‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 47 sur 88 · V. — MARCHE ET DURÉE, MORTALITÉ ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

V. — MARCHE ET DURÉE, MORTALITÉ ET PRONOSTIC

Déterminer la durée des fièvres carotiques en tant qp’affections caractérisées par des accès graves, c’est dire combien il y a eu d’accès et par quels ntervalles ils ont été séparés. Or ce dernier point est déjà connu par la désignation de type que nous avons faite antérieurement.

Dans la forme carotique, le premier accès a souvent été mortel, et le second presque toujours. Un seul sujet a résisté au deuxième açcès, pour succomber au troisième; un autre a survécu au deuxième et a guéri. Nous ne possédons pas d’exemple d’individus ayant résisté au troisième accès.

Dans la forme soporeuse la gravité est moindre. On doit néanmoins regarder comme une très-fare exception le sujet de notre obs. 1 qui a sup- , porté une série d’accès et s’est rétabli.

La mortalité a été de 6 sur 10 fièvres carotiques simples, de 2 sur nos

(1) R. Faure, Des fièvres intermittentes et continues, 1833-1 8;i7.

(2) Maillot, Traité des fièvres ou irritations cérédro-spinales intermittentes.

f3) Durand (de Lunefl, Nouvelle théorie de l’action nerveuse, in-8”, 1843, •

et divers mémoires in Gaz Méd.

(û) Finot, Compte rendu du service médical de l’hôpital militaire de Bli- DAii, in Recueil de mémoires de méd. cuir, et piiarm. militaires, t. LV-

2 caroliquesapoplecliques; le sujet atteint d’accès caiotique syncopal a guéri. Sur ii8 fièvres pernicieuses caroliques et soporeuses considérées en bloc, nous avons perdu 16 hommes, ce qui donne 1 décès sur 3 malades. La mortalité a été ainsi répartie : 1 décès en avril, U en août, 5 en septembre, 6 en octobre , en tout 16.

Les auteurs ayant confondu sous le nom de comateuses les formes carotiques, soporeuses et somnolentes, on ne peut pas comparer leurs résultat avec les nôtres, car nous avons défalqué de notre total les fièvres somnolentes qui ne donnent guère de mortalité et qui eussent conséquemment fait diminuer de beaucoup notre proportion de décès. Quoi qu’il en soit, voici quelques chiffres.

M. Haspel (1) a eu à Mascara, en 1837, 15 morts sur 29 cas pernicieux comateux; MM. Antognini et Monard (2), 9 sur 79 à Alger: M. Maillet, IZi sur 77," à Bone ; Nepple, 6 sur ik ; Bailly, lûl sur 886 ; enfin, à Bouffarick, on a compté 2 décès sur 5 cas. En additionnant ces résultats avec les nôtres, nous obtenons 1,138 cas et 203 décès, c’est-à-dire que dans les fièvres pernicieuse comateuses il y a 18 morts sur 100 cas, ou à peu près 1 sur 5.

Ces fièvres ont des degrés bien différents de gravite, puisque M. Haspel a eu 15 morts sur 29, c’est-à-dire plus de moitié, et MM. Antognini et Monard, 9 sur 79, c’est-à-dire à peu près 1/9. Nos/ distinctions de forme sont conséquemment nécessaires, non pas seulement pour la régularité des descriptions symptomatologiques, ce qui serait un bien faible avantage, mais pour porter le pronostic et pour instituer la thérapeutique.

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