AO
Épileptiforme i
Délirante l
Dyspnéique et cardialgique ... i
Hématurique et scorbutique. . . l
Total A4 (1)
Quoique le groupe sur lequel nous avons opéré soit assez restreint et ne représente qu’une partie des fièvres pernicieuses de la saison, il suffit cependant pour mettre en relief la prédominance très-marquée de certaines formes. La ■forme algide a été la plus fréquente, et si on lui joint la forme cholérique, qui ofl're beaucoup d’analogies avec elle, on arrive au chiffre 21 sur un total de A4 lièvres pernicieuses.
Nous pensons nous éloigner fort peu de la vérité en portant à 80 le nombre total des lièvres pernicieuses qui se sont présentées dans l’endémo-épidémie de 1850. 20 sujets ont succombé, c’est-à-dire 25 décès sur lOO lièvres pernicieuses.
Nous ne reviendrons pas ici sur le traitement de ces pyrexies, nous rappellerons seulement qu’il doit être double, pour ainsi dire, dans les formes dont on peut rapporter la physionomie spéciale à certaines localisations soit organiques, soit purement fonctionnelles qui alarment par leur intensité et par leur persistance. li est bien entendu que le sulfate de quinine constitue toujours la base de la médication, puisqu’il s’attaque au fond même de la maladie et non à ses phénomènes.
M. Beylot et moi nous nous louons beaucoup de l’éther, soit administré par la bouche, soit injecté dans l’intestin. Il nous semble agir en réveillant la vitalité prête à s’éteindre dans le coma ou dans l’algidité. En novembre, on nous apporta un militaire qui, atteint d’un accès pernicieux algide, était depuis plu-
(1) On a observé quelques cas de lièvre pernicieuse à forme hépatique, avec ictère et accompagnée de divers phénomènes graves, forme que nous ferons connaître dans notre clinique. Cet article était terminé, quand la Gaz. Méd. nous a appris que notre excellent collègue M. Garnier-Léteurrié avait lu à l’Académie un mémoire (Parallèle entre la fièvre iaone sporadique et les ictères graves OBSERVÉS PARMI LES SOLDATS DE L’ ARMÉE D’ITALIE E.N 1840, DESTINÉ A DÉMONTRER LA PARFAITE IDENTITÉ DE CES MALADIES) dans lequel U arrive à reconnaître l’existence à Rome d’une fièvre jaune spontanée et sporadique. Pour nous tous, il s’agit tout simplement de lièvres pernicieuses empruntant une physionomie particulière à une localisation morbide dans l’appareil hépatique, avec ictère et décomposition du sang ; cette affection n’a rien de plus spécial que les formes scorbutique, cholérique, etc., qui certes ne sont ni des scorbuts ni des choléra vrais.
sieurs heures sans pouls, sans chaleur et sans connaissance; nous lui rîmes administrer iramédiaieraent un lavement avec sulfate de quinine 2 grammes et pareille quantité d'éther; huit ou dix minutes après l’injection, il manifesta le retour à 1a vie par des mouvements spasmodiques ; un quart d’heure plus tard il commença à prononcer quelques mots.
Dans certains cas fort graves, nous avons appliqué sur l’épigastre une compresse pliée en quatre doubles et trempée dans l’eau bouillante. Ce moyeu estpeut-être un peu cruel et produit quelquefois une brûlure longue à guérir, mais nous l’avons vu provoquer une réaction si vive et si prompte, que nous le conseillons lorsqu’il y a péril en la demeure. La vie est menacée si prochainement dans certains accès pernicieux, qu’il est d’un intérêt majeur de la ranimer d’abord par tous les moyens possibles, sauf û remplir ensuite l’indication non moins importante, mais postérieure en date, de prévenir l’accès suivant.
Dans plusieurs circonstances, l’accès pernicieux a fait subitement irruption, après quelques jours de prodromes peu significatifs, ou dans le cours d’une fièvre intermittente des plus simples ; le médecin a été positivenient surpris. Dans deux cas, dont nous parlerons dans notre clinique, cet accès imprévu a été mortel. Ces enseignements graves, mais inévitables par le plus habile, recommandent une grande promptitude d’action, à l’époque de l’endémo-épidémie; ils disent aussi et hautement que, dans dé pareilles circonstances, sous la menace incessante d’accès pernicieux imprévus, la prudence ne permet qu’un fébrifuge, celui dont une vieille expérience a démontré la vertu dans le traitement des lièvres pernicieuses.
Enün, à propos de ces affections, nous ne pouvons passer sous silence un fait des plus dignes de fixer l’attention du médecin. Les fièvres pernicieuses se groupent surtout en grand nombre à l’époque de l’apogée de l’endémo-épidémie, mais on en observe encore quelques cas isolés en novembre, décembre et même eu janvier. Il est d’observalion que ces cas tardifs revêtent alors la plus haute gravité. Ainsi, à Rome, j’ai eu dans mon service, en novembre et décembre, 3 lièvres pernicieuses seulement, mais toutes trois ont été mortelles. Chez l’un de ces sujets, u grammes de sulfate de quinine administrés dans un premier accès algide et pendant l’apyrexie qui a séparé celui-ci du suivant, n’ont pas empêché ce dernier, qui a emporté le malade le troisième jour de sou entrée à l’hôpital. Le pilote du vapeur le Tibre a été également tué en trois jours par la lièvre pernicieuse algide, à peu près dans les mêmes temps.
L’autopsie des sujets qui ont succombé a la lièvre rémittente gastro-bilieuse, soit qu’elle ait conservé cette forme jusqu’au bout, soit qu’elle ait revêtu consécutivement une autre phénoménisaiion, n’a dévoilé qu’une particularité constante, c’est la pléthore bilieuse du foie, qui se trahissait bien moins par l’abondance de cette sécrétion dans le parenchyme même que dans la vésicule biliaire, énormément distendue, très-volumineuse, laissant transsuder une bile foncée qui teignait tous les organes eu contact avec elle. La face inférieure du
foie, dans un espace plus ou moins étendu, quelquefois sur toute sa superlicie, était également teinte en vert très-foncé. En incisant l’organe, on découvrait que cette teinte pénétrait de quelques millimètres à 1 centim. ou 1 centira. 1/2, jiuis cessait brusquement, à peu près sans dégradation de teinte. Quant au parenchyme, examiné dans la profondeur de l’organe, 11 a présenté des variations très-nombreuses et en même temps des caractères trop peu marqués et trop inconstants, dans sa couleur et dans sa consistance, pour que nous puissions rattacher une altération délinie ii la fièvre que nous décrivons. — L’intestin, surtout le duodénum, étaient également teints par la bile ; ce dernier organe et l’estomac en contenaient souvent une très-grande quantité; mais c’était dans la vésicule même qu’il fallait chercher les caractères du liquide biliaire: nous l’avons fréquemment trouvé épais, rempli de grumeaux si nombreux et si volumineux que la bile, s’échappant difficilement de la vésicule incisée, coulait plutôt comme une pulpe noirülre que sous forme d’un filet liquide. Nous avons observé la même distension de la vésicule et la même consistance de la bile chez un sujet qui a succombé à un premier accès pernicieux algide. M. Beylot pense, en se fondant sur son expérience en Algérie et dans l’Agro Romano. que cet état des voies et de la glande biliaire se retrouve à peu près dans toutes les lièvres pernicieuses, quelle que soit leurforme. La rate est le plus souvent augmentée de volume. On la trouve pourtant normale chez les individus qui ont succombé rapidement à une première atteinte. M. Lasserre a perdu un homme d’accès pernicieux accompagné de triple rupture de la rate.
En octobre, l’endémo-épidémie a commencé sa période décroissante, les entrants, qui avaient été de 1,250 en août et de l»070 eu septembre, ne sont plus qu’au nombre de 062. Les fièvres intermittentes se mêlent aux rémittentes en proportion de plus en plus considérable, et finissent par les surpasser en nombre; l’élément gastro-bilieux s’efface aussi graduellement, mais on a pu néanmoins en saisir les traces en novembre, mois où j’ai encore reçu, dans mon service à Saint-Dominique, quelques fièvres rémittentes avec embarras saburral et état bilieux. En octobre, on observe un certain nombre de fièvres de première invasion; mais il n’eu existe que des caslrès-r.ares pendant le mois de novembre. Les services sont alors alimentés par les rechutes et par les cachexies paludéennes.
L’aspect général des services de médecine à la fin de l’endémo-épidémie a été celui que nous avons trouvé l’an passé à Rome, celui qui existe chaque automne dans les localités palustres de l’Algérie, moins les flux intestinaux et les afl'ections du foie. Tous les hommes portaient le cachet paludéen. Mais, en 1850, les cachexies ont été moins profondes et un peu moins nombreuses qu’en 1849; de sorte que la bénignité comparative de l’cudémo-épidémie s’est manifestée et i)ai- le peu d’élévation de la proportion des décès, et parce que les résultats de la lièvre elle-même se sont traduits par une moindre détérioration de l'économie.
Nous avons dil, dans noire compte rendu de 1849, que la cachexie paludéenne se développe à des époques bien dill'ércules, que laïUol elle apparaît apiès trois à quatre rechutes, tandis que d’autres lois elle est à peine marquée après trois ou quatre mois de rechutes ou récidives rapprochées et nombreuses. Aujourd’hui nous sommes en mesure, et d’après notre expérience, et d’après celle de plusieurs collègues, de soutenir que la cachexie paludéenne peut se produire, par une absorption lente du miusme, sans donner lieu à aucun accès appréciable. Ce fait n’est pas commun, il est vrai, mais nous avons sous les yeux plusieurs militaires que trois accès en deux atteintes ont plongés dans la cachexie paludéenne.
A l’aide de la méthode suivante, nous évitons la plupart des cachexies paludéennes et nous venons à bout de celles qui sont reçues dans notre service; les rechutes sont aussi le plus souvent prévenues ou éloignées par cette médication qui n’a rien de neuf, si ce n’est peut-être sa complexité et le point où nous l’avons poussée.
Dés que la lièvre a été coupée, nous accordons immédiatement une large alimentation et nous ordonnons, pendant une huitaine de jours, la décoction de quina et quelquefois l’infusion de centaurée. Après les lièvres simples, on peut presque toujours avoir immédiatement recours à ces moyens; après les lièvres rémittentes compliquées, dont la terminaison n’est ni aussi prompte, ni aussi franche, on n’y arrive que graduellement. Un léger évacuant est quelquefois nécessaire imur faire renaître l’appétit.
Quand le sujet a déjà été modifié par l’absorption du miasme, quand son habitude extérieure trahit l’infection paludéenne, les rechutes sont imminentes, la cachexie, l’œdème, les engorgements et l’anémie menacent ; c’est ici que seprésente l’indication majeure, puisque nous sommes en présence des accidents qui rendent pour de longs mois le militaire incapable de remplir ses obligations. Je prescris une alimentation généreuse et du vin; je donne chaque jour une décoction de quina, un litre d’infusion de centaurée, du café et des ferrugineux. Après une période de huit à quinze jours, à l’époque du retour présumé de la fièvre, j’administre 0,6 à 0,8 de sulfate de quinine, avec un vomitif, si l’étal des voies digestives en fournit l’indication.
Celte méthode a une très-grande efficacité pour prévenir le développement de la cachexie paludéenne; c’est là un résultat très-net et très-positif. Quand cette cachexie est déclarée, cette médication lutte victorieusement contre elle, quoique avec lenteur, dans la grande majorité des cas. 11 nous est arrivé plus d’une fois de nous étonner qu’un régime aussi animalisé, aussi généreux, que les toniques et les ferrugineux modifiassent si lentement les constitutions modifiées par le miasme. Nous avons dû, dans cei tains cas, insister pendant un à deux mois ; mais c’est encore un succès, puisque beaucoup de sujets qui ne sont pas soumis à cette médication tombent dansun état cachectique qui dure cinq et six mois, cl va meme ju.squ’à les mettre dans l’impossiliiliié de
supporter l’endémo-épidémie suivante. Il faut donc de la persévérance. Arrive un moment où le rétablissement de la santé marche avec rapidité. On dirait que, pendant un certain temps, les toniques n’agissent point en réconfortant, mais seulement en arrêtant le cours de la dissolution cachectique. Telle est la règle ; mais dans un certain nombre de cas, les bénéüces de la méthode ont été plus marqués: des cachexies paludéennes des plus profondes, avec anémie, anasarque générale, ont cédé comme par enchantement. Nous ferons connaître ces faits dans noire clinique.
Quand on a affaire à des sujets plongés dans une cachexie profonde, il faut ajouter à la médication quelques boissons nitrées, des frictions abdominales avec les teintures de scille et de digitale, parfois des purgatifs légers. Le vin de cannelle composé nous a paru un utile stimulant. Le sulfate de quinine, à doses modérées, devra être prescrit tous les sept ou huit jours. La rate est quelquefois le siège de douleurs assez aiguës pour exiger quelques ventouses scaj iGées. M. Mignot se loue des frictions térébenlhinées le long du rachis, comme accélérant les fonctions nerveuses organiques, et partant la nutrition et la réparation.
Le second bénéfice de la méthode dont nous parlons, c’est de prévenir ou d’éloigner les rechutes. Pour arriver à ce résultat, il faut que l’alimentation, les ioniques et les doses modérées de quinine tous les sept ou huit jours, soient prescrits et marchent en même temps. Les relevés pris dans nos cahiers de clinique nous ont prouvé qu’à l’aide de ces moyens, tantôt on évite tout à fait les l echuies, tantôt oiiTompt leur périodicité et on allonge peu à peu l’intervalle qui séparait primitivement deux rechutes. Nous avons essayé de ne pas presciire de sulfate de quinine à certainéh époques à peu prés régulières, mais alors les succès ont été moindres, quoique bien évidents encore.
Les résultats que nous avons obtenus nous semblent devoir encourager l’emploi de ce traitement tonique, quinique et évacuant. Il est probable qu’il peut être rendu plus ellicace encore, car notre ami le docteur Houneau nous écrit de Saint-Denis du-Sig (province d’Oran), qu’à l’aide d’un heureux emploi des toniques et des vomi-purgatifs, U est parvenu à éviter toute rechute, et, au moment d’adresser à l’Académie ce travail déjà terminé, nous apprenons par la presse médicale (Gaz. Méd., 8 mars I85t) que notre ami le docteur Durand (de Lunel) a pu, à l’aide d’un traitement avec lequel le nôtre concorde, n’avoir plus que 6 rechutes pour 100, au lieu de 87.
L’arsenic, nous l’avons déjà dit, n’a point répondu, comme prophylactique, à la réputation qu’on voudrait lui faire. Si nous revenons sur ce sujet, c’est afin de donner quelques chiffres. L’arsenic, qui coupe net 13,88 fièvres O.iO, tandis que la quinine en coupe 50,00 0/0, a encore plus complètement échoué quand il s’est agi de prévenir les récidives ; ainsi, pour citer quelques exemples seulement : 1» rechutes après vingt-cinq jours d’arsenic, de 0,01 à 0.03, suivis de deux jours de suspension de ce médicament; nouvelle rechute après douze
jours d’arsenic, de 0,03 à 0,04, précédé d’un vomitif; la lièvre n’est pas coupée par un vomitif suivi de quatre doses d’arsenic, de 0,03 à 0,00. La médication quinique, précédée d’un vomitif, modilie immédiatement, puis coupe la lièvre ; 2“ rechute le dixiéme jour de l’administration quotidienne non interrompue de l’arsenic, précédé d’un vomitif; 3° rechute le dix-huitième jour de l’administration de l’arsenic ; 4* accès pernicieux le septième jour, etc., etc. (1).
Si, dans les hôpitaux, on peut, avec des soins et de la surveillance, prévenir beaucoup de rechutes, il n’en est pas de même à la caserne, où tout cela manque à la fois. Qu’on nous permette ici une remarque entièrement pratique. La caserne et l’hôpital sont des milieux bien différents, quant aux causes occasionnelles et déterminantes, aux conditions hygiéniques de toute sorte, aux circonstances perturbatrices de l’action des remèdes; aussi obtient-on, avec la même dose de quinine, de bien meilleurs résultats dans les salles des hôpitaux qu’au quartier. Nous avons maintes fois vérilié ce fait. En Algérie, la plus grande dépense de sulfate de quinine est faite dans les corps de troupe mêmes et non pas dans les hôpitaux. Aussi n’est-ce qu’un rêve philanthropique, cette velléité de proposer de ne plus faire entrer aux hôpitaux les fébricitants, mais de leur distribuer, au guichet, une dose d’arsenic, en les renvoyant chacun dans leur caserne.
M. Beylot, dans le but d’experimenter le sulfate de quinine comme prophylactique de rechutes, a eu l’idée de donner, chaque huit jours, 0,6 de ce sel à tous les fiévreux qui ne présentaient plus d’accès. Son service était, à cette époque, assez considérable pour lui permettre d’opérer sur des nombres élevés. Voici le résultat de ses expérimentations : les jours les moins chargés de rechutes pendant le mois, sont, par ordre d’immunité, le lendemain de l’administration, le surlendemain, le jour même, et le jour le plus chargé est la veille de l’expérience. M. Beylot fera connaître lui-même les chiffres précis (2).
(1) Depuis l’envoi au conseil de santé des armées de notre mémoire sur l’emploi de l’arsenic contre les fièvres à quinquina, MM. Cordier en Algérie, Armand en Italie, sont venus confirmer nos résultats par les leurs. Salvagnoli, dans son savant ouvrage sur les maremmes de la Toscane, dit que, sur 16 lièvres traitées par l’acide arsénieux, 15 ont été absolument rebelles à ce médicament et ont cédé aux moyens usuels. M. Minzi, médecin de l’hôpital central des marais Pontins, a renoncé à l’arsenic après l'avoir expérimenté sur 400 fiévreux à peu près. 11 proteste contre l’assertion de M. Boudin, qui considère les médecins d’Italie comme favorables ù ce médicament.
(2) Qu’il nous soit permis de revenir, à propos de la cachexie paludéenne avec extravasation séreuse, sur un fait dont nous avons déjà dit quelques mots dans nos travaux sur l’Algérie et sur l’Agro-Romano. Chez les individus placés dans ces conditions, les rechutes revêtent facilement la forme comateuse; M. Malard a noté avec soin cette fréquence de la somnolence et du coma che’z
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On se rappelle que, l’an passé, un dépôt de convalescents a été créé à Frascali, pour recevoir les hommes que le miasme avait profondément modiliés. En 1850, grâce aux sollicitations do M. Lacauchie, officier de santé en chef, on a pu faire profiter de l’air salubre de Frascati et d’Albano les hommes menacés lie cachexie ; mais la détermination a été prise trop tard (25 septembre), et d’autre part, l’autorité militaire et l’administration n’ont pas consenti aux mesures nécessaires pour assurer aux convalescents le bénéfice complet de cette mesure. Il reste encore bien des choses à dire sur le changement de climat, conseillé aux individus qui présentent les conditions sanitaires dont il est question. Si on les envoie dans une localité dont l’air est pur, vif et frais, alors qu’ils ont contracté dans' la plaine des germes malfaisants qui ont infecté toute l'économie, le miasme, jusqu’alors latent ou incubé, fait souvent irruption avec ^iolence. Les médecins d’Albano ont dit à M. Viennet, chirurgien sous-aide chargé du dépôt de convalescents, que de pareils faits n’étaient pas rares dans cette localité, et que l'air d’Albano semblait avoir la propriété d’accélérer les rechutes, dans les premiers temps, mais qu’ensuite son bénéfice ne tardait pas à se faire sentir d’une manière durable. Il faudrait donq un séjour assez prpongé pour que les dépôts de convalescents fussent réellement utiles; il serait également nécessaire de les ouvrir de meilleure heure, et de ne pas attendre que les hommes fussent trop profondément imprégnés pour les diriger sur ces établissements.
M. Dutroulau, médecin en chef de la marine aux Antilles, est arrivé à des principes pareils à ceux que professent les médecins d’Albano. Il ressort, des nombreux rapports qu’il a dépouillés, que, notamment sur les côtes de Madagascar, les marins qui ont le plus séjourné à terre sont le plus atteints, mais que le$ fièvres éclatent surtout, et avec une extrême violence, après le rembarquement des marins imprégnés, tandis qu’à terre, le caractère de ces pyrexies n’est point aussi grave.
ces sujets, tandis que les autres malades, non infiltrés, qui venaient à rechuter, ne présentaient que rarement ces phénomènes. Dans ces cas, c’est l’augmentation de l’épanchement séreux dans les méninges qui commande la forme. Un accès n’est pas même toujours nécessaire pour que le coma survienne chez ces individus; nous avons vu certains sujets succomber aune véritable apoplexie séreuse dont les symptômes se sont brusquement déclarés. Non-seulement les cavités méningiennes et cérébrales contenaient de la sérosité, mais souvent la pulpe était elle-même humide, molle, comme macérée. A une certaine quantité de sérosité tolérée par le malade, ou qui ne produisait qu’un peu de somnolence, s’était ajoutée, soit par sécrétion, soit par une véritable métastase, une nouvelle quantité de sérosité, sous la pression de laquelle le cerveau avait cessé ses fonctions.
L’envoi en congé de convalescence, les soins de la taniille sont nécessaires aux boniines cachectiques, anémiques, inliltrés, porteurs d’engorgements viscéraux. L’an passé, le général Barraguay d’IIilliers, comme nous l’avons dit, a largement et salutairement usé de ces congés de convalescence. Eh bien ! cette année, on les a au contraire entièrement supprimés, au moment où ils étaient le plus nécessaires. L’envoi au dépôt du corps ne peut suppléer aux soins de la famille. Bien pins, on refusait même de diriger sur le dépôt les militaires de la classe de 18.W, fussent-ils plongés dans la cachexie la plus profonde. La formule militaire prétendait réglementer la maladie. Ces énormités se commettront toujours tant qu’on persistera dans le système de prendre les plus graves résolutions médicales, sans consulter aucun médecin.
Pour que les détails ne nuisent pas aux vues d’ensemble, nous avons suivi l’eiulénio-épidémie dans ses trois périodes d’augmcnt, d’état, de décroissance, en envisageant seulement le genre paludéen dans son expression la plus générale, les fièvres à quinquina, et dans leur forme la plus commune, la lièvre rémittenie gastro-bilieuse. Nous allons maintenant revenir sur nos pas, et dire quelques mots des autres formes moins générales qu’a revêtues le génie endémo-épidémique : nous voulons parler des diarrhées et surtout des dyssenteries, des affections du foie, et des accidents cholériformes.
Les diarrhées et les dyssenteries n’ont pas été plus fréquentes à Rome qu’elles ne le sont communément en France en temps ordinaires; elles n’ont pas non plus été graves, ainsi qu’on s’en assurera en jetant les yeux sur les colonnes de la mortalité pour les trois dernieis trimestres de 1850. En 1819, nous avons observé un certain nombre de diarrhées idiopathiques; mais les plus dangereuses ont été ces flux intestinaux symptomatiques qui surviennent chez les cachectiques, surtout dans la période ultime de la maladie. La première espèce a été bien moins fréquente en 1860, et la seconde a également conservé la même infériorité. Nous avons dit, en eil'et, que les cachexies paludéennes ont été moins profondes; nous ajouterons qu’à intensité égale, elles impressionnaient bien moins vivement le tube digestif en 1850 qu’en 1819.
Les dyssenteries se sont présentées comme des faits rares, isolés; on n'en compte pas plus d’une quinzaine dans le cours de l'été et de l'automne. Elles n’ont pas eu de gravité.
Le peu de flux intestinaux quel’on a observés ont été attaqués par la médication dont l’excellence a été mise hors de doute par l’expérience des médecins militaires en Algérie : nous voulons parler des évacuants, notamment de l’ipéca uni au calomel. Pour nous, il est acquis à la science que ce traitement est le seul bon. Notre clinique nous fournira des faits recueillis à Cività-Vecchia et à Rome, qui nous paraissent propres à donner appui à celte vérité thérapeutique.
Dans notre compte rendu pour 1849, nous avons fait ressortir les difl'érences qui existent entre la pathologie de l’Agio Romano et de l’Afrique septentrionale. En 1850, elles ont été plus marquées encore. Les flux intestinaux étaient si peu
nombreux que M. l.asserre nous écrit avoir noté plus de bronchites que de diarrhées et de dyssenteries.
Dans l’arrière-saison endémo-épidémique, la mortalité, en Algérie et principalement dans sa province occidentale, est due surtout eux diarrhées et aux dyssenteries. Rien de pareil dans l’Agro Roraano. En 1849, il y a eu un certain Membre de flux intestinaux primitifs et consécutifs; en 1850, 11s ont été à peu près nuis. Les fatigues furent pour beaucoup, sans aucun douf-, pour la production de ces maladies en 1849 ; on sait que l’armée campée en plein air avait travaillé aux opérations du s éie, et s’était trouvée ensuite, à Rome, dans de fort mauvaises conditions hygiéniques. En 1850, il n’en a pas été de même; nos troupes ont joui du repos de la garnison, et leur casernement à reçu de notables améliorations. On pourrait conséquemment avancer que ce sont les fatigues seules qui établissent, quant aux flux intestinaux, ces diflërences entre la pathologie algérienne et romaine; mais ii n’en est rien. En effet, en comparant soit nos troupes en garnisons en Algérie et à Rome, à Cività-Vecchia, à Vilerbe, etc., soit les populations civiles en Afrique septentrionale et dans les villes de l’Agro Romano, on arrive à noter à peu près les mêmes différences. Seulement il reste établi que les fatigues, les privations, la mauvaise hygiène contribuent puissamment à la production des flux intestinaux.
Nous avons déjà dit que les hépatites automnales ne sont pas fréquentes à Rome comme en Algérie. Cette opposition entre la pathologie, des deux pays s’est encore vérifiée en 1850. Le foie comme la rate, mais à un bien moindre degré, est le siège d’une certaine congestion dans les fièvres paludéennes ayant présenté un nombre suffisant d’accès. Celte congestion, soit active, soit passive, a été évidente dans plusieurs fièvres rémittentes ga.stro-bilieuses, mais l’hépatite proprem.’nt dite et les abcès n’ont guère été rencontrés que sur cinq à six sujets. Nous avons vu que l’autopsie des individus emportés par les pyrexies paludéennes, avait révélé une pléthore bilieuse bien plutôt qu’une congestion sanguine de l’organe. En Algérie, comme nous l’apprennent MM. Catteloup et Haspel, cen’est guère qu’après un an de séjour que les affections organiques du foie se développent. A Rome et à Cività, cette localisation du genre paludéen n’existe pas, puisque nos troupes en ont très-peu souffert dans la seconde année de l’occupation, et que la population civile n’en est pas non plus notablement affectée. Ces divei,ses manifesUtions de l’infection miasmatique n’ont rien qui doive étonner quand on compare l’Agro Romano à l’Algérie, car elles se font même sentir dans cette dernière région. En effet, les maladies du foie sont beaucoup plus fréquentes dans la province d’Oran que dans les deux autres; ici, en revanche, les pyrexies palustres proprement dites sont plus communes, M. Dutroulau, médecin en chef de la marine, pense qu’on parviendra peut-être à rattacher certaine forme de l’affection paludéenne à certaineforme des foyers générateurs signalés dans notre premier mémoire à l’Académie. C’est là une belle source de recherches.
Une lies phénoménisalions paliuléennes les plus intéressantes à étudier, c'est la forme cholérique, qui a régné avec une certaine extension dans la dernière quinzaine de juillet et a encore présenté quelques cas au commencement d’août. On dirait que cette forme a tenté d’imprimer son cachet à l’endémo-épidémie, puis que la forme rémittente gastro-bilieuse a pris le dessus et a continué à dominer pendant toute la saison.
M. Mayer s’exprime ainsi dans son rapport pour le mois de juillet: « Une autre forme pathologique que nous devons rapporter à la même influence, aux mêmes conditions étiologiques et morbides, c’est la diarrhée cholériforme et le choléra sporadique, dont les cas n’ont pas laissé d’ôtre nombreux et quelquefois de présenter un certain degré de gravité. » M. Mayer a perdu, en août, un sujet ayant présenté des symptômes tels qu’en temps d’épidémie on n’eût pas craint de diagnostiquer un choléra indien. MM. Beylot, Lasserre, Molard, Mignot, me signalent également ces accidents cholériformes, aux époques précitées. Nous nous rapprocherons beaucoup de la vérité en portant à une quarantaine le nombre des sujets qui ont présenté soit des accidents cholériformes symptomatiques de pyrexies paludéennes d’ailleurs bien caractérisées, soit le choléra sporadique proprement dit. Comme nous n’étions pas à Rome à cette époque, il nous serait dilllcile d’entamer ici celte question importante : Jusqu’à quel point ces accidents cholériformes doivent-ils être mis sur le compte de l’intoxication paludéenne (I), et ne serait-il pas possible d’y voir une manifestation mitigée du choléra épidémique qui régnait sur d’autres points de l’Italie? A Cività-Vecchla nous avons eu deux cas de choléra sporadique, dont l’un surtout eût compté, en temps d’épidémie, pour un choléra asiatique de moyenne intensité. Dans nos Leçons cliniques, nous montrerons que ces accidents cholériformes n’étaient qui le masque d’une fièvre pernicieuse, et que le spécifique les a jugés avec sa rapidité et sa sûreté ordinaires.
Nous avons terminé l'esquisse de l’endémo-épidémie; complétons l’histoire médicale en disant quelques mots des affections sporadiques intercurrentes; elles figurent en petit nombre, comme cela a déjà été dit.
Les dothinentéries ont été très-rares en juillet, août, septembre ; on n’en compterait pas plus d’une dizaine pour tout Rome. En octobre et novembre, on en a observé autant que pendant tout le trimestre précédent; et, à cette époque, ce chiffre a acquis une grande importance relative, à cause de la forte diminution du nombre total des malades.
L’an passé, au contraire, les dothinentéries ont été assez fréquentes, surtout dans les premiers mois, môme en déduisant de leur chiffre total les fièvres pa-
(I) En Algérie, dans les localités palustres, on observe tous les ans des accidents cholériformes qui n’ont rien de commun avec le choléra indien. Nous en avons nous-méme été témoin.
luddeiines à masque typhoïde, qu’on a souvent confondues avec elles par nrie erreur de diagnostic assez diflicile à éviter.
Ces oscillations dans le règne de la dothinentérie s’expliquent parfailement. L’expérienee d’Afrique nous a appris, et M. Haspel vient de le confirmer dans son bon livre, que les dothinentéries ne sont pas rares chez les militaires arrivés nouvellement de France; mais qu’après un an de séjour ces affections ont à peu près disparu. En un mot, l’immunité contre la fièvre typhoïde croît avec là longueur du séjour en Algérie.
Eh bien! la dothinentérie a suivi celte loi, à Rome, avec une remarquable précision. En 1849, nos troupes, fraîchement arrivées, souffrent des atteintes de la»fièvre typhoïde; mais en 1860 celle-ci ne fait que de rares apparilions. Bien plus, MM. Mayer, Molard, Beylot et moi, nous nous sommes assurés que les trois quarts au moins des hommes atteints de dothinentérie arrivaient de France depuis quinze jours, un, deux ou trois mois. L’espèce de petite recrudescence d’octobre et de novembre s’explique très-bien 'par l’arrivée récente d’un trèsgrand nombre de recrues, destinées à compléter l’effectif des régiments. ACivita- Vecchia, où j’ai pris soigneusement l’observation de tous mes malades, je ne trouve, sur 5 dothinentéries, qu’un seul homme dont l’arrivée en Italie date de l’occupation.
Il nous semble que la loi pathologique relative à la dothinentérie dans les pays chauds ne peut pas recevoir une plus éclatante confirmation.
Parmi les autres affections sporadiques, nous découvrons peu de chose qui mérite d’étre signalé.
Gommé l’an passé, on a observé quelques cas isolés de méningite cérébro-spinale. Chez 7 sujets, on a pu vérifier le diagnostic par l’autopsie.
Le nombre des fièvres éruptives a été très-restreint; l’an passé elles se sont montrées plus nombreuses.
Les phthisies pulmonaires n’ont pas été rares; elles figurent pour 16 dans le tableau de la mortalité, c’est-à-dire qu’elles ont produit presque autant de décès que les fièvres pernicieuses qui ont causé la mort de 20 sujets. Pour tirer de ces chiffres quelques arguments relatifs à la question de l’antagonisme, il faudrait savoir si ces hommes arrivaient récemment de France, ou séjournaient en Italie depuis la conquête. Mais il est incontestable, et ce fait a plus de valeur, que la phthisie est loin d’être rare à Rome. Les précautions singulières qu’on prend pour empêcher la propagation de cette maladie réputée contagieuse, sont là pour le prouver.
Les affections inflammatoires de la poitrine sont des exceptions en été. La bronchite, la dyspnée, les douleurs pleurétiques ne se montrent guère que comme symptômes de certaines fièvres, encore cet épiphénomène a-t-il été rare à Rome en 1850, tandis qu’à Cività-Vecchia, comme nous le verrons dans un autre travail, il a au contraire accompagné un assez grand nombre de fièvres pour imprimer un cachet spécial au genre paludéen régnant.
A propos de la conslitiilion de l’hiver, nous reviendrons sur les affections de poitrine.
Aprt's avoir tracé i’histoire de l’cndcnio-êpidémie de 1850, et avoir indiqué les maladies intercurrentes, résumons-nous en quelques mots, et caractérisons comparativement la constitution médicale de 1819 et do 1850.
Développement très-rapide de l’endémo-épidémie; juillet est très-chargé en entrées : 8,50 sur tOO hommes d’effectif.
Apogée de l’endémo-épidémie vers le milieu d’août.
Mortalité très-élevée dès l’origine :
6,50 sur 100 liommes traités, en juillet. C’est la plus forte du semestre.
Gravité beaucoup plus grande de l’endémo-épidémie ; dans le deuxième semestre, 5,40 décès sur lOO hommes traités.
A l’apogée de l’épidémie, i4 hommes hors de service sur 100 valides.
Donc l’épidémie, beaucoupplus grave, a un peu moins d'extension.
Beaucoup de fièvres pernicieuses du caractère le plus grave ; fièvres rémittentes gastro-bilieuses; fièvres subcontinues nombreuses, aurtoul à masque typhoïde.
Les lièvres paludéennes laissent tant de reliquats , que l’arrière-saison endt^ mo-épidémique empiète sur 1851 .
Développement moins rapide; juillet est moins chargé en entrées : 3, 19 pour
Apogée dans les derniers jours d’août et dans les premiers de septembre.
La mortalité de juillet n’arrive qu’en quatrième ligne dans le semestre.
Gravité moindre; dans le deuxième semestre 1851, 1,02 décès sur 100.
A l’apogée de l’épidémie, 17 hommes hors de service sur 100 valides.
Donc l’épidémie, beaucoup moins grave, a un peu plus d’extension.
Moins de fièvres pernicieuses proportionnellement ; presque toute la pathologie est monopolisée par la rémittente gastro-bilieusé ; peu de fièvres subcontinues, peu de complication par l’état typhoïde bien prononcé.
Les fièvres paludéennes laissent moins de reliquats ; l'arrière-saison finit avec l’année 1851.
Fièvres typhoïdes (dothinenléries) en nombre très-notable.
Diarrhées et dyssenteries idiopathiques en nombre notable.
Diarrhées symptomatiques de cachexies paludéennes, nombreuses.
Une influence de typhus nosocomial se fait sentir ; elle aggrave, complique les maladies régnantes, et se manifeste même individuellement.
Nous avons dit, au commencement de ce travail, que l’arrière-saison endémoépidémique de 1850, rentrant dans la loi commune à laquelle avait fait exception l’épidémie précédente, s’était circonscrite dans les mois de novembre et de décembre, sans empiéter notablement sur l’année 1851. Il nous reste maintenant à esquisser le caractère de ces deux mois ; nous terminerons en montrant comment la constitution hivernale s’est établie en janvier 1851, et a duré jusqu’au milieu de mars.
A Rome, chez la population sédentaire, le génie inflammatoire règne moins qu’en France, mais plus que dans les localités chaudes et palustres de l’Algérie. Les phlegmasies ne sont pas purement et nettement inflammatoires, mais bien plutôt catarrhales, rhumatoïdes, membraneuses, rarement parenchymateuses profondes; l’élément douleurs joue un rôle important; le genre nerveux se met facilement de la partie. Les affections se montrent longues à disparaître, comme elles sont souvent lentes à s’établir; les évacuants doivent être employés concurremment avec les antiphlogistiques. La saison endémo-épidémique laisse après elle tant de reliquats, qu’ils étouffent par leur nombre les affections sporadiques de novembre, de décembre, et quelquefois des premiers jours de janvier. Les inflammations ne prennent guère le dessus que pendant ce dernier mois, et leur règne éphémère ne dure que deux à trois mois.
L’état sanitaire de nos troupes a présenté des analogies et quelques différences avec celui de la population romaine. Dans l’hiver de 1849 à 1860, le nombre des cachexies paludéennes persistantes a prolongé jusqu’en mars 1850 l’arrière-saison endémo-épidémique, malgré le haut chiffre des vieux fébricitants envoyés en convalescence en France. La constitution hivernale a bien été catarrhale et rhumatoïde, mais sur ce fond commun, ont été brodées, pour ainsi dire, quelques
Elles sont fort rares et sévissent presque toujours, non sur les acclimatés, mais sur les nouveaux arrivés.
Beaucoup moins fréquentes.
Beaucoup plus rares.
Rien de semblable en 1850.
plilegmasies profondes, bien légitimes cl bien fianclies, avec üèvre vive. C’est que nos soldats, incomplètement modlllés par le climat, réagissaient encore comme dans leur pays natal. Ainsi nous comptons, en janvier et février 1851, 7 décès par suite de pleuropneumonie, et plusieurs de ces affections ont été nettement inflammatoires comme en France.
Les choses se passent différemment dans cet hiver de 1850 à 1851. Les reliquats de lièvres persistent en novembre et décembre; ces deux mois sont essentiellement marqués au coin du genre catarrhal et rhumatoïde. En 1851 s’établit la constitution hivernale avec les caractères qu’elle revêt ordinairement à Rome.
Esquissons rapidement les principaux traits de ces deux époques, savoir, d’une part, novembre et décembre 1850, et, d’autre part, janvier et février 185t.
Dans la première de ces deux périodes, les plilegmasies ont quelque chose da vague, de diffus, d'erratique ; la douleur et l’hypersécrétion ont une part presque partout ; la réaction, quoique vive dans certains cas, ne cède point franchement aux antiphlogistiques purs; les évacuants comme médecine substitutive, et l’émétique comme hyposthénisant doivent leur venir en aide. La subacuité est fréquente, même pour deux maladies qui sont ordinairement, chez nous, aiguës et rapides dans leur développement; nous voulons parler de la pleurésie et du rhumatisme articulaire. Les parenchymes sont rarement envahis par l’inflammation ; les muqueuses et les séreuses constituent leur siège privilégié. Les bronchites, hypersécrétantes, quelquefois dyspnéiques, sont plutôt des catarrhes aigus que des inflammations pures. Les ventouses scarifiées, l’émétique, les vésicatoires composent la médication. On les déracine assez diffleilement ; elles se prolongent en mourant pendant trois semaines, un mois. L’expectoration demande quelquefois à être aidée par la scille et le kermès. Les rhumatismes articulaires et musculaires restent snbaigus-, leur durée est longue; ils parcourent tout le corps et envahissent plusieurs fois, à diverses reprises, la même articulation. Il arrive parfois que le malade se sente assez bien, pour se croire guéri et se permettre la promenade, et que cette courte amélioration soit suivie d’une recrudescence plus vive que la première atteinte. Les alternatives peuvent durer d’un à trois mois. Les rhumatismes finissent , dans certaines circonstances, par s'enraciner teliemcnt, qu’ils constituent une affection chronique dont les recrudescences irrégulières forcent le sujet ù prendre le lit de temps en temps. Il est à remarquer que, même devenus chroniques, ils ne sont pas toujours tout à fait localisés, mais se transportent encore, quoique lentement, d’une articulation à l’antre, le plus souvent sans sortir du même membre. Le sang est couenneux. Une, rarement deux saignées, la poudre deDower, de 0,5 à 1,0, le nitre à forte dose, des vésicatoiies volants poursuivanf le mal dans les diverses articulations des cataplasmes, quand celles-ci ne sont envahies que pour un temps trop court tel est le traitement qui nous a le mieux réussi. Les boissons nltrées doivent être continuées après la cessation du mal, pour éviter les rechutes toujours menaçantes. A Cività-Verchbi, nous avons eu, en plein été, une véritable petite épi-
Zl7
démie de rhumatismes subaigus, dontnousdirons quelques mots en tempscllieu.
Les angines sont peu nombreuses, les coryza plus fréquents, les flux intestinaux fort rares et sans appareil inflammatoire.
Le développement des épanchements pleurétiques est des plus insidieux : le malade ne s’adresse souvent au médecin qu’à une époque où le niveau du liquide dépasse déjà le téton, et nous avons sous les yeux deux sujets chez lesquels la matité a atteint la clavicule, sans que nous ayons jamais observé de fièvre un peu notable. Arrivé à ce point, l’épanchement est des plus réfractaires à tous les moyens conseillés en pareil cas. Si la suffocation devient imminente, tout le monde est d’accord sur ce point, qu’il faut pratiquer la thoracentèse. Mais faut-il réellement attendre cette extrémité? Quand on a épuisé toute la thérapeutique sans le moindre résultat, ne doit-on pas opérer? On n’oubliera pas que l’on a, dans ces circonstances, d’autant plus de chances favorables qu’on temporise moins. ’
Un de nos confrères (le docteur Donzel), affecté d’un épanchement pleurétique insidieux, dont il ne s’est aperçu que trop tard, a dû la prolongation de sa vie pendant plusieurs mois à huit ponctions thoraciques, qu’il réclamait lui-même, comme une planche de salut, quand l’asphyxie le menaçait. Le calme amené par l’évacuation du liquide a été d’autant plus prolongé, et l’épanchement d’autant plus lent à se reproduire qu’on envisage les thoracentèses les plus rapprochées de la première. L’opération en elle-même a été d’une complète innocuité. L’autopsie a montré que la plèvre n’était plus qu’une couenne épaisse. Peut-être eussions-nous sauvé notre confrère en l’opérant avant cette incurable transformation.
Voici le tableau, par genre de maladies des fiévreux entrés à l’hôpital Saint- Dominique, en novembre et décembre 1850.
Tableau ii” 7.
TABLEAU, PAR GENRE DE MALADIE, DES FIÉVREUX ENTRÉS A l’hÔPITAL SAINT- DOMINIQUE, EN NOVEMBRE ET DÉCEMBRE 1850.
Affections endémo-épidémiques.
Fièvres intermittentes de tout type 94
Fièvres graves et pernicieuses 3
Fièvres rémittentes 9
Cachexies paludéennes 20
Fièvre et diarrhée 1 0
Congestions hépatiques 3
Diarrhées ^
Dyssenteries 2
Total
Affteliont mix(a».
Fièvre arec bronchite ou point pleurétique is
Affections sporadiques.
Dronchites 10
Pleurésies avec ou sans épanchement 5
Phthisie 3
Affection organique du cœur, asthme 2
Rhumatisme articulaire et musculaire 9
Embarras gastrique 1
Angine 1
Fièvres éruptives 3
Fièvre typhoïde 0
Total 40
Total général igg
Ce tableau est la preuve des propositions que nous avons avancées ; complétons-le par quelques réflexions. 1* Les affections endémo-épidémiques, ou plutôt leurs reliquats, sont encore en si grand nombre que la colonne à eux destinée porte le chiffre 145, tandis que les maladies sporadiques ne figurent que pour 40 dans le total général des 198 entrées. 2° Si la population des hôpitaux est encore en très-grande partie formée par les affections d’origine paludéenne, le miasme ne manifeste néanmoins plus guère son activité par des pyrexies de première invasion ; on n’observe presque plus que des rechutes et des accidents consécutifs à des imprégnations antérieures. En novembre, nous avons noté, dans notre service, 3 fièvres seulement de première invasion, mais l’intoxication a encore trahi sa haute énergie par deux fièvres pernicieuses suivies de mort ; en décembre, nous avons perdu un homme de fièvre pernicieuse comateuse, mais aucune pyrexie de nouvelle invasion n’a été notée. 3» Le genre catarrhal et rhumatoïde a été évident, non-seulement par l’existence d’affections sporadiques présentant ce caractère, mais plus encore par les complications qui marchaient avec les fièvres.
Un mot, maintenant, sur la constitution médicale de janvier et février 1851 ■ nous ramènerons ainsi notre histoire au point où nous l'avons prise; nous compléterons le cercle des phases que parcourt chaquç année médicale.
Voici le tableau des entrées à l’hôpital en janvier et février 1851. Un seul hôpital existait alors. Notre relevé porto donc sur toutes les entrées fournies par la garnison.
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Tableau d° 8.
TABI.EAÜ, PAR GENRI DE MALADIES, DES FIÉVREUX ENTRÉS A l’hÔPITAL MILITAIRE DE ROME, EN JANVIER ET FÉVRIER 1851.
Affections endémo-épidémiques.
Fièvres intermittentes de tout type 103
Fièvres rémittentes 2
Fièvres graves et pernicieuses 3
Fièvre et diarrhée l
Cachexies paludéennes 23
Congestions hépatiques . • I
Diarrhées 2
Dyssenteries légères 4
Total 139
Affections mixtes.
Fièvre avec bronchite ou point pleurétique 28
Affections sporadiques.
Bronchites
Pleurésies avec ou sans épanchement 20
Phthisie • • 2
Pleuropneumonies. ^
Pleurodynie 1
Affections organiques du cœur 2
Angines 2
Embarras gastrique ^
Ictère. . 1
Péritonites aiguës spontanées 3
Hématurie *
Congestion cérébrale 3
Méningite cérébro-spinale 2
Manie furieuse *
Fièvres éruptives 10
Fièvre inflammatoire 10
Fièvre typhoïde 2
Rhumatismes articulaire et musculaire 10
Total. 101
Total général 268
On voit que les affeclions sporndlqiics qui, on novembre et décembre 18S0, n’onl été qu’au nombre de 40, tandis que les aircclions endémo-épidémiques atteignaient le chiffre 146, ont, en janvier et février 1851 , presque égalé les maladies endémo-épidémiques, les premières ayant été de 101, les secondes de 139. De plus, les affections que nous appelons mixtes, c’est à-diro ces fièvres accompagnées de bronchite ou de pleurésie ont également augmenté de fréquence. La constitution hivernale a exercé une influence plus étendue encore : une grande partie des accès de fièvre s’accompagnaient, comme épiphénomène, de toux sèche qui se montrait en même temps que l’accès et ne lui survivait que d’une heure o'i deux. Celte toux symptomatique ne nous a semblé exiger aucun traitement spécial.
L’absence presque complète des flux intestinaux est assurément un fait fort remarquable, surtout si on compare cet état sanitaire avec celui qui existe en Algérie à pareille époque.
Les rhumatismes musculaires et surtout articulaires conservent les mêmes caractères et la même fréquence ; ils se montrent tout aussi rebelles et sortent aussi rarement de la sub-acuité; plusieurs s’accompagnent d’amaigrissement du membre affecté, de gêne dans les mouvements, de déformation des jointures. Les pleurésies deviennent plus communes et revêtent un caractère plus franchement inflammatoire. Eiles exigent des évacuations sanguines locales répétées, et quelquefois la phlébotomie. Les inflammations sont plus profondes et gagnent les parenchymes; nous observons 4 pleuropneumonies. Les fièvres éruptives, prennent de l’extension ; ce sont presque toutes des varioloïdes, et 2 varioles confluentes. Les fièvres typhoïdes demeurent rares; nous en comptons seulement 2. Gomme l’an passé, on observe quelques cas isolés de méningite cérébro-spinale. Nous appelons l’attention sur 3 péritonites spontanées, affection fort rare. L’une a été peu aiguë; le sujet a guéri. Les deux autres ont été suraiguës et générales : un sujet a succombé le quatrième jour, le second a guéri, grâce à 320 sangsues, à 3 phlébotomies et à des frictions mercurielles à haute dose. Le symptôme douleur a été excessif, persistant, lorsque l’inflammation avait déjà cédé; nous l’avons fait disparaître avec peine, en donnant la teinture d’opium à 60 et 80 gouttes par jour, et en faisant onctionner l’abdomen avec une pommade dans laquelle entraient lO grammes d’extrait de belladone. L’individu atteint de manie furieuse, avec prédominance d’idées religieuses, a succombé le quatrième jour. Les méninges commençaient à s’enflammer.
En février, nous avions encore des cachexies paludéennes profondes, avec anasarque énorme, ascite, anémie, état scorbutique, quoique les envois au dépôt du corps ou en France nous eussent débarrassé de 50 malades chaque mois. Ici se vérifie donc cet énoncé qui a trouvé place plus haut : les reliquats de l’endémo-épidémie d’une année sont si nombreux et si persistants, qu'ils’ encombrent encore la pathologie de l’année suivante, remplissent les hôpitaux tout l’hiver et ne s’effacent guère qu’au printemps. En février, les relbiuats de l’endémo-épir
<iémie passée égalent encore en nombre les afTecUons sporadiques, malgré les évacuations sur France, qui s’effectuent chaque mois. Chez les Individus profondément attaqués, la cachexie et les lésions organiques persistent continuellement, pendant longues années ; chaque nouvelle saison endémo-épidémique les ranime, les entretient et les perpétue. 11 faut alors quitter le pays définitivement, ou pour deux ou trois ans, si l’on ne veut se laisser entrainer au tombeau par la dissolution sans cesse progressive de son économie.
Les quinze premiers jours de mars 1851 se rangent dans la même catégorie que les deux mois précédents ; nous observons, dans ie cours de ce mois, 3 méningites cérébro-spinales, toutes trois mortelles ; les bronchites continuent à compliquer les rechutes de fièvre ; nous recevons une dizaine de pneumonies. A cette époque, au froid sec avaient succédé l’humidité et des pluies abondantes. 11 est à remarquer qu’à Rome, c’est plutôt avec ces dernières conditions qu’avec la première, que coïncident les pneumonies.
La plupart des pneumonies que nous avons observées à Rome, par les temps humides, étaient catarrhales ou lobulaires; il nous semble utile d’en dire un mot. Elles paraissent quelquefois succéder à une bronchite catarrhale occupant les deux côtés du thorax, et n’en être, pour ainsi dire, que la localisation et la concentration. Des bruits ronflants et des râles muqueux s’entendent dans les deux poumons ; la sibilation aiguë est un peu plus rare ; les bronches semblent trop humides pour produire ce dernier son. Quand l’alfection tourne à la pneumonie lobulaire ou catarrhale, une fièvre vive s’allume, la respiration et la circulation s’embarrassent, il y a de la dyspnée, la face est vultueuse, le pouls large, plein, fréquent, ou concentré par suite de l’oppression des forces, et les crachats deviennent rapidement rouillés, safranés. L’auscultation du côté malade fait entendre des bruits ronflants, sonores et bruyants, répandus dans tout le poumon, et souvent, dans des espaces plus circonscrits, des râles muqueux gros ou fins. L’oreille ne perçoit quelquefois, à cette époque, aucun râle crépitant. C’est un point sur lequel nous insistons. Avec une attention extrême et une exploration de chaque point en particulier de la région pectorale, on découvre parfois, mêlés aux autres bruits sonores, quelques râles crépitants. Il est rare que celui-ci soit net, sec, comme cela s’observe dans nos pneumonies franchement inflammatoires de France; il est ordinairement humide, et se rapproche du râle sous-crépitant de la bronchite capillaire, ou bien ses bulles sont mêlées à d’autres bulles de râle muqueux ; dans d’autres circonstances, enfin, c’est plutôt un bruit de taffetas qu’un véritable râle crépitant, les bulles étant rapprochées, peu distinctes l’une de l'autre, presque confondues. Dans cette pneumonie catarrhale, la dyspnée et les crachats sanglants apparaissent hâtivement ; la nature des crachats indique déjà bien positivement une pneumonie, alors que l’auscultation la plus attentive ne découvre tantôt aucune espèce de râle crépitant, tantôt un râle crépitant dénaturé. Le râle crépitant n'a donc pas, dans les pneumonies catarrhales de Rome, et ce sont les plus nombreuses, la mémo valeur semeiologique
que tlans iio» pneumonies de France. Cela n'e\cu&o que bien peu les médecins romains, qui ne connaissent le premier mot ni de l’auscultation ni de la percussion, et ne peut certes légitimer celle parole étrange prononcée en pleine clinique médicale : que Laënnec n’éi'aic qu'un charlatan. 11 reste à l’auscultation un vaste champ d’utile application dans la bronchite, dans la pleurésie avec et sans épanchements, dans la phthisie pulmonaire, qui certes n’est pas rare, enfin dans les maladies du cœur, alTeclions dont le diagnostic est déplorable à Rome.
Dans trois cas de pneumonie, le souille bronchique et même tubaire s’est manifesté trois a quatre jours avant le râle crépitant, et la pneumonie avait ellemême trahi sa présence par des crachats safranés, quelques jours avant l’apparition du souille bronchique. Dans ces cas, il faut admettre une de ces trois suppositions : I® que la pneumonie, d’abord centrale, n'est devenue superficielle que consécutivement; 2* que l’affection, d’abord disséminée dans quelques lobules et ne se trahissant que par des râles crépitants rares et étouffés par d’autres bruits, a envahi plus tard tout le parenchyme d’un lobe ; 3® que la pneumonie catarrhale peut exister sans râle crépitant, et que celui-ci se manifeste quand l’affection éprouve des modifications dans ses caractères. L’examen attentif de la maladie dans ses diverses périodes, la percussion, les caractères de ce râle ne nous ont pas permis de le considérer comme un râle crépitant de retour.
Ces trois pneumonies se sont accompagnées d’un état typhoïde et délirant fort grave qui a mis obstacle au large emploi des antiphlogistiques, dans l’emploi desquels, du reste, il faut toujours être réservé quand il s’agit de pneumonies catarrhales.
La pneumonie catarrhale nous a paru céder généralement, avec assez de rapidité, au double traitement antiphlogistique et émétique. Quelques cas ont été néanmoins assez longtemps réfractaires. Les crachats cessent très-vite d’être sanguinolents, mais la dyspnée et la fièvre persistent davantage. On doit insister six à sept jours sur l’émétique, qui est d’ordinaire bien supporté. Il ne faut pas non plus trop tarder de placer un vésicatoire ; ce révulsif, les boissons nitrées, l’émétique à petite dose et uni â l’opium, ou le kermès, achèvent la guérison commencée par les antiphlogistiques et l’émétique à forte dose. On devra quelquefois agir sur le tube intestinal, surtout quand il existe un état typhoïde. 11 est d’autant plus nécessaire d’attaquer vivement cette pneumonie, quand elle se prolonge, qu’elle marche alors insidieusement vers l’état chronique, contre lequel nous possédons peu de ressources.
Les saignées ont été le plus souvent couenneuses au plus haut degré. Chez un de nos malades, la couenne avait 1 centimètre d’épaisseur ; nonobstant, le caillot n’était pas beaucoup rétracté. Nous n’avons jamais été obligé de dépasser 4 phlébotomies chez le même sujet. Les ventouses scarifiées ont presque toujours accompagné les évacualions générales. Dans rndministratlon de l'émétique, nous n’avonr- jamais franchi 0 décigrammes ; le sujet auquel nous avons pretciït celle
dose l’a parfaitement toléré. Le plus souvent, mais pas toujours, nous aidons à la tolérance par l’adjonction do 12 gouttes de teinture d’opium.
Nous terminerons cet aperçu médical, en jetant un coup d’œil sur les probabilités de l’endémo-épidémie de 1851. La salubrité relative des diverses casernes est aujourd’hui parfaitement connue; le danger des gardes montées aux portes et surtout à certaines portes de la ville est également une vérité acquise. A l’aide de quelques boissons alcooliques supplémentaires, de prescriptions hygiéniques rigoureusement observées, de la défense de dormir hors du corps-de-garde; enfin avec le secours de manteaux de factionnaires, même en plein été, manteaux dont le port ne serait pas facultatif, mais ordonné pour la nuit ; enfin en choisissant avec discernement le local destiné au corps-de garde, on diminuerait certainement le danger de ces posles. 11 ne serait pas non plus sans utilité de faire monter alternativement la garde des portes les plus insalubres par les différents corps de la garnison ; en examinant la question de près, on ne tarde pas à se convaincre que cette mesure n’aurait pas seulement pour résultat de disséminer l’intoxication sur un plus grand nombre de régiments, ce qui ne constituerait réellement pas un grand bénéfice, mais aussi de rendre l’imprégnation moins profonde, puisque la cause morbide agirait moins souvent sur le même individu.
D’autre part, en abandonnant, autant que cela est permis au point de vue militaire, les casernes dont l’insalubrité est prouvée par l'expérience, on réduirait certainement de moitié, peut-être des deux tiers, le nombre des hommes atteints par l’endémo-épidémie. Ainsi donc, avec 500 hommes de moins à l’effectif de l’armée, on disposerait d’un pareil nombre de bayonnettes, et on serait surchargé de moins A’ impedimenta. C’est donc un problème à la fois économique, politique et militaire, que la médecine peut résoudre ici. Eh bien ! le croirait-on» un chirurgien et médecin en chef d’ar.r.ée n’a pas trouvé de place dans la commission de logement et casernementl La salubrité ne serait-elle plus une des conditions les plus importantes à étudier quand il s’agit d’asseoir une habitation ? Ou bien le premier venu, malgré son ignorance complète dans la matière spéciale et des connaissances générales le plus souvent insuffisantes, serait-il plus apte que l’homme de l’art à juger une question médicale ? Non, ce n’est rien de tout cela. Nous sommes une dépendance, une annexe de la haute administration militaire, et c’est elle qui nous représente, même en tant que médecins. Elle s'approprie notre expérience, notre observation, et les transmet plus ou moins dénaturées à l’autorité supérieure, en lui en réclamant souvent la récompense pour elle-même.
Parmi les améliorations qu’ont successivement introduites dans le régime hospitalier, les soins éclairés de plusieurs intendants et surtout la sollicitude incessante de M. Lacauchie, nous citerons la mise en usage d’effets d’habillements spéciaux, capotes et pantalons. Les premières sont des capotes d’infanterie hors do service ; les seconds sont confectionnés avec des manteaux de cavaliers également réformés. Chaque malade a, en outre, un bonnet de coton, des chaus-
scUes de laine et des pauloullles. En Iraçanl l’histoire des hôpitaux militaires do Rome, nous avons fait sentir l’utilité de ces cftets.
Les hôpitaux Saint-Dominique et Saint-André étaient les seuls ouverts au commencencement do l’endémo-épidémie. Le couvent Sainte-Thérèse, déjà occupé l’année dernière, a été mis ù notre disposition le 13 août. Mais le nombre des malades croissait avec une si grande rapidité que ces trois établissements se sont bientôt trouvés trop étroits. M. Lacauchie n’en dut pas moins faire les instances les plus vives, pour qu’on ouvrit Saint-Bernard, autre établissement également occupé par nous en 1849. L’état d’intimité dans lequel est reléguée la médecine militaire est tel, que l’élément administratif domine de beaucoup 1 élément médical. 11 n’est pas toujours facile de faire admettre cette vérité si simple et pourtant si souvent méconnue : un hôpital est un établissement destiné à traiter des malades, et non pas un local où l’on conserve des meubles et où l’on remplit des registres.
Saint-Bernard, ouvert le 6 septembre, a été fermé le 30 du même mois ; Sainte- Thérèse le 24 octobre. La réduction a été poussée plus loin encore à la fin de l’année 1850 : Saint-Dominique a été fermé et Saint-André restera le seul hôpital de Rome jusqu’à la prochaine saison endérao-épidémique. L’administration s’est trouvée ainsi singulièrement simplifiée, et l’on a réalisé une notable économie; mais dès février 1861 le nombre des malades ayant dépassé les prévisions de l’autorité administrative, non pas les nôtres, il a fallu mettre des lits dans des corridors froids, malsains, dans des chambres glaciales et mal exposées, tandis que Saint-Dominique possède une foule de cellules qui réuniscent les meilleurs conditions.
Le personnel médical s’est composé de MM. Mayer, Molard, Beylot, Jacquot, Lasserre, médecins de l’armée. MM. les chirurgiens Pétronelli, Mignot, Bernet et Renard ont été provisoirement chargés du service des fiévreux.
L’année 1850 s’est ouverte sous la présidence de MM. Faure-Villard, Lacauchie et Rollin, officiers de santé en chef; puis cette triple direction s’est réunie dans les mains de M. Lacauchie, dont le pouvoir médical s’étendait sur le personnel des hôpitaux et des régiments. Au 1" janvier 1851, on a décapité notre pauvre corps toujours si maltraité, en supprimant les fonctions de sou seul chef direct et normal. Adieu la centralisation scientifique, adieu le rapprochement des officiers de santé des corps et des hôpitaux, adieu les échanges d’observations qui faisaient profiter même des fautes d’autrui, adieu nos léunions hebdomadaires dans les salons de notre président, véritable petite académie dont les séances étaient si bien remplies ! L’élément administration a encore ici étouQë, absorbé, annihilé l’élément médecine.
Pour être complet , nous devons quelques mots sur le service des blessés et des vénériens. Le premier a toujours été conservé par M. le chirurgien -major Petronelli, depuis les ambulances de quartier général de Santucci, dont il était chirurgien en chef. Le second était confié à M. Renard.
Nous sommes redevable à l’obligeance de M. Peironelli , de la communication de ses rapports mensuels , desquels nous extrayons les documents qui suivent. Nous regrettons de ne pouvoir donner un tableau complet du mouvement , comme nous 1 avons fait pour les fiévreux ; mais n’ayant pu dégager par mois les 1 1 1 vénériens qui ont été admis dans le service de M. Petronelli, nos chilfres détaillés porteraient sur une réunion d’affections différentes , ce qui ne remplirait pas notre but,
385 blessés !?ont entrés à l’bôpital dans le cours de l’année ; parmi ce nombre, on a constaté 9 décès dont voici l’indication :
r Blessure de l’artère crurale;
2“ Carie du coude , érysipèle ;
3“ Érysipèle gangréneux à la cuisse ;
4® Tubercules et carie ;
5“ Pourriture d’hôpital et hémorrhagie ;
6° Fracture du crâne;
7“ Abcès par congestion , carie vertébrale ;
8° Arthrite coxo-fémorale purulente;
9° Coup de feu dans la tête,
La pourriture d’hôpital s’est déclarée en mai dans le service des blessés placés au rez-de-chaussée de l’bôpital Saint-Dominique , composé de salles vastes et belles , mais un peu humides et mal aérées. Les malades atteints ont été immédiatement isolés, mais la maladie n’en a pas moins pris une telle extension que toutes les plaies se sont plus ou moins ressenties de l’épidémie régnante. 'Elle a ; manifesté sa première apparition sur un vésicatoire , puis elle n’a pas tardé à produire les plus grands dégâts dans des plaies déjà graves par ellesmêmes ; ainsi, un sujet a succombé aux énormes ravages de la pourriture d’hôpital qui, s’étant mise dans une plaie conluse du front , avait dénudé les os et produit des hémorrhagies fort difflciles à réprimer. Les vers qui s’étaient développés par milliers sur la plaie ont résisté au camphre , mais ont disparu rapidement par la solution de bichlorufe de mercure. Une atleclion cérébrale a hâté la mort de ce malade. Un autre militaire a guéri après la dénudation d’une grande partie des os crâniens, dont les téguments protecteurs avaient été rongés par la pourriture d’hôpital. Un pariétal tout entier a été éliminé, excepté sa table interne, en trois ou quatre fragments, dont un porte même quelques portions de la table interne, La régénération osseuse s’est faite assez rapidement, Un sujet opéré de paraphymosis quelques jours avant l’apparition de l’épidémie, a perdu à peu près toute la verge , qui , envahie par la pourriture d’hôpital , a dû être retranchée à deux centimètres de son insertion. Chez un homme atteint de fracture de la jambe avec sortie des fragments qui avaient traversé les téguments et le pantalon, les accidents sont devenus assez graves pour nécessiter l’amputation; des pseudo-membranes molles revêtant le moignon , ont fait craindre que la pourriture d’hôpital ne s’en empa-
rii ; la surface n’a heureuseineui pas lardé à se détergcr, et l’ampuié a guéri.
Les soins hygiéniques ont été l’objet de la sollicitude de M. Pelrouelli dès que l’épidémie s’est déclarée. Les topiques auxquels il a eu recours sont le nitrate acide de mercure , l’eau vinaigrée , le quinquina. Chez un malade pour lequel une petite opération était nécessaire , M. Pelronelli a espéré éviter la pourriture d’hôpital en employant la potasse préférablement au bistouri , mais l’inOuence de l’épidémie ne s’en est pas moins fait sentir.
Parmi les cas les plus remarquables qui se sont présentés , nous citerons les suivants :
l» Guérison, avec trois pouces de raccourcissement d’une fracture du fémur, près du col , par arme à feu (i).
2“ Un militaire reçoit un coup de stylet un peu au-dessous de l’ombilic et à droite; des excréments sortent par la plaie abdominale; le malade rend plus de deux litres de sang par l’anus; la plaie est pénétrante. Applications froides sur le ventre ; antiphlogistiques ; le malade reste deux jours dans un état trèsalarmant; guérison.
3° ün soldat du 13' léger entre à l’hôpital le 19 novembre , se plaignant depuis dix jours d’une arthrite coxo-fémorale droite, dont le développement semble spontané. Les douleurs sont atroces le 2i; réaction des plus vives; sangsues ; trois saignées qui toutes sont couenneuses ; émétique à haute dose. Le 26 , frissons , symptômes de résorption purulente ; on essaye le sulfate de quinine; mort le 2 décembre. Autopsie (je copie M. Petronelli) : « Collection de pus dans l’articulation ; il est crémeux , de bonne nature ; la membrane synoviale est entièrement détruite; une partie du liquide a traversé la capsule iléo-
(I) Ce cas nous reporte à une discussion soulevée par M. Marchai (de Calvi) dans le dernier volume des Mémoires de médecine militaire , au sujet de plusieurs cas analogues cités par M. Quesnoy, qui les a recueillis pendant l’expédition de Zaatcha. M. Marchai (de Calvi) persiste néanmoins à professer, avec M. Baudens, que les fractures du fémur par un projectile de guerre nécessitent rigoureusement l’amputation. Nous avons été témoin de plusieurs faits qui ne nous permettent pas d’être aussi absolu que notre savant inspecteur M. Bandeiis, et que l’éloquent professeur du Val-de-Grâce.
1 es résultats obtenus par M. Quesnoy tendraient même à établir, — si on pouvait tirer de peu de faits une conclusion déünilive , — que la temporisation dans les fractures de la cuisse par armes de guerre, donne plus de chances de salut que l’amputation, je ne dis pas de la cuisse, mais de l’une ou l’autre portion du membre pelvien. Ainsi : 5 fractures de cuisse , temporisation ; à guérissent, le 5' meurt du choléra quinze jours après l’opération. I fracture de la cuisse, amputation, mort. 5 fractures de jambe, 3 morts par suite de l’opération , 1 mort du choléra , un seul guéri.
fémorale, les muscles obturateurs, l’aponévrose qui revêt le trou ovale, et forme dans le petit bassin une collection assez considérable. »
Un militaire entre atteint de hernie inguinale étranglée depuis plus de quatorze heures : le taxis a échoué à plusieurs reprises. M. Petronelli fait placer le malade dans un bain, oü il reste trois heures; au sortir du bain, il est couché sur un brancard , les jambes fléchies; pendant qu’on lui pratique sur le ventre des affusions froides continues, M. Petronelli persiste dans le taxis. Cette manœuvre, qui lui a souvent très-bien réussi, a eu le même succès.
Parmi les opérations graves pratiquées à l’armée d’ftalie. nous signalerons les plus importantes seulement :
Une ligature de l’artère crurale qui avait été lésée; mort (M. Petronelli).
Amputation de la jambe ; guérison [idem).
Trépanation du sternum pour une carie de cet os (M. Philippe) ; mort.
Enfin, nous avons nous-même, quand nous remplissions, à Civiia Vecchia» les doubles fonctions de médecin et de chirurgien en chef, amputé avec succès un bras entièrement broyé par une machine à vapeur. L’amputation a dû être faite le plus haut possible, les fêlures de l’os remontant presque jusqu'au col chirurgical, et les téguments se trouvant ecchymosés, lacérés, écrasés jusqu’aux environs de l’article. Ce marin était resté douze ou seize heures en mer, sur un bateau du commerce privé de chirurgien. Une étoupade épaisse avait arrêté l’hémorrhagie. Les os du coude et les parties molles ne formaient plus qu’une bouillie; tous les muscles de la face antérieure de l’avant-bras avaient été enlevés par le balancier de la machine. Le sujet se trouvait dans un tel état de prostration, d’hyposthénie, d’accablement, que je n’ai pas voulu recourir au chloroforme. Pendant la demi-heure qui a suivi l’opération, ce marin, couvert d’une sueur froide et visqueuse, les extrémités glacées, le pouls imperceptible, tous les téguments pâles, les battements du cœur à peine saisissables, s est trouvé dans un état semi-syncopal fort alarmant. Je crois que la chloroformisation l’eût tué. La guérison a été rapide.
Nous arrivons au service des vénériens confié à M. Renard, chirurgien aidemajor.
Nous avons signalé, en 1849, quelques parlicularités dans la marche de la syphilis : rapidité d’apparition des accidents consécutifs, surtout des syphilides; larelé des urétrites comparativement aux chancres; existence incontestable des bubons d’emblée ; mauvais caractère qu’affectent souvent ceux-ci quand ils ont été ouverts.
En 1860, les syphilides ont continué à se montrer d’une manière prématurée; on a plusieurs fois observé des taches cuivrées nombreuses chez des sujets dont la syphilis remontait à un mois et demi ou à deux mois, et qui n’avaient jamais été atteints anlérieurenient par la vérole. Chez un plus grand nombre, l’interrogation a fait découvrir qu’il y avait eu intoxication à une époque plus ou moins leculéc. On peut penser ici que ces syphilides ont été produites par le virus de
la pTainière vérole, et que la iternlère maladie n’a agi qu’en réveillant l’actlvilB de ce virus, pour ainsi dire; mais, dans le premier cas , il est bien clair qu’un mois et demi ou deux mois d’intoxication ont suffi pour faire naître ces taches syphilitiques. Celles-ci, selon l'observation de M. Renard, peuvent se montrer lorsqu’il existe encore des chancres. Ceux qui sont indurés ou dont la vaste surface envahit le gland et le prépuce, au dos de la verge , lui paraissent surtout favoriser l’apparition prématurée des syphilides.
Les syphilides papuleuses et tuberculeuses ont une apparition plus tardive. Chez les sujets scrofuleux, elles se sont montrées extrêmement opiniâtres.
Les exostoses sont très-rares.
L’iritis syphilitique a été fréquent en 18â9; un certain nombre de militaires ont perdu un œil. En 1860 , cette affection s’est beaucoup plus rarement montrée. .
Les douleurs syphilitiques sont très-communes. M. Renard, de qui nous tenons ces renseignements, les traite avec succès avec l’iodure de potassium. Quand ces douleurs sont profondes, fixes et assez vives pour amener l’insomnie, huit jours suffisent, le plus souvent, pour les faire disparaître; au contraire, elles sont beaucoup plus rebelles lorsqu’elles présentent les caractères suivants : mobilité erratique, snbacuité, peu de douleur.
M. Renard à Rome, et Bartharez à Civita-Vecchia , n’ouvrent les bubons qu’avec le caustique de Vienne. Notre pratique a été la même lorsque nous avons provisoirement cumulé , à Civita-Vecchia , les doubles fonctions de médecin et de chirurgien en chef. L’ouverture avec le bistouri a donné des décollements si étendus, si réfractaires à tout traitement, qu’il a fallu renoncer à ce dernier mode chirurgical. Chez les individus scrofuleux, il est maintes fois arrivé que les glandes de l’aine se sont considérablement développées et que, malgré tous les efforts, la cicatrice n’a pu s’établir dans les sillons et les culs-de-sac compris entre les glandes tuméfiées. Nous avons eu nous-même dans notre service un officier dont la plaie n’était pas encore cicatrisée après un an. Très-souvent il ne persiste qu’une fistule, mais le décollement est étendu, et la surface des glandes donne un pus séreux que les injections de n’importe quelle nature ne parviennent pas à tarir. Il faut, dans ces cas, dit M. Renard, détruire toutes les glandes tuméfiées avec le caustique de Vienne ; ce chirurgien militaire n’a pas craint, dans ces circonstances , de revenir jusqu'à dix à quinze fois à l’application du caustique. Quand toutes les glandes malades ont été enlevées , la cicatrice s’établit rapidement. C’est ce qui est ariivé à l’offiiier dont nous avons parlé plus haut.
Les bubons ouverts ont plusieurs fois revêtu le caractère gangréneux.
Les bubons d’emblée se sont plus rarement montrés que l’année dernière-
Iji gravité générale de le syphilis a diminué ; nous ne dépassons pas aujourd’hui le niveau habituel de gravité qui existe en France. J’ai cependant perdu, à Civita-Vecchia, un homme atteint de vérole.
L'Iodure de mercure est la préparation employée. U pratique de MM. Lacauchie et Renard réprouve la cautérisation des chancres. M. Lacauchie pense même que non-seulemet il faut respecter ces émonctoires pathologiques , mais favoriser le travail de dépuration en appliquant un vésicatoire au bras du syphilitique.
La source principale de la syphilis est le fractionnement, l’isolement de petits groupes de militaires, et l’affectation d’un même local à plusieurs usages, circonstances qui rendent facile l’introduction des filles dans les quartiers! Une douzaine d’hommes s’intoxiquent facilement avec la même femme, dans une seule nuit.
Les deux principaux hôpitaux de Rome ont eu pour pharmaciens en chef MM. Gillet et Dusseuil. Ces deux oITiciers de santé et M. Monsel ont fait l’analyse quantitative des deux sources thermales de Viterbe , dont l’une est sulfureuse, l’autre ferrugineuse.
La proximité de Viterbe devait naturellement engager à y envoyer les hommes dont 1 état réclamait l’usage des eaux thermales. Soixante-huit hommes y ont lait une saison, du 25 avril au 6 juin , sous la direction médicale de M. Beylot. On a dû se contenter de cette saison trop hâtive, pour que l’établissement pût être livré aux baigneurs à l’époque habituelle. Mais les pluies, le froid, le mauvais temps ont apporté beaucoup d’obstacles à la prise régulière des eaux. Parmi les hommes traités se trouvaient 50 rhumatisants dont 10 ont été guéris, 40 soulagés. Nous ne pouvons entrer dans aucun détail au sujet des autres affections. M. Beylot a fait un rapport détaillé au conseil de santé , sur les résultats qu’il a obtenus et qu’il considère comme médiocrement encourageants. L'analyse des eaux a été envoyée à la même adresse, et de là à l’Académie.