‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 6 sur 88 · EN ALGÉRIE · texte numérisé non relu

EN ALGÉRIE

Perpendends el non numerandæ sunt observaliones.

(Morcagni.)

A M. Boudin l’honneur d’avoir appelé l’attention des médecins français el des économistes sur les grandes questions d’hygiène et de pathologie comparée, que nous entrevoyions à peine, alors que les Anglais travaillaient activement à leur élucidation. Fidèle à ses précédents, ce savant confrère a pris encore l’initiative à propos de V acclimatement en Algérie, point dont la discussion vient d’être mise par lui à l’ordre du jour. Pendant plusieurs années de séjour en Afrique, nous avons dirigé nos investigations sur l’objet en litige; c’est ce qui nous autorise à nous hasarder sur ce terrain difficile où il faut discuter au triple point de vue médical, social el politique.

M. Boudin a déposé ses remarquables travaux dans les A\nales d’hycifc.NE PUBUQÜE et a ouvert la discussion dans i.’(Jnio\ et la Gazette

MÉDICALE. Ce derüier journal, après avoir donné place aux idées de l’honorable médecin, lésa reprises el examinées. L’article inséré dans le numéro du 8 avril a établi la question sur ses vérilables bases et a indiqué presque tous les arguments qu’on peut opposer à la doctrine du non-acclimatement ; mais ces arguments auraient besoin d’un homme connaissant le pays pour les féconder, les développer, les appuyer par des faits puisés in. visceribus rei.

Avant de vouloir prouver par des faits et par des chiffres, il faut nettement déterminer le sens el l’étendue de la question ; il faut surtout rechercher si elle est simple ou complexe. Or la grande question de l’acclimatement est précisément un composé qu’il faut d’abord analyser, et non pas juger en bloc de prime abord.

On voit donc, d’après notre entrée en matière, que notre but est moins peut-être de chercher à résoudre la question que de déterminer les points fondamentaux qu’il importe d’ériger en principes avant d'entamer la discussion.

Quand on veut étudier une région quelconque, sous le rapport de son influence sur ses habitants anciens ou nouveaux, il faut considérer deux grands ordres de faits :

1° Les conditions essentielles de ce pays, de ce climat, conditions qui le constituent ce qu’il est et sans lesquelles il ne serait pas : ce sont les eaux, le sol, l’atmosphère avec les pluies qui la sillonnent, les orages qui la bouleversent, l’électricité qui la charge, les vicissitudes thermométriques et hygrométriques qui la perturbent avec plus ou moins de fréquence et de soudaineté. L’homme ne peut pas détruire cesinfluences.

2° Les conditions accidentelles que l’on sépare très-bien, par la pensée, de ce climat, de ce pays, et qu’il nous est donné d’annihiler ou au moins de mitiger. Les laboratoires qui fabriquent les émanations paludéennes figurent

dans cette catégorie.

Énonçons de suite notre façon de penser tout entière : il est possible de s’habituer aux premières, tandis qu’on n’acquiert pas une immunité complète contre les secondes. Mais si la nature a créé le mal, elle a accordé à l’homme le pouvoir de le conjurer : en effet, si, d’une part, on ne peut détruire les conditions essentielles d’un climat, l’habitude, les modifications que les influences nouvelles amènent dans l’organisme, la succession des générations et le croisement des races, font naître peu à peu la tolérance de ce climat ; el, d’autre part, si la longueur du séjour dans ce pays, les iransmutalions de notre économie et la fusion de sang de l’mdigene av^ le sang du conquérant, ne détruisent pas entièrement l’impressionnabilité

aux agents qui constituent notre seconde classe, il est donné à l’Iiomme de tarir ou d’appauvrir ces sources d’intoxication .

L’acclimatement est donc possible, au prix de sacrifices de temps, d’hommes et d’argent.

Le premier coup d’œil jeté sur les tables de mortalité de l’armée anglaise, dans ses différenles colonies, apprend que les décès sont plus nombreux que dans la métropole. Cela doit être, puisque les conditions essentielles d’un climat, aussi bien que ses influences accidentelles, causent d’abord et causeront quelque temps encore, chez les nouveaux habitants, des perturbations dont un surcroît de mortalité est la suite nécessaire.

Le second coup d’œil montre que cette mortalité est très-inégalement répartie, qu’elle est effrayante dans les régions qui réunissent les conditions essentielles et accidentelles, tandis qu’elle baisse considérablement dans les pays qui présentent à peu près exclusivement les premières. Ainsi le nombre des décès est de 14,1 sur 1 ,000 au cap de Bonne-Espérance (1), de 18 à Malte, de 22 à Gibraltar, de 30 à Maurice, etc., lieux où n’existent pas ou peu de foyers limniques ; tandis qu’il atteint les chiffres énormes de 63 au Bengale, 200 à Bahama, 483 à Sierra-Leone, régions où l’étendue et l’énergie des laboratoires eflluviaux créent la grande famille de maladies dont l’infection palustre, comprise dans sa plus large acception, est la cause, à savoir : le choléra au Bengale, la fièvre jaune aux Antilles, la fièvre jaune encore et les pyrexies pernicieuses au Sénégal.

En cherchant nos preuves dans un champ d’investigation moins large, c’est-à-dire dans une circonscription territoriale limitée, nous arrivons à la même démonstration. Ainsi l’îlot volcanique de Gorée est beaucoup plus salubre que Saint-Louis, situé à peu de distance, sous le même parallèle, dans les terres basses et humides annuellement inondées par le fleuve ; ainsi encore la zone montagneuse de l’Algérie et même certains lieux du littoral, Oran, par exemple, sont bien plus sains que Le Fondouck , Bouffarick, etc., noyés dans les méphitiques vapeurs qui s’exhalent des plaines marécageuses. Or comme les conditions essentielles sont à peu près les mêmes dans certains lieux salubres que dans certains autres, leurs voisins, renommés par leur influence funeste sur leurs habitants, il s’ensuit que ce .sont les conditions toxiques accidentelles qui amènent la mortalité.

(1) Boudin, HYOïèVR mu.itaibe t:oMPAnftr: r.r statistique médic.ai.e, Paris, 18H8. P. 72.

Bien plus : enlevez ii une région c&s influences accidenlelles, elle rentrera dans la catégorie des pays qui ne sont soumis qu’aux conditions climatologiques essentielles, et la mortalilé diminuera de 1/3, 1/2 et même de 2/3, ainsi que cela résulte des tables communiquées à M. Boudin par le colonel Tulloch. La même progression décroissante dans la mortalité a été observée sur les troupes en Algérie, sous l’influence des améliorations qu’on a successivement introduites; c’est ce que prouve le tableau suivant (1).

En 1841, 108 décès sur 1,000 hommes.

Nous pensons avoir sulBsamment établi qu’il y a impérieuse nécessité de -distinguer, quand on aborde la question d’acclimatement, le climat des influences toxiques accidentelles.

Il s’agit maintenant de prouver qu'on ne s’habitue pas entièrement à celles-ci, tandis qu’on finit par tolérer impunément le premier, sous certaines conditions que nous aurons soin de spécifier, g I On n'acquiert pas l’immunité complète contre les influences

toxiques. , • , ui

Nepple nous a représenté les habitants de la Bresse, traînant misérablement leur vie, courte et souffreteuse, au milieu de leurs plaines marécageuses • Hippocrate nous avait déjà dépeint, avec des couleurs à peu près semblables, les populations du Phase et des Palus-.Méotides. En Afrique, des tribus presque entières sont quelquefois atteintes de fièvres à quinquina. Il nous est maintes fois arrivé, lorsque nous visitions les douars pendant la saison d’automne, d’être assailli par la foule pâle et tremblante qui se traînait à nos pieds, baisait notre manteau, nous suppliait, nous implorai ..... Il fallait entrer dans toutes les demeures et voir presque tous les habitants de chaque tente. Les fièvres sont à peu près aussi nombreuses chez les Arabes des plaines que chez nos troupes d’occupation, seulement elles ont en général moins de gravité; elles revêtent surtout bien plus rarement ce caractère franchement pernicieux qui les rend si vite mortelles.

Sal IS'*® s’explique par des circonsiances

«cidenlelles deguerre et d’insalubrité temporaire sur lesquelles nousregre on de ne pouvoir nous étendre ici.

AUX AnliUes, en Égypte, dans la Sénégainbie, dans la presqu’île Indo- Gangélique, on a li-ès-souvenl vu, dans les vastes épidémies, les indigènes aussi sujets que les étrangers à la fièvre jaune, à la peste, aux pyrexies per nicieuses et au choléra asiatique. Il y a plus : quelques épidémies ont sévi plus cruellement sur les aborigènes que sur les Européens. « Les épidémies intenses, dit M. Périer, dans son ouvrage si remarquable (1), frappent aussi bien les régnicoles que les étrangers ; les premiers succombent, si l’on peut ainsi dire, parce qu’ils sont trop modifiés par le climat ; les seconds, pai'ce qu’ils ne le sont pas assez. »

Nous pouvons établir celle loi ; on n’acquiert pas la tolérance complété du poison paludéen. Mais il faut reconnaître que les indigènes ont une force de réaction et de résistance qui les rend, jusqu’à un certain point, réfractaires à l’agent toxique, quand celui-ci n’est pas trop énergique; et il faut ajouter que l’étranger peut gagner celle faiblesse d’impressionnabilité si désirable, qui est l’apanage du regnicole. Or c’est la tolérance des condihons essentielles du climat qui émousse l’impressionnabilité en faisant croître les forces de résistance vitale. Il est bien évident que les vicissitudes atmosphériques et tous les autres accidents qui surviennent dans les circumfusa, offensent l’organisme des nouveaux venus, jettent la débilitation et le trouble dans l’économie, et jouent ainsi le rôle de causes occasionnelles qui favorisent singulièrement l’imprégnation miasmatique, contre laquelle luttent au contraire victorieusement la constitution saine et robuste des regnicoles, ou des étrangers qui jouissent du bénéfice de 1 acclimalemenl.

Notre grande division des influences climatologiques en essentielles et accidentelles, nous permet de suite d’expliquer des faits appartenant à l’histoire des peuples, faits dont on ne s’est pas rendu parfaitement compte jusqu’à présent.

La race européenne et la race noire ne peuvent prospérer en Égypte : les enfants, même ceux qui naissent d’étrangers et de femmes indigènes, résistent bien difficilement aux nombreuses causes de destruction qui assaillent leur frêle organisme naissant; aussi les anciens dominateurs de celle contrée, les Turcs, alimentaient la milice mameluqueavec des sujets ayantdépassé la première enfance, achetés sur les marchés d’esclaves ou fournis par lescaptures de leurs corsaires. En Algérie, les choses se passent bien différemment : les

(1) Exploration scientifique de l’Algérie publiée par ordre du gouvernement : De l’hygiène ex Algérie; par J.-A.-N. Périer. — 2 vol. iii-S" jésus Paris, »847.

nègres jouissent d’une robuste santé, et les descendants croisés des Turcs constituent la belle race des Coulouglis. La raison de cette dissemblance capitale est facile à trouver : en Algérie, les sources d’impaludation sont infiniment moins puissantes que dans la Basse-Égypte, et on peut les fuir en habitant certaines villes ; c’est ce qu’ont fait les Coulouglis de Tlemcen, par exemple. En Égypte, au contraire, l’inondation périodique du Nil change chaque année toutes les rives en un vaste marais ; les causes de fertilité sont aussi les causes de mortalité, et l’homme est condamné à subir ces influences toxiques, d’abord à cause de cette alliance de la vie et de la mort, ensuite parce qu’elles sont développées sur une si vaste échelle qu’elles se joueraient de ses impuissantes tentatives de destruction.

Ce que nous disons des plaines qu’arrose le Nil, nous pourrions le répéter à propos des plages baignées par le Sénégal et la Gambie, à propos du delta du Gange et de certaines contrées américaines que les débordements annuels changent en de véritables mers, dont Buffon nous a tracé un si magnifique tableau.

§ II. — On acquiert, contre les influences on conditions essentielles du climat, une immunité qui devient de plus en plus complète.

On s’acclimate sous des conditions nombreuses, avec des sacrifices prolongés, pénibles, coûteux, qui ont paru des impossibilités à notre habile confrère et chef, M. Boudin. Il faut, pour gagner une immunité complète, plusieurs générations peut-être, se succédant dans un espace de temps assez long pour que M. Boudin ait été conduit à le traduire pdx jamais. Le peuple nouveau dépérit, périclite d’abord momentanément, le nombre des décès l’emporte sur celui des naissances ; puis l’équilibre se rétablit et se rompt bientôt en faveur de celles-ci : la race est fondée, dure et vivace, douée d’une constitution en rapport avec les exigences des milieux au sein desquels elle est appelée à vivre. M. Boudin, considérant les premières périodes de cette progression, a désespéré de l’avenir de la race qui arrive ; et ' son mélange, sa fusion avec les peuples primitifs, a bien pu lui faire croire à la disparition de la race conquérante, qui pourtant existe toujours, modifiée, presque métamorphosée.

Puisque les évolutions que doit parcourir une race qui s’implante sur un nouveau sol, pour arriver au complet acclimatement, se déroulent dans un espace de temps si prolongé, les statistiques de quelques années sont des matériaux sinon stériles, du moins impuissants ; ouvrons donc l’histoire des peuples, je dirais presque l’histoire du monde.

Si une race ne pouvait prospérer dans un climat étranger, il s’ensuivrail

nue loul peuple né sous un ciel devrail grandir, se civiliser, parcourir, en un mol, sous ce ciel, loules les phases de sa vie comme nation, depuis sa naissance jusqu’à sa morl ; el qu’après lui régneraient éternellement le silence et la solitude, puisque les peuples vainqueurs, accourus quelquelois de climats bien différents, seraient incapables de s’acclimater, et conséquemment de norir el de se perpétuer sur la lcrre qu’ils auraient conquise. Le Créateur, en imposant ces lois à l’espèce humaine, l’eût condamnée à morl en la créant, car les peuples se conservent et se régénèrent par leur alliance entre eux, comme les familles par les mariages qui lient les enfants issus de diverses souches.

La plus grande partie des pays du globe est peuplèé d’une race hybride, créée par le croisement des aborigènes et des conquérants-, et dans quelques régions, ce sont ceux-ci qui sont restés à peu près seuls, détruisant ou absorbant les races primitives. Les républiques de l’Amérique méridionale el l’empire du Brésil sont à peu près entièrement peuplés par les descendants des Espagnols el des Portugais, premiers découvreurs el colonisateurs du continent : les Indiens fuient devant la civilisation qui les refoule el les fait disparaître, — Les États-Unis de l’Amérique du Nord ont emprunté leurs populations aux races européennes, à l’Angleterre, à la France, à l’Allemagne; pourtant, quelle différence de température entre celle des provinces centrales et le climat de la brumeuse Albion ! Je ne parle pas ici des districts méridionaux, comme les Florides, la Caroline du Sud el la Nouvelle- Orléans, car je n’envisage, dans ce chapitre, que les conditions climatoloijiQucs essentielles or il existe ici de nombreuses et puissantes in-~ fluences toxiques accidentelles. — Haïti ne compte peut-être plus aucun de ses habitants primitifs; elle est peuplée par les races noires, qui d’abord y étaient décimées par la phthisie, et par quelques blancs, qui dans l’origine y mouraient de la fièvre jaune, La race nouvelle y vil el s’y multiplie, malgré l’anarchie, el quoique (notez bien ceci) elle ne soit pas alimentée par l’immigration. Ce fait nous parait très-probant.— Les Anglais el les Fi'ançais se sont aussi assez bien acclimatés à Maurice el à Bourbon, à la Nouvelle-Galles du Sud, etc., etc — Nous pensons, avec Dumont d’Urville,

Rienzi el beaucoup d’autres ethnographes, que les îles innombrables de la Polynésie el de la Micronésie ont été successivement peuplées par la race malaise que les tempêtes, d’aventureuses navigations, el peut-être la Providence, ont jetée sur les noyaux madréporiques et volcaniques qui conslituenl ces archipels. Les familles égarées sur ces terres, isolées du reste du monde ont grandi cl multiplié au point de itcupler des ilcs fort étendues.

Or le climat de quelques-une^de ces îles est bien différent de celui de la Malaisie, mère du Polynésien ; comparez, par exemple, la Nouvelle-Zélande, dont le ciel est semblable à celui de la Provence, avec les terres malaises, brûlées par le soleil tropical. — Enfin, chacun a retenu la dramatique histoire de l’équipage révolté de Bligh, fondant à Pitcairn une petite colonie qui vécut et s’agrandit tranquille et ignorée, jusqu’à ce qu’elle fût découverte par un navire anglais, etc., etc.

Mais ces excursions dans le domaine si vaste de l’histoire et de l’ethnographie nous conduisent beaucoup trop loin. Restreignons-nous à l’Algérie.

Les Berbères passent pour les premiers habitants de notre Afrique septentrionale, et les Arabes pour des conquérants qui ont refoulé les premiers. Or les Arabes se sont fixés dans le Tell, c’est-à-dire dans la zone cultivable qui borde le rivage , large bande composée de plaines ou de montagnes coupées de larges vallées ou de plaines basses et humides ; la race nouvelle a donc pu florir dans la contrée qui réunit les conditions les plus défavorables, climatologiques et accidentelles. Les Berbères, cédant peu à peu le terrain, se sont éloignés du rivage qui les avait vus naître et se sont réfugiés dans une contrée bien différente, à savoir dans les dernières montagnes qui séparent le Tell du désert, et dans 1e Sahara algérien, vaste océan de sable coupé de vertes oasis. Quelques hordes de conquérants se sont aventurées dans ces régions et y ont rencontré les vaincus fugitifs : là, devant une ingrate nature qui nourrit à peine ses enfants, la paix a surgi de la nécessité ; le vainqueur a continué sa vie nomade, il s’est fait pasteur ; et le vaincu, conservant ses goûts sédentaires, s’est fait agriculteur : il a fondé les ksours, villages noyés dans la verdure des oasis. Les deux peuples vivent aiijourd’hui côte à côte, procréant et se perpétuant dans ces régions qui n’ont pas donné le jour à leurs premiers pères (1).

Sans remonter ainsi presque dans la nuit des temps , envisageons les races qui ont successivement occupé l’Algérie comme dominatrices, savoir : les Romains, les Vandales, les Turcs, les Espagnols. Les deux premiers ont disparu de l’Afrique comme des autres régions dans lesquelles ils s’étaient fixés. Pourquoi et comment ? C’est là une question difficile à bien établir et fort longue à exposer. Les Espagnols n’ont jamais eu qu’une occupation

(1) Voy. F. Jacquot, Expédition du général Cavaignac dans le Sahara ALGÉRIEN, 1 vol. 10-4° illustré, sous presse ; — Écho d’Oran, 1847 ; — in Illüs- LusTRATioN, 3 juillet 1847.

irès-reslreinle; la victoire des Arabes les a chassés, et ils onl regagné leur pays. Restent les Turcs ; or les Turcs subsistent toujours, non plus maîtres par la puissance et le nombre, mais par l’intelligence et la beauté de leur race. Croisés avec les femmes indigènes, ils ont produit les Coulouglis. Peut-être devrait^n distinguer parmi ceu.\-ci la variété appelée Turcos, qui descendrait des Turcs par les hommes et par les femmes; mais cette question est obscure, et je la laisse de côté. Les Coulouglis habitent les villes, et ne sont pas nomades et pasteurs comme les Arabes. Ils sont nombreux à Tlemcen, où nous les avons constitués en, milice urbaine. Ils sont moins sujets aux maladies que les Arabes de la plaine ; ils présentent moins de mortalité , surtout chez les enfants. Enfin ils offrent un moins grand nombre d’individus malingres, étiolés. Sans doute une partie de leur immunité est due à leur habitation, à leur aisance, à leur soustraction aux vicissitudes atmosphériques, que ne peut éviter l’Arabe qui vit sous la tente ; mais toujours est-il qu’ils sont parfaitement acclimatés, et que leur tolérance est telle que, sous ce rapport, ils ne diffèrent ni des Berbères ni des Arabes.

Le problème de l’acclimatement est complexe à l’égard des Coulouglis: en effet , nous n’avons pas affaire à une race conservant la pureté de son sang et arrivant, après des oscillations, à l’immunité contre les influences climatologiques; il y a croisement, fusion des deux peuples. Notons pourtant que ce croisement n’a eu lieu que dans l’origine, et que les familles de Coulouglis se marient aujourd’hui entre elles ; leur haine et leur mépris pour les Arabes s’opposent à tout mélange ultérieur. La question est donc ici assez simple; mais nous allons la trouver tout à fait dégagée de complication en envisageant la population juive.

La nation judaïque n’a point de patrie; mais son intelligente et humble patience lui a fait une place chez tous les peuples. Elle a conservé son type primitif en évitant de mêler son sang à celui des nations qui lui donnent l’hospitalité ; mais tout en gardant sa physionomie caractéristique, elle a revêtu une constitution pareille à celle des différents peuples chez lesquels elle vit. Or cette métamorphose de la constitution est l’indice de l’acquisition de l’acclimatement (1). Les Juifs vivant ainsi et prospérant, répandus dans tous les pays, du pôle à l’équateur, nous forcent inévitablement,

(1) Un élégant écrivain a parfaitement présenté toutes ces circonstances, dans un livre plein de faits et de pensées. ( Voy. Michel Lévy, Hygiène; 2 vol. in-8“.)

fatalement, à accepter racclimalemenl des races comme un principe incontestable.

Nous avons trouvé des Juifs, en Algérie, depuis le rivage jusque dans les ksours du désert. C’est en général une belle race ; mais nos éloges s’adressent surtout aux femmes, qui sont plus belles et plus fortement constituées que les hommes ; leur embonpoint est pourtant exagéré, à Oran surtout ; leur fécondité est proverbiale à juste titre. L’acclimatement complet de la nation judaïque en Algérie est d’autant plus remarquable qu’il a été contrarié par la tyrannie et les incessantes vexations des vainqueurs, et l’immunité morbide est d’autant plus significative, que les Juifs, dédaigneux de tout soin hygiénique, habitent, entassés les uns sur les autres (1), des quartiers resserrés, obscurs, quelquefois souterrains, dans lesquels, avant notre conquête, on les parquait chaque soir en fermant l’unique porte de leur labyrinthe. Néanmoins la mortalité est moins considérable chez eux que chez les musulmans, ainsi que nous l’apprend M. Boudin lui-même par le tableau suivant inséré dans l’Union médicale du k avrilISZiS.

Musulmans

40,8 décès sur 1,000

Juifs. . . .

Européens.

Les races s’acclimatent donc dans des régions très-différentes de leur pays natal ; ce que les autres ont pu, les Français ne le pourraient ils-pas?

Le nombre des décès l’emporte sur celui des naissances. Voilà le chiffre, la donnée de la statistique première. Interprétons-la , et voyons si nous arriverons aux mêmes conclusions que notre savant confrère et chef: les races périclitent et ne s’acclimatent pas.

D’abord, il est évident que si l’on considère la population européenne en bloc, la partie civile et la partie militaire réunies, on trouvera un chiffre considérable de décès comparativement à celui des naissances, par la raison que le soldat est célibataire, et qu’il constitue une forte proportion de la population totale. Or le soldat meurt par la maladie, meurt par les combats et ne procrée pas. En France, où la population militaire est presque insignifiante comparée à la population civile, on peut les soumettre simultanément à la même statistique ; mais en Afrique, il faut diriger séparément

(1) Félix Jacquot, Lettres d’Afrioue, G.tzETTE Médicale, 1846- 1847, tetlre X.

ses éludes sur l’une et l’autre grande classe, parce qu’elles cousliluenl deux éléments tous deux également importants et placés dans des conditions fort différentes. Ce principe étant bien établi, envisageons la population civile isolément, comme cela a été fait du reste.

Mais, comme l’a parfaitement établi la Gazette médicale, dont nous reprenons et complétons ici les idées, la colonisation civile, considérée séparément, doit aussi, dans l’état actuel des choses, fournir plus de décès que de naissances ; en voici les raisons. L’acclimatement n’est pas achevé, et le défrichement des terres vierges donne naissance à des miasmes fébrifères ; ensuite il existe un grand nombre de célibataires ou d’unions improductives. Beaucoup de colonisateurs laissent leur famille dans la mère patrie ; d’autres arrivent garçons et retournent pour se marier et se fixer en France, quand ils ont amassé en Algérie un petit pécule; enfin un certain nombre vivent dans d’illégitimes liens, et font tous leurs efforts pour ne pas engendrer des enfants qui seront une cause de gêne, d’embarras, et qui n’auront pas d’existence légale. A cela ajoutez la misère, les influences morales dépressives, l’isolement, et vous verrez que la population euro- . péenne de nos possessions africaines est passagèrement dans une position exceptionnelle. Nous ne pouvons donc comparer ce qui lui arrive avec ce qui advient dans la métropole. Quand les conditions seront analogues, et elles peuvent le devenir, alors seulement nous pourrons comparer et tirer des conclusions de la prépondérance du chiffre des morts sur celui des naissances.

Nous arrivons à un des arguments qui méritent le plus de considération. La mortalité, dira-t-on, va croissant avec le nombre d’années de séjour; donc l’acclimatement est une chimère ; donc, au lieu de gagner l’immunité, on devient de plus en plus impressionnable. Fidèle au plan que nous nous sommes tracé, et qui est aussi celui de la Gazette Médicale, acceptons encore les chiffres, sauf à les interpréter.

D’abord la mortalité, au lieu d’augmenter dans l’armée, diminue ; c’est ce qui résulte d’un tableau que nous avons donné. Une progression contraire aurait lieu pour la population civile, d’après la statistique suivante, empruntée à M. Boudin (1) :

aa,2 morls sur 1,000.

mii

(1) Union médicale, U avril iS^iS.

« Dans les campagnes, continue M. Boudin, la mortalité est plus forte encore. Ainsi en 1843, à Staouéli, les trappistes ont perdu 8 des leurs sur 38 en moins d’une année. Sur 152 militaires condamnés mis à la disposition des trappistes, 37 étaient morts avant la fin de l’année. » Nous avons cité nous-même (1) des faits plus remarquables encore mettant hors de doute que le remuement des terres vierges donne lieu au dégagement des miasmes les plus délétères. Or ces faits, qui nous sont propres, comme ceux qui appartiennent à M. Boudin, ne prouvent point qu’on ne s’habitue pas aux conditions climatologiques essentielles. En effet, il ne s’agit pas de ces conditions essentielles, mais de ces influences toxiques coaire lesquelles on n’atteint qu’une certaine immunité, et qui offensent à peu près toujours quand elles viennent inopinément et accidentellement, comme c’est ici le cas, à acquérir une énergie très-considérable.

Il est si vrai que l’acclimatement s’acquiert par la prolongation du séjour, que les régiments nouvellement arrivés en Afrique fournissent beaucoup plus de malades et de morts- qu’ils n’en offriront après quelques années. Les 5® et 44' de ligne et le 12' léger, arrivés à peu près à la même époque dans la province d’Oran, ont invariablement suivi cette marche. Ici, du reste, comme presque toujours, la question est complexe, parce que la fatigue figure incontestablement parmi les causes efficientes ou occasionnelles des maladies ; or il est reconnu qu’on se fait, qu’on s’habitue à la fatigue. M. Boudin nous a cité deux régiments qui, récemment arrivés de France, se joignirent aux anciennes troupes et participèrent à la seconde campagne de Constantine. Pendant que ces dernières souffrirent considérablement et donnèrent beaucoup de malades et de morts, les deux régiments se conservèrent frais, valides et dispos. Cette circonstance est d’autant plus remarquable qu’elle est positivement exceptionnelle ; car tous les vieux militaires de la province d’Oran, chefs et subordonnés, que nous avons consultés, s’accordent à dire que les troupes vieillies en Afrique sont de beaucoup supérieures aux nouvelles. Les zouaves, ces infatigables marcheurs, ces hommes durs et réfractaires aux fatigues et aux influences morbides, les zouaves sont en permanence en Afrique ; j’en dirai autant de la légion étran-

(1) Recherches sur les causes des prÈVHES a quinquina en général, et en

PARTICULIER SUR LES FOYERS QUI LEUR DONNENT NAISSANCE EN ALGÉRIE ; mémoire

présenté à l’Académie nationale de médecine en 1846. Rapport de M. Gaultier de Claubry, février 1848.

«ère eldes balaillons légers, troupes Irès-irrégulières dans leur bon vouloir, mais capables de grandes choses quand ellesle veulent.

D’ailleurs, nous le répéterons à satiété, aucune de ces questions n est entièrement simple. Ainsi un régiment voit sa mortalité diminuer de jour en jour par le bénéfice de l’acclimatement qu’il gagne progressivement ; mais U peut advenir que cette amélioration soit interrompue par la station dans un lieu essentiellement malsain, sous l’influence duquel le chiffre des décès augmentera soudain. En conclura-t-on que l’on n’acquiert pas la tolérance du climat? Non, sans doute.

Ainsi, pour que le chiffre croissant de la mortalité fût significatif et prouvât l’impossibilité de l’accUmatement, il faudrait qu’il fût pris pendant plusieurs générations sur une population permanente, non renforcée par des arrivages, colonisant et cultivant.

Rien n’est donc si difficile que de tirer des conclusions inattaquables des statistiques. C’est une vérité qu’ont reconnue quelques médecins de l’école

numériste. . , , ...

La question du croisement pour créer des immunités et pour hâter acclimatement de la race conquérante est d’une importance capitale. Elle vient d’être remise sur le tapis et estimée à sa juste valeur par la Gazette MÉDICALE dans le numéro du 8 avril. Le général Pélissier (1) l’a pressentie et indiquée il y a plusieurs mois déjà, et M. Périer l’a envisagée d’une manière assez complète dans son Hygiène en Algérie (2).

Nous pensons que les peuples, comme les familles, se vivifient et se régénèrent par leurs alliances, qu’ils détruisent ainsi leurs vices et doublent leurs qualités. L’histoire nous montre tant d’exemples d’amélioration des races et de consolidation des conquêtes par le mélange de deux sangs, que la plus succincte indication nous entraînerait hors des limites qui nous sont imposées (3). Notre croisement, en Algérie, avec les femmes indigènes, est donc de la plus haute importance sous le point de vue social, politique, médical; il favorisera la civilisation, consolidera notre domination, accélérera l’acclimatement et créera une race vivace capable de supporter les influences qui nous accablent aujourd’hui. L’autorité n’a pas compris cette haute et féconde question ; sous prétexte d’éviter des froissements, elle

(1) Pelissier, Ann. ALG.,t. II, p. Ml et seq. Paris, 183G-1839.

(2) Périer, loc. cit., 1. 1, p. 6û elseq.

(3) Voy. Périer, loc. cit., p. 67; — Montesquieu, Esprit des lois, livre x, chap. 13.

n’essaye pas même de déraciner peu à peu les préjugés de caste, de religion et de combler les distances. Le rapprochement nous paraît pourtant plus facile qu’on n’est porté à le croire au premier abord, et nous ne doutons pas que beaucoup de musulmans vendraient ou marieraient, ce qui revient à peu près au même, leurs fdles aux chrétiens, si ces alliances devaient procurer à celles-ci une position convenable et rapporter au père un bénéfice quelconque. On m’objectera la moralité; mais c’est là un point très-peu gênant en Afrique. D’abord les intérêts sociaux et politiques sanctifient tout ; ensuite le tableau que nous avons tracé des mœurs des Européens en Algérie (1) montre assez que ces mariages utiles seraient beaucoup plus moraux que les liaisons éhontées qui subsistent aujourd’hui. La création des Goulouglis par le mélange du sang turc avec le sang arabe, la persistance de cette race florissante, sont un frappant exemple proposé à notre imitation.

Il ne nous reste plus qu’un point à traiter. On pourrait conclure, des recherches laborieuses et méritoires de M. Boudin, qu’il faut conserver l’Algérie, mais que l’on doit se contenter de l’occuper sans songer à la coloniser. Nos conclusions sont semblables quant à la conservation, opposées quant au mode de conservation : nous pensons que la culture et la colonisation sont les bases fondamentales de notre établissement définitif.

Jeter en Afrique des poignées d’hommes qui y séjournent plus ou moins de temps, et reviennent décimés dans la mère-patrie qui en enverra d’autres pour les remplacer, ce n’est rien établir, rien fonder; c’est sacrifier le présent à l’avenir; c’est se contenter d’un usufruit passager ; c’est couper une moisson sans s’approprier le champ. Puisque, l’acclimatement ne s’acquiert que par l’habitude, par le temps et la succession des générations, il faut évidemment coloniser, c’est-à-dire implanter sa race sur le sol. On sait que les premiers temps coûteront des pertes d’hommes et d’argent ; il faut s’y résoudré d’avance, comme à une nécessité tyrannique dont le règne sera court. Les premiers qui remueront la terre pour défricher mettront à nu des laboratoires empoisonnés; mais leurs enfants trouveront un gage de salubrité dans les cultures établies par leurs pères. Peu à peu la race naissante tolérera les influences climatologiques et détruira les sources toxiques accidentelles ; et bientôt, aguerrie et complètement acclimatée, elle se multipliera et parcourra son existence prospère sous un climat contre lequel

(1) F. Jacquot, XIV' Lettre d’Afiiique, De la pro$Himinn en .Algérie, Gaz. MÉD. 18/(7, p. 937.

elle a désormais acquis l’immuuilé, grice à la sage opiniâtreté et aux sacrifices productifs de ses ancêtres.

NOUS disons qu’il faut coloniser l’Afrique; nous ne serions pas aussi dis posé à donner le même conseil s’il s’agissait de contrées >t>fectée8 Par Je puissantes sources toxiques dont le destruction est au-dessus des efforts de l’homme. C’est ce que les Anglais semblent avoir bien compris : ils colonisent la Nouvelle-Galles du Sud, tandis qu’ils occupent le Bengale et la

Sénégambie. .

AU reste, l’exemple est là pour nous prouver qu’il faut coloniser pour

fonder une race durable. Les Komains, les Vandales, les Espagnols n’ont pas colonisé, selon M. Boudin ; je l’accorde de grand cœur; aussi onUls disparu. Les Tiirc§ ont colonisé, aidés des peuples vaincus qu’ils avaient façonnés à leur civilisation ; aussi l’un et l’autre sont-ils restés sur le sol de l’Algérie, parmi les débris des nations qui les avaient précédés.

Établissons en quelques mots la réalité de la colonisation turque.

Partout dans la province d’Oran, la seule dont nous parlerons, parce que nous la connaissons à fond tandis que nous n’avons pas visité les autres, partout l’on trouve les traces de barrages destinés à élever le niveau des eaux pour les déverser sur la campagne. Ils sont à peu près tous d’origine turque. Nous avons construit sur la rivière du Sig un barrage destiné à répandre l’eau sur l’immense plaine de ce nom, vaste espace autrefois couvert de cultures et de plantations, et naguère encore inculte et désolé ; ce barrage dont on a fait tant de bruit et qu’on a voulu représenter presque comme un gigantesque ouvrage, est situé à quelques mètres en amont d’un ancien barrage turc dont on retrouve de beaux restes. Je crois qu’il existe aussi quelques ruines romaines dans le lit de la rivière. Sur l’Isser, nous avons trouvé deux barrages plus considérables encore, que le général Cavaignac a tenté de relever. Ils fertilisaient une assez grande plaine autrefois habitée et féconde, ainsi qu’en témoignent les chroniques et des ruines de villages et de mosquées. Ce ne sont pas là les seuls vestiges qui attestent la colonisation turque; d’autres restes de barrages existent sur les principales artères de cette province. Les ruisseaux avaient aussi été barrés pour favoriser l’irrigation ; c’est ce que nous avons observé à Ain-Tirnifiac, près de Mascara, et en maint autre endroit. Les environs de Tlemcen ont été jadis admirablement cultivés et richement peuplés ; on trouve de nombreuses maisons de campagne aujourd’hui ruinées , des parcs clos de murailles , des aqueducs protégés ou non par des tours de défense, des moulins échelonnés le long de Tisser et surtout de la Sayfsel, enfin beaucoup de bas-

sins d’origine évidemment turque. Quelques-uns ont coûté des travaux considérables ; l’un d’eux, véritablement gigantesque, restauré dernièrement par le général Cavaignac, est un petit lac Mœris.

M. Boudin croit (füe les Romains ont occupé, mais non pas colonisé ; nous ne partageons pas tout à fait cette opinion ; nous pensons seulement que leur occupation agricole a été établie sur une bien moins vaste échelle que leur occupation militaire. On trouve, dans toutes les provinces, les vestiges de villes considérables, de camps retranchés, de cirques, de tombeaux, etc.; mais peu de ruines de travaux établis dans le but de développer l’agriculture. Nous nous portons garants de la vérité de cette assertion, pour la province d’Oran du moins.

Nous avons établi : 1“ qu’on s’habitue à un climat, mais pas entièrement à ses influences toxiques accidentelles, c’est-à-dire qu’il est donné à l’homme de se faire aux conditions qui lui sont imposées et qu’il ne peut détruire, tandis qu’il n’acquiert pas l’immunité complète contre les conditions qu’il est en son pouvoir de faire disparaître ou d’amoindrir ; 2° que la colonisation, la culture, l’établissement permanent, la succession des générations, la fusion des races, sont les meilleurs moyens d’assurer la conquête, d’amener l’acclimatement complet, de créer un peuple vivace.

Conclusion : Il faut garder l’Algérie et la coloniser avec activité et persévérance.

EXTRAIT DE LA GAZETTE MÉDICALE DE PARIS du 2!t mai 18/18.

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