‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 70 sur 88 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l.uxations ; fractures et entorses.

S I. — Luxations.

Nous n’avons pu saisir nulle part le moindre indice d’un traitement spécial et rationnel dirigé contre les luxations. Il est probable que les tébibs les confondent le plus souvent avec les fractures, et enferment l’articulation dans l’un des appareils que nous décrirons bientôt. Nous sommes à peu près certain qu’ils n’emploient pas l’extension, la contre-extension et la coaptation, mais les massages répétés jusqu’à cessation de la contracture des muscles, et quelques manœuvres de coaptation alors exécutées, doivent amener la réduction de certaines luxations. Le plus souvent, sans aucun doute, il se produit une articulation nouvelle.

11 est inutile d’ajouter que les cautérisations et les topiques au henné ne sont pas oubliées.

S H. — Fractures.

Nous arrivons aux fractures, c’est-à-dire à celles des affections chirurgicales qui, avec les plaies d’armes à feu, sont traitées le plus rationnellement par les tébibs arabes.

Leur méthode de réduction diffère essentiellement de la nôtre. Chez nous, on emploie l’extension et la contre-extension, manœuvresde force destinées

à iullerdircciemciilconlre les muscles ; puis, quand la résistance qu’ils opposent est vaincue, la coaptation, manœuvre de précision. Les tébibs arrivent au même résultat, à la rédaction, par une méthode composée de divers temps, pendant lesquels la violence n’est pas un seul instant mise en jeu. Le massage leur procure le même bénéfice que l’extension et la contre-extension qu’elle remplace, et les conduit tout doucement, mais avec lenteur, à la coaptation.

Le tébib, api ès avoir mis le membre dans la position convenable, le plus souvent dans la demi-flexion, le frictionne légèrement avec de l’huile, qu’il fait pénétrer en pétrissant, en malaxant les masses musculaires. Ses mains se promènent ainsi non seulement sur les muscles qui recouvrent l’os fracturé, mais aussi sur tous ceux qui ont des rapports avec ses articulations supérieure et inférieure. Les parties molles s’assouplissent; la rigidité et la douleur disparaissent. Arrivé à ce point, le tébib maintient provisoirement avec la main les fragmens de l’os fracturé, et fait exécuter des mouvemens variés aux articulations. Le massage recommence, et bientôt les muscles énervés par d’incessantes pressions et par de douces manipulations, n’opposent plus aucune résistance au tébib qui, de sa main gauche fixe le fragment supérieur, et, à l’aide de la droite, amène à son contact le fragment inférieur. Le chirurgien acquiert la certitude que la coaptation est opérée, en laissant glisser sa main gauche sur le lieu de la fracture, et en comparant, d’un coup d’œil, la forme et la longueur des deux membres. Quelques nouvelles passes de massage achèvent de Jeter dans la torpeur les fibres musculaires, et l’appareil peut être appliqué avant que de nouvelles contractions ne soient venues détruire la coaptation.

M. Warnier assure avoir exactement réduit des fractures par la méthode des massages, méthode que l’on retrouve, en France, chez un assez assez grand nombre de rebouteurs. La consolidation parfaite, sans difliculté et sans raccourcissement de la plupart des fractures traitées par les tébibs, ne permet pas, du reste, de révoquer en doute l’ellicacité de leur modus faciendi, pas plus que celle de leurs appareils.

M. Warnier pense que les Arabes n’emploient que la méthode de massage pour réduire les fractures ; mais nous croyons qu’exceptionnellement quelques tébibs avaient recours à l’extension et à la contre-extension. Ben Zfergua paraît avoir connu ces manœuvres.

Avant d’appliquer le bandage, le tébib escarrifie les environs de la fracture avec le couteau rougi au feu. Cette opération a ici un double but : d’abord, c’est un préservatif de tout accident, selon les tébibs; ensuite, pour me servir de leur ingénieuse comparaison, c’est une vigilante sen-

nnellequi veille nuil cl jour el arrête, par la douleur que les escarres provoquent, les niouvemeii.s malencontreuxque le patient pourrait faire.

Le bandage einp'oyê par les Arabes s’appelle djebira. Il olire de l’analogie avec l'appareil inaino'ibic que Larrey a trouvé en lîgypte, et qui a donné à ce diiiurgien l’idée du bandage dont il s’est servi avec tant de surtès pendant toutes les auerres de l’empire.

11 se eoinpiise d’abord d’un cuir-fanon, formé d’un morceau rectangulaire de peau de mouton, et qiiel((uefois, mais rarement, d’un carré d’éiolfe, dernier cas dans lequel nous devrions appeler la pièce drapfunon. Ses dimensions doivent être telles qu’il puisse entourer le membre et l’envelopper dans toute sa longueur. Il ne s’étend sur les articulations que dans le cas où les fractures siègent pr ès de celles ci.

Les attelles sont fixées sur le cuir de plusieurs manières : quelquefois leurs extrémités sont passées dans des boutonnières percées dans la pièce; mais le plus ordinairement elles sont mairrienues par les bords du cuir repliés et cousus sur ces attelles.

Les alielles sont tantôt Ilexib'es, tantôt rigides. On fabrique ces dernières avec des éclisses de dattier ou de tout autre arbre, mais communément on emploie les liges légères de diverses férules, desséchées^ coupt’cs par le milieu dans leur lorrgueur, et appliquées sur le membre par la surface plane provenant de la section. Les tébibs préfèrent généralement les attelles llcxibles qui peuvent se modeler sur le membre : ce sont des tiges de férules veries, du fenouil, des roseaux de saule ou d’osier, des roseaux verts fendus en lames, des faisceaux de joncs liés ensemble, etc. Quelle que soit la nature de ces éclisses, elles doivent être fixées sur le cuir-fanon, de manière à se trouver presque en contact par leurs bords correspondans, et pour former une sorte de boîte à parois h peu près continues dont on entourera le membre fracturé. Il faut dix ou douze éclisses de deux doigts de largeur, pour une cuisse revêtue du mé ange solidifiable.

Des courroies et des boutonnières fixées ou pratiquées aux bords libres du cuir, sont destinées à assujettir l’appareil. Mais comme ce moyen ne produirait pas une constriciion sulTisante, on ajoute trois lacs jetés par dessus le bandage et munis d’un petit mécanisme des plus ingénieux. Chaque cordon porte un tourniquet en roseau creux, à l’aide duquel on serre à volonté el sans secousse. Quand on est arrivé au degré voulu, on passe une tige inficxible dans le calibre des trois Iragmens de tube, et la torsion se trouve ainsi maintenue et arrêtée.

Le cuir-fanon n’est pas appliqué immédiatement sur le membre ; au préalable on matelasse celui-ci d’un mélange solidifiable. Tantôt le lébib,

après avoir placé sur le lieu de la fracture une compresse irempée dans l’huile, dispose autour du membre diverses couches de laine cardée, ou de poils de chameau, voir môme de mousse; tantôt il garnit le membre d’un amas confus, sans chercher à faire des couches régulières et superposées, bans to\is les cas, ce matelas doit être coufeclioniié de manière h s’amincir eu regard des proéminences et à acquérir plus d’épaisseur le long des plis et dans les dépressions.

Le liquide solidifiant dont le feutrage est imbibé, n’a pas toujours la même composition. Voici les recettes les plus usitées:

1° Henné réduit en poudre ,

Blancs d’œufs ,

Bau.

Le henné, par ses propriétés tannantes, durcit la peau au point de la changer et) une sorte de virole propre, selon M. Warnier, à s’opposer aux déplacemens provoqués par des puissances peu énergiques.

2° (Warnier) :

Vieux chiCfons de coton pulvérisés ,

Chaux,

Encens ,

Blancs d'œufs.

3“ On se sert quelquefois de cire , quand on manque de blanc d’œufs.

Nous avons dit que la djebira n’enveloppe que l’os fracturé; la partie inférieure du membre est laissée entièrement libre. D’après M. Warnier, le gonllement qui l’envahit ne dure que peu de jours, h cause de la douceur de la compression exercée par la djebira. Les tébibs, du reste, regardent ce gonnement comme salutaire, en s’appuyant sur le raisonnement qui suit : si la circulation est entravée dans les parties molles infiltrées et congestionnées, le sang allluera plus abondamment, et la circulation .‘era plus active dans les parties dures, dans les os, et le travail de consolidation sera accéléré. Pour eux, la cessation du gonllement est la preuve que la réparation est commencée.

Quand, dans le désert, on manque de toutes les ressources nécessaires pour confectionner une djebira, on a recours à un appareil des plus simples. Après avoir matelassé le membre d herbes sèches, et quehiucfois même sans prendre cette précaution, on coud autour de lui une peau de chameau mouillée. En se desséchant, celle-ci revient sur elle et forme au membre fracturé une gaîne qui le maintient paifaitcment. Si le gonflement fait craindre l’étranglement, on met à 1 aise les

parties tuméfiées, en humectant par places la peau desséchée, qui fait godet et permet l’expansion. On se formera une idée de la solidité de ce moyen de contention, en se rappelant que les selles arabes sont formées (le plusieurs morceaux de bois sans ferrure ni chevilles, et assujetties seulement par une enveloppe de peau (Warnier), ce qui ne les empêche pas d’être fort résistantes.

Quand la fracture est compliquée de plaie, que celle-ci soit produite par l’issue des fragmens ou par un projectile de guerre, le tébib applique la djebira, et taille une fenêtre ou deux si i’ouveriure est double, en regard de la plaie, au moyen d’une évidure pratiquée à deux bords correspondans des éclisscs. Le feutrage est également enlevé, de sorte que la surface traumatique paraît bientôt à nu, sans que l’appareil ait rien perdu de sa solidité. Pour que la suppuration et les topiques ne souillent pas les diverses pièces, le tébib construit une sorte d’entonnoir en mastic, parlant du pourtour de la plaie et aboutissant à l’extérieur; les divers liquides, paihologiqnes ou médicamenteux, sont, par ce moyen, éconduits sans se glisser entre les couches de l’appareil. Ce mastic est composé de diverses substances : soit de cire, de graisse et d’encens ; soit de sel marin, dégraissé de mouton et de racines de ronce carbonisées (Warnier), etc.

Par celte méthode, la plaie est traitée comme-s’il n’y avait pas de fracture ; la fracture, comme s’il n’y avait pas de plaie.

Plusieurs chirurgiens n’ont pas hésité à mettre la djebira arabe audessus de nos appareils. Telle n’est pas notre opinion, mais les remarques suivantes montreront peut-être que nous pourrions faire quelques emprunts aux tébibs : 1° le cuir-fanon, qui remplace notre drap et nos attelles, a l’avantage d’être d’une seule pièce et de pouvoir être enlevé et remis avec beaucoup de facilité ; 2° la multiplicité des attelles, formant une cage autour du membre préalablemeut matelassé, mériterait notre attention dans certaines circonstances ; 3° la plaie reste accessible à la vue et aux topiques, sans dérangement de l’appareil ; 4* le tourniquet-roseau nous semble fort ingénieux.

Après avoir parlé de la djebira proprement dite, nous n’accorderons que peu de mots à divers autres appareils qui sont loin de la valoir. Ainsi, Ben Zergua ne nous semble pas heureux dans la modification qu’il a voulu introduire eu supprimant le cuir et en appliquant l’une après l’autre autour du membre, les nombreuses éclisses qu’il serre ensuite au moyen du tourniquet-roseau. Nous regardons aussi comme inférieur à la djebira, le bandage suivant que M. Cabasse a vu employer pendaiii «a captivité : matelasser le membre avec de la laine; disposer tout au-

lourdes faisceaux de roseaux fendus; recouvrir le tout de terre argileuse ou de mastic, qui se solidifie et forme un cylindre résistant. Nous ne citerons que pour mémoire un autre procédé auquel ont recours quelques lébibs de la piovinco de Constanline, selon M. Moulinier, rliirurgieti-aide-inajor aux lirail ours indigènes. 11 consiste à recou- . vrir iminedialemenl le membre d'une épaisse enveloppe de plâtre que l’on rond plus solide en le garnissant extérieurement d'attelles assujetties avec des cordes.

Pour les fractures du tronc, les tébibs n’emploient que la cautérisa lion, les topiques astringens, et quelquefois un bout de hairk en guise de bandage de corps. M. Cabasse a pourtant vu un appareil pour fracture de la clavicule, qui nous semble trop bien raisonné pour ne pas nous avoir été emprunté. Un coussin axillaire étant retenu par une courroie fixée sur l’épaule opposée, le bras est entouré jusqu’au coude d’une peau molle et douce, et maintenu solidement contre le corps par des courroies cousues à cette peau.

Nous avons étudié la réduction des fractures et l’appareil de contention ; il nous reste à jeter un coup d’œil sur la position donnée au membre et au malade, et sur le régime auquel on soumet celui-ci.

Le membre supérieur est toujours mis en demi-flexion ; le membre inférieur, en extension non forcée. Si le membre pt'lvien est le siège de la fracture, dit M. Warnier, le blessé garde rimmobiliié pendant tout le traitement, c’est-à-dire jusqu’à consolidation; si la lésion porte sur le membre thoracique le malade peut se lever après quelques jours. Nous ajouterons que quelques tébibs , voidant recueillir tous les bénéfices de l’appareil inamovible , permettent, dans les cas de fractures des membres inférieurs, quelques mouvemens avant la complète réparation osseuse.

On sait que les Algériens n’ont pas de lits, mais qu’ils couchent par terre , les habitans des villes sur des matelas, des coussins, des lapis, les nomades sur des nattes ou des lapis seulement. Dans les appariemens pavés, le membre fracturé est rangé sur des coussins; sous la lente, on le loge dans une rainure creusée dans la terre, et à laquelle on a donné la configuration du membre. Une petite fosse est également pratiquée sous le bassin du patient, pour lui permettre de s’exonérer sans exercer de mouvemens.

Selon M. Warnier, le fracturé doit, pendant les dix premiers jours, se nourrir de blé grillé, qui passe pour favoriser la formation du cal. Le blé est broyé en grain par le malade, si son râtelier lui permet cet exer-

cice ; sinon on réiluit les grains en poudre. Nous ajouterons que rei usage n'est pas partout en vigueur.

Nous emprunions aussi à notre collègue les histoires singulières suivantes, relatives aux fractures.

C’est d’abord le fait du grand marabout des Ouled Sidi-Chicks, atteint d’une balle qui lui avait fracturé le fémur, tout près du col. Trois djebiras, successivement appliquées, ne purent être supportées ; la douleur était des plus vives toute position pénible, le gunllement énorme, la consolidation ne marchait pas, et de nombreux abcès s’étaient développés depuis la hanche jusqu’au pied. Cet étal dura plus d’un an. Le marabout s’avisa alors d’enterrer sa cuisse dans du sable fin, qui, se moulant exactement sur le membre, le supportait et le maintenait sans réveiller les douleurs que le moindre contact excitait auparavant. Le sable était renouvelé quand l’abondance de la suppuration l’avait trop souillé. Bou-Smaâ guérit enfin, si toutefois il est permis d’appeler de ce nom un raccourcissement de quatre pouces, un pied-bot équin et une ank}lose de l’articulation tibio-tarsienne, en regard de laquelle un vaste abcès avait exercé ses ravages; mais toujours est-il que le marabout monte à cheval presque comme les autres cavaliers de sa tribu, et peut faire une lieue a pied.

Le second fait est un appareil grossier à extension continue, pour une fracture de la cuisse. « Le malade étant étendu sur le sol, deux piquets garnis de chilfons, afin qu’ils ne blessent pas, sont plantés en terre, l’un entre les deux cuisses, immédiatement au-dessous de la symphise pubienne, et l’autre entre les fausses-côtes et le bord supérieur de l’os iliaque. A ce dernier piquet, est fixée une ceinture qui embrasse le corps du blessé. A quelques pouces au-dessous du pied, on plante également un troisième piquet auquel on attache l’extrémité inférieure du membre à l’aide d’un bas lacé muni de courroies. De celle manière, l’extension est bien faite, et le chirurgien peut l’augmenter ou la diminuer suivant le besoin, à l’aide des courrroies et des lacets qui fixent le pied. »

S III. — Entorses.

Les applications résolutives et astringentes, et la cautérisation, sont les moyens communément employés contre les entorses. La haine systématique et invétérée des Arabes contre l’eau, a toujours empêché d’employer l’immersion dans l’eau froide. Cependant Ben-Zergua, cl cela doit être considéré comme une très grande hardiesse, n’hésitait pas à y avoir recours, avant même que nous lui en eussions vanté l’elTicacilé. Il appliquait de nombreuses petites attelles flexibles formant une sorte de gaine

qui s’accommodait aux ondulations de l’articulation li bio- tarsienne ; des lacs maintenaient solidement l’appareil, et le pied, ainsi empaqueté, était plongé dans l’eau, ou mieux dans le courant d’un ruisseau. Après cinq jours, ce bandage était enlevé ; et si le malade ne pouvait pas marcher facilement, il lui appliquait une djebira inamovible. Le tébib de Tlemcen ne savait pas distinguer l’entorse de la fracture de l'extrémité inférieure du péroné; niais l’expérience lui avait appris que si, apiiis ce laps de temps, la guérison n’était pas survenue, il fallait un traitement prolongé pour rendre au membre l’intégrité de ses fonctions.

XllTICLE lit.

Dans cet article, nous rangerons facilement tout ce qui nous reste à dire de la pratique chirurgicale des tébibs; leur traitement des plaies par armes à feu et des fractures, que nous avons précédemment exposé, constituant les trois quarts de leur thérapeutique.

SI. — Cautérisation et révulsifs cutanés.

La cautérisation à l’aide du fer rougi au feu joue un rôle capital dans la thérapeutique des Arabes. Il est bien peu de malalies internes et de lésions chirurgicales dans lesquelles les tébibs n’aient pas recours à la cautérisation pratiquée, comme nous l’avons indiqué déjà, avec le dos d’un couteau. On ne traîne pas le fer sur la partie, mais on s’en sert comme d’un marteau, frappant à petits coups et quittant la surface tégumentaire plus ou moins de temps après l’avoir touchée. Par ce moyen on parvient à produire des brûlures de degrés très divers, depuis la vésication Jusqu’à l’escharificalion du derme. Superficielle et répétée à courts intervalles, elle rend les mêmes services que les vésicatoires volants; plus énergique et plus profonde , elle agit comme les moxas, les cautères, les sétons. Sans chercher à absoudre les tébibs de la blâmable prodigalité avec laquelle ils usent de la cautérisation, nous devons dire qu’ils en retirent souvent d’excellens elTets, grâce h leur hardiesse et à leur persévérance , grâce aussi h la précision avec laquelle ils arrêtent l’ustion au degré voulu.

La cautérisation n’est pas seulement un agent curatif, mais un préservatif de bien des maux, selon nos confrères barbares. On rencontre fréquemment des chevaux qui portent sur l’une et l’autre épaule, presque comme un ornement, des traces de cautérisation sous forme d’une circonférence coupée de cinq à six rayons. Ces brûlures de précaution, disent-ils, préservent des affections, donnent h l’articulation un jeu plus

libre et augmentent la force des muscles. Les iraiis de feu que les tébibs appliquent soit en regard d’une fracture, soit au pourtour d une plaie par arme à feu, sont aussi des prtiscrvntifs autant que des moyens curatifs. Dans le cas de lésions produites par des projectiles de guerre, la cautérisation est quelquefois poussée assez loin pour que la plaie soit cicatrisée, alors que la rainure produite par le fer rouge n’est pas encore comblée par les bourgeons charnus. Les tébibs pensent que la plaie marche régulièrement , sans accideiis et sans complications, sous la protection des raies de feu, toujours prêtes à éionlTer dès sa naissance tout phénomène dangereux qui tenterait de se développer.

Quelques artistes rairniés. dédaignant le vulgaire couteau, ont un véritable arsenal de cautères. Ben Zergiia possède de très ancienne date une trentaine de cautères, alfectant tous la forme hastile. Le plus petit n’a que CO millimètres de longueur, dont 20 pour le renflement; le plus grand atteint 20 centimètres. Tous sont percés au centre du disque d’un trou par lequel le lébib les accroche par rang de taille. Chaque cautère n’a pas de manche inamovible ; au moment de s’en servir, on en adapte un à ceux qui en manquent, en enfonçant la tige aiguë qui le termine, dans un morceau de bois cylindrique.

M. Laporte, aujourd’hui pharma'’ien en chef de l’armée des Alpes, nous a assuré avoir vu chez les tébibs des cautères affectant d’autres configurations que la forme hastile. Nous savons, d’autre part, que l’on SC sert assez souvent d’un anneau rougi pour tracer une esrharre circulaire autour des plaies ouvertes par les balles. On se cautérise aussi on renversant sur la partie le fourneau d’une pipe contenant du tabac en combustion; mais nous pensons que c’est là plutôt une pratique sacrameiitelle qu’un moyen thérapeutique. Le spahis qui engage sa foi, qui jure amitié ou fidélité à sa maîtresse, se soumet quelquelois volontairement h celle torture, m’a-t-on assuré, pour donner plus de poids et de solennité à son serment.

M. Furnari parle du séton que les tébibs appliqueraient dans les ophihalmies, et M. Fouqueron d’un moxa de toile de colon roulée qu’on laisse brûler entièrement sur la surface cuianée. On teint d’abord le coton avec du pastel, substance qui passe pour augmenter l’cfllcacilé du moyen. Nos recherches ne nous ont jamais fait découvrir les moindres indices de ces deux opérations.

Les vésicatoires et les rubéfians sont rarement employés par les tébibs; la cautérisation superficielle y supplée presque toujours. Cependant, Ben-Zergua obtenait la vésication avec la décoction très concentrée de la racine du garou (daphne gnidiam), plante qui croît abondam-

5ZjO <

ment en Algérie. Ils font des cataplasmes rubéOans ou raaturatifs. soit avec la pulpe d’oignon, soit avec un mélange de vinaigre et d’ocrc rouge, soit avec des mauves auxquelles on a incorporé du poivre, de la racine de pyrèlhre, eic.

S II* — Scarifications, saignée.

Les scarificalions sont, avec les raies de feu, les deux remèdes universels. On se les pratique souvent enire soi, dans les familles, sans avoir recours au tébib. Le petit couteau yatagan est à peu près le seul instrument dont on se serve pour scarifier; mais les barbiers, qui pratiquent la petite chirurgie en Algérie, comme dans certains pays de l’Europe, ont le plus souvent recours à leur rasoir.

Les tébibs semblent avoir en vue deux indications dilTérenies, quand ils emploient la cautéiisation ou les scarifications. Ils réservent la première pour toutes les affections aigues, tenaces et profondes, pour les maladies chroniques, pour les lésions chirurgicales d mt la guérison ne peut s’opérer qu’avec le temps ; tandis que les secondes leur semblent surtout utiles dans lesaccidets aigus et pass,igers. Cette dichotomie n’est pourtant pas absolue, car souvent un des deux moyens empiète sur le domaine, de l'autre.

Lorsqu’on veut obtenir beaucoup de sang, on entoure d’une ligature le membre sur lequel on veut promener le couteau. Quand les scarifications doivent être pratiquées à la nuque et sur le cuir chevelu, opération très usuelle chez l’Arabe dont la tête est rasée, on produit d’abord la congestion à l’aide d un cordon qui serre le cou. On accélère aussi l’issue du sang en roulant un petit cylindre sur les incisions, ou bien en ordonnant au malade de contracter les muscles. Nous avons vu employer un singulier procédé pour forcer le patient à faire entrer en action les muscles des jambes, parties sur lesquelles on avait pratiqué les scarifications : aussitôt après l’opération, on l’avait placé sur deux corps sphéroïdaux, de manière à provoquer de continuels mouveraens par le besoin de se maintenir en équilibre.

Dans quelques localités on connaît les ventouses à succion ; ce sont des cornes ou des cônes de fer blanc percés à leur sommet d’un trou par lequel on faille vide avec la bouche.

Lorsque les vaisseaux deviennent saillans, soit par suite de l’affection même, soit par la consiriction exercée par le tébib autour des membres ou du cou, le chirurgien se hasarde quelquefois à couper la veine, surtout celles du front, de la racine du nez, des mains et des pied ; mais la saignée du bras est une opération réputée difficile et dangereuse, que les

lébibs des douars intérieurs n’osent que bien rarement outrcprendre. Ben-Zergua n’avait jamais saigné avant que les docteurs Boulian et de Santi lui eussent appris ii pratiquer cette opération. A Alger et dans les principales villes, il existe des soigneurs de profession : ce sont des Juifs, des Maures, quelquefois des Coulouglis, jamais peut-être des Arabes. Ces ignorons opérateurs se servent d’une sorte de lancette à abcès, et lèsent souvent l’artère ou le tendon du biceps.

On arrête l’effusion du sang avec de la bourre, ou avec un emplâtre de terre argileuse. Il paraîtrait aussi que l’amadou est quelquefois cmployé comme hémostatique par les Arabes.

Les sangsues pullulent dans beaucoup de points de l’Algérie, mais les tébibs ne les utilisent pas.

S III. — Amputations.

Les arabistes pratiquaient bien rarement l’amputation d’un membre ; Albucasis, le plus hardi de tous leurs chirurgiens, était lui-même très circonspect.

Les tébibs modernes m’amputent à peu près jamais, pas même quand un membre a été emporté aux trois quarts par un projectile de gros calibre. Lors même que le Koran ne le leur défendrait pas, ils n’oseraient pas se hasarder à entreprendre une si grave opération, à cause de leur impuissance à réprimer les hémorrhagies produites par la section des artères principales. Pourtant, comme nous l’avons dit plus haut, il existait on Algérie un supplice consistant dans la désarticulation du poignet. L’un (les bourreaux plaçait la pointe d’un fort yatagan sous l’apophyse stylcïde du radius, et l’autre, fr appant sur l’instrument avec un bâton, faisait glisser la lame entre le carpe et les os de l’avant-bras. La victime devait s’être procuré d’avance les moyens hémostatiques dont nous avons parlé plus haut; le plus souvent on trempait son moignon dans du goudron bouillant.

Nous ne connaissons que deux amputations pratiquées par les tébibs; nous tenons la relation de la première de notre confrère et ami Julia, de Cazères; nous avons trouvé le second fait dans la thèse de M. Cabasse, qui le rapporte d’après M. le chirurgien-major C., témoin de l’opération.

Comme du temps d’Albucasis, c’est avec un couteau rougi au feu, que la section des chairs est pratiquée. Le tébib commence le second coup de couteau à l’endroit où cesse le premier, sans s’inquiéter le moins du monde delà rétraclilité des chairs et de la conicité du moignon qui sera

la suite inévitable d’un tel procédé. L’os est brisé d’un coup de tranchant, et ensuite égalisé avec un couteau. L’hémorrhagie est arrêtée en appliquant à plat sur les chairs une lame chauffée au rouge, et on prévient l’affusion consécutive du sang en coiffant le moignon d’un emplâtre de poix, de goudron, de terre glaise et de bouze de vache.

Les deux sujets dont nous parlons furent amputés de la cuisse et guérirent. On se rend difficilement compte de ces succès après une opération aussi barbare, et sans le secours des ligatures.

Nous pensons que l’acquisition de quelques connaissances anatomiques lèveront bien des scrupules religieux dont les tébibs sont imbus aujourd’hui, et qu’alors ils ne craindront pas d’amputer dans les cas où l’opération est impérieusement indiquée. D’après le docteur Buges, les marabouts, les tolbas et les tébibs admettent déjà qu’il est permis d’amputer dans les circonstances suivantes : zammam (inflammation traumatique) portée au plus haut degré ; gangrène ; hémorrhagie ayant résisté à tous les moyens connus. Certes, cette formule restrictive est bien vicieuse, mais elle prouve au moins que la proscription n’est pas absolue et sans appel.

§ IV. — Bec-de-lièvre ( chareb et djemel, bec de chatneaii).

Ici nous voulons laisser parler M. Furnari, ne nous souciant pas d’endosser la moindre responsabilité :

« Comme les médecins européens, les tébibs connaissenl l’opération du bec-de lièvre : comme eux, à l’aide du bistouri, ils avivent les deux bords de la solution de continuité ; comme eux aussi, quelques-uns se servent de la suture entortillée. »

Nous commençons par dire que, dans la province d’Oran, nous n’avons pas trouvé trace de sutures quelconques employées par les tébibs, et moins encore d’opération du bec-tle-lièvre.

M. Furnari continue : « Dans la plupart des cas, ils ont recours à un procédé qui, quoique inGniment simple, nous semble très ingénieux. Ce procédé consiste à substituer au moyen de contention ordinaire, la suture, un insecte carnassier connu en entomologie sous le nom de Scarite pyracmon; cet animal, pourvu de deux mandibules terminées à leur extrémité libre par deux petits crochets, est placé sur la plaie, et cela de manière que les bords avivés et affrontés préalablement se trouvent entre les deux crochets, dont l’effet, par l’effort constricteur de l’insecte, est de maintenir la réunion; on place ainsi deux à trois scarites, selon l’étendue de la solution de continuité ; après cela, par un mouvement

hU?>

de rolalion, on enlève le ihorax de l’insecle en coupanl la lôle ; mais afin de prévenir l’écartement des mandibules, les tébibs recouvrent l’articulation de CPS organes avec un peu de mastic très adhérent. »

M. Furnari, séduit par ce procédé, a fait confectionner par Charrière des têtes de Scarite pyracmon en acier, et les a proposées pour certaines sutures délicates.

Albucasis nous apprend que les empiriques (1), ahlou llediribeli , rapprochaient les lèvres des plaies de l’abdomen en faisant mordie de grosses fourrais. Cette fable, qui eut cours jusqu’au xvi* siècle, époque où Massa révoqua en doute ce procédé , n’aurait pas été accréditée si l’on eût fait attention à la catégorie dans laquelle Albucasis range ceux auxquels il prête ce singulier moyen thérapeutique. Après Massa, Guy de Chauliac, Fabrice d’Aquapendente et Sprengel ont fait les incrédules; l’un qualifie même le procédé de plaisanterie ridicule. Nous nous rangeons avec les rieurs, et, mettant le scarite pyracmon à côté de la fourmi, nous pensons que ceux qui ont rapporté ces histoires les ont recueillies de quelque fumeur de haschich que son kif faisait voyager dans le monde des chimères.

S V. — Maladies des yeux.

On sait que de graves ophthalmies régnent endémiquement et épidémiquementen Algérie. M. Furnari, juge des plus compélens dans cette matière, pense qu’elles ne sont pas de même nature que l’ophthalmie purulente et contagieuse d’Egypte. Sans entamer cette question, abordons la thérapeutique des tébibs dans ces affections.

Tantôt ils se contentent de matelasser l’œil et d’exercer une légère compression. Au bout de six à dix jours l’appareil est levé ; l’œil est alors rétabli dans ses fonctions ou bien quelquefois entièrement perdu.

Tantôt ils emploient des topiques : soit des applications de terre argi leuse humide ; soit des cataplasmes rubéfians, le plus souvent de pulpe d’oignon, sur les paupières; soit une foule de poudres irritantes et de collyres substitutifs ; par exemple du sulfate de cuivre dans de l’eau de roses ; ou bien une solution d’alun, moyen favori de Ben-Zergua ; ou enfin les poudres de safran, de pyrèthre, de poivre, de girofle, de sel marin, diversement mélangées entre elles.

M. Furnari parle d’un double traitement interne et externe. Voici la

(I) Abiil’Casem. Cliinirg., lib. iii, r. 85, page 392. Ed. Clianning, in-4*’, Oxon,

composition de l’un des collyres secs indiqués par cet habile ophihalmologiste :

Ailes de chauve-souris (ter-el-lill, oiseau de nuit) grillées et pulvérisées.

Safran (zafran).

Sulfate de cuivre (hadjera-zergua, pierre bleue).

Alun en poudre (nila).

Hadida (1).

En même temps qu’on saupoudre l’œil du collyre dont nous venons de donner la composition, on fait prendre au malade, matin et soir, la valeur d’une cuiller à café de l’électuaire qui suit :

Ai) rouge haché 500 grammes.

Miel 500 —

Beurre de vache, rance 500 —

Faites cuire le tout ensemble, et ajoutez :

Poivre commun pulvérisé. ... 180 grammes. Gingembre id 30 —

Muscade id 7 —

Cannelle id 7 —

Le tébib Sidi-Mohammed Tounsi sacrifiait la conjonctive dans le chérnesis. Dans les ophlhalmies graves, il passait au séton (moyen qu’il nous a emprunté probablement). Il plaçait des ventouses scarriOées à la nuque et sur le crâne, quand il y avait céphalalgie.

On a rapporté à M. Furnari que certains tébibs des environs de Tunis traftent de la manière suivante l’entropion, affection assez commune sur la côte septentrionale de l’Afrique : faire un pli longitudinal à la paupière, et le traverser de soies de cochon, qu’on serre jusqu’à ce que le bord de la paupière ait repris sa position normale.

Dans le trichiasis , si fréquent chez les Juifs, on arrache les cils au malade.

Voici comment le savant chirurgien en chef de l’armée d’Afrique, M. Guyon, s’exprime au sujet du traitement employé contre la cataracte par les Kabyles qui habitent au sud de Sétif et de Milah : « Cette opération, qu’ils font sur les animaux, notamment sur les chèvres, et peut-être aussi sur l’homme, se pratique en traversant l’œil avec un fil,

(1) Cosmétique employé par les femmes pour se teindre ies sourcils. Nous pensons que c’est le même que le mliendda, composé de sucre brûlé , d’huile et de noir de fumée ; ou de cendres de coquilles de noix et d’huile. Les femmes se teignent aussi le bord libre des paupières avec le sulfure d’antimoine, la plombagine, etc.

dont on laisse quelque temps les deux extrémités au dehors : il est introduit à l'aide d'une aiguille particulière. Un Kabyle a opéré ainsi à Alger, en 1836, un bouc qui était atteint d'une double cataracte ; l'animal appartenait au consul de Sardaigne ; il est parfaitement rétabli. »

Dans les ophthalmies, sans distinction de nature, les Arabes se frottent les yeux avec la peau que les serpens abandonnent à une certaine époque de l'année. On nous a assuré que le même usage existe en Corse.

M. le docteur Bodichon nous a conté avoir vu une négresse passer très adroitement sa langue entre les paupières et le globe oculaire pour faire sortir un corps étranger qui s'y était introduit. Celte manœuvre fut suivie de succès.

On a rapporté au même confrère un procédé auquel on a recours pour extraire de l'œil les aiguillons fins et tenaces du fruit du cactus opuntia. Le tébib prend un taon qu'il place en regard de chaque épine; celle-ci est saisie par le diptère, et on l’extirpe en éloignant brusquement (le l’œil le vorace animal qui n’abandonne pas sa prise.

S VI. — App.'ireil digestif.

Certains tébibs et même les çana (bandagistes) réduisent assez bien les hernies. Il est évident que leur défaut de diagnostic les porte souvent à exercer le taxis sur des tumeurs qui ne sont rien moins que des hernies. M. Cabasse a vu dans le Maroc des bandages qui maintenaient efficacement les hernies réduites ; nous regrettons qu’il ne les ait pas décrits.

S vit. — Appareil génito-urinaire.

L’hydrocèle est une affection commune chez les Algériens. On la traite à l’aide d’applications astringentes sur le scrotum. Quelques Juifs ponctionnent la tumeur avec un couteau aigu, mais ils ne poussent pas d’injection dans la tunique vaginale.

Le plus souvent la gonorrhée est abandonnée à elle-même et s’épuise de vieillesse. Il est rare qu’elle paraisse aux Arabes un motif pour s’abstenir des plaisirs de l’amour. Lorsqu’on veut pourtant s’en débarrasser, on a recours aux purgatifs ; les plus employés sont la coloquinte, le turbits et les pilules d’aloës et de jalap. Ces dernières, appelées bogla dans le Maroc où elles sont surtout employées, viennent de la péninsule espagnole.

M. Deban cite un malade auquel un lébib maure pratiqua la boutonnière pour remédier à une rétention d'urine.

S VIII. — PJilegmons.

Des cataplasmes émoliiens de mauve ou de bouze de vache, des frictions avec de l’huile ou de la graisse, les maturatifs dont nous avons parlé, tels sont les moyens auxquels on a recours dans les cas de phlegmons. Les scarifications sont d’un usage général dans ces affections, et l’on a même recours à la cautérisation avec le fer rouge. Les tébibs ne se hasardent à évacuer le pus qu’à la dernière extrémité, lorsque la peau amincie, blanche, poussée par le liquide, indique avec évidence le lieu que la nature a choisi pour l’élimination spontanée.

I S IX. — Brûlures.

Les moyens les plus opposés sont employés contre les brûlures ; on pourrait du reste faire la même remarque chez nous. Nous citerons parmi les remèdes les plus usuels les cataplasmes de figues cuites, l’huile en onctions, l’essence de térébenthine, les poudres de géroOe, candie, pyrèthre, poivre, un mortier composé de terre rouge et de chaux, de la terre ocreuse, de l’argile humide, etc. Nous avons été un jour fort surpris de trouver en bon état une brûlure au troisième degré (classification de Dupuytren) qu’on avait saupoudrée de cannelle et de poivre.

$ X. — Maladies de la bouche.

Le sulfate de cuivre et les poudres irritantes végétales dont nous avons parlé rendent service aux tébibs dans les angines surtout dans les angines ulcéreuses.

Ben-Zergua arrachait les dents avec une sorte de davier qu’il avait fabriqué lui-même.

Page 1