‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 75 sur 88 · MOUVEMENT DES FIÉVREUX DANS LES HÔPITAUX DE ROME EN · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DES FIÉVREUX DANS LES HÔPITAUX DE ROME EN

Heslantt

Eolrés

le 1^^

pendant

du mois.

le mois.

Janvier . . .

Février . . .

Mars ....

Avril ....

Mai

Juin

Jnillet. . . .

Août . . . .

Septembre. .

Octobre. . .

Novembre. .

Uli3

Décembre. .

Totaux . . .

Sortis.

Morts.

Restants le 31 du mois.

llortalUé sur 100 bom. traités.

Le tableau ci-dessus et les autres documents que nous possédons nons permettent d'établir les propositions snivantes :

Le nombre (proportionnel à l’ell'ectif) des hommes présents aux hôpitaux au commencement de 1850, la gravité et la nature des affections, doivent faire rentrer ces premiers mois dans l’histoire de l’endémo-épidémie de 1849. Celle-ci avait eu une si haute gravité que les homrr/es traités en janvier 1850 et même au commencement de février, présentaient pour la plupart des cachexies paludéennes profondes, des anasarques, des engorgements viscéraux, des rechutes rapprochées de fièvres intermittentes, enfin des flux intestinaux. Ce n’est guère qu’au printemps, espèce de champ neutre, d’époque de transition et de repos, que les dernières traces de l’endémo-épidémie précédente se sont effacées, et que les premiers indices de celle qui allait lui succéder ont commencé à se montrer légèrement. La constitution hivernale a donc été presque absorbée, sous ce rapport numérique au moins ; les afl'ections produites par son influence sont demeurées bien inférieures en nombre aux maladies dépendant du genre pa-

(1) Le chiffre des hommes traités chaque mois, proportionnellement auquel nous établissons la mortalité, est ainsi obtenu : restant le 1" du mois -f entrés dans le mois — restants le 31 du mois.

ludéen, et cette infériorité aurait été beaucoup plus marquée encore si une foule de cachectiques n’avaient été dirigés sur la France.

Dans les localités palustres de l’Algérie, où, d’une part, les maladies du foie, les cachexies paludéennes scorbutiques et putrides, les Ilux intestinaux trahissent encore le poison paludéen après l’époque des pyrexies aiguës, et où, d’autre part, les affections rhumatismales et les inflammations thoraciques ne sont ni aussi vives ni aussi répandues qu’en Italie, la constitution hivernale telle qu’on l’entend en France, passe quelquefois presque entièrement inaperçue. Le médecin ne compte le temps que par les endémo-épidémies séparées par des époques intercallaires qui commencent vers le milieu de niars et Unissent en juin. En Italie, où cette queue des aflections endémo-épidémiques est généralement moins nettement dessinée et moins fournie, où les maladies du foie et les flux intestinaux sont plus rares, ainsi que les cachexies putride et scorbutique, où enün les aflections inflammatoires du thorax se montrent plus communes, le médecin peut diviser l’année médicale en trois saisons : 1“ endémo-épidémie, des derniers jours de juin à décembre; elle peut elle-même se partager en période aiguë ou des pyrexies (Un de juin, juillet, août, septembre, vingt premiers jours d’octobre) et en période chronique ou des cachexies, ou arrière-saison endémo épidémique (fin d’octobre, novembre et décembre); 2° constitution hivernale, en janvier, février et au commencement de mars ; 3° constitution printannière, du milieu de mars au 15 ou 20 juin à peu près. Telle est la marche habituelle dans le pays romain. L’endémo-épidémie de 1850 s’y est conformée ; nous avons dit que celle de 1849 s’en est départie et a suivi les lois qui régissent la pathologie des localités palustres de l’Algérie.

Les différences ne s’arrêtent pas là entre les deux endémo-épidémies de 1849 et de 1850. Ici la gravité a été bien moindre, puisque la mortalité, dans le second semestre de 1850 n’a été que de 1,02 pour lOO hommes traités, tandis qu’en 1849 elle a atteint 5,40 p. 100. Le nombre des hommes hors de service pour cause de maladie, à un jour donné de l’apogée de l’épidémie, a été un peu plus considérable en 1850 qu’en 1849, 17 p. 100 d’effectif en 1850, 14 p. 100 en 1849. L’épidémie la moins grave a donc eu un peu plus d’extension que l’épidémie la plus meurtrière. Enün le développement de l’endémo-épidémie de 1849 a été accéléré par les circonstances exceptionnelles dans lesquelles se sont trouvées nos troupes, circonstances que nous avons fait connaître, et dont le résultat a été évidemment de rendre l’imprégnation plus facile. En 1849, la maladie fait irruption subite et anticipée dans les premiers jours de juillet; on compte 2,558 entrées dans ce mois, et la mortalité atteint d’emblée 6,5 p. 100 hommes traités, c’est-à-dire le plus haut chilfre auquel elle se soit élevée dans tout le semestre; 3,028 entrées en août; 2,681 en septembre: chill’res qui sont entre eux, pour chaque mois, comme 0,84, 1,00, 0,88. En 1850, on compte 379 entrées en juillet, 1,250 en août, 1,070 en septembre: chiffres qui sont entre eux comme 0,30, 1,00, 0,80. Juillet 1849 est donc à août, apogée de l’en-

démo-épidémie OM : l,00, et juillet is50 n’est à août de la même aimée que :: 0,30 : l,00. Il est ainsi parfaitement évident que la maladie a eu un développement anticipé en 1849. Les mêmes différences e.vistent entre la graviié des maladies régnantes : juillet 1849 est chargé de la mortalité la plus forte du semestre, 6,5 p. 100; la mortalité de juillet 1850, qui est de i,03 p. lOO, ne vient qu’en quatrième ligne dans le semestre.

Le maximum des entrées, en 1850, a coïncidé avec les six derniers jours d’août. Ce résultat conürme cette grande loi, établie pour l’Italie comme pour 1 Afrique, que 1 apogée de l’endémo-épidémie existe à une époque où la chaleur décroît déjà à Rome, juillet est le mois le plus chaud, mais ce n’est jamais le mois le plus chargé en lièvres.

Le tableau suivant permettra d’apprécier la marche de l’épidémie d’après le nombre des entrées, calculé par périodes de cinq jours.

Tabicaa n" 2.

ENTRÉES DANS LES nÔPlTADX DE ROME.

Du 1“ juin. . . au 5 54

5 au 10 84

10 au 15 59

15 au 20 53

20 au 25 49

25 au 1“ juillet . 51

1" juillet, .au 5 55

5 au 10 74

10 au 15 100

15 au 20 110

20 au 25 99

25 N au 1" août . . 128

1" août. . . au 5 133

5 au 10 163

10 au 15 155

15 au 20. .... . 201

20 au 25 217

25 au 1" septemb. 314

1" septemb. au 5 236

au 10 283

10 au 15 184

Du 15 septembre au 20 187

20 au 25 170

25 au 1" octobre 149

!•' octobre au 5 .125

5 au 10 90

10 au 15 86

15 au 20 74

20 au 25 78

25 au l"novemb. 81

1" novembre au 5 81

5 au 10 56

10 au 15 64

15 au 20 59

20 au 25 55

25 au 1" décemb. 44

1“ décembre au 5 36

5 au 10 53

10 au 15 42

15 au 20 41

20 au 25 40

25 aul*'jànv. 1851 33

Il est nécessaire de compléter ce tableau par une autre statistique indiquant, à courtes périodes, le nombre des hommes présents aux hôpitaux de Rome.

Tableau n° S.

NOMBRE DES MALADES (FIÉVREUX, BLESSÉS, VÉNÉRIENS) PRÉSENTS DANS LES HÔPITAUX DE ROME, DE DIX EN DIX JOURS.

1 janvier 1850 .

1 juillet

CO

1 février ....

1 août

1 mars

1 septembre. . .

1 avril

1 octobre ....

1 mai

1 novembre. . .

1 juin

1 décembre. . .

Le nombre des hommes hospitalisés, à un jour donné, a dépassé en réalité, 1,073, parce que deux évacuations ont été faites sur Cività-Vecchia. L’une, de 100 malades, fut précisément elfecluée le 10 septembre, c’est-à-dire au moment de l’encombrement le plus considérable. Pour arriver à connaître le nombre des hommes distraits du service pour cause de maladie, à Rome, dans les premiers jours de septembre, nous pouvons nous appuyer sur les bases suivantes :

Malades aux hôpitaux de Rome i,073

Évacués sur Civita lOO

Malades à la chambre ftoo

Id. à Tivoli, Frascati, Albano, Viterbe . . . 150

Total 1,723

Ce qui revient à dire qu’au maximum de l’épidémie, on a compté 17 malades sur 100 hommes d’efl'ectif, en d’autres termes, près d’un malade sur 5 hommes valides.

Tableau n° h.

DÉCÈS DES FIÈVREDI, PAR GENRE DE MALADIE DANS LES HÔPITAUX DE ROME, EN 1850

IcO

SlcïcftftBiseOft Im

Ico

lrt«-»2rH5ïffftS \ r* tS s s

e s a fi c

«fifififififi

^Icsopaa-ofi I CS fiî5vHfifiaa*fififi

e O orHft

fi a fi a

fi fi fi fi aH fi

fi fi fi * fi ^ fi

•r I ^fi firHA^COtO

:iH<ïa fi«eHfifi fi

ac^ficofifififififi

: ^ fi «H fi ^ fi fi

fi fi fiCOCSCSfiHfi fi fi fi^H

•HfififilAC^fifififi^C^

Xî

sii

sa

Cfi fl 03 "O

“’O'fl

<1> « ‘o O fl • « 03 C3 S ^ > ^ c«

fl .2" ^ .'3

03 O fl

•fl

fl

a-fl-3

Sg- ^-S=S.5-ë- « a “ s 2

CLÆ ajÆ S

fl

•fl • •

«r-TS-fl M HH ■«•l

.2 fl S fl

^ «a /-■ *fl C9

.d 2 to C

fl fl» 03

5 'fl s^.2 Æ CWQftU

fl

fl fl

.fl t- fl

c O fl

tSTD-2 °

n. -Tî

Page 1