DIAGNOSTIC
iN’ayant pas la prétention de faire une monographie complète, et notre unique but étant seulement de chercher à éclairer quelques points de l’histoire des fièvres caroliques, nous ne sommes pas tenus de présenter les ca-
raclères quî dislinguent nos fièvres paludéennes des maladies qui peuvent offrir quelque similitude symptomatologique; mais il est indispensable, avant d’arriver au traitement, d’établir quelques divisions dans les fièvres carotiques mêmes, par la raison que ces catégories dictent des indications thérapeutiques différentes. Or la fièvre carotique peut être simple : nous venons d’en tracer en détail la symptomatologie ; elle aussi peut être apoplectique ou bien syncopale.
Forme syncopale. — Les extrémités et même toute la périphérie du corps sont froides ; la sueur est visqueuse, la face pâle ; le pouls est insensible, et les battements du cœur sont à peine perceptibles ; la respiration est presque éteinte; les contractures" permanentes sont bien rarement observées; le collapsus est général. L’observation suivante mettra en relief la plupart de ces symptômes.
FIÈVRE CAROTIQUE SYNCOPALE; TEINTE ICTÉRIQUE ; ONZE JOURS DE COMA;
GUÉniSON.
Obs. V. — Pointu, du 5“ de ligne, 25 ans, tempérament bilioso-sanguin, constitution chétive et amaigrissèraent, est apporté à l’hôpital le 19 septembre, atteint d’un accès pernicieux. Nous avons appris plusitard qu’il avait éprouvé trois jours de céphalalgie rémittente. 11 est en Afrique depuis dix-neuf mois. Il a séjourné en mai et juin, pendant cinquante-huit jours, à l’hôpital de Tlemcen, pour une affection hépatique accompagnée d’ictère. Un mois après sa sortie, ii a souffert d’une diarrhée qui a duré trente jours.
19 septembre. Décubitus dorsal; résolution complète des membres; sensibilité et motilité abolies. L’expression de la face est cadavéreuse ; coloration ietérique générale très-prononcée, d’un jaune citron. Les yeux sont clos, les pupilles dilatées; mais il n’y a pas de strabisme. Les muscles élévateurs de la mâchoire inférieure sont les seuls de tout le corps qui soient contracturés. En abaissânt à l’aide d’une certaine force, la mâchoire inférieure, on aperçoit la bouche aride, et la langue sèche et noirâtre. Les mains sont portées aux parties génitales. La déglution se fait avec bruit, comme si le liquide tombait dans un tube inerte. Constipation. La respiration est tellement faible, que nous doutons un instant si elle a véritablement lieu. Le pouls et les battements du cœur sont à peine sensibles. La peau est sèche, crasseuse et froide. Le sujet exhale une odeur repoussante, et les mouches se précipitent en foule sur lui, comme sur ,un cadavre; mais une dernière lueur de vitalité nous est révélée par une légère grimace que lui arrache la pression que nous exerçons sur l’hypocondre droit. (Prescrip. : Lim. gomm.; suif, qpin., t gramme; vin de quinquina; frictions sur tout le corps ; quelques stimulants; sinapismes.)