ESSAI DE TOPOGRAPHIE MÉDICALE SUR BISKARA (AFRIQUE
Thèse de Paris, 1849 ,
Par M. J. -H. Bédié,
Cbirurffien militaire.
Les médecins militaires travaillent avec assiduité à recueillir les topographies particulières qui permettront, dans quelques années, d’établir une topographie générale de l’Algérie. Les officiers de santé de la marine ont produit de solides travaux dans ce genre, ayant pour objet les Antilles et le Sénégal ; les médecins de l’armée de terre ne resteront certainement pas en arrière. Vingt années d’occupation, et les matériaux qui s’amassent tous les jours, les mettront bientôt à même d’entreprendre cette œuvre et de la mener à bonne fin. La climatologie, la météorologie, le règne pathologique de certaines localités restreintes, sont sans contredit d’un grand intérêt; mais un travail à la fois d’ensemble et de détail, de synthèse et d’analyse, sur l’Algérie en général, et sur ses différentes régions en particulier, sera d’un attrait bien plus puissant , et deviendra la source d’enseignements théoriques et pratiques de la plus haute utilité.
La topographie médicale dont nous allons rendre compte comble en partie une lacune qui rendrait difficile l’édification d’une topographie générale
de l’Algérie. Nous allons montrer, à l’aide d’une rapide esquisse , dans quelle région siégeait cette lacune, qui se remplira sans doute peu à peu.
L’Algérie se présente sous forme de trois bandes parallèles, se succédant de la Méditerranée au désert central, et offrant chacune une topographie bien différente :
1° La bande méditerranéenne, ou Tell (de lelius, terre cultivable); elle est coupée de terres basses et de montagnes, et arrosée par un assez grand nombre de sources et de cours d’eau peu considérables en général. Son climat est bien connu par les travaux déjà anciens de Schaw et par des topogr^hies récentes.
2“ Les hauts plateaux, sorte de terrasse allongée, d’une altitude variant de 800 à 1,200 mètres, bordée pour ainsi dire de deux parapets, dont l’un, le Petit-Atlas, la sépare du Tell, et dont l’autre, le Grand-Atlas, court entre cette terrasse et la bande suivante.
3° Cette dernière bande est bornée au nord par le Grand-Atlas, qui, à l’est, commence par un renflement considérable nommé Aurès, se continue à l’ouest chez les Ouled-Sidi-Chicks, franchit la frontière et se perd dans le Maroc. Au sud, la zone dont nous parlons borde le grand désert central ou Falat. Celle bande est inclinée du nord au sud et de haut en bas, contrairement au Tell, dont le plan est dirigé du sud au nord et de haut en bas, et regarde conséquemment le septentrion. Loin d’offrir une altitude considérable, comme les hauts plateaux, elle forme une dépression. A Biskara, on ne compte que 75 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Nous avons dit que la climatologie du Tell est suffisamment connue. Nous ne possédons, au contraire, sur les hauts plateaux, que des notions assez incomplètes, consignées dans l’ouvrage intitulé : Expédition du général Cavaignac dans le Sahara algérien (1). On comprend que, dans le cours d’une expédition vagabonde, aucune observation bien suivie n’a pu être prise, et que beaucoup d’inductions ont dû être invoquées pour lier la chaîne des faits épars. Heureusement ces desiderata , déjà atténués du reste par le travail que nous venons de citer, sont plus regrettables au point de vue purement scienlilique, que sous le rapport des conséquences relatives à la pratique et à la colonisation. En effet, celte ingrate région, pauvre en eau, et réfractaire, surtout à l’ouest, à la culture des palmiers et des céréales, ne sera jamais que la demeure de tribus errantes ; nous n’y aurons jamais de
(1 ) t’élix Jacquot, Exi-euition du général Cavaignac dans le Sahara algérien ; RELATION DU VOYAGE; EXPLORATION SCIENTIFIQUE, clc. Paris, 1849. Gland in-8”.
population européenne agricole un peu imporlanle et permanente, si ce n’est dans quelques points montagneux (Aurès, Saliari,, Djebel-Amour), et notre occupation se résumera en général en un certain nombre de postes militaires et d’échelles commerciales.
La zone suivante se présente sous d’autres auspices ; c’est là que verdis- ■sentde nombreuses et vastes oasis, riches en palmiers, centres commerciaux et politiques, et animées par une double population, l’une sédentaire, confinée derrière les murs, l’autre nomade, dont les troupeaux tondent les touffes d’herbe croissant dans les plaines voisines. Tôt ou tard, si notre colonisation algérienne prend de l’assietle, nous nous établirons sérieusement dans cette bande saharienne, où nous occupons déjà Biskara.
Or nous ne possédions aucun document météorologique sur cette contrée avant la thèse de M. Bédié , relative à la topographie médicale de Biskara.
Nous ne nous contenterons pas de rendre un compte détaillé de ce travail consciencieux et plein d’intérêt ; nous le compléterons et le contrôlerons, à l’aide des observations qui nous ont été fournies par M. le docteur Beylot, médecin en chef à Biskara, en 1844-1845.
L’oasis de Biskara n’est située qu’à une faible distance (une à deux lieues) au sud du Grand-Atlas, ou parapet méridional des hauts plateaux, pour continuer notre comparaison. De ce rempart, qui protège l’oasis au nord, se détache un chaînon qui la couvre aussi à l’ouest. Au sud, au contraire, le terrain est entièrement plat, sans végétation forestière ; l’œil se perd sur les plages monotones qui vont se confondre avec les sables du désert central. Au sud-est de Biskara, on rencontre, à une distance d’environ 5 lieues, l’oasis de Hocba, sur le prolongement du même Thalweg.
Biskara gît par 3° 20' longitude est du méridien de Paris, 34“ 80' latitude septentrionale. Son altitude est de 75 mètres. Le terrain de l’oasis se compose de marne argileuse reposant sur un fond de galets. La plaine voisine est sablonneuse. A peu de distance à l’ouest de Biskara, on rencontre des eaux thermales, et, dans un ancien cratère entouré*de débris volcaniques, un lac de 150 pieds de diamètre à peu près , dont l'existence nous a été signalée par M. Beylot. L’oasis est arrosée par l’Oued-Biskara, dont les eaux sont entièrement absorbées par les cultures pendant l’élé.. L’hiver, dit .M. Bédié, les eaux, devenues très-abondantes, roulent jusqu’à une demilieue au sud de Biskara. .Selon M. Beylot, les choses ne se passeraient pas ainsi. Ce médecin a suivi le Thalweg durant quatre ou cinq heures, et il y a trouvé, en automne, avant les pluies, ici des flaques, là des roseaux crois-
sanl dans des terrains humides. Il parait même que le Thalweg se prolonge beaucoup plus au sud. Les eaux sont sans doute cachées sous une couche superficielle de terrain, particularité hydrologique que M. Félix Jacquot a constatée bien des fois pendant son voyage dans le désert.
Les eaux de l’Oued-Biskara sont salées au point d’être, surtout l’été, fort désagréables à boire; elles sont troubles, et demandent à être reposées avant de servir à la consommation. Leur usage n’a pas nui à la santé de la garnison. A l’aide d’un barrage, les eaux sont jetées dans une multitude de ruisseaux qui rafraîchissent les sept villages (ksours) de l’oasis, arrosent les céréales et plus de 100,000 palmiers {phœmx dactylifera).
Cette esquisse rapide a déjà fait pressentir que le climat de Biskara doit être excessif, c’est-à-dire très-chaud l’été, et proportionnellement trèsfroid l’hiver. Ces données, que les lois de la météorologie permettent de déduire à priori, ne sont pas démenties par l’expérience. Tandis que les localités les plus chaudes du Tell ne dépassent guère la moyenne Ihermomé,trique annuelle 18°, la moyenne de Biskara est représentée par le chiffre 22°, 72, résultat d’observations prises cinq fois par jour. M. Beylot était arrivé à un nombre à très-peu de chose près semblable, à l’aide de trois observations concordantes faites à trois époques différentes de l’année, dans un puits très-profond. La moyenne de Biskara est donc à peu près la même que celle du Caire et de Rio-Janeiro. Les moyennes mensuelles nous donnent 3à°,95 en août, mois le plus chaud, là”, 65 en février, mois le plus froid.
Les étés sont si chauds à Biskara, dit M. Beylot, qu’on voit disparaître tous les insectes, poux, puces, et même les mouches, qui, dans les autres saisons, se montrent par myriades. Eh bien ! avec cet été torride, les hivers présentent de très-basses températures. M. Bédié a observé -}- 0,à, et M. Beylot, le 3 février 1845, a constaté — 1, a trouvé de la glace, et a vu quelques flocons de neige qui se sont dissipés dans l’atmosphère, sans atteindre le sol. En regard, mettons les hautes températures constatées pendant l’été : à l’ombre, à l’air libre, Zi6“,8 par M. Bédié ; 52“ par M. Beylot; 40° à cheval et en marche par M. Cabrol ; au repos, 50“ par M. Bédié. Au soleil, le thermomètre de M. Beylot est monté à 65“ ; il montait même encore , mais comme le tube s’arrêtait à quelques degrés au delà, on a élé obligé de suspendre pour sauver l’instrument.
Dans une année, les oscillations s’exercent donc sur une échelle de 50“ et plus; de 66°, si l’on prend le maximum au soleil. Les variations, dans utt seul nyctémère. seraient en moyenne, d’après M. Bédié, de 14°; les maxima de ces variations alteindraieot un chiffre extrêmemenl élevé. Pour
Ziy.')
apprécier l’amplitude des oscillations nyctémérales à Biskara, comparons- Ics aux mômes intempéries dans les régions où elles sont reconnues trèsmarquées. A Rome, par exemple, d’où nous écrivons cet article, les vicissitudes atmosphériques par lesquelles on passe dans les vingt-quatre heures sont à juste titre regardées comme très-considérables relativement à celles qu’on subit dans la plupart des pays ; or, selon Folchi, elles atteignent quelquefois une étendue de 10 à 13% c’est-à-dire que leurs maxima n’atteignent pas la moyenne de Biskara.
Terminons-en avec la thermométrie : la moyenne annuelle de Biskara dépasse de beaucoup la moyenne de la région tellienne ; l’été y est incomparablement plus chaud; on observe en hiver des températures aussi basses que dans certaines villes du littoral. Ainsi il est bien rare qu’à Oran le thermomètre descende à 0. Le climat de cette oasis a donc, à bon droit, été appelé excessif.
Les observations barométriques conduisent à des résultats bien remarquables : elles se raprochent des résultats obtenus dans les régions tempérées, par la presque immobilité horaire de la colonne ; et, d’autre part, le thermomètre se comporte à Biskara comme dans les contrée équinoxiales, car .on n’y constate pas ces fréquentes et brusques oscillations accidentelles, apanage des pays tempérés.
L’hygrométrie a aussi un caractère spécial à Biskara. L’air y est d’une grande sécheresse, surtout quand le sirocco souffle. Alors, d’après les observations de M. Beylot, le ciel, ordinairement d’un bleu foncé au sein de l’été, devient terne et gris comme celui du nord de la France dans les jours sombres d’automne. C’est une poussière impalpable qui obscurcit ainsi l’atmosphère. M. Grellois, à Aamman-Mescoutin, province de Constantine, a vu l’hygromètre marquer 0° pendant le règne du sirocco.
Il ne tombe annuellement à Biskara que 102 millim. d’eau. Les orages sont très rares l’été et avortent dans les airs avant d’atteindre le sol. Il y a à peine trois ou quatre jours pluvieux d’octobre à janvier. Les rosées ne semblent guère exister qu’en novembre et décembre.
Les vents du nord prédominent à Biskara. comme dans tonte l’Algérie; ils régnent surtout I hiver. Dans celte saison, ils sont froids, ayant traversé les montagnes neigeuses du Tell et des Hauts-Plateaux. Les vents du sud sont toujours brûlants. Ici se présente une question de météorologie importante à éclaircir, mais pour l’élucidation de laquelle nous ne possédons aucun élément. En Égypte, lorsque le désert rayonne activement vers les espace.s célestes, dans la saison d’hiver, lèvent du sud paraît froid ; en
est-il de même en Algérie ? Les topographies algériennes se taisent à ce sujet.
Après avoir donné ses observations météorologiques et géologiques, M. Bédié aborde la pathologie de Biskara. Ici nous serons obligé de faire intei venir fréquemment M Beylot. et d’avertir que ce sujet laisse beaucoup de desiderata.
Et d’abord voyons ce qui concerne les fièvres paludéennes.
La Casbah, bâtie par les Français et occupée par eux, ne couvre qu’une faible partie de l’ancienne ville. Celle-ci était entourée d’un fossé circulaire dû probablement à l’extraction de la terre destinée à la construire. Ce fossé, du temps de M. Beylot, conservait de l’eau croupissante, dans deux marécages, dont l’un mesurait environ AOO mètres de longueur sur 30 de largeur, l’aulre 100 dans le premier sens sur une largeur de 30 mètres également. Les fièvres paludéennes ont été nombreuses, et une partie des décès a été causée par des accès pernicieux. Sur 600 Européens, il y a eu 2.5 décès du 6 août 18Ziû au 16 février 18Zi5, ce qui, approximativement, nous donnerait une mortalité semblable à la mortalité moyenne de l’Algérie, 77 pour 1,000 par an. Nous devons ajouter que les troupes venaient de El Arouch, l’une des localités les plus malsaines de l’Algérie.
Lors du séjour de M. Bédié, il n'existait plus qu’une mare, la plus petite des deux, entourant presque la Casbah ; et dans ce marécage on avait soin d’entretenir toujours un niveau constant. Aussi plus de fièvres pernicieuses, pas une seule dans l’espace d’une année. M. Bédié pense que les 131 cas de fièvres paludéennes qu’il a observés sur les 500 hommes occupant Biskara, provenaient de germes contractés dans le Tell. Il ajoute que les indigènes, répandus il est vrai dans sept villages disséminés sur l’oasis, professaient la même opinion relativement à leurs fièvres.
Après le' départ de M. Bédié, on a remué le fond vaseux du marécage pour livrer celui-ci à la culture. Les fièvres ont reparu. L’avenir nous apprendra si le dessèchement complet et la culture bien établie ne ramèneront pas la salubrité. On peut d’avance répondre par l’affirmative.
Nous arrivons à l’application de ces données, à des déductions relatives à l’acclimatement, thèse à laquelle la Gazette Médicale a accordé, à plusieurs reprises, tous les développerhents qu’elle comporte.
La mortalité, pendant l’année, n’a été que de 12 (dont 10 par dyssenterie.' sur un effectif de 500 hommes, ainsi constitué : 380 Européens, 120 Algériens ; ce qui donne 22 décès sur 1,000 hommes d’effectif, et 31,6 sur 1,000 Européens (aucun indigène n’a succombé). Or celte proportion est
faible, car la moyenne de toute l’Algérie, de 1837 à 18Z»6, estde 77,8, et le minimum qui a été observé en 1838 est de 45,1 pour 1,000.
11 n’y a là rien qui doive étonner, comme il est facile de le montrer en
quelques mots.
La Gazette Médicale a établi qu’il fallait distinguer avec le plus grand soin les circonstances essentielles d’un climat, des circonstances accidentelles (par exemple les miasmes paludéens), qu’on sépare très-bien par la pensée de ce climat, et dont la main de l'homme peut amoindrir ou même anéantir les effets pernicieux. On s’acclimate, on s’habitue aux premières, dans de certaines limites, avons-nous dit, tandis qu’on n acquiert pas d immunité complète contre les secondes. Or, à Biskara, pendant le séjour de .M. Bédié, les agents accidentels toxiques avaient été considérablement atténués, et les causes essentielles étaient restées seules. L’Européen a vécu au milieu d’elles ; et pourtant il subissait une moyenne dépassant de plus de U” la fatale ligne 18“, qu’un savant médecin lui a opposée comme une barrière qu’il ne saurait franchir sous peine de mort pour sa race. Ajoutons qu’on ne peut attribuer à l’oisiveté cet état sanitaire satisfaisant; car le soldat travaillait avec activité, et tout ce qui existe à Biskara, jardins potagers voisins de la Casbah, habitations, fortifications, tout cela est dû à nos militaires.
La dyssenterie est l’affection qui, pendant le séjour de M. Bédié, a presque exclusivement causé la mortalité ; elle règne en août, mois le plus chaud de l’année. Les diarrhées simples n’ont pas eu de gravité. Les maladies des organes respiratoires se sont montrées rares, puisque M. Bédié n’a observé que cinq bronchites, une pneumonie et cinq pleurésies, sur un effectif de 500 hommes. Deux fièvres typhoïdes ont été notées.
La loi de la coïncidence des abcès du foie avec la dyssenterie, loi formulée par deux médecins militaires, MM. Haspel et Catteloup, a reçu une nouvelle, confirmation à Biskara. Sur 10 hommes morts de dyssenterie, on a trouvé dix fois des collections purulentes dans l’organe sécréteur de la bile. C’est dire implicitement que les maladies du foie sont communes à Biskara ; M. Bédié, pour être complet, aurait dû dégager ce fait.
Les ophthalmies sont endémiques à Biskara, surtout en novembre. Selon M. Beylot, elles affectent toutes les parties de l’œil. Le traitement abortif en vient toujours à bout, quand on les prend dès l’origine. M. Beylot n’a échoué dans aucun des 156 cas traités dans son hôpital. Si on laisse le malade sans trailemcnt, il en résulte, au contraire, quelquefois des désordres irréparables ; c’est ce qu’on observe fréquemment sur les indigènes.
M. Beylot a, snr ces ophlhalmies, des opinions qui appellent le contrôle d’observations subséquentes : il leur attribue de la parenté avec les fièvres paludéennes ; il a constaté que ces deux sortes d’affections se remplacent quelquefois mutuellement et alternent ; que ces ophthalmies sont très-souvent rémittentes, parfois même intermittentes; que le sulfate de quinine à l’intérieur, sans préjudice du collyre au nitrate d’argent, rend de réels services, etc. M. Bédié ne’ consigne, dans sa thèse, aucune remarque semblable.
Il nous reste à parler d’une dernière affection bien remarquable, trèsfréquente, endémique à Biskara, appelée ahha dans le pays, et qui est incontestablement la même que le bouton d’Alep. Elle se développe en septembre ou octobre, et atteint presque tous les étrangers ayant de deux à trois mois de séjour. Les indigènes prétendent qu’on ne l’a qu’une fois dans sa vie. M. Poggioli a soutenu à tort, dans sa thèse, qu’elle est exclusivement propre à Biskara. D’abord l’abba n’est autre, avons-nous dit, que le bouton d’Alep; en second lieu, on la retrouve sur d’autres points de l’Algérie et jusque dans le Tell (environs de Tlemcen, de Daya, bords de la Malouia). MM. Beylot et Bédié s’accordent à dire que le traitement qui réussit le mieux consiste presque dans une prévoyante expectation ; la méthode abortive, la cautérisation ne parviennent pas à arrêter ses progrès ; il faut que le bouton poursuive et complète son évolution. Cette circonstance, et l’assertion des indigènes sur l’immunité acquise par une première atteinte de Vabha, nous portent à penser qu’il y aurait peut-être lieu de rechercher si le boulon de Biskara et d’Alep ne serait pas une crise nécessaire, ou même s’il ne dépendrait pas d’une sorte de fièvre éruptive à symptômes généraux lents et obscurs.
Telle est l’oasis de Biskara au point de vue topographique et médical. L’espace que nous lui avons consacré indique assez l’importance que nous attachons à l’exploration de cette localité, sous le rapport de la pathologie et de la météorologie; et les détails dans lesquels nous sommes entré, en empruntant à chaque pas à M. Bédié, disent si clairement l’estime dans laquelle nous tenons son travail, que nous pouvons nous dispenser de tout autre éloge.