AUTOPSIE
Ors. VIII. — Broc, du b‘ de liane, 24 ans, constitution frêle, tempérament nervosü-sanguin ; est en Afrique depuis vingt-deux mois. li entre à l’hôpital le 29 août, atteint de diarrhé aiguë : vingt-cinq ou trente selles involontaires par jour. Il maigrit, sa débiiité est extrême, sa langue parcheminée. Après quelques jours, nous arrêtons le flux intestinal à l'aide de quelques sangsues à l’anus, de Iiolions avec ipéca et calomel, et de lavements de ratanhia. L’alimentation est rapidement augmentée.
Le U septembre, le malade a recouvré une partie de son embonpoint et de ses forces; il mange les trois-quarts et demande à sortir; mais il est pris, vers trois heures du soir, d’une llèvie intermittente dont le frisson initial dure une heure, et auquel succède une violente céphalalgie. Nous donnons 1 gramme de sulfate de quinine, et la fièvre ne réparait pas; la même médication est continuée pour prévenir une récidive.
Notre malade est repris de diarrhée le 17 ; elle cesse bientôt sous l’influence des lavements de ratanhia et de l’administration de la potion avec ipéca et calomel.
Le 4 octobre, il est aux trois-quarts de la portion.
7 octobre. Il a eu un accès fébrile hier soir, (i ; cet accès s’est terminé la nuit par des sueurs très-abondantes, et a laissé de la céphalalgie occipitale. La diarrhée a reparu; la langue est sèche, le ventre ballonné et un peu douloureux. Somnolence ; face pâle ; nez elTlIê ; peau sèche ; chairs llasques et molles.
(Eau gomni.; suif, quin., 3 grainnics; pot. avec ipéca et caloni. ; dein vent, scai.à la nuque; sinapismes. i
A trois heures, accès comateux caractérisé par les sxmptômes ordinaires Nous remarquons une énorme dilatation des pupilles et du strabisme. La dé.glutition est gênée; la respiration est haute et stertorcuse, le pouls fdiforme et Irès-liéquent, la peau sudorale; trismus; roideur du cou. La sensibilité, la motilité et rintelligence ne sont pas complètement abolies. L’accès cesse vers huit heures et demie du soir, et laisse le malade d.ms un airaissement complet, mais jouissant de son intelligence.
8 octobre. Nuit tranquille; aucune douleur. Le malade est nostalgique; aus.-i le désigne-t-on pour être évacué sur Tlcmcen, en litière. (1). eau gomni.; suit, quin., 2 grammes; potion caloni. opiacée; lavem. ratanhia.)
9 octobre. L’amélioration est tellement grande, que nous pensons que l’accès ne reparaîtra pas. La diarr.hée est arrêtée ; le malade marche, vaque è scs affaires et surveille la réception des elTets qu’il doit emporter avec lui. (Soupe de pain et pruneaux; eau gomm.; pot calom. op.; lavem. ratanhia; vin de quinquina.)
A trois heures, l’accès leparaît; le sujet tombe uaiis le carus le plus complet, et expire le lendemain, à dix heures du matin.
Autopsie faite dix heures après la mort, par une température assez élevée.
Amaigrissement considérable.
Tête. Aucune coloration anormale dans les méninges ni dans la pulpe cévébiale. La cavité arachnoïdienne est distendue par une énorme quantité de sérosité très-limpide; mais nous n’eu trouvons pas dans les ventricules. L’encéphale est mou.
PoiTHiNE. Sérosité dans la plèvre et le péricarde; rien dans les poumons.
Abdomen. Sérosité dans le péritoine; rien dans la rate. Infiltration presque générale du tissu cellulaire.
Le type a été quotidien ou tierce. Un assez petit nombre d’observations, du reste, se prêtent à l’examen nécessaire pour déterminer ce type, 1 énergie de notre médication ayant le plus souvent coupé brusquement ou retardé les accès.
Si l’on compte la durée des accès d’après celle du coma, ils se sont prolongés de six heures à onze jours ; mais, rationnellement parlant, on ne doit pas^faire figurer dans l’accès le coma produit par les reliquats que cet accès a laissés après lui dans les méninges et dans le cerveau.
Le tableau suivant indique les heures auxquelles ont eu heu les accès toutes les fièvres, tant pernicieuses que rémittentes ces inlermittentes, que nous avons traitées à Sebden en août, septe
octobre 18i7.
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