le musée Anzonx des pièces qui pourront singulièrement faciliter ses études. Le modèle de cheval de i m. ;10 cent., sans cire aussi parfait que le grand modèle humain, est néanmoins sunisamment détaille pour les études d’hippiatrie. En outre, une série de mâchoires accusent nettement l’âge du cheval aux différentes époques de la vie, et d’autres pièces représentent, â tous leurs degrés de développement, les différentes tares du cheval : courbes, jardes, éparvins, formes, suros, osselets, etc.
L anatomie plastique de M. Thibert et les pièces de M. Robert (de Strasbourg) ne palissent pas devant la riche collection de M. Auzoux ; si elles n’attirent pas autant les regards, c’est parce que, moins nombreuses et moins variées, elles ne sont pas groupées en un véritable musée d’anatomiehumaine et zoologique. D’ailleurs, M. Thibert s’est restreint à la reproduction de l’anatomie pathologique, et, si nous ne nous trompons, c’est lâ peut-être la véritable, la plus utile mission de l’art plastique. En effet, l’anatomie normale peut se faire à peu près en tous lieux ; on trouve toujours aisément au bout de son scalpel l’objet qu’on désire revoir, tandis que certains désordres créés par la maladie .«e présentent bien rarement, et leur image demande à être fixée sur le carton-pâte.
L’opération délicate de la ligature des artères ne nous semble pas devoir être facilitée bien notablement par les incisions simulées, car celles-ci ne petTvent repiésenter qu’un temps de la manœuvre ; or, on n’arrive sur le vaisseau qu’après des recherches et des dissections dans lesquelles on est guidé par des points de repère successifs, et une entaille à physionomie immobile et invariable ne saurait donner une idée de ces manœuvres, dont l’objet change â chaque instant.
Après avoir fait une petite moue de dégoût devant les cervelles dénudées, les muscles disséqués et les chairs saignantes, le public repose volontiers la vue sur deux tableaux de fruits et de poissons en relief. Les poissons sont jetés avec-tanl de natqrel et leur corps paraît si bien enduit de glissante viscosité, qu’on craint de les voir à chaque instant rouler les uns sur les autres et détruire ainsi le pittoresque du groupe. Une collection de fruits, moulés et peints par M. Thibert, garnit les tablettes inférieures. Les pêches sont d’un velouté parfait; les aubergines chatoient et miroitent ; on croit apercevoir les pépins à travers la pellicule semi-transparente des tomates, et la reine-slaude est crevassée de petites fissures béantes d’un naturel exquis On aurait réellement envie, de manger ces beaux fruits, si l’appétit n’était coupé par ces hideuses figures stigmatisées par les plus laides dermathoses. Les nez d’argent de M. Biondeît; ns sont pas faits non plus pour délecter le spectateur.
L’étude de l’anatomie développe â un hautpoint l’esprit d’observation physique «t rcntcnle des détails; M. Thibert l’a prouvé par ces iinilatioris de fruits. Nous n’en avons pas trouvé qui fussent supérieurs aux siens dans les étalages des expo-
saïUs spécialistes, et plusieurs de ceux-ci sont certainement l>lcn au-ilessous Je M. Thibert.
C'est aussi naturel et nu moins aussi beau que la nature, s’ccrie-t-on en passant devant ce^ habiles iinitations ; mais si l’on vient à apercevoir, dans la cour des neurs, les fruits vrais de Chevet, on est obligé de revenir un peu de son enthousiasme. Les plastiques brillent quand on les considère isolément, tandis que, cète à côte avec leurs modèles, ils sont immédiatement écrasés.
Mais ne sentez-vous pas le torticolis, la migraine, des bourdonnements dans les oreilles et des lassitudes dans les jambes î On est vite harassé et rompu, à regarder tant d’objets divers, en haut, en bas, à droite et à gauche, au milieu de cette foule qui vous heurte à chaque instant et vous vole la moitié de l’oxygène atmosphérique. Remettons, si vous voulez m’en croire, la fin de la promenade à un autre jour.
Décidément l’exposition des produits de l’industrie est la terre promise pour beaucoup; mais parmi cent vulgaires personnes en extase à la vue de cette multitude d’objets, nous remarquons un savant en jubilation devant les étalages de Charrière. Cette, admiration n’a rien que de très-naturel en pareil lieu; car tous les instruments de notre ingénieux artiste sont si Uns, si délicats, si élégants! Mais les yeux de l’extatique demeuraient toujours fixés au même endroit, ce qui ne laissait pas que d’intriguer fort les passants. Quelles richesses dans cette verrière! Une foule de petites plaques ailées, en ivoire, en argent, voire même en or, les unes unies et brillantes comme, une glace, les autres couvertes d’arabesques, de grecques, de chinoiseries, sont les objets qui monopolisaient l’attentiou de l’heureux M. Piorry. Jamais on n’avait vu des plessimèlres aussi splendides. La femmesur la poitrine de laquelle on les appliquerait, serait tentée de les retenir comme un médaillon ou comme un précieux bijou. Je ne connais que les spéculums de sir Henry qui pourraient lutter de luxe avec les plessimètres Charrière, et encore n’a-t-on pas poussé le raffinement jusqu’à illustrer les spéculums. .
Quel est ce guerrier moyen âge dont la cuirasse, le casque, les cuissards et les brassards sont en montre parmi les appareils orthopédiques de M. Biondetti? Nous ne songeons pas à contester l’efficacité de cette armure pour renfoncer ^les bosses et les courbures ; nous pensons même qu’elle pourrait broyer un homme du premier coup, e.ar elle doit avoir la force de six à huit chevaux au moins.
Madame Martigni veut arriver au même but parla douceur. Cette méthode est conforme au caractère de son sexe. Lisez plutôt : « Chaise-tabouret qui prévient et redresse les déviations de la taille , sans l’emploi d’aucun appareil; et elle exclut tout moyen de pression. » Avec deux ou trois chaises pareilles par famille, la classe spirituelle des bossus et des claudicants disparaîtra de la surface du globe.
Le système de Gall vient de recevoir un complément par le céphalomètre ou idjioscope, inventé par M. Idjiez, comme son nom l’indique. Savoir qu’on a la
tios.se (le la colleetivilé ou de l'.imiilivilé, ce n’e.>t pus savoir tpand’chose; cai parmi les voleurs il y a tant de degrés, el purmi les amoureux tant de variétés ! M. Idjiez mesure mathématiquement les bosses; de sorte (]ue le phrénologiste peut dire aujourd’hui à son sujet : Vous êtes amoureux comme 1/2, ou comme k ; vous avez de l’imagination comme + 2, du jugement comme — 1, etc., etc.
Passons devant ces yeux d’émail pour la pathologie, qui nous regardent les uns strabiquement, les autres avec une pupille déformée, avec des taies, despannus et mille agréments pareils, et arrivons aux sangsues mécaniques de M. Alexandre. Mais M. Alexandre a une mauvaise affaire avec l’Académie, dont il a reproduit les éloges en supprimant les phrases restrictives. Laissons le procès se juger, et, en attendant, continuons à mettre de véritables sangsues.
Un coup d’œil rapide sur les appareils orthopédiques de MM. Bechard, Lemann, sur la cage à fumigations de M. Poiret, sur le lit mécanique Valérius, sur les armatures Luër contre les crampes des cholériques, sur les nouveaux appareils à fracture du docteur Lemaux, sur des bandages de toute sorte, sur une foule de clyso-pompes, irrigateurs, tétere.lles, biberons, cornets acoustiques, urinoirs, portant mille noms et alfectant mille formes, nous conduira hors de cette galerie, où la médecine, ta chirurgie, l’orthopédie, etc., accumulent leurs chefs-d’œuvre ou leurs drôleries. Mais, de grâce, laissez-nous voir fonctionner, en passant, cette mécanique à ouvrir les huîtres, car nous avons toujours aimé leshuitres, — vous aussi probablement, — et nous les aimons encore mieux depuis que M. Réveillé-Parize nous en a si bien démontré l’excellence dans ses charmants feuilletons de la Gazette Médicale.
Maintenant je suis à vous. Voilà l’appareil électro-médical de. Clarke, modifié par Breton ; ici les enveloppes médicamenteuses ou capsules-boîtes du pharmacien l.ehuby. C’est là un moyen fort commode d’avaler toute espèce de médicaments, pour les personnes dont le pharynx ne refuse [las de se contracter sur ces boîtes un peu volumineuses.
Mais quel est ce massif autour duquel la foule circule curieuse et satisfaite ? Ce sont les produits de l’Algérie, de notre bonne, de notre excellente colonie algérienne. Voyons ce que tu as à nous montrer, cara mia. Ah ! que de richesses pour une fille si délaissée par ses parents! Croyez-le bien, on en fera quelque chose de cette fille-là ; mais, de grâce, quand, toute jeune encore, elle a besoin qu’on la soutienne, ne lui dites pas cruellement : Marche, défends-toi, habille-toi, nourris-toi toute seule. Un peu de charité aujourd’hui ; demain elle vous fera l’aumône.
M. de Humboldt, un homme très-fort sur toute sorte de choses, dit qu’un acre de terre, semé de fronienl, nourrit à peine trois personnes, tandis que le même espace, planté de bananes, en nourrirait cinquante! Or voyez ce magnifique régime de bananes que nous envoie un agronome aussi modeste qu’habile, M. Hardy, directeur du jardin d’essais, à Alger. Que la parmentière se cache honteusement au fond de son trou, car voici des patates roses el des colocascs d’Égypte (cala-
dium esculenluni) pliiagrû.^stis une la lètii ; sans tüiiipter d’autres tubePi’ules à nom baroque ( boussingaultin basselloides ) qui passent pour ne pas être excellent, tandis que nous vous donnerons tout à l’heure de si bonnes nouvelles des deux premiers, que l’eau^ous en viendra ù la bouche.
Vous vous êtes sans doute récrié d’admiration dans la cour des fleurs, en voyant une gerbe de quatre-vingts épis produite par un seul grain. C’est fort beau sans doute; mais l’agronouiie française doit ici encore baisser pavillon, car l’Algérie nous montre cent vingt-deux , puis cent cinquante épis obtenus avec un seul grain î Voilà des oignons de taille à rappeler les Israélites regrettant la terre d’Égypte à cause de l’excellence de ces bulbes. Cannes à sucre, oranges, citrons, dattes, lumies, limons, jujubea, orseille, miel et cire, vins, garance, fèves de marais, pommes de terre, riz, pois chiches, unis, céréales de toute sorte, essences, safran, cochenille, etc., que de choses bonnes ou précieuses font craquer les tablettes sous leur poids ! Nous demandons chaque année à peu près pour hO millions d’huile et de graines oléagineuses à l’étranger. Ces bataillons de bouteilles d’huile d’olive, d’arachide, de sésame, de lin, de navette, de inadia saliva, vous disent assez que l’Algérie peut facilement nous approvisionner. Nous jetons hors de France, chaque année, 60 raillions pour avoir de la soie, 40 pour acheter de la laine, 30 pour nous fournir de tabac..,. Demandons ces produits à l’Algérie, qui nous les promet et tiendra sa parole. La pioche du mineur a tiré du sein de la terre, antimoine, fer, cuivre > les forêts pullulent en bois d’essences estimées; les marbres blancs n’attendent que le ciseau de l’artiste ; Vagave americana ( 1) et \tchamœroi>s humilis, qui foisonnent partout, donnent un papier de qualité convenable et d’une texture remarquablement solide. La médecine trouve le ricin, et un opium plus riche en morphine que l’opium ordinaire d’Orient ; les troupeaux tondent luzerne , vesce, sainfoin, si grandement venus que, n’était leur tendreté, ils les prendraient pour des arbres.
Cara mia, vous êtes une fllle précoce, et non pas une enfant rachitique et nouée, comme le disent vos ennemis. Vous étalez bien un peu trop de clinquant et d’oripeaux, mais cette folle parure tient à votre âge ; vous pourriez même aller nue, vos jeunes formes ne perdraient rien à être vues sans voile.
Tout cela peut être beau, diront les algérophobes, mais cela est-il bon? Le jury central de l’exposition s’est chargé de répondre à celte demande, au sortir des salons du restaurateur Ledoyen, aux Champs-Élysées. Quelle excellente idée, quel lieu de réunion bien choisi! Comme nous aurions fait honneur aux produits de notre belle colonie, si nous avions été de la fête ! Au reste, les convives, leur président Blanqui le prehiier, s’en sont fort bien acquittés. La monstrueuse patate algérienne et l’énorme caladium, mis à toutes les sauces, ont été trouvés un fort bon mets. Les huiles d’olive ont vivement excité l’admiration du jury; elles
'I) Ce papier, sorti de la fabrique de M. Roque, est exposé dans la cour des fleurs, et non parmi les provenances de l’Algérie,
sont d'une qualité tellement supérieure, et leur prix de revient est tellement minime, qu'elles promettent à l’Algérie une source inépuisable de ricliesses. La ville (le TIemcen, il y a trois ans h peine, demandait enco e ses huiles comestibles à Marseille; en 1848, elle produisait 1,500,000 litres d’huile d’olive! L’Algérie, comme l’Attique, a pour bienfaiteurs Minerve et Neptune, mais tandis que, dans la vieille Athènes, la déesse avait droit à une statue d’or, le dieu à une statue d’argent, dans notre Afrique, les deux images doivent être reproduites avec le plus précieux métal.
Cependant les études coloniales marchent toujours, de concert avec les études
ga.stronoiniques'; le jury mange De temps en temps un citron de, TIemcen
verse dans les sauces un filet piquant destiné à réveiller l’appétit des juges. Le dessert arrive, et les oranges de Blidah font oublier celles que nous envoyaient Malte et le Portugal. Enfin, on boit à la prospérité de l’Algérie ; mais il paraît qu’il est sage, jusqu’à présent, de boire avec d’autres vins que ceux de la colonie, et de goûter seulement du bout des lèvres son anisette de figues, son eau-de-vie de cactus opuntia, etc. La plus belle fille du monde a rarement tout pour elle.
Puisque nous en sommes au chapitre si important des ingesla, nous devons un coup d’œil aux conserves et aux pâtes féculentes. Quand bien même ce domaine ne serait pas scientifiquement du ressort du médecin, la réputation que le monde lui fait d’être fin gourmet nous autoriserait encore à explorer ce terrain.
Et d’abord, M, Bouchardal a dû bondir de joie en voyant cette belle semoule de gluten et ce magnifique gluten rubané. Voilà de quoi contenter 1 appétit des glucosuriqucs, sans introduire dans leur économie un atome de fécule. L usine pathologique de sucre sera alors évidemment obligée de fermer, faute de denrées pour exercer sa malfaisante industrie. Nous avons dans le saccharimètre deM. Soleil, qui figure aussi à l’exposition, un sûr et facile moyen de découvrir ies plus minimes parcelles de glucose qu’elle pourrait encore fabriquer en fraude, et nous nous promettons bien de ne pas tolérer la moindre utricule amylacée, tant que l’aiguille de l’instrument se déviera du mauvais côté.
Le mauvais usage qu’une diastase sécrétée en lieu anormal fait des féculents, ne doit pas nous empêcher d’avoir un regard pour ces pâles, dites d’Italie nous ne savons pourquoi, car, sauf le macaroni peut-être, nous les faisons aussi bien que ies habitants de la botte italique.
Le chocolat appelle aussi l’altention du médecin, puisqu’il sert à l’incorporation de cent médicaments divers. Mais il serait fort malaisé de recommander tel ou tel fabricant, car c’est à s’y perdre dans les véritables rochers qui hérissent les tables, dans les stratifications superposées, dans les blocs erratiques jetés épars çà et là. A cette longue étude, il faut renoncer; nous nous contenterons de dire que le cacao, employé quelquefois à de si bas usages, a revêtu ici 1 aspect plus appétissHiit.
Lu mauvaise réputation qu’on a faite aux viandes salées, à raison ou engendré fart des conserves alimentaires. On peut aujourd’hui faire son tour du
TTwmik ban» s eniiianasser de betes vivantes et sans jeter iiirllc part nn pied d’aiu'.ic pour so ravitailler j nnc Imite de ronserve ouverte eliaque jour donnera <!<■ la viande toujours fraiehe. Que dis-je ! le tour du monde! Ce n’csl IA, au maximum, qu’une promenade de quatre ans! Ulysse lui-même aurait pu manger, pendant toute son odyssàf, des viandes préparées à Troie, car M. Fastier a trouvé le moyen de conserver onze ans sa fraieheur primitive A la chair musculaire. Le roi d'Ithaque, en arrivant A sa pauvre ilc, aurait doue encore avisé à fond de cale une vieille hoUe pour faire un petit souper fin avec Pénélope.
Non-seulement la libre musculaire peut se conserver longues années par les procédés aujourd’hui connus, il en est de même des sauces et des epices dans lesquels on l’a fait cuire, alin d’obtenir un mets sui generis. Les salmis de volaille de Chevet ont paru aussi délectables, après plusieurs années que le premier jour, à MM. les membres du juiy, qu’on peut en croire, dit-on, sur cette matière iiomine en mainte autre expérimentation.
Les conserves de fruits de M. Jourdain ont résisté A cinq ans d’épreuves. Les tablettes de iait de M. de Lignac méritent une mention tout A fait spéciale. Le rôle que joue ce liquide comme aliment est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’insister sur l’importance du procédé à l’aide duquel on parvient, avec un peu d’eau chaude et une tablette, A obtenir une tasse de lait. Uesteaux chimistes à déterminer si le liquide alimentaire ainsi reconstitué contient les éléments essentiels du lait. Nous savons déjA que M. de Lignac est parvenu à conserver la crème dans ses tablettes, surmontant ainsi une des dillicultes les plus sérieuses qui se soient présentées.
M. Boucherie a bien droit, comme confrère, à quelques mots sur l’ingénieuse et utile méthode dont il est l’inventeur. On sait qu’au moyen d’arrosage à l’aide d’un liquide chargé de sels métalliques, M. Boucherie parvient à faire absorber aux radicules des ixiis les plus tendres et les plus commims, des substances qui les rendent compactes, incorruptibles, et les jaspent de couleurs indélébiles aussi vives que variées. Un tronçon de bois coupé [leul également recevoir le liquide qui doit opérer la métamorphose ; il sullit, pour obtenir ce résultat, d’un bien simple petit appareil, qu’on peut voir fonctionner sous ses yeux à l’exposition. Le bahut moyen âge, construit avec des bois boucherisés, miroite de couleurs si éclatantes, les stries de son moiré et les courbes de ses ondulations contrastent si vivement sans choquer le sentiment du coloris, grâce au mélange des tons perdus les uns dans les autres, qu’ici l’art a réellement surpassé la nature. Le bois de boule n’est pas plus faiitasliqiie de dessin, et les essences les plus brillamment colorées pâlissent devant ce.s teintes franches et riches.
M Boucherie a institué des expériences dans le but de comparer l’action conscrvatric.e des sels de cuivre et des sols de mercure. Ces derniers, comme on le sait, sont surtout vantés en Angleterre. Le résultat de scs expériences merilo d’étre rapirorté ici, car il peut fournir des indications qui sont loin d’être indifférentes au médecin. Un fragment de bois, scié dans les ti'ois quarts de sa Ion-
gueur en trois planclielles, a servi à l’expéricnee : la première plancheüe n’fl subi aucune préparation, la seconde a été boucherisée avec des sels de mercure,la troisième avec des sels de cuivre ; puis le tout a été laissé dans la terre pendant cinq ans. Après ce laps de temps, on a trouvé la première planchette trèsaltérée et détruite en partie, la seconde mal conservée et la troisième en parfait état.
L’imprégnation au moyen de l’arrosage des racines du végétai encore sur pied, exigeait un temps très-prolongé j le nouveau mode ne demande plus qu’un certain nombre de jours. La maison Bénard, Périn et comp. est arrivée à colorer plus rapidement encore, puisque huit à dix heures suOlsent. C’est là un procédé nouveau dans la méthode Boucherie ; mais notre confrère reste toujours le véritable créateur, le découvreur. MM.- Bénard et Pétin, en se servant, non plus de sels métalliques,' mais de substances végétales, ont résolu ce problème du bon marché; leurs bois exotypes, comme ils les appellent, ne reviennent pas plus cher que l’acajou de médiocre qualité. A eux échoira donc probablement le monopole pour meubles, mais M. Boucherie restera chargé de la conservation des bois ; car les substances végétales ne jouissent pas, comme les sels empruntés aux métaux, du privilège de les rendre incorruptibles.
La chimie domestique a fait une utile conquête dans ces petits appareils qui fabriquent de l’eau gazeuse sur la table meme, et qui, à l’aide d’un simple mécanisme, permettent de modérer le jet et de l’arrêter à temps voulu. La civilisation ne pouvait réellement pas tolérer plus longtemps ces vulgaires bouteilles qui crachaient impertinemment au nez la moitié de leur contenu, sitôt qu’on venait à enlever le bouchon. Les estomacs paresseux, les appétits languissants sous l’influence des chaleurs de l’été, puiseront une nouvelle énergie au gazofacteur Polge, au gazogène Briet, au seltzogène de je ne sais plus qui, et à mille autres petites fabriques portatives dont les noms sont aussi variés que les formes; mais dont le produit est toujours le même : une eau gazeuse égale en valeur à celle qu’on obtient, à plus grands frais, en incorporant le gaz en nature à l’aide de plusieurs pressions atmosphériques. Pour arriver à ce résultat, il faut, à l’aide d'un diaphragme, empêclier les sels solubles purgatifs qui se forment pendant l’opéraUon, de se mêler à la liqueur mousseuse. En négligeant cette précaution, dont plusieurs appareils ont fait bon marché, on obtient, au lieu d’une boisson hygiénique, un liquide qui, à la longue; devient malfaisant.
Ne pouvant pas trouver; pour clore notre promenade, un bouquet comparable au speclable qui a ouvert la séance, nous vous en offrons un qui, au moins, ne laisse rien à désirer pour la vivacité et la variété des couleurs. Nous sommes devant les produits chimiques. Le médecin n’en finirait pas s’il voulait consacrer un regard seulement à chaque substance dont le nom se trouve dans sa matière médicale. Le curieux a plus tôt fini ; car, tandis que l’homme de l’art sonde de l’œil tous les flacons, sachant bien que les substances les plus héroïques se cachent souvent sous la plus modeste apparence, le visiteur n’honore d un
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voiip d’œil i]ue les crislaiix aux angles réguliers cl aux brillanics couleurs, qui s’étagent en montagnes, se creusent en grottes, s’élèvent en palais, ou s’alignent i'arallèlemenl au fond d’une co(|ue cristalline.
Dans l’embarras du choix, nous signalerons les substances qui nous ont paru oiïrir le. plus d’intérêt, t#ul en avertissant que notre attention, surchargée de besogne, a fait de nombreuses omissions involontaires. L’usine de Noisiel a obtenu des extraits secs fort remarquable de quinquina, ipéca, safran, ratanhiaet bulbes de colchique. Ce sont de petites paillettes nacrées qui se prêtent à l’admi- Mistralion sous mille formes commodes. L’urée, en passant parles manipulations (le MM. Boyvau, Pelletier et comp., s’est efliléeen longues aiguilles soyeuses du plus bel aspect; lamannitc delà maison Biron-Devèze mérite aussi des éloges ; enfin la digitaline de MM. Homolle et Quevenne ne doit pas non plus être oubliée.
Si, affirmé et fatigué de la course, vous désirez prendre un bouillon, vous plonger dans un bain et laver votre linge couvert de poussière, nous vous recommandonsla marmite-baignoire-buanderie que vous avez sans doute aperçue. Avec celle ingénieuse invention on peut tout faire dans le même appareil : on se baigne dans sa soupière, on cuit son pot au feu dans son bain, on fait sa lessive avec son bouillon, et l’on peut même aller en voiture dans sa , soupière et dans sa baignoire; à la rigueur pourquoi n’y habiterait-on pas? Voilà un palais tout trouvé pour notre roi des fous, dont nous nous promettions bien de dire encore un mot avant de nous quitter. Premier acte, premier tableau: élection du roi des fous. Cinquième acte, dernier tableau : palais du roi des fous. Que le lecteur nous fasse la grâce de ne pas nous y placer pour nous remercier de lui avoir servi •de deerone.
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extrait UE LA gazette MÉDICALE DK l'ARl» du 1" septembre 1849.