IV. Continua remittens intermittent! junc
ta, seu semitertiana, seu hemitritea.
La critique d’une telle nosologie se fait à première lecture; aussi n’allonsnous entrer dans quelques détails qu’à propos des sujets qui peuvent nous fournir des considérations intéressantes.
nifeste ; mais il est à regretter qu’on n’accepte guère les idées de ce dernier, quand elles heurtent trop franchement les doctrines en vigueur à Rome.
Od s'étonnera sans doute de ne voir ligurer ni la lièvre jaune, ni la peste, ni le choléra, ni la Oèvre typhoïde, etc. C’est Que ces affections ne sont pas des individualités. Qu’on garde, du reste, sou étonnement pour plus tard; j’avertis qu’il en faudra une forte dépense.
Laissons de côté les intermittentes. Quant aux pernicieuses, demandonsnous s’il ne serait pas préférable de créer des espèces d’après la physionomie de ces lièvres; c’est ainsi qu’ont agi les classiques. Une fièvre intermittente pouvant varier de type dans son cours, le type ne peut constituer une espèce; c’est une simple variété.
Fièvres continues continentes : synociia. — La synocha comprend nos lièvres inflammatoire et éphémère, aussi bien que tous les états fébriles dans lesquels la réaction est franche, comme cela arrive dans les premiers jours de beaucoup de maladies, lorsque celles-ci ne se sont encore ni localisées ni spécialisées ; aussi, d’après la doctrine que nous critiquons, voit-on la synocha, surtout quand elle est mal traitée ou qu'il y a putridité des humeurs, dégénérer en autre maladie, en synochus entre autres ; or le synochus, comme nous le verrons bientôt, est une entité complexe qui comprend plusieurs affections. On fait donc une maladie à part, la synocha, des prodromes ou de la première période de plusieurs affections, et cela parce qu’on observe des phénomènes trahissant une vive réaction! Voilà une première grosse erreur commise par cette nosologie qui s’appuie sur les symptômes seuls ; mais cela n’est encore rien comparativement à ce qui va suivre.
Nervosa. — Au mot lièvre nerveuse, nous comprenons que nous entrons à l’étranger. A Rome, on appelle de ce nom la fièvre qui affecte surtout le cerveau et le système nerveux en général. J’ai recueilli un autre caractère en conversant avec les professeurs et les internes de Santo-Spirito; il réside dans la dissonnance des symptômes, par exemple, langue humide et soif vive, langue sèche et noirâtre sans soif, etc., etc. C’est une fièvre continue continente, mais qui peut devenir subséquemment rémittente sans changer de nature. Elle est d’une extrême irrégularité : tantôt très-aiguè", elle dure peu d’heures et se termine par la mort ; d’autres fois, sa gravité est bien moindre ; enfin, sa marche est lente dans d’autres circonstances. Elle peut présenter tous les symptômes possibles, diversement combinés ; du moment que l’axe cérébro-spinal trahira vivement l’offense qu’il a ressentie, ce sera une lièvre nerveuse. Pendant son cours, on peut observer : céphalalgie, insomnie, aliénation mentale, sopor, syncopes, soif, vomissements, anxiété précordiale, sueurs profuses, ictère, vomissements noirs, fuligo, bubons, charbons, pétéchies, taches lenticulaires, anthrax, gangrènes, parotidites, frénésie, angine, pleurésie, hépatite, diarrhée, etc. Un de ses caractères principaux réside dans la chute et l’anéantissement profond des forces : le pouls est petit, inégal ; les urines sont le plus souvent nalurelles ; les yeux hagards ou défaits ; les symptômes nerveux dominent.
Soyons prudent; ne nions pas qu’il n’existe à Rome une affection spéciale
qu’on appelle fièvre nerveuse, afl'eclion inconnue chez nous; faisons nos réserves à ce sujet; mais entrons pleinement et franchement dans le domaine de la critique ; voyons si, au cas où celle aQ'ection existerait, on a su la reconnaître, l’individualiser, la démêler et la différencier des maladies voisines. Or il n’en est rien, car dans ce chaos indicible qu’on appelle lièvre nerveuse, le livre classique fait rentrer toutes les espèces suivantes :
1° L’éphémère maligne sporadique, et l’éphémère maligne qui est quelquefois contagieuse. L’éphémère gangréneuse d’Hippocrate est une fièvre nerveuse.
2° La suette miliaire, par exemple celle qui a régné en 1483 en Angleterre.
3° La peste, par exemple celle qui a ravagé Marseille en 1720.
Il’ Le typhus bénin et le typhus grave. (La lente nerveuse d’Huxam rentre dans les typhus.)
5“ La fièvre jaune.
6“ La lièvre catarrhale maligne (t. I, p. 273).
7° La lièvre typhoïde. L’individualité de cette affection n’est pas plus soupçonnée que celle du typhus lever. La dothinentérie n’est en effet nommée nulle part ; mais on peut la reconnaître en rassemblant quelques lambeaux de description épars. Enfin, on nous a fait voir, au grand hôpital Santo-Spirito, des intestins d’individus ayant succombé à la lièvre nerveuse, intestins marqués de belles et bonnes plaques dotbinentériques.
Est-il possible d’imaginer une pareille confusion? Quoi! la peste, la lièvre jaune, la suette, et nous dirons bientôt (l) qu’il faut y ajouter la lièvre pernicieuse, tout cela n’est qu'une espèce, qu’une seule maladie! Et l’on fait des espèces différentes des fièvres intermittentes, selon qu’elles sont quotidiennes, tierces, quartes ! Bien plus, on fait deux genres des fièvres palustres, intermittentes et rémittentes, comme nous le verrous quelques lignes plus bas ! !
Mais ce n’est pas tout. Puisque l’entité lièvre nerveuse ne repose que sur l’examen de quelques symptômes, on doit s’attendre à trouver sous ce nom des affections organiques accompagnées de symptômes nerveux assez intenses pour entourer de quelque difficulté la recherche de leur siège. C’est ce qui arrive en effet : nous avons vu des affections de poitrine cotées lièvre nerveuse. Folchi, l’un des médecins de Rome qui avaient essayé de suivre la science, Folchi, auteur d’un livre d’anatomie pathologique (2) qui lui a valu les sarcasmes de ses confrères étonnés qu’on perdît son temps à écrire sur un inutile résidu, sur un caput mortuum, Folchi fait également rentrer le typhus des camps dans la fièvre nerveuse contagieuse pétéchiale et miliaire. Les principaux désordres ana-
(1) Dans notre lettre sur la fièvre nerveuse.
(2) Folchi, EXEBCITATIO PATHOI.OGICA, SEU MULTOnüM MORBORUM HISTORIA PEP A.NATOMEN lU.ÜSTRAÏA. — 2 VOl. in-8". RomC, 18è0, l. I, p. 20.
tomiques de la liùvre nerveuse résident, d’après ce laborieux auteur, dans le cerveau et dans la moelle, lin lisant ses observations de lièvre nerveuse spontanée, on reconnaît quelque chose qui ressemble fort à la méningite cérébrospinale, et la nécroscopie vient pleinement justifier cette idée : méninges gorgées de sang, sérosité gélatineuse et lactescente dans les cavités, sur et entre les méninges cérébrales et spinales ; moelle vertébrale le plus souvent indurée comme un tendon et marquée de taches d'un rouge noirâtre. Dans une de ses observations, Folchi parle d’une membrane dense gélatineuse recouvrant toute la surface du cerveau.
Nous consacrerons plus tard une lettre spéciale à la critique de la fièvre nerveuse, en mettant la question sur le terrain de la pratique.
Synociius. — Le synochus est une fièvre qui dure deux ou trois septénaires; il est formé de la synocha et du typhus ; à son origine, il ne diffère pas de la synocha, mais il s’en éloigne plus lard lorsque le typhus s’y adjoint. Les causes sont celles de la synocha, mais plus énergiques, et celles du typhus. Le synochus est quelquefois contagieux. Il atteint surtout les jeunes gens sanguins, débute par un frisson suivi de chaleur mordante, et présente, entre autres, les symptômes suivants : pouls fréquent, grand, dur, inégal, tandis qu’il est égal dans la synocha; respiration fréquente, difficile, suspireuse; urines crasseuses, troubles, mais sans sédiments, si ce n’est au déclin de la maladie, où elles laissent un dépôt blanc. La marche du synochus est continue et ascensionnelle ; bientôt on voit se déclarer : céphalalgie, vigil, somnolence, léger délire, débilité profonde, jactitation, décubitus dorsal, hémorrhagies diverses, tension hypogastrique, langue sèche et noire, etc. Je ne trouve dans le tableau de la maladie l’indication d’aucune tache, d’aucune éruption sur la peau. Ces symptômes se groupent différemment et s’accompagnent de divers autres phénomènes, selon que le synochus est sanguin ou bilieux, putride ou impulrlde. La putridité du synochus se reconnaît surtout à l’odeur des urines, des fèces, de la sueur, etc. Le synochus est une maladie inflammatoire. Les principales indications thérapeutiques peuvent ainsi se résumer : refrigeranlia, diluentia, clysmata. Pour le dire en passant, ce dernier moyen intervient dans la thérapeutique de presque toutes les fièvres. — Pas un mot d’anatomie patholojique. A propos d’autres affections, on trouve quelques lignes; mais ici, rien.
Certes, voilà encore une maladie qui, en tant qu’individualité, ne vaut guère mieux que cette fantastique fièvre nerveuse. On y trouverait probablement quelques formes ou quelques éléments de la fièvre typhoïde, et de certaines fièvres paludéennes. La synocha qui la précède n’est certainement que les prodromes et la première période de la maladie réelle.
C’est toujours la même classification d’après les symptômes. On comprend qu’en partant d’une pareille base, les espèces se soient indéfiniment multipliées ; aussi entend-on journellement parler à Rome de fièvre gastrique, gastro-reumaliques, gaslpo-nerveuse, gastro-vermineuse, gastro-slercoreuse, gastro-inflam-
maloire, gastro-bilieuse, semitertiaue, hémitritée, synoque putride, etc., etc. Autre conséquence : les symptômes n’afrectanl pas la môme physionomie dans toutes les périodes de la même afiection, et les symptômes constituant la maladie pour les Romains, il a fallu bon gré mal gré professer, quand ces mutations dans les phénomènes ont lieu, qu’une maladie se convertit en une autre, dégénère en une autre, comme on dit à Rome. En effet, il n’est question que de gastrique dégénérée en nerveuse, d’intermittente dégénérée en synochusou en nerveuse, de gastro-reumatique dégénérée de trois ou quatre façons, etc., etc. On parle même d’aflections locales, de pneumonies par exemple, qui subissent des métamorphoses étonnantes. Bref, c’est un incroyable chaos de mots et d’idées.
Fièvres eontinoes rémittentes. — Pour nous, la rémittence est le degré intermédiaire entre l’intermittence et la continuité; entre cette dernière et la rémittence se placent la subcontinuité et la pseudo-continuité qui est moins un type qu’un masque sous lequel se cachent des fièvres de nature palustre. La rémittence est le type qu’affectent les fièvres de marais des pays chauds, pendant la saison endémo-épidémique ; aussi, dans de telles conditions, le mot rémittence implique-t-il presque toujours le recours au quinquina. A Rome, on professe que les subcontinues, réputées des intermittentes masquées, sont attaquables par l’écorce du Pérou, mais que ce médicament est contre-indiqué, à moins qu’à titre de tonique, dans les fièvres rémittentes. Une différence aussi tranchée, une opposition aussi entière sur un sujet pratique et d’application journalière, nous a tellement surpris, que nous avons d’abord pensé qu’il pourrait bien y avoir concordance au fond et malentendu dans les mots, à cause de l’acception différente donnée à la même expression à Rome et en France. Mais il n’en est rien, la définition de la rémittence par le professeur Valentini montre bien que le même mot représente la même chose : la fièvre rémittente est celle qui, ne présentant pas d’intervalles apyrétiques, mais ayant un cours continu, est coupée d’exacerbations le plus souvent vespériennes, dont le type est quotidien, tierce, quarte, simple ou double (l). En lisant la description des espèces, on voit que ces exacerbations peuvent présenter les trois stades des intermittentes (2).
R n’y a donc pas à tergiverser ; le remède que nous regardons comme le plus souvent indispensable dans une grande classe d’affections est considéré comme inutile et nuisible par les Romains.
Us objectent qu’ils suivent Torti et que nous nous écartons des principes de ce grand maître. Torti excluait en effet le quinquina du traitement des fièvres rémittentes. Mais l’erreur des Romains est grossière, car Torti, comme le montre la définition ci-dessous (3), appelait subcontinues les lièvres que nous nommons
(1) Loc. cit.,l. 1, p. 266, 267, 268.
(2) Id., p. 268, 271, etc.
(3) Que les rémittentes sont celles qui sont caractérisées par une marche con-
rémittentes, et entendait par rémittentes nos fièvres continues non palustres, caractérisées par une marche accidentée de recrudescences irrégulières, comme fortuites, sans types, sans stades. Nous sommes d’accord avec Torli pour le fond, et les Romains n’ont de commun avec ce maître que la consonnance d'un mot auquel Torti donnait une signification opposée.
Certes Torti a eu grand tort en faussant ainsi l’acception du mot. Cela le jette dans maint embarras; par exemple, il ne peut s’entendre avec Morton, qui dit avoir guéri des rémittentes avec le quinquina; dans ce débat, Torti finit par s’apercevoir qu’il a bien pu, par la falsification d’un mot, donner lieu à un mal» entendu : Ad tollendam prius œquivocationcm, quœ meâ culpâ fartasse posset abrepere, obaliamnovüatem à me inventam sub nomanclaturâ remittentis febris, advertendum est... Suit la définition que nous avons donnée.
Borsieri, auteur fort en vogue à Rome pour la pyrétologie, entend un peu la rémittence comme Torti; il dit à la vérité que la rémittence se place entre la continuité et l’iutermittence, mais il ajoute qu’elle tient de plus prés à la continuité que les subconlinues.
Le principal auteur de celte fatale erreur qui pousse les Romains à établir une différence essentielle entre les rémittentes vraies et les intermittentes, c’est leur Thomasini, dont le brownisme renversé régne encore dans leur immobile école. Pour ce novateur, les fièvres rémittentes sont symptomatiques et doivent faire repousser le quinquina. On ne suit que trop ses maximes : journellement, à Rome, des sujets affectés de fièvre rémittente sont tués par un accès pernicieux inopiné, ou languissent dans une longue maladie dont l’aboutissant est une profonde cachexie palustre.
Il y a pourtant bien longtemps qu’on a reconnu les rémittentes pour des fièvres appartenant à la même classe que les intermittentes. Pour Galien, la lièvre ardente est une tierce modifiée dans sou type, et Celse écrivait que les intermittentes peuvent revêtir le type rémittent et même continu. Sydenham, Morton et une foule d’hommes éminents ont professé que la rémittente peut n’être au fond qu’une intermittente. Autour de Rome, à ses portes, dans ses
tinue avec exacerbations obscures revenant sans ordre fixe, et par des rémissions qui n’ont pas plus de régularité (p. 249, 250). Plus loin, p. 261, que ces recrudescences irrégulières ont lieu le matin, le soir, la nuit, le jour... ; que dans ces fièvres, nées du ferment des continues, la rémittence est un accident, qui, ajoute-t-il dans un autre passage (p. 584), ne procède pas de leur essence, mais de circonstances fortuites intérieures ou extérieures. Quand les exacerbations «arrivent à intervalles réguliers et que les stades commencent à se dessiner, Torti appelle les fièvres proportionnées, mot que nous expliquerons plus tard, et 11 introduit alors le quinquina dans sa thérapeutique (Torti, TiiEnAPEUriCE specialis
AD PEBRES QUASDAK PRnNICIOSAS, MoTlN/E, 1712).
murs mêmes, ou proteste contre cette funeste erreur. Minzi (l) déplore la décadence de la thérapeutique des lièvres et l’oubli des principes de Torii-, pour ce savant laborieux, comme pour Salvagnoli Marchetti (2), pour Dorolea (3), pour Bufalini (4), les types ne sont que des formes sujettes à subir des mutations dans le cours d’une même maladie, sans que celle-ci change de nature. Cette vérité a été érigée en axiome par les travaux de Faure, dePallas, de Roux sur les lièvres de Morée, de MM. Maillot (5), Worms (6), etc., sur les lièvres d’Afrique. Aux bords du Gange (Twining), comme en Amérique (Stewardson, etc.), on professe les mêmes doctrines; dans Rome se circonscrit et se perpétue l’hérésie.
Passons en revue chacune des quatre espèces de fièvres continues rémittentes de l’école de Rome.
Qootidiana continua REMiTTENS SEü AMFHiMERiNA. — Dans ceite espèce, le livre classique range d’abord la fièvre quotidienne des anciens, puis la fièvre catarrhale bénigne, la fièvre reumatique, la catarrhale reumatique (7J, dernier groupe ne contenant, à notre sens, que des fièvres continues présentant l’exacerbation vespérienne qu’on observe dans la fièvre typhoïde, dans une foule d’aflections aiguës, voire même dans les phlegmasies localisées.
Dans l’amalgame appelé à Rome amphimérine, on peut trouver la grippe, peut-être quelques formes de la fièvre typhoïde, et la rémittente palustre quotidienne. L’auteur nous donne beau jeu quant à cette dernière, en reconnaissant les miasmes des marais comme cause de certaines amphimérines.
Tertiana continua REMITTENS SEo TRiTÆOPHYA. — C’est le causus deanciens,la fièvre ardente de la canicule. Cette fièvre est légitime ou non (spuria), dernière catégorie dans laquelle elle rentre quand elle dépasse quatorze jours.
Elle se change souvent en inlermitlente, et exige alors le traitement de cette dernière. Notez bien l’aveu. Elle est commune chez les chasseurs et les campagnards; déclaration qui prouve encore la nature palustre de cette aliéction. Elle peut s’accompagner de symptômes très-violents, et entraîner la mort les troi-
(1) Minzi, Studi teorico'-pratici sovra la endemia palustre. Bologna, 1848. 1 vol. in-8.— SOPRALA GENESI DELLE FEBRRI INTERMITTENTI. Roma, 1844. 1 VOl. in-8.
(2) SaGGIO ILLUSTRATIVO SULLE ta vole DELLA STATISTICA MEDICA DELLE MAREMME Toscane, etc. In-4”. 1844, 1845.
(3) Traducteur et commentateur de Torti.
(4) Bufalini, Fundamenti di patologia analitica.
(5) Maillot, Traité des fièvres ou irritations cérébro-spinales intermittentes.
(6) De l’uïgiène en Algérie, etc.
(7) Borsieri ajoute la fièvre gastrique aiguë, qui peut être épidémique et contagieuse, la fièvre de lait, la catarrhale maligne des Allemands, etc.
■siènie 00 quatrième, jours; d’autre part, on a vu ces fièvres ne fe juger qu’après plus de cent jours. Ses principaux symptômes sont : peau très-sèche, pouls fébrile, respiration accélérée, chaleur de l’air expiré, langue aride, noire, âpre, soif ar dente, nrines enflammées, rouges, bilieuses, selles liquides ou dures, céphalalgie, vigil, anxiété, délire, coma, convulsions, voix cassée, etc.
La tritœophyée n’esl autre chose qu’une rémittente palustre présentant des phénomènes qui l’ont fait appeler ardente; mais n’en déplaise à l’école de Rome, sa rémittence peut être quotidienne aussi bien que tierce. La croyance meurtrière que les rémittentes ne sont pas des fièvres à quinquina, fait omettre le remède qui sauverait le malade ou, tout au moins, abrégerait son alTection, Quand l’évidence crève les yeux, et que rintermittence se prononce, alors seulement on finit par où l’on aurait dù commencer, on donne le spécifique. Tous les jours, dans nos hôpitaux militaires de Rome et d’Algérie, on jugule, c’est le mot, ces fièvres ardentes, dont tous les symptômes si alarmants tombent avec une promptitude qui ne nous étonne pas, parce que nous y sommes habitués; dans les mains des médecins de Rome, au contraire, la maladie se prolonge, s’accompagne d’état typhoïde, de désordres nerveux, d’adynamie, etc. , et l’on prononce alors les mots : causus dégénéré en fièvre nerveuse, en synochus, etc.
Continua «emittens modo quotidiana modo tertiana, seu hemitritea. — Dans celte espèce se confondent, pour le professeur Valentin!, la fièvre puerpérale et l’affection que les Romains appellent fièvre gastrique, fièvre gastro-reumatique. Cette fièvre domine tellement la pathologie romaine dans la saison endémoépidémique, que nous lui consacrerons un chapitre spécial. Ce n’est qu’une rémittente palustre avec phénomènes de gastricité et adjonction de cet élément, douleur rhumatique, comme on l’appelle ici, élément qui a une intensité spéciale à Rome. Mais dans quelques cas, surtout au commencement et presque jusqu’aux derniers jours de juillet, il existe à Rome des espèces d’embarras gastriques qui s’adjoignent l’élément rheumatlque, et constituent une affection ayant une physionomie spéciale et curable sans quinquina. A ce petit groupe doit se restreindre l’appellation de fièvre gastrique ou gastro-reumatique.
Pour combaltre l’héraitritée, ont donné ou donnent le quinquina : Torti , Pringte, de Haën, Bado, Restaurando, Negrisolo, Minai, Puccinotti, etc. Aujourd’hui il n’en est plus question à Rome; aussi trouvons-nous tout naturel le pronostic fâcheux de la gastrique nerveuse épidémique, pronostic qui le plus souvent n’a pas d’autre cause que la non-appropriation du traitement à la maladie.
L’école de Rome fait encore rentrer notre fièvre typhoïde dans sa gastrique nerveuse; on trouvera dans l’KxEnciTATio pathologica de Folchi des descriptions anatomiques qui ne laissent pas l’ombre d’un doute à cet égard. Nous y reviendrons du reste.
Ainsi notre fièvre typhoïde, selon qu’elle revêt telle ou telle symptomatisatiou dominante, est éparpillée, écartelée parmi les nerveuses, les synochi, les liémi-
hl)
tritées. Franclienierit, avouez que ce ii’est pas la une dassiacalioii; mais le chao» scientiüque du moyen âge.
Continua remittens intermiltenti juncta seu semitertiana. Voici une entité- /ormée de deux éléments opposés conjoints, d’une lièvre rémittente (i) (de nature continue pour les Romains) et d’une fièvre intermittente. Dans cette singulière affection, on remarque des accès bien dessinés chaque deux jours, et des recrudescences moins caractérisées dans les jours intermédiaires aux accès. Si je ne me trompe , cela s’appelle tout simplement chez nous une double tierce.
La semitertiana, espèce artificielle disséquée dans les palustres, est, aux yeux des Romains, une fièvre de nature continue. Cependant ici encore la vérité est trop palpable pour ne pas arracher de temps en temps de caractéristiques aveux. On cite Galien, au témoignage duquel les fièvres hémitritées ont commencé par se montrer intermittentes à Rome, et ont fini par devenir continues. Le savant professeur que nous critiquons à regret avoue que i’hémitritée est quelquefois intermittente; que beaucoup de médecins la rangent dans cette classe, et que, dans les cas où elle revêt ce caractère, elle est curable par le quinquina, mais que cette substance irrite, offense, enflamme l’estomac quand l’hémitritée est une continue légitime. Enfin les désordres que la prolongation de cette fièvre produit dans l’économie, et qui sont, suivant M. Valentini, les hydropisies, les obstructions, ne témoignent-ils pas encore en faveur de la nature palustre de l’hémitritée?
On a compris que les critiques auxquelles nous nous sommes livré ne rouient pas sur une simple question de nosologie; il s’agit d’un fait pratique capital- : Traiterez-vous telle maladie par le quinquina ou sans son secours , c’est-àdire guérirez-vous ou laisserez- vous mourir ? La question a toute celte haute gravité.
Des éléments morbides. — Des fièvres proportionnées, mixtes ou composées. — Théories relatives aux pernicieuses et aux rémittentes.— Idée de l’École DE Rome sur les fièvres palustres ; traitement. — Ici nous quittons l’ouvrage du savant professeur Valentini pour quelques considérations de pathologie générale, et pour achever de faire connaître la manière dont les fièvres palustres et leur traitement sont compris à Rome.
Nous venons de voir que la fièvre semitertiana est considérée comme un être complexe formé de deux éléments différents, savoir une fièvre rémittente quotidienne non palustre et une intermittente tierce. Cette convergence de plusieurs éléments pour concourir à la formation d’une seule maladie est une doctrine assez répandue dans la pyrétologie romaine : ainsi nous avons le synochus, formé de la synocha et de l’élément typhique, la gastro-nerveuse, etc., etc. Non-seulement les éléments peuvent se combinei-*pour concourir à une formation unique.
(1) Pour Borsierl, c’est le synochus.
mais ils se succèdent les uns aux autres ches le même sujet, qui présente afrns'i successivement des maladies dcgcnorées les unes dans les autres, comme on dît ici, par exemple une gastrique dégénérée en nerveuse, une synocha à laquelle succède un synochus putride, etc., etc. Certes nous sommes loin d’être ennemi delà doctrine des éléments morbides, acceptée dans de justes limites; mais quand nous voyons une école ne faire consister ces éléments que dans des groupes de symptômes, dans des formes, des accidents, des épipliénomènes, nous nous retirons immédiatement , de peur qu’on nous accuse de partager de telles erreurs.
Recherchons ce que la doctrine des éléments a fourni à la pyrétologie des affections palustres. A notre sens, les pyrexies palustres peuvent se diviser en trois grandes catégories, au point de vue qui nous occupe : 1® les unes sont simples et ne s’accompagnent que des symptômes qui caractérisent normalement leurs stades ; si quelques épiphénomènes différents interviennent, ils sont sans importance comme sans gravité ; 2® les autres marchent avec des phénomènes insolites, souvent des plus graves, tantôt purement fonctionnels, tantôt ayant leur point de départ dans des organes attaqués matérieliement : ces phénomènes ont pris naissance sous l’influence de la üèvre palustre ; selon les cas, ils disparaissent avec elle ou lui survivent plus ou moins ; 3° enfin il est des lièvres qui se développent parallèlement et contemporainement à une autre affection non palustre, et ayant conséquemment une origine spéciale et une individualité indépendante. Dans les fièvres de la seconde espèce, le traitement des accidents a sans doute son importance ; mais elle n’est que secondaire, subordonnée, et le plus souvent les phénomènes s’évanouissent d’eux-mêmes, quand le spécifique a eu raison de la fièvre. Mais il n’en est pas de même dans les pyrexies de la troisième classe : ici il y a deux maladies; il faut deux traitements. La nécessité de cette double thérapeutique a été reconnue déjà par Torti dans ces sortes de fièvres, qu'il nomme proportionnées. Borsieri admet aussi des proportionnées, encore appelées mixtes ou composées. Leur existence nous parait en effet hors de doute, et l’on a pu remarquer, dans l’histoire médicale des années 1849 et 1850, que nous n’étions pas bien loin d’admettre la combinaison des -deux éléments palustre et typhique.
M. Minzi, qui est peut-être le seul continuateur de Torti, à Rome, admet également les fièvres mixtes ou composées, et attache une importance majeure à leur diagnostic; cette importance n’est pas exagéré; il est du plus haut intérêt de savoir si le quinquina sufllra à lui seul, ou si un autre traitement devra être employé parallèlement. Ce diagnostic est plein de difficultés, mais le médecin de l’hôpital des Marals-Pontins croit avoir résolu le problème à l’aide des signes suivants : Si la maladie dont on cherche la nature, s'accompagne d’urines troubles rouges, briquetées; si la pression de la main éveille de la douleur dans la colonne vertébrale; si les gencives sont bordées d’un liséré rouge, c’est une lièvre palustre simple; si, à de tels signes, se joint la blancheur des gencive=,, semblable
à la teinte qu’on aurait obtenue par la cautérisation à l'aiiie du nitrate d’argent, un élément étranger s'cst adjoint à l’élément palustre; enûn, dans les pyrexies non palustres, ces trois signes, qui accompagnent les lièvres de marais n’existent pas, mais on observe la bandelette nacrée dont nous venons de parler. Malheureusement ces signes n’ont ni l’importance ni la valeur que leur attribue M. Minzi.
La doctrine des omopathies du célèbre professeur Puccinotti se rattache, sous certains rapports, à l’étude des proportionnées (1). Les lièvres pernicieuses et rémittentes, comme les comprend le savant professeur de Pise, tiendraient le milieu entre les lièvres simples légitimes et les proportionnées, ces affections palustres n’étant pas compliquées d’une maladie d’origine différente et marchant parallèlement, mais d’une maladie qui, tout en se développant sous l’influence de la fièvre même, acquerrait une individualité à part, et réclamerait un traitement spécial contemporain delà médication quinique. En deux mots, Puccinotti pense que, dans ces fièvres, surtout dans les pernicieuses, ce que nous appefons les accidents se transforme toujours en une véritable affection à part. Cetle transformation, nous l’admettons dans un certain nombre de cas, mais certes pas dans tous-, c’est d’après ces principes que nous avons assis notre thérapeutique, bien différente, selon que {'accident reste un parasite dont la vie est liée à celle de la fièvre-mère, ou qu’il acquiert une existence indépendante.
Puccinotti attribue, dans un passage, les types qui s’éloignent de l'intermittence pure à une omopathie. Pour lui, les pernicieuses, les rémittentes, les subcontinues sont donc toujours complexes. Le résultat de cette manière de voir , c’est la dualité du traitement; mais l’importance attachée à la thérapeutique, de la forme ou de la complication, ne lui fait pas négliger d’administrer immédiatement le sulfate de quinine, ce en quoi il diffère de l’école romaine, au grand bénéfice du malade.
A notre avis, la vérité est facile à démêler ; une véritable complication ayant son individualité à soi, demande un traitement spécial; un symptôme même, malgré sa dépendance, appelle quelques moyens thérapeutiques, s’il est alarmant; mais, dans les autres circonstances, le traitement quinique emporte la maladie mère et ses épiphénomènes. Telle est, à notre sens, la saine manière de voir, celle qui dicte la thérapeutique la plus utile.
En Algérie, nombre de praticiens sont tombés dans l’excès opposé à celui de Puccinotti; le quinquina résume toute leur thérapeutique dans les fièvres pernicieuses (2).
La doctrine des omopatliies appliquée aux fièvres rémittentes est comme un
(1) Puccinotti, Stoiua delle febbri intermittent! di Roma. Cet ouvrage, œuvre capitale et très-remarquable , en est à sa sixième ou septième édition.
(2) Entre autres, M. Gourand, auteur d’un bon livre intitulé : Études sur LES fièvres intermittentes pernicieuses. Minzi professe les mêmes principes.
échelon intermédiaire entre deux autres doctrines, ainsi que nous allons le voir.
M. Maillot fait résider la réinittence, ou plutôt l’entretien d’un certain mouvement fébrile pendant le cours des lièvres intermittenles, dans une inflammation, dans une Irritation. Son livre, qui tuait Broussais en Algérie, lui faisait donc cependant une dernière concession. Bufalini est également porté à penser que, dans la rémittence, c'est un élément sthénique qui empêche l’apyrexie de se prononcer franchement.
Depuis M. Maillot, les dernières racines des idées de Broussais ont été peu à peu extirpées. Aujourd’hui, en effet, la rémittence est mise à peu près uniquement sur le compte d'un degré d’empoisonnement plus intense que celui qui produit l’intermittence ; on nie trop le rôle des complications, après l’avoir démesurément exalté. Dans notre lettre consacrée à la fièvre gastro-rhumatique des Romains, nous exposerons nos opinions à ce sujet, ainsi que les faits sur lesquels nous nous appuyons. En, deux mots, nous confessons que l’intensité de l’intoxication éloigne, en effet, le type de l’intermittence pour le rapprocher de la continuité ; mais nous soutenons que, dans beaucoup de cas, c’est l’adjonction d’autres éléments de nature diverse qui donne de la rémittence à une simple lièvre intermittente. Le double traitement quinique et évacuant qu’on dirige en Algérie contre les fièvres rémittentes gastriques prouve bien qu’on admet implicitement un autre élément et que l’on compte avec lui.
A Rome, on en est encore au point où nous nous trouvions en Afrique il y a vingt ans, lorsque nous prîmes possession de cette colonie. Le brownisrae à l’envers de Rasori et de Thomasini, fait voir paitout la diathèse sthénique, l’irritation, l’inflammation; les fièvres rémittentes sont le produit de cet élément; aussi est-il question de saignées, de sangsues, de légers purgatifs, d’adoucissants, mais non pas de quinquina. Bien plus, quand l’intermittence est si nette, si franche qu’on ne peut la nier, si l’affection s’accompagne d’épiphénomèms nés de la cause palustre même, on les met sur le compte d’un élément sthénique, on crie à l’inflammation, et, sous prétexte de dégager, de simplifier la lièvre avant de l’attaquer par son spécifique, on laisse la maladie se prolonger indéfiniment, quand elle ne se termine pas trop tôt par la mort du sujet.
Le sulfate de quinine est considéré comme un médicament tout ù fait dangereux et incendiaire, tant qu’on n’a pas extirpé les dernières racines de cette diathèse sthénique (t). Aussi s’amuse-t-on pendant des semaines aux adoucissants,
(I) Luigi Melaxa (A.vnali MEDico-ciimuacici, juin 1 8 U, p. i G), pour transiger avec la nécessité et avec la théorie, a rangé, comme le font beaucoup d’autres en Halle, le sulfate de quinine parmi les hyposthénisants, et trouve son équivalent dans la saignée! ! Quoi qu’il en soit de la singularilé du raisonnement, toujours est-il que les deux Melaxa ont fait les plus louables efforts pour réhabiliter le quinquina à Rome; mats on n’n pas suivi leurs trace». Les professeurs et les in-
ani laxatifs, aux antiphlogistiques. Tous les jours, dans les mains des médecin? français, de Minzi, de Puccinotli, tous ces symptômes si redoutés, le délire, l'agitation, les douleurs, la fièvre ardente, s’anéantissent comme par enchantement sous Tirifluence du sulfate de quinine donné d’emblée, et aidé souvent d’un traitement concomitant énergique, par exemple d’un vomi-purgatif ; ces leçons sont perdues. Aussi les fièvres deviennent-elles ce qu’on pourrait appeler chroniques; la putridité, l’étiit typhoïde, les désordres nerveux les compliquent alors, et les prolongent indéfiniment.
Nous avons recueilli les aveux du professeur Valentini, avouant que, dans telle fièvre continue, la maladie débute quelquefois ou se termine par une intermittence franche, et déclarant que, dans ces cas, on doit recourir au quinquina. Mais cette manifestation de l’intermittence et le succès du fébrifuge ne lui fournissent aucune induction, ne font naître aucun soupçon dans son esprit. Il était pourtant bien naturel de se dire entre ces fièvres qui débutent ou qui finissent par une intermittence pure, et ces autres de la même espèce qui restent rémittentes pendant tout leur cours, il y a une foule de degrés dans lesquels l’intermittence domine sur la rémittence et vice oersâ; la maladie ne serait-elle donc pas la même au fond, malgré ces variétés infinies et ces nuances dans la forme et dans le type?
11 est bien rare qu’au sein même des erreurs les plus enracinées et les plus répandues, quelques voix isolées ne s’élèvent pas contre les croyances générales. Nous avons vu les protestations de Minzi, franches et décidées, mais en même temps mesurées et scientifiques. Malgré les services réels qu’ont rendus les docteurs Uffreduzzi et Pagani, ils ne méritent pas les mêmes éloges. Ce dernier classe dans les fièvres de miasme les intermittentes, les pernicieuses, les nerveuses, les gastriques bilieuses, les putrides malignes, les ataxiques, les adynamiques, les méningo-gastriques, les. gastro-entériques, les dothinentériques et les méningiques (i). Le docteur Uffreduzzi a fait un grand éclat à Rome par son
ternes du grand hôpital Saint-Esprit nous disaient dernièrement, terriûés encore par ce souvenir, avoir vu des médecins militaires français faire prendre, en une seule fois un gramme de sulfate de quinine, ce qui a brûlé les entrailles de nos malades et a produit les diarrhées et les dyssenteries qui ont fait nombre de victimes la première année de l’occupation. Malheureusement pour cette assertion, les mêmes faits se sont reproduits en 1850 et en 1851, et ces années ont été remarquables par la bénignité et presque par l’absence d’affections gastrointestinales. Quant à la prise d’un gramme en une seule fois, elle était nécessitée par l’incapacité des infirmiers et par le défaut desurveillance. Mieux valait faire prendre une forte dose d’un seul coup que de s’exposer à ce que les trois quarts n’en fussent pas ingérés.
(I) Pagani. SroniA ni u.na grave febbre nervosa curata pei. n’ Pagani se- CONRO r.A MtnvA noTTRiNA DI G. UFEREmizr.y. Macerata. 1851.
traitement des fièvres dites nerveuses, à l’aide de doses énormes de sulfate de, <iulnlne (1). La vieille école, habituée à n’employer dans ces sraves afiTections que les antiphlogistiques, les purgatifs et autres moyens non spécifiques, crie à l’hérésie, à l’énormité, à la monstruosité, voire môme à l’homicide; UffrediiMl continueàpublierdes faits de quasi-résurrection. Mais letort de ce dernier consiste à administrer le sulfate de quinine dans toutes les fièvres dites nerveuses, groupe hétérogène comprenant des fièvres palustres et des affections de toute autre nature. C’est ici une affaire de diagnostic, c’est-à-dire une affaire inconnue à Rome. La méthode nouvelle, comme l’appelle son auteur, est loin de mériter cette qualification; depuis longues années, nous l’employons en Algérie, mais en nous basant sur un diagnostic précis : parmi les fièvres qui s’accompagnent de grands désordres nerveux (fièvre nerveuse des Romains), nous n’attaquons avec le sulfate de quinine que celles qui sont palustres.
Notre pratique, en Algérie, a été désastreuse pendant plusieurs années; les médecins militaires le confessent hautement. La prééminence du traitement en vigueur aujourd’hui est prouvée par les résultats les plus évidents. Notre thérapeutique d’alors était pire encore que la méthode romaine, en ce sens que nous redoutions ces purgatifs incendiaires, huile jetée dans le feu du tube gastro-intestinal envahi par une phlogose qu’on voyait partout. Bien heureusement, dans le fouilli d’erreurs deThomasini s’est trouvé un principe thérapeutique d’une utile application. Les purgatifs légers, au lieu d’élredesirritants, sontdes contro-stimulants, des lénilifs, des rafraîchissants, des émollients^ L’école actuelle a conservé, ces principes; il n’est pas rare qu’on fasse prendre dix à vingt laxatifs dans le cours d’une maladie de quelques septénaires. Comme on voit presque partout la diathfse sthénique, on administre des purgatifs dans presque toutes les affections. Sur 10 maladies prises au hasard dans la pratique romaine, je ne sais si on en trouverait une seule traitée sans évacuants. A la moindre indisposition, au premierraalaise, vite unpurgatif. Beaucoup de personnes en prennent à titre de préservatif. Rafraîchir, purger et saigner, telle est l’indication presque universelie. La thérapeutique romaine marche presque de pair, pour la simplification, avec celle de Broussais.
Autant les médecins de Rome sont prodigues do purgatifs légers (casse, tamarir, sulfate de soude ou de magnésie, petites doses d’huile de ricin), autant ils ledoutent les vomitifs en général et les purgatifs un peu énergiques. Oans les fièvres rémittentes avec embarras gastrique et état bilieux, nous faisons communément disparaitre ces complications en deux jours, grâce à la potion suivante : ipécacuanha, i gramme, et tartre stibié, 6 centigrammes, ou encore : ipéca et calomel, 1 gramme de chaque. Ces prescriptions paraissent des monstruosités à nos
(1) Par exemple, Ui grains en un jour, et 432 grains dans un septénaire. IIffredii7,7.i. Casi becenti ni feobbi neovose; in ConaispoNnENSA scient, in Roma . (8.S1.
confrères de Rome, qui, devant les mêmes maladies, procèdent timidement par des laxatifs répétés trois, quatre et cinq jours de suite, sanc avoir Jamais recours au vomi-purgatif énergique qui produit une substitution et une perturbation si utiles, et abrège de moitié la durée de l’affection.
P. S . Nous finirons comme nous avons commencé, par une protestation d’estime pour le professeur que la force des choses nous a porté nécessairement à critiquer; c’est précisément parce qu’il est un des plus illustres représentants de l’école, parce que son livre est classique à Rome; en un mot, c’est à cause du mérite de l’homme et de la réputation de l’œuvre, que la critique a dû le choisir entre tous les autres. Eu nous plaçant au point de vue romain, nous n’eussions trouvé qu’un tribut d’éloges à lui donner ; mais en le considérant, lui et l’école, depuis une autre sphère, notre rôle s’est changé du tout au tout.