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AVANT-PROPOS

Nous avons écrit l’histoire de toutes les fièvres qui ont sévi, en 1847, dans la province d’Oran. Ce vaste travail, dont nous ne pourrons donner que des fragments, nous a conduits à des conclusions importantes que nous allons résumer en quelques mots.

Le fond commun de toutes ces affections consiste dans une intoxication produite par un même agent, le miasme paludéen. Le sulfate de quinine s’attaque à la cause même dé la maladie, à l’intoxication.

Malgré l’identité du fond de toutes ces fièvres, elles revêtent des formes bien différentes. La diversité de la phénoménisation vient de nombreuses

causes, doul les principales sont : l’inlensilé du miasme ; la disposition, l’élal de santé ou de maladie de l’individu imprégné ; les accidents et les épiphénomènes qui surchargent la fièvre; le siège de ceux-ci dans les différents organes; enfin les perturbations ou les influences météorologiques régnantes.

Pendant qu’on dirige le sulfate de quinine contre l’intoxication, on doit en même temps employer des médications variées contre les accidents qui constituent la forme, ces accidents dépendant souvent de lésions trop profondes pour céder d’elles-mêihes quand on a détruit la cause qui les a fait naitre.

Notre position nous a permis de recueillir tous les documents nécessaires pour mener à bonne fin ce travail, l’un de nous ayant traité dans son hôpital tous les hommes englobés dans l’une des plus curieuses et des plus graves de ces épidémies ; l’autre ayant suivi la marche de ces fièvres sur ces mêmes hommes appartenant à son régiment, ayant en outre assisté à plusieurs autres épidémies dans différents postes et camps, et ayant enfin réuni l’histoire des fièvres qui ont régné à la même époque dans les autres localités (1).

Ce travail dépassant de beaucoup le cadre qui nous est imposé, nous ne présenterons aujourd’hui que l’histoire des fièvres comateuses. Les fièvres pernicieuses de Sebdou nous fourniront la matière principale ; mais il nous a paru nécessaire de dire auparavant quelques mots des fièvres comateuses moins graves que nous avons observées dans les circonscriptions voisines. Nous passerons ainsi des formes les plus simples et les plus bénignes , aux formes les plus graves, et l’on pourra suivre la progression ascendante de ces pyrexies, depuis les intermittentes dégagées de toute complication, jusqu’aux pernicieuses foudroyantes.

Nous désignerons toutes ces fièvres sous le nom générique de comateuses, le mot coma représentant pour nous tous les degrés de l’hyposthénie de la vie de relation; mais nous en caractériserons les diverses nuances en divisant nos fièvres comateuses en somnolentes, soporeuses et carotiques.

(1) M. Gatteloup nous a fourni des renseignements sur les fièvres de TIemcen, M. Rioublan sur celles d’Aïn-Temouchenl, M. Bolu sur celles de Daya et d’Oran, nos excellents amis Julia et Haspel sur celles de Sidi-bel-Abbès et de Mascara, etc.

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