HIC HABITAT FELICITAS
Nous sommes entré dans un sujet bien délicat ; mais il nous semble qu’on peut décrire ce qui est exposé publiquement aux yeux de tous, surtout quand ou le fait dans un but morai.
La représentation des actes amoureux et de leurs instruments éveillait évidemment dans l’esprit des anciens de tout autres idées que chez nous. Les plus indécentes peintures se rencontrent dans les meilleures maisons de Pompéia; on trouvait probablement aussi naturel de les voir figurer au venereum que des tableaux de fruits dans le triclinium. Le phallus était un objet physique, comme un bras ou une jambe, et, exposé partout, il n’attirait pas spécialement l’attention; ou bien le Priape était divinisé, c’était un symbole. Les hommes et même les femmes portaient, en guise de bijoux, des phallus ailés, qui passaient pour garantir des maléfices. Priape a un temple à Pompéia. Il trônait dans le sanctuaire de la famille ; une lampe brûlait près de lui.. 11 avait sa part de prières et d’encens.
Quelques philosophes ont soutenu que ce système était plus utile à la morale publique que le mystère, si excitant pour la curiosité, dont on entoure, dans la
une.
société moderne, ce qnc les anciens montraient un\ yeux de tous comme chose banale, vulgaire, usuelie. 11 no nous appartient pas déjuger celte question ; l'agiter serait d'ailleurs oiseux , car nous sommes trop loin de telles mœurs (1).
On voit nu museo Borbonico une quantité de médailles en terre culte et en os, trouvées dans les lupanars do Pompéia. Une fresque a mis sur la voie de la découverte de leur usage : c’étaient des cachets d’entrée dans les maisons publiques. On pense qu’on prenait des abonnements au lupanar, comme aujourd'hui nu bain.
Ce serait une élude bien curieuse cl bien instructive que celle, non pas des inscriptions gravées, mais écrites sur les murs, sous l’impression du moment, avec de la craie, un clou, la pointe d’un couteau. On saisirait ainsi les actualités, les mœurs sur le fait. En voici quelques exemples ayant rapport à l’étude qui nous occupe.
Ici ce sont trois soldats qui ont écrit leurs noms sur le mur d’un lupanar, avec indication du prix : 5 as pour chacun.
Là c’est une inscription que nous ne pourrions rapporter en français; mais il est reçu qu’en latin on a la permission de tout écrire. D’ailleurs le mot le plus choquant se lit journellement dans Horace :
Hic ego nunc foutui formosâ formâ puellam, à multis decantatam ; sed lulus inlus erat.
Dans ces temps étranges, il se trouvait pourtant des gens qui protestaient contre la trop grande liberté accordée à la prostitution, et contre la place qu on lui laissait occuper près des professions honorables. L’inscription suivante en fait foi :
a Julia Félix, fille de Spurius, propose à loyer, du l'" au 6 des ides d’août, un appartement de bains , un venereum, neuf cents boutiques et étaux, pour cinq années continues, sous condition que si on y établit un lupanar, le bail sera résilié. »
Ces conditions sont stipulées par lettres initiales seulement, ce qui prouve que celte formule était fréquemment employée et bien connue de tous.
(1) Le musée secret de Naples fourmille de preuves établissant que les anciens représentaient tout sans façon. Nous n’avons pas fait un seul emprunt à ce musée; nous ne nous sommes appuyé que sur les objets publiquement exposés ou décrits dans les livres.
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SECOOnS PUBLICS, HOSPICES ET HÔPITAUX A ROME.
A M. Faure-Villard, médecin en chef de l’armée d’Italie.
Civila-Vecchia, 15 avril 1850.