CHAPITRE II
FrÈVRES PALUDÉENNES SOPOREUSES.
cette forme tient le milieu, pour la gravité des symptômes, entre les fièvres somnolentes et les fièvres carotiques. Nous ne tracerons pas le tableau complet de sa phénoraénisation ; on l’obtiendra en prenant un moyen terme entre les deux degrés extrêmes. Nous ferons seulement r^sortir les différences qui séparent nos fièvres soporeuses des deux formes
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Dans les pyrexies paludéennes somnolentes, la sensibilité tactile générale est peu émoussée, et le collapsus des membres est à peine appréciable ou n’existe pas ; le malade est accessible à toutes les impressions, pourvu que l'agent qui les provoque ait une certaine énergie ; l’opisthotonos, le strabisme et la dilatation de la pupille ont toujours manqué ; mais, en revanche, ces fièvres sont caractérisées par un état bilieux bien plus marqué et par des douleurs lombaires et épigastriques plus constantes et plus
aiguës.
Dans les fièvres soporeuses, le coma est moins profond que dans les caroliques, et le collapsus des membres n’est pas une véritable paralysie portant sur tous les muscles, excepté sur ceux de la région postérieure du cou et quelquefois du tronc. Les soporeuses naissent à peu près toujours de pyrexies intermittentes ou rémittentes bilieuses qui s’aggravent plus ou moins rapidement ; les carotiques, comme nous allons le voir, n’ont pas été engendrées de cette façon. Dans les premières, la mortalité a été très-faible, et les sujets ont pu supporter trois, quatre et même un plus grand nombre d’accès; dans les secondes, les décès ont été très-nombreux et les malades ont souvent succombé au premier accès et n’ont à peu près jamais résisté au second. Dans les pyrexies soporeuses, l’opisthotonos, le strabisme et la dilatation des pupilles, phénomènes constants dans la forme carolique, ont été bien moins prononcés et même ont quelquefois manqué tout à fait; le trismus n’a pas non plus été observé. Enfin, nous ferons remarquer que l’état bilieux, si caractérisé dans nos fièvres somnolentes, et les douleurs si vives du rachis et de l’épigastre, semblent s’effacer, s’absorber de plus en
plus dans l’étal comateux et dans le collapsus général, à mesure que ceux-c. augmentent ; de sorte que ces phénomènes pâlissent déjà dans la forme soporeuse et disparaissent à peu près entièrement dans la fièvre carolique.
Les symptômes n’étant pas les mêmes, le pronostic et la marche étant différents, les exigences thérapeutiques étant bien plus urgentes dans un cas que dans 1 autre, il nous a paru utile, pour la description comme pour la pratique, d’accorder un cadre à part à chacune de ces formes.
L’observation qui suit donnera une idée de la marche, des symptômes et du traitement des fièvres soporeuses ; elle est d’ailleurs remarquable par l’opiniâtreté des accès comateux à revenir malgré l’emploi quotidien du sulfate de quinine ; enfin, c’est le seul exemple, dans notre épidémie, d’un ’ sujet ayant résisté à une série si prolongée d’accès de cette nature.
FIÈVRE QOOTIDIENNE PENDANT TROIS JOURS : TROIS RECHUTES ET NOMRREUX ACCÈS