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CHAPITRE I

FlfcvnES PALUDÉENNES SOMNOLENTES.

Files ont régné, en 18é7, dans presque toutes les localités de la subdivision de Tlemcen qui sont ordinairement sujettes aux fièvres. Nous en avons suivi quatre épidémies : celle d’Aîn-Temouchent, qui s’est développée à la fin de l’été et a duré tout l’automne; une seconde au camp d’Oued-Chouli, en septembre ; une troisième au camp , sur les bords de l’Isser, en octobre ; enfin nous avons étudié les nombreux cas qui se sont mêlés, à Sebdou,

aux formes plus graves dont nous traiterons plus tard.

A Aln-Temouchent, toute la garnison à peu près a été malade, mais il n’y a eu que peu de morts; à Oued-Chouli, les deux cinquièmes des hommes ont été atteints, et à l’Isser, plus des trois quarts. Les fièvres ont été plus graves dans ces deux camps qu’à Ain-Temouchent, et si nous n’avons eu aucun mort, nous le devons : 1“ à un traitement énergique et prompt- •>“ à notre précaution d’évacuer immédiatement les hommes qui nous inspiraient des inquiétudes, sur l’hôpital de Tlemcen, qui compta plusieurs décès.

Nous ne dirons rien des fièvres inlermiUentes simples qui ont figuré en majorité dans notre nombre total de pyrexies paludéennes ; nous ne les signalons ici que pour représenter le premier degré de l’échelle.

Les fièvres somnolentes peuvent être ainsi caractérisées : type quotidien, quelquefois double quotidien, double tierce, tierce ; intermittentes ou rémittentes; état bilieux très-prononcé avec vomissements, etc.; céphalalgie et le plus souvent rachialgie ; alTaiblisseinent des forces et somnolence.

Les deux cinquièmes de nos fièvres somnolentes ont offert les caractères suivants : intermittence franche, stades de frisson, de chaleur et de sueur ; frisson rarement de longue durée, mais le plus souvent passager, partiel, courant dans les jambes, les lombes, etc. La chaleur se prolonge davantage, cinq, six et même huit heures. La sueur n’est profuse que par exception. Il arrive quelquefois que le froid et le chaud alternent à plusieurs reprises avant que les trois stades prennent leur cours normal. Tendance à l’assoupissement et demi-somnolence quand on laisse le sujet livré à lui-même. Intelligence un peu lente et paresseuse, mais non pervertie; nous n’avons observé le délire qu’une seule fois pendant l’accès. Diminution considérable des forces, tremblement, vertiges et quelquefois chutes quand le ma

lade veut se tenir debout. Malaise, angoisses, céphalalgie vive et pulsative, pesanteur ou douleurs intenses à l’épigasüe, rachialgie, et, dans quelques cas, douleurs dans les membres inférieurs. Tintements d’oreille, bluettes, pesanteur des paupières. Pouls variable, mais le plus souvent fréquent et mou, rarement accéléré et dur, plus rarement encore filiforme au plus fort de l’accès. Bouche amère, langue sèche et chargée de saburres jaunâtres et épaisses, soif, anorexie, vomissements bilieux répétés. La peau prend souvent une teinte subictérique; elle devient quelquefois d’un jaune trèsprononcé. L accès dure de quatre à neuf heures ; quand il est terminé, il ne reste au malade que de l’anorexie, de la soif, de la faiblesse, de la pesanteur de tête, quelquefois de la céphalalgie.

Dans un cinquième des cas, nous avons affaire à une véritable fièvre larvée : on ne remarque pas les trois stades successifs, et l’accès n’est caractérisé que par des traînées de frissons partiels et quelques bouffées de chaleur, par du malaise, des douleurs dans la tête, les lombes, l’-hypocondre ou l’épigastre, enfin par des nausées et des vomissements.

Dans les deux derniers cinquièmes, la fièvre est plus grave et devient rémittente. La somnolence commence avec l’accès ; le sujet, couché en supination, incapable de se lever, est à demi isolé de tout ce qui l’entoure ; il répond catégoriquement quand on l’interroge à haute voix, mais il retombe bientôt dans la somnolence. Son assoupissement est interrompu par les plaintes que lui arrachent la céphalalgie et les douleurs de l’épigastre ou des lombes. Entre deux accès, ces phénomènes laissent des traces : il y a encore un peu d’assoupissement et la céphalalgie n’a pas entièrement disparu. Les symptômes qui trahissent l’état bilieux sont les mêmes que dans les deux auti'es variétés.

Dans les trois nuances de fièvres somnolentes, le premier accès n’a pas ordinairement revêtu les caractères que nous venons d’indiquer; le plus souvent nous avons d’abord constaté de simples fièvres intermittentes avec état bilieux et céphalalgie, fièvres qui sont devenues somnolentes du deuxième au quatrième accès.

En prenant en considération que nous n’avons éprouvé que très-peu de pertes, et que celles-ci n’ont porté que sur des sujets qui, évacués sur l’hôpital de Tlemcen, ont eu d’autres accès accompagnés de divers accidents, on pourra refuser à ces fièvres le titre de pernicieuses; mais elles demeureront toujours des fièvres graves.

Un de nos malades de Oued-Chouli, envoyé à l’hôpital de Tlemcen. y a succombé à un accès somnolent : M. Catteloup, médecin en chef, a trouvé

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sie que nous connaissions. ... .«o

Dans un même chapilre, nous parlerons du Irailemenl de toutes nos espèces de fièvres comateuses.

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