‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 49 sur 88 · VII. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

VII. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Parmi les 13 cas dont les observations nous servent à composer ce- travail, 8 ont été terminés par la mort. Nous n’avons rapporté ici que 8 observations en tout, dont 6 suivies de la nécroscopie ; restent donc, pour compléter l’exposé anatomo-pathologique des 8 cas mortels, deux observations dont nous ne donnerons que la nécroscopie, de peur d’allonger notre mémoire déjà bien étendu.

Obs IX. — Trois accès carotiques : le premier le 25 juillet, le deuxième le 29, le troisième le 30. Coma jusqu’au 3 août; mort.

(1) J. Franck a aussi observé des parotidites dans les lièvres intermittentes rebelles de la Dacie. Pbaxeos med., etc., éd. de I’Encycl des sc. méd., t. I",

AuroPS.Evingl-quairel.«u.es après la mon, par unr lemi.èral.ire élevée et le

sirocco.

Pulrélaclion comniençant'’'

TÊTE. Méninges épaissies et assez tbrienieul injectées prés de la taux du cerveau; sérosité abondante dans la cavité arachnoïdienne; fausses membranes pultacées sur les tubercules quadrijumeaux; pulpe cérébrale pâle, macérée, imbibée de sérosité et friable; sérosité dans les ventricules. Ou n’ouvre pas le thorax. Rien dans l’abdomen, pas même dans la rate.

Obs. X. — Deux accès caroiiques : le premier le û octobre, le deuxième le 5 . Mort le 0.

Autopsie vingt-quatre heures après la mort.

Rigidité cadavérique. ,

TÊTE. Couche mince de sang noirâtre dans le tissu sous-arachnoïdien, Ihpissant la région occipitale du cerveau. Les méninges sont d’un rouge violacé. Les circonvolutions cérébrales sont également colorées parle sang, et l’intérieur de l’encéphale est sablé. Il n’y a pas de changement de consistance. Nous trouvons un peu de sérosité dans les ventricules atéraux ; elle existe en grande quantité

dans la cavité arachnoïdienne. *

PoiTBiNE. Un peu d’écume blanchâtre et spumeuse dans les bronches, mais surtout dans les narines ; léger engouement hyposlatique du poumon; un peu de sérosité dans le péricarde. Rien dans l’abdomen.

De l’examen de ces deux nécroscopies, réunies aux six que nous avops données dans le cours de ce travail, il résulte que :

1» Dans lotis les sujets qui ont succombé à la fièvre carotique, nous avons

trouvé des lésions du côté de la tôle;

2° La seule lésion constante, et conséquemment le véritable caractère anatomique de la maladie, c’est l’hydropisie méningienne ; elle était l’unique altération dans nos obs. Il et VIII. Toutes les autres lésions peuvent manquer;

3" Dans un. certain nombre de cas, il y a eu non-seulement raptus s reux, mais aussi raptus sanguin vers la tête ; il s’est manifesté par de la sérosité sanguinolente, par la congestion de la pulpe cérébrale et de la trame des méninges, par des béinorrliagies sous-arachnoïdiennes, et même pai une hémorrhagie artérielle avec rupture d’un vaisseau et de la pulpe encéphalique;

[1° Enfin , dans quelques, cas , l’élément innammatoire semble avoir joué un rôle : ainsi, dans notre obs. IX, on trouve une fausse membrane molle, presque crémeuse, sur les tubercules quadrijumeaux. Faisons remarquer

que jamais nous, n’avons rencontré de pus, et que les saignées ne se sont, dans aucun cas, recouvertes de couenne.

Les résultats nécroscopiques auxquels nous sommes parvenus dans notre épidémie ne sont pas toujours d’accord avec ceux qui ont été consignés par les divers auteurs qui ont écrit sur la fièvre comateuse. Les uns ont trouvé quelques cadavres exempts de toute lésion vers la tête ; les autres ont considéré comme purement inflammatoires les lésions qu’ils ont rencontrées.

Bailly (1) rapporte sept observations de fièvres pernicieuses comateuses suivies de mort. Laissons de côté la deuxième, empruntée à Werlhof, et qui ■n’a pas été suivie de l’autopsie. Bailly appelle arachnitis et céphalites les lésions qu’il a trouvées dans ses six cas ; mais la lecture de ces nécroscopies, incomplètement décrites du reste , n’en prouve nullement leur caractère phlegmasique : elles montrent seulement qu’il y a eu, comme dans notre épidémie, hypérémie cérébrale et méningée, épanchement de sérosité et même de sang. Nous renvoyons à l’ouvrage de Bailly ; nous n’avons pas assez d’espace pour établir la discussion.

Tous les observateurs, avons-nous dit, sont loin d’avoir constamment rencontré des lésions : ainsi les auteurs du Compendium de médecine (2) disent que, sur cent trente cadavres ouverts à Groningue, en 1826, on a observé vingt-quatre fois congestion méningienne ou cérébrale, densité et couleur brunâtre de la pulpe encéphalique. N’aurait-on rien découvert dans les autres cas ?

Nepple (3) cite deux fièvres soporeuses rémittentes dans lesquelles on trouva, à l’autopsie, le cerveau pâle et presque exsangue. Nous parlerons plus loin de l’explication à l’aide de laquelle il rend compte de ce fait.

Notre collègue et ami le docteur Rouis, médecin des hôpitaux militaires, a vu à Bougie (Afrique) des autopsies de fièvres comateuses qui n’ont dévoilé aucun désordre du côté de la tête.

J. Frank cite des faits semblables, empruntés à Sénac , à Cas Médicus, etc. (à); mais il parle aussi de cas dans lesquels on a trouvé une hydropisie méningienne ou ventriculaire, le cerveau macéré, des congestions

(1) Bailly, Traité anatomo-patiiologiqüe des fièvres simples et pernic., 1823, obs. I à VII, p. 155.

(2) COMPEND. DE MÉD., t. V, p. 235.

(3) Nepple, Traité des fièvres interm. simples et pernic.

(h) J. Frank, Praxeos medic.e præcepta universa, édit de I’Encïclop. des sciences MÉI)., l. I, p. 108.

et des inflaniinalions, etc. Du reste, ranaloniie pathologique est seulement indiquée, ou tout au moins fort incomplète.

Nous croyons que M. Maillot a constamment trouvé des congestions et diverees lésions de la pulpe cérébrale ou des méninges.

M. d’ilamelincourt (1) dit que, dans les fièvres comateuses, il n’y a pas de lésion constante ; il a vu un cas d’accès comateux dans lequel on ne rencontra aucun désordre appréciable dans l’axe cérébro-spinal.

M. le professeur Gab, Tourdes (2) rapporte que son père, dans dix nécropsies, a trouvé huit fois extravasation et coagulation du sang à la surface du cerveau , mais qu’il n’existait aucune lésion dans les deux autres cas.

Nous allons voir comment il se fait que , dans certaines fièvres pernicieuses comateuses, on ne rencontre aucune lésion, tandis que , dans les autres, on trouve des désordres produits par l’invasion du sang ou de la sérosité.

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