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FJÈVRE CAROTIDE APOPLECTIQUE; DEUX ACCÈS; 'MORT LE TROISIÈME JOUR

autopsie; foyer apoplectique. >

Ors. VI. — Toissier, brigadier au 2' chasseurs d’Afrique, 22 ans, en Afrique depuis longtemps, constitution robuste, tempérament sanguin. Après trois jours de céphalaigie rémittente, il est pris d’un accès pernicieux, et nous est rapporté dans l’état suivant, vers raidi.

24 septembre. Supination, immobilité, intelligence abolie, colapsus des membres, sensibilité presque éteinte ; paupières demi-closes, pas de strabisme ni de dilatation des pupilles ; muscles des mâchoires et de. la déglutition contracturés ; respiration haute et fréquente; pouls à peine sensible; peau froide; la peau est stupéfiée, mais vultueuse. (Prescription : limonade gommée ; lavement avec 2 grammes de sulfate de quinine; 2 ventouses scarifiées à la nuque; saignée de 600 grammes ; sinapismes aux mollets.) Les ventouses donnent à peine du sang, et deux piqûres de la veine ne nous fournissent que 150 grammes de liquide.üne ventouse à la région précordiale.

Vers six heures; il sort du coma et accuse de la douleur à la région occipitale. Intelligence lucide, mais somnolence; langue saburrale et bouche pâteuse; pas de selles. Nous faisons donner un lavement purgatif à quatre heures, et dans la soirée un autre lavement avec un gramme de sulfate de quinine.

25. Un peu d’amélioration; il reste de la somnolence; langue très-chargée, nausées, douleur à l’épigastre. (Prescription: limonade gommée; 2 ventouses scarifiées à la nuque; potion vomitive à prendre de suite et 3 grammes de sulfate de quinine plus tard.)

Le soir, pas d’accès; une selle.

‘20. Il se trouve encore nrieuvj lu langue se iiclloie et ilevieiil huiniilc. (Sulfu c lie quinine, 2 grammes.)

\ deux heures, le coma reparaît, la respiration s’embarrasse, le pouls fmt sous le doigt, la peau se refroidit, les globes de l’œil disparaissent sous l’arcade sourcilière, et le malade meurt à huit heures du soir.

Autopsie. — Ell^st faite le lendemain à huit heures du matin, par une température de -40“. Rigidité cadavérique.

Tête. Bosse sanguine sous le cuir chevelu, au centre de la région occipitale; elle a 7 ou 8 centimètres de diamètre et nous paraît ne pouvoir être expliquée que par une chute faite par le sujet pendant l’accès. Les méninges sont injectées, couleur lie de vin, surtout du côté gauche.' Le tissu sous-arachnoidien contient une assez grande quantité de sang noir, coagulé en quelques endroits en forme de fausses membranes tapissant la pie-mère épaissie, mais n’ayant pas contracté d’adhérences avec elle. Peu de sérosité dans les ventricules. La cavité arachnoïdienne contient une assez grande quantitç de sérosité sanguinolente amassée autour de la moelle allongée. La pulpe cérébrale est un peu injectée. Un foyer hémorrhagique existe à la partie antérieure, inférieure et externe du lobe moyen, tout près de la scissure de Sylvius. Il a à peu près 3 centim. de diamètre ; il est creusé dans la pulpe cérébrale ramollie au pourtour et anfractueuse ; il contient 60 grammes d’un sang noirâtre coagulé. Cette hémorrhagie a paru à l’un de nous (E. Sonrier) provenir de l’artère méningée moyenne déchirée à sa sortie du trou pphéno-épineux. La chute a-t-elle déterminé cette rupture? On nous apprend que la veille de son entrée à 1 hôpital, ce militaire, voulant fermer une fenêtre, était grimpé dans l’e iibrasure et avait fait une chute dans laquelle il tomba à la renverse. La déchirure n’a pas pu se produire alors, car la permanence et la gravité de la lésion n’eussent ÿas permis la semi-apyrexie que nous avons notée. Cependant la coagulation du sang en forme de fausse membrane 'S’oppose à ce que l’on ne rapporte l’apoplexie qu’à l’accès du 26. On se tirerait de cette difficulté en considérant la fausse membrane comme un véritable produit inflammatoire ; l’épidémie de méningites cérébro-rachidiennes, qui a sévi, en 1840, 1841 et 1842, dans les hôpitaux militaires, a prouvé avec quelle rapidité ces fausses membranes peuvent se produire. Enfin il est possible que le molimen sanguin se soit frayé deux fois un passage, la première par transsudation, la seconde par rupture. Ce serait du premier raptus que dépendrait la coagulation en fausse membrane. C’est à cette supposition que nous nous arrêtons.

On n’ouvre ni l’abdomen, ni la poitrine.

fièvre cahotique apoplectique ; DEUX ACCÈS ; MORT LE QUATRIÈME JOUR ; AUTOPSIE.

Obs. vil — Etard, caporal au 6* de ligne, 32 ans, est en Afrique depuis vingt-deux mois ; constitution robastp, embonpoint modéré, tempérament sanguin; a souffert quelques jours de céphalalgie rémittente; est apporté à l’hôpital le 28 septembre, atteint d’un accès pernicieux.

28 septembre. Décubitus dorsal ; inflexion tétanique de toute la colonne vertébrale (opisthotonos) ; résolution à peu près complète des membres; l’intelligence ne paraît pas totalement abolie, car le malade exerce quelques mouvements de la bouche quand on lui dit de tirer la langue; face stupéüée; paupières fermées, globes oculaires portés en haut et en dehors; la mâchoire inférieure est tenue écartée de l’autre par la contraction des muscles abaisseurs, les liquides ne peuvent parvenir dans l’estomac, ils sont rejetés avec force. La sensibilité générale n’est qu’obtuse. Respiration accélérée et bruyante. Pouls fréquent et assez développé; peau chaude et sudorale; quelques légers soubresauts de tendons. (Prescript. : Limonade gommeuse; trois ventouses scarifiées à la nuque deux fois répétées; lavement avec sulfate de quinine, 3 •grammes, et éther; sinapismes aux mollets;. lavement purgatif le soir pour provoquer une selle.)

A six heures du soir, le malade n’est pas encore soit! du coma.

29. Le sujet est beaucoup mieux : il répond nettement aux questions qu’on lui adresse; il tire la langue avec hésitation, mais directement; elle est sèche et brunâtre; la céphalalgie est obtuse ; deux selles molles. (Prescript. ■ Limonade gommeuse; potion avec sulfate de quinine, 3 grammes, à prendre do suite.)

A trois heures, l’accès revient avec une intensité effrayante; le jeu de toutes les grandes fonctions est entravé. On sent une bosse sanguine â la région occipitale; elle est peut-être due â une chute faite pendant l’accès précédent. (Prescrip. : 2 applications de 2 venteuses scarifiées à la nuque; lavement avec sulfate de quinine, 2 grammes, et éther.) L’asphyxie commence.

30. Même état; l’écume sanguinolente qui obstrue les bronches accélère l’as- ' phyxie.

La mort arrive le i " octobre au malin.

Autopsie. — Tête. La tumeur sanguine de l’occiput a 10 â 12 centimètres de diamètre, et renferme du sang coagulé et infiltré dans le tissu cellulaire. On trouve sous l’arachnoïde une couche de sang d’une épaisseur de l à 2 milli-' mètres, correspondant à la tumeur extra- crânienne. Sérosité limpide abondante autour delà moelle allongée; peu de sérosité dans les ventricules.

Thorax. Ëcume bronchique sanguinolente remplissant les bronches. Engouement hypostatique des poumons.

Rien à noter dans l’abdomen.

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