‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 76 sur 88 · H "S O P. SB · texte numérisé non relu

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Total des affections sporadiques Il 9 3 6 6 4 l » 2 2 i i 46

Total général 33 (i) 20 7 7 o 5 3 7 9 5 6 4 112

(1) Dans notre première lettre sur l’état sanitaire en 1849, on lit 43 ou 5 p. 100, tableau n° l. C’est une erreur, lisez 33 ou 3,8 p. 100. Dans ce même travail, tableau n° 4. mortalité, cette erreur n’a pas été commise.

Absiraclion faite des trois premiers mois qui appartiennent à l’anmie mtidicale précédente, on peut ainsi classer les principales maladies, d'après le nom-

bre des décès qu’elles ont causés :

Fièvres pernicieuses 19

Phthisie pulmonaire 11

Aflections du foie 3

Diarrhée chronique 3

Méningite cérébro-spinale 3

Cachexie paludéenne 2

Fièvre typhoïde 2

Etc., etc.

Ces chilTres sont propres à nous fournir plusieurs enseignements’.

Le nombre si élevé des décès par suite de phthisie pulmonaire est un fait à noter. ‘

Dans notre compte rendu pour l’année 1849, nous avons fait tous nos efforts pour établir les propositions suivantes : quoique le tableau de la mortalité porte la dothinentérie et les flux intestinaux avant les lièvres paludéennes, qui ne viennent qu’en troisième lieu, on n’en doit pas moins considérer celles-ci comme' ayant dominé la pathologie de l’année, par leur nombre et par leur gravité ; elles doivent figurer en tête du tableau des décès; la dothinentérie et les flux intestinaux (diarrhée non symptomatique et dyssenterie) ont causé beaucoup moins de mortalité ; si on leur a fait occuper le premier rang sur l’échelle de gravité et de fréquence, c’est par suite d’erreurs de diagnostic, ou d’oubli, de remonter aux causes premières. Eu efièt, on a compté, parmi les dothinentéries, bon nombre de lièvres rémittentes, subcontinues, pernicieuses, à masque typhoïde; voilà l’erreur de diagnostic qui a renflé le nombre des /ïéures typhoïdes au détriment des états typhoïdes d’origine paludéenne. Beaucoup de flux intestinaux qui ont entraîné la mort n’étaient pas symptomatiques de vieilles cachexies p; lustres, d’engorgements viscéraux, etc. ; on a oublié leur origine, et on a classé parmi les diarrhées idiopathiques des flux qui n’étaient, à proprement parler, qu’une sorte d’épiphénomène ultime d’une autre maladie.

Ces propositions ont trouvé beaucoup d’approbation et quelques opposants. Il devait en être ainsi. De nouvelles recherches rétrospectives ont corroboré notre conviction, et l’histoire médicale de 1850 est venue déposer dans notre sens. Cette vérité ressort si clairement de nos chiffres, qu’il n’est pas nécessaire d’insister sur ce point : 19 décès par fièvre paludéenne, 2 par lièvre typhoïde, 3 par diarrhée chronique, aucun par dyssenterie.

A Rome, la mortalité, relativement à l’effectif de la troupe ou de la population, atteint son maximum, pendant les épidémies régulières, dans l’épidémie et 1 arrière-saison ; mais, à cette époque, le nombre des individus atteints par le miasme est si considérable, et les lièvres sans gravité réelle montent à un si

haut cbillre coniparalivemcnt aux accès pernicieux, que la proportion des décès aux hommes traités est alors peu élevée. Cet antagonisme entre les décès, comptés relativement à la population ou relativement aux hommes traités, est un fait constant. Dans la saison hivernale, nous observons la contre-partie de ce qui se passe pendant l’endémo-épidémie ; les décès sont nombreux relativement aux hommes traités, rares comparativement à la population. Â celte époque, en effet, il y a peu d’entrées aux hôpitaux, mais les maladies sporadiques régnantes ont généralement de la gravité, et trouvent des constitutions délabrées par la lièvre et ses reliquats.

Voici la preuve de ces énoncés. En 1849, avons-nous dit, l’arrière-saison endémo-épidémique a empiété sur l’année suivante ; il faut chercher la constitution hivernale en février 1850 ; or la mortalité est, pour ce mois, de 7,16 p. 100 traités, tandis que la moyenne des six derniers mois de 1849, malgré la gravité exceptionnelle de l’endémo-épidémie, n’est guère que de 5,4 p. lOO. En 1850, même observation ; l’endémo-épidémie se prolonge moins ; la constitution hivernale se dessine en janvier et février 1851, qui nous donne plus de mortalité proportionnelle que le deuxième semestre 1850. Ainsi donc, on peut établir le principe suivant ; c’est pendant les endémo-épidémies (ayant leur cours habituel) que la mortalité est la plus élevée relativement à la population, la moins élevée relativement aux entrées aux hôpitaux ou aux malades ; pendant l’hiver, c’est le contraire ; forte mortalité relativement aux hommes atteints, faible morlalité relativement à la population. Les mêmes principes sont applicables à la pathologie de la plupart des localités palustres de l’Algérie.

Abordons actuellement l'étiologie. C’est une étude des plus importantes au point de vue scientiüque et pratique. Sous ce dernier rapport, le médecin n’a pas moins intérêt à s’éclairer que l’autorité militaire. Les résultats auxquels nous allons parvenir seront d’une netteté qui, nous osons presque l’espérer, satisfera l’un et l’autre.

Les casernements ont été beaucoup améliorés depuis l’occupation ; le génie militaire y a exécuté des travaux bien entendus; des clôtures ont mis obstacle 4 ces courants d’air qui circulaient dans la cage des vastes escaliers et le long des corridors. Nous n’avons plus de casernements ouverts à presque toutes les intempéries des saisons, sous les portiques, sous les arcades, dans les cloîtres, ou dans des locaux privés de châssis aux fenêtres. Mais le couchage continue à laisser à désirer. Le soldat n’a pas de matelas, après deux ans d’occupation.

L’amélioration la plus radicale, la plus éminemment utile à introduire dans le casernement, c’est le choix du site. Ici presque tout est à faire. La médecine n’est pas consultée quand il s’agit d’établir des casernes dans les divers quartiers de la ville ; elle est seulement appelée à intervenir, à titre de voix consultative, quand l’existence du mal a été démontrée par des résultats qu’on aurait pu prévenir. Il est bien entendu que nous ne prétendons pas subordonner les exigences militaires aux indications de la médecine; notre prétention bien lé-

(iOl

gilime se borne à éclairer, avant le fait et non pas après, les autorités militaires et administratives; ceiles-ci n’appliqueront de nos recommandations que celles qui seront compatibles avec le maintien de la sûreté et le fonctionnement ré> gulier des rouages administratifs.

L’expérience do la première année a servi à peu de chose; on a cependant renoncé à celle caserne qui, siluée en dehors de la place du Peuple, avait produit tant de mortalité parmi l’artillerie qui l’occupait. Nous avons dit, dans notre histoire médicale de 1840, qu’on aurait pu éviter ce danger, sur lequel nous avait parfaitement éclairé notre première occupation sous l’empire.

Notre propre expérience n’est pas du tout nécessaire pour nous renseigner sur la salubrité des sites ; celle-ci est si bien appréciée à Rome, par le vulgaire et par les savants, qu’on pourrait facilement tracer une carte à teintes variées, où les graduations de ton indiqueraient la salubrité relative des différents quartiers et même des rues. Les observations suivantes faites sur nos troupes ne font que corroborer cette vieille expérience.

Au printemps, la proportion des hommes iigurantà l’hôpital, sur 100 hommes d’effectif, est, à très-peu de chose près, la même pour divers corps occupant des quartiers éloignés les uns des autres. Mais, à mesure que l’endémo-épidémie s’avance, l’équilibre se rompt, et l’on volt chaque corps de troupe fournir d’autant plus de malades, qu’il est stationné dans un lieu plus insalubre. Ces différences ne sont certes pas des nuances, car elles s’étendent de 0,5 p. 100, représentant le nombre des hospitalisés du premier bataillon de chasseurs à pied, qui a occupé Albano et Frascati, à 19,4 p. 100, proportion fournie par le 36* de ligne, caserné sur les terrains inhabités du Viminal. En mettant de côté le premier bataillon de chasseurs à pied, qui ne doit point compter pour Rome, nous arrivons encore aux résultats suivants : en septembre, le 36' de ligne donne 19,4 p. 100, le 25' léger 3,8 p. loo, c’est-à-dire cinq fois moins.

Voici, du reste, l’emplacement des troupes durant les quatre mois de juillet, août, septembre et octobre, et la moyenne des malades qu’elles ont comptés aux hôpitaux pendant ce laps de temps. Nous devons ces chiffres, ainsi qu’une foule d’autres documents, à l’obligeance de M. Lacauchie, officier de santé en chef de l’armée.

Tableau u° 6.

îlOÏENNE DES MALADES A L’IIÔPITAL . POUR 100 HOMMES D’EFFECTIF.

Mois de juillet, août, septembre, octobre.

Régiments. en bloc.

Mois do septembre, époque

du maximum.

13' léger

36' de ligne

2' bataillon de chasseurs à pied. .

Il' dragons

Artillerie

22' léger

25' léger

32' de ligne

1" bataillon de chasseurs à pied.

Moyennes générales. . .

Les deux régiments qui ont le plus souffert sont le 13* léger et le 36* de ligne, dont les casernements occupaient les terrains vagues, inhabités, périphériques, qui contournent les deux tiers de la ville, du nord au sud en embrassant toute la face orientale, terrains ouverts aux émanations d’une plaine inculte et sans montuosités (l). Puis viennent le deuxième bataillon de chasseurs à pied, l’artillerie et le 11* dragons. Or les deux premiers corps étaient stationnés le long du dernier tiers du mur d’enceinte, du côté de l’ouest, le premier au Transtévère (2), le second au Borgho, au fort Saint-Ange et non loin de la place du Peuple (3). L’insalubrité de cet arc est moindre pour les raisons suivantes : le Transtévère et le Borgho sont protégés contre les émanations de l’ouest par le mont Janicule; Saint-Pierre et le Borgho ne sont point limités par un rempart auquel succède immédiatement le désert romain ; des collines un peu boisées, qui se prolongent jusqu’au Monte-Mario, des villas peuplées de grands arbres, des vignes et des cultures couvrent et flanquent la ville de ce côté ; les bâtiments

(1) Casernement du 13' léger: Saint-Adrien, Saint-Sylvestre au Quirinal, Saint-Romuald , Saint-Marcel, Saints-Apôtres, Umiltà, Jésus, Saint-Côme et Saint-Damien, Saiute-Françoise-Romaine.— Du 36' de ligne : Sainte-Marie-des- Anges, prison des Thermes, Sainte- Praxède, Saint-Martin, Sainte-Marie dell’ Olmo, Saint-Pierre in Vincoli, Néophites.

(2) 2* bataillon de chasseurs à pied : Saint-Calixte, Sainte-Marie au Transtévère, Saint-Michel et Saint-François, Saint-Chrysogone, Peiit-Saint-Calixte,

(3) Artillerie: Hôpital Saint-Jacques, couvent Jésus-et-Marie, fort Saint-Ange, palais Corsini, palais Salriati, quartier Saint-Esprit.

occupés par nos troupes ne sont point égarés dans des terrains déserts, mais sont englobés dans des massifs de maisons, car sur cetle face de la ville tout est habité jusqu’au pied des collines et des remparts, tandis que sur l'arc oriental d’immenses terrains vagues occupent toute la périphérie, dans l’intérieur même de l’enceinte. Sur cette bande occidentale de la ville, deux points sont surtout réputés malsains, le fort Saint-Ange et la place du Peuple; or le premier n’a eu qu’une faible garnison française, les Romains ayant conservé deux de ses trois enceintes, et nos troupes ii’ontquepeu ii subir l’insalubrité de la place du Peuple, parce que la caserne située en dehors de la porte, local dont nous avons signalé la haute insalubrité l’année dernière, a été abandonnée, et que les casernes habitées se trouvent dans la ville même, au sein d’un quartier populeux, à une certaine distance de la place.

On se rend parfaitement compte de la position que le régiment de dragons occupe sur l’échelle de fréquence des fièvres. Il était stationné entre le 36* et la ville (1), aux confins des terrains inhabités et de la région populeuse. Il a figuré à un rang intermédiaire sous le double point de vue de la topographie et de la pathologie. L’influence de la première sur la seconde ressort à chaque pas.

Les 22* léger, 23' léger et 32' de ligne ont fourni à peu près la même proportion de malades, en considérant en bloc les quatre mois épidémiques. Ces trois corps occupaient le centre de la ville (2'). Le 22“ léger présente cette particularité que sa proportion de malades, semblable à celle des deux autres corps, en considérant les quatre mois, leur est de beaucoup supérieure si l’on n’envisage que le seul mois de septembre; elle monte à 9,00 p. 100, tandis que les deux autres corps n’qnt eu que 5,00 et 3,80, Or celte circonstance s’expliquerait probablement par ces considérations : ce régiment était stationné sur cette espèce de promontoire tracé par le coude du Tibre, exposé aux infiltrations dès les premières crues du fleuve, promontoire dont la pointe nord-ouest se projette vers la périphérie de la ville, dans les environs du fort Saint-Ange et de l’hùpital Saint-Esprit.

Le 1" bataillon de chasseurs à pied, qui n’a eu que 2,10 p. 100, c’est-à-dire six fois moins que le 36* de ligne, n’habitait pas Home pendant Pendémo-épidémie; il occupait Albano etFrascati.

Les résultats de ces recherches étiologiques sont parfaitement nets et précis :

(1) Dragons: palais Barberini, palais Albani, Capucins, Sainte-Thérèse.

(2) 22* léger : Saint-Office, caserne de Sora, Mont-Carmel , San-Salvador, Sainte-Marie-Madeleine, collège Capranica ; 25' léger : Saint-Sylvestre-in-Capitc, San-Lorenzo-in-Lucina, Saint-André-delle-Fratte, place Colonne, couvent du Campo-Marzo, Crociferi (un bataillon à Tivoli); 32' de ligue : college Sainl- Charles-Borromée , chancellerie, Mont-dc-Piélé , Sainte-Marie-in-Campiiclli , Sainte-Dorothée, Quarante-Mariyrs, Saint-Paul-dcl-Rcgola.

du centre à la périphérie de la vilie, l’insalubrité s’accroît ; les quartiers excentriques sont d’autant plus malsains qu’ils se trouvent moins habités, moins abrités par des collines et par des cultures. Cette loi est établie depuis longtemps ; nous en donnons ici une nouvelle conQrmation qui acquiert peut-être uné valeur toute particulière, parce que les sujets sur lesquels porte notre étude comparative ont le même régime de vie, les mêmes habitudes et les mêmes travaux, parité qu’on ne retrouve pas quand on opère sur la population civile.

En comparant l’état sanitaire des divers régiments en 1849 et en 1850, on s’aperçoit facilement que l’influence morbide a été exercée par des circonstances siégeant en dehors d’eux, c’est-à-dire que cet état a dépendu du site qu’ils occupaient. Ainsi le 6G% qui avait habité le forum romain et les environs en 1 849, est le régiment qui a le plus souflert alors. Le 13» léger, qui avait présenté un état satisfaisant en 1849, stationne en 1850 au forum romain, et prend à son tour la tête de l’échelle morbide. En 1849, le 36* est envoyé à Frascati, et son état sanitaire est satisfaisant : en 1850, il occupe les terrains insalubres que nous avons indiqués, et la maladie s’abat sur lui. Le 32', en 1849, avait été caserné dans ces derniers iocaux et avait beaucoup soullèrt ; en 1850, il occupe le centre de la ville, et jouit d’une immunité relative, etc., etc.

Non-seulement l’état sanitaire a varié dans les divers corps, selon les régions de la ville qu’ils occupaient, mais de caserne à caserne, les différences ont été notables. Ainsi les deux principales casernes des dragons sont les palais Barberini etAlbani, le premier situé sur la rampe du Quirinal,qui regarde la ville, pente couverte d’habitations; le second, sur le sommet de la colline et sur le flanc peu habité qui va mourir aux pieds du Viminal désert. Il n’y a pas trois cents pas d’un palais à l’autre; les jardins Barberini et une rue seulement les séparent. On pouvait deviner à priori que le palais Albani, recevant les exhalaisons de la plaine et les arrêtant par sa masse imposante, doit être plus malsain que le palais Barberini qu’il abrite. L’expérience est venue conGrmer cet à priori en 1849 ; mais le capitaine commandant Barberini ayant proclamé que l’état sanitaire satisfaisant de ses troupes tenait aux soins hygiéniques dont il les entourait, on lit permuter, en 1850, la garnison des deux palais; et la troupe transportée de Barberini à Albani présenta à son tour beaucoup de lièvres, tandis que les nouveaux arrivés à Barberini eu souffrirent bien moins.

Le 13' léger a occupé des casernes qu’on peut diviser en deux groupes : les unes situées dans le forum désert ou aux environs ; les autres dans la ville, séparées du forum par le Capitole.

Celles-ci ont moins souffert que les autres ; mais cette différence a été rendue beaucoup moins appréciable par la garde des portes Saint Sébastien, Saint-Paul et de la poudrière Saint-Paul, gardes qui ont été fournies parles deux groupes. Cette cause excessivement puissante d’intoxication a jusqu’à un certain point égalisé l’état pathologique, qui fût demeuré très-différent si chacun eût occupé son site sans en franchir les limites. M. Volage, chirurgien-major du corps,

a observé que les lièvres les plus nombreuses et les plus graves sévissaient sur les hommes qui avaient monté la garde la veille ou l’avaïU-veille. Le nombre des hommes qui tombaient malades après ces gardes s’est assez élevé pour ])rovoquer la mesure suivante : « Les divers régiments alterneront de quatre en quatre jours pour la station des postes les plus insalubres. » Pendant les quinze jours d’application de cette mesure, le 13* envoya moins de monde à l’hôpital. Pour rendre réellement utile cette détermination, il eût fallu la prendre dès l’origine , sans attendre que le régiment fût profondément impréguô par le miasme.

Pour compléter nos recherches étiologiques, Il est nécessaire de donner un aperçu de la météorologie de la saison pendant laquelle ont régné les lièvres. Nous insisterons surtout sur la température et ses vicissitudes nycthémérales, parce qu’il existe aujourd’hui quelque tendance à leur attribuer le rôle de causes déterminantes, au détriment du miasme paludéen.

Tableau n° 6.

OSCILLATION TQEnMOUâTRIÛUB DANS LES 24 UBU&ES.

MOIS. Tompârat. Tempérât. Tempérai.

moyenne (1). inaxlma. mlnlma. moyenne, maxima. miotma.

Juin 16,89 2.5,90 10,60 9,37 13,20 2,20

Juillet 18,98 26,60 10,50 9,67 13,60 3,10

Août 18,70 26,50 12,20 9,68 13,20 4,80

Septembre ' 15,00 22,90 6,30 8,60 11,90 5,00

Octobré 11,32 19,20 3,90 7,95 11,20 4,60

Novembre 9,63 15,90 2,40 6,14 9,90 2,10

Juin. Le commencement de juin est nébuleux ; quelques pluies. Le vent quittele S.-0.; le temps se remet. Vers le 12 ou le 13, leS.-O. reprend, les nébulosités reparaissent, le ciel se couvre ; pluie le 13. Le S.-O. souffle presque chaque jour jusqu’à la fin du mois. Du 15 au 19, ciel pur ; du 19 au 25, couvert et quelques pluies. Du 26 au 30, le temps est beau. Température moyenne, 16,89“ R. ; oscillation moyenne entre le maximum et le minimum observés dans les vingt-quatre heures, 9,37* R.

Or l’endémo-épidémle n’a commencé qu’en juillet, et ce mois a signalé sa période ascendante , août et septembre sa période d’état. En septembre, on compte 1,070 entrées aux hôpitaux; en juin, 224 seuiement. Cette diiïérence entre le règne fébrile de Juin et de septembre ne peut pas s’expliquer en considérant les météores comme cause déterminante des lièvres. Septembre a été en effet

(1) Obtenue en prenant la moyenne entre la moyenne des maxirnn et celle des mlnima. Tous ces chiffres sont extraits des registres du Collège romain. Thermomètre Réoumur.

moins chaud que juin, puisque la température moyenne est représentée par 15,00° R.; moins sujet aux vicissitudes nycthémérales, puisque la moyenne de celles-ci est de 8,60 au lieu de 9,37° R. ; enfin , les perturbations hygrométriques, l’humidité, les pluies se sont montrées à peu près pareilles de part et d’autre. En admettant le miasme comme cause des pyrexies à quinquina, on s’explique trèsbien la marche de l’endémo-épidémie. En juin, la végétation est dans son plein, la nature végétale vivace, les herbes et les feuillages verts, les récoltes sur pied tapissent la campagne. La fabrication du miasme ne s’effectue presque pas dans les marais-types, dont la chaleur n’a pas encore mis le fond à sec, et les surfaces destinées à devenir des foyers palustres temporaires et accidentels ne sont alors que des prés et des champs salubres. Mais bientôt la saison qui s’avance et le cours du temps font périr certaines plantes et une foule d’insectes, dont les débris s’accumulent sur le sol avec les résidus inutiles des récoltes coupées par la main de l’homme. La chaleur sèche du cœur de l’été maintient jusqu’à un certain point la salubrité, en momifiant les matières végéto-animales, et en refusant aux élaborations miasmatiques un des éléments qui leur est indispensable, l’humidité; mais dès que les nuits deviennent fraîches et humides, dès que la ro ée est abondante le matin, et surtout dès que les premières pluies de la fin de l’été et de l’automne humectent et détrempent le fond des marais desséchés par les ardeurs caniculaires et la grasse litière qui jonche la terre, les fièvres croissent en nombre et en gravité. Voilà pourquoi septembre est toujours plus fiévreux que juin, malgré une température plus douce, et moins de vicissitudes nycthémérales. Là réside encore la cause pour laquelle juillet, mois le plus chaud et le plus sec. et souvent août lui-même — comme nous l’avons observé à Civita-Yecchia — sont moins surchargés de pyrexies à quinquina que septembre et octobre, et ne présentent pas de fièvres pernicieuses aussi graves.

En juillet, mois le plus sec et le plus chaud, on bompte seulement 379 en- Irées; en août, 1,250; et en septembre, 1,024. Voici l’aperçu météorologique de juillet.

Moyenne de la température, 18,98® R. ; maximum, 26,60® R. Ce sont les chiffres les plus élevés de l’année. Oscillation thermométrique nycthémérale moyenne, 9,57° R.; maxiraa, 13,60° R. ; c’est encore la plus forte de l’année. Pluie les 2 et 30 seulement. Le vent est au S. et S.-O. quatorze jours sur trente. Le ciel est presque toujours serein, quelques cirrus de temps en temps, cumulus puis nimbus aux approches de la forte pluie du 30. Une bande de brouillards a deux ou trois fois suivi le cours du Tibre.

En août, l’humidité croît, du 6 au 10 s’étend la période la plus humide de la saison ; l’hygromètre oscille entre les deux extrêmes 9 et 52. Deux fortes tempêtes, les 16 et 22 ; orage sans pluie le 10. Le ciel est plus couvert qu’en juillet; du 14 au 18, il ne cesse d’être nébuleux; les jours sont bien rarement limpides du matin au soir, des cirrus ou des brumes eiv altèrent la sérénité. Moyenne thermométrique, 18”, 70° R.; oscillation moyenne, 9,58” R., pareille à celle de

juillet. I.;i piépoiulcrance relulivc du S.-O. reste à peu près ce qu’elle était dans ce dernier mois. La dill'érence n’existe guère qu’au point do vue de l’humidité. IMus d’humidité, plus de débris organiques constituent, au point de vue de l'opinion miasmatique, des caractères dllTérentiels qui sudlsent pour expliquer l’intensité des lièvres à quinquina en août.

Le maximum des entrées, pendant toute l’endémo-épidémie, s’étend du 25 août au !•' septembre; les pluies tempétueuses des 16 et 22 semblent avoir amené cette active fabrication miasmatique. Ces six jours, du reste, ne présentent aucune particularité météorologique à citer; ceux qui nient le miasme n’y trouveront certes pas de circonstance météorologique qui puisse leur rendre compte de l’intensité de la maladie; les variations nycthémérales sont de 5,00“ R. au minimum et de 11,90“ R. au maximum; la température, qui en juillet est montée à 26,60° R., n’atteint que 23,5“ R. Pas de pluies; le temps, généralement clair, se couvre quelquefois de nuées et de brumes; le S-0. ne prédomine pas; il souille une partie des journées des 28, 29, 30, 31.

Septembre est moins chaud, mais plus humide et pluvieux que le mois précédent. Il est beau jusqu’au 3 ; il pleut les 4 et 5 ; forte tempête le 8. Jusqu’au 29 le ciel reste toujours nébuleux, si ce n’est le 15 ; le Tibre se coill'e débrouillards; tempête le 24 ; le beau temps renaît ; pluie le 30. Le S.-O. a élé un peu moins fréquent qu’en août. Température moyenne, 15,00° R.; moyenne de la vicissitude nycthémérale, 8,60“ R.

Octobre comprend la période décroissante de l’endémo-épidémie ; on compte pourtant encore 602 entrées aux hôpitaux, tandis quejuillet n’en a présenté que 379 et juin 224. Ces différences sont encore inexplicables au point de vue de l’hypothèse météorologique, car octobre est bien inférieur à Juin sous le rapport de la température et de l’oscillation nycthémérale. Température moyenne, 11,32“ R.; oscillation moyenne, 7,95“. Le sud et le S.-O. souillent un peu plus souvent qu’en juin. Pluie les 1,6, 7. Le temps se tient au beau, mais non sans nuages au ciel. Du 13 au 20, il est limpide. Il se couvre ensuite. Pluie le 21; violente tempête le 24, avec pluie abondante. Il pleut encore les 25, 26, 30, 31.

Ces documents météorologiques, dont nous avons pu, grâce à l’obligeance du père Secebi, professeur d’astronomie au collège Romain, puiser tous les éléments dans les registres officiels fort bien tenus, nous semblent suffisamment détaillés pour déposer en faveur de l’opinion qui consiste à soutenir qu’un miasme est la cause productrice des pyrexies à quinquina. J’adresse à l’Académie, en même temps que cette lettre, un second mémoire destiné à combattre l’bypothèse météorologique et à étayer la doctrine du miasme (I).

(1) Premier mémoire, Reciiehciiks sua les causes des fièvres a quinquina

EN GÉNÉRAL ET EN PARTICULIER SUR LES FOYERS QUI LEUR DONNENT NAISSANCE EN

Aprèsavolr commencé celle lellre par des considérallons générales, nous avons donné les slalisliques sur lesquelles s’appuie notre Iravail; l’étiologie nous a ensuite occupé; abordons maintenant l’histoire pathologique proprement dite de l’année 1850.

La saison intercalaire aux deux endémo-épidémies de 1849 et de 1850 s’étend du commencement de mars à juillet. Janvier et février 1850 ont encore été encombrés par les cachexies léguées par l’année précédente. En janvier, mais surtout en février, la constitution hivernale s’est mêlée à ces reliquats paludéens ; il en est résulté, dans ce dernier mois, une gravité considérable dans les affections régnantes. Dans la période intercalaire, les maladies sont fugaces, peu profondes, leur marche franche, rapide, leur terminaison favorable. Cette période peut elle-même se subdiviser. Du 1" mars au 15 mai, on a observé des subinflammations, des inflammations membraneuses, bronchites, angines, flux Intestinaux légers, bénins , des affections catarrhales, rhumatoïdes. Le 1»' mai, on compte 297 malades en tout dans les hôpitaux militaires français de Rome ; c est le minimum de toute l’année. Vers le milieu de ce mois, aux maladies qui régnaient antérieurement ont commencé à se mêler quelques fièvres printanières franchement intermittentes, simples, ne présentant aucune espèce de complication, ni saburrale, ni bilieuse, ni gastro-intestinale, et cédant avec facilité au sulfate de quinine, sans médication adjuvante. Elles sont, d'ailleurs, peu nombreuses. L’état sanitaire est excellent. Le genre nerveux joue un certain rôle dans la scène pathologique ; les congestions y prennent aussi leur part légère.

En juin, l’état sanitaire continue à laisser peu à désirer; la moyenne des hommes présents à l’hôpital, qui était de 340 en mai, monte seulement à 400. La physionomie des maladies régnantes a changé, les fièvres se mettent à envahir lajpathologie ; simples an commencement du mois, elles se compliquent déjà, vers le 20, d’un peu d’embarras gastrique et s’accompagnent quelquefois de réaction assez vive. C’est une tendance à l’établissement des complications qui doivent se montrer plus tard, mais ce n’est pas encore leur règne. Une velléité de rémittence se montre aussi dans quelques cas.

Les dix premiers jours de juillet n’apportent pas un changement bien notable à cet état de choses ; on remarque une nuance de plus dans les états saburralel gastro-bilieux, et la rémittence intervient un peu moins rarement. Les entrées sont de cinquante-cinq seulement pendant ces dix jours. Nous n’avous pas encore atteint l’endémo-épidémie.

Algérie, mémoire présenté à l’Académie, compterendu par M. Gaultier de Claubry, séance du 29 février 1858.

Deuxième mémoire. Origine miasmatique des fièvres a quinquina, présenté à l’Académie.

Lu période qui s’étend du t" mal au 10 Juillet environ, a été caractérisée par une ascension très-lentement croissante dans le nombre des malades ; mais, à partir de cette époque, où l’on peut placer l’explosion do l’ondémo-épldémie, le chift're des entrées a suivi une progression très-rapidement croissante, jusqu au f' septembre, jour vers lequel le maximum des entrées doit être placé.

La période d’augment de l’endémo-épidémie ne comprend guère que juillet ; la période d’état embrasse août et scplembre; la dceroissance commence avec octobre ; elle est aussi lente que l’augmenta été rapide, et sa lenteur est rendue plus évidente encore par les rechutes, les cachexies, etc.

C’est vers le milieu de juillet que les fièvres rémittentes paludéennes à forme gastro-bilieuse établirent bien positivement leur règne. Dans les premiers temps, la lièvre débutait après une période prodromique de quelques jours, ainsi caractérisée : malaise, faiblesse, brisement des jambes, céphalalgie obtuse et quelquefois vive, inappétence, soif, embarras gastro-intestinal, quelques nausées, bouche amèie, longue chargée, quelques désordres dans la calorification, état qui s’accompagnait ordinairement d’accès quotidiens, plus ou moins francs et réguliers. Pendant ce temps, les lièvres intermittentes simples disparurent peu à peu et cédèrent la place aux rémittentes compliquées.

Ces dernières ont été appelées, par abréviation, lièvres rémittentes gastro-bilieuses. En les analysant, on dégage les éléments et les phénomènes qui suivent ; nature paludéenne, type rémittent, saburres gastriques, état bilieux. Elles ont caractérisé l’endémo-épidémie de 1850 et l’ont frappée d’un cachet tout spécial.

Dans nos pays, pendant le cours d’une épidémie, il existe ordinairement encore un nombre assez notable de maladies sporadiques, modifiées, il est vrai, dans leur marche, leurs symptômes, etc., par le génie régnant ; à Rome, au contraire, les affections isolées ont presque entièrement disparu. Ainsi, sur un relevé de 539 malades entrés en août et septembre ( MM. Molard, Mayer, Petronelli ) je ne compte que 28 affections sporadiques ; en septembre, M. Molard n’en a reçu qu’une, sur 129 entrées. L’endémo-épidémie avait donc tout envahi, et parmi les maladies ressortissant du génie paludéen, les fièvres rémittentes gastro-bilieuses ont beaucoup prédominé, comme en témoignent les chiffres sui-

vants, extraits d’un cahier de MM. Mayer et Petronelli.

Entrées en août et septembre 1850 150

dont, 1“ fièvres rémittentes gastro-bilieuses 90

2° fièvres intermittentes simples ou avec embarras gastrique. ... 41

3° Maladies diverses ((lux intestinaux, bronchites, embarras gastrique, etc. ) 21

Total. ...... 155

L’histoire des fièvres rémittentes gastro-bilieuses constitue donc presque toute la relation médicale ; aussi allons-nous leur consacrer une description détaillée.

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