ALBANI
Et la forêt s’éveille, et les prés sont remplis
De murmures juyeux et d’ailes qui palpitent : J ] ;
Des appels frémissants se croisent'et s’invitent,
De la cimc du chêne aux corolles des lis.
Puis, les accents discrets et la chanson vibrante,
Mariant à l’envi leurs sons mélodieux,
Remplissent l’air limpide : — orgue mystérieux
Où le souffle de Dieu lui-même passe et chante.
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Et pourtant, au-dessus de ce suprême vol
De trémolos, planant dans la clarté sereine,
On peut entendre encor la note souveraine
Que jette aux bois émus le chant du rossignol.
Telle, ô diva,ta voix aux ondes éclatantes,
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Dane l’essor éperdu de ses accents vainqueurs,
Au-dessus de l’ensemble harmonieux des chœurs,
Sous son charme retient les foules haletantes.
De même qu’un brillant collier dont le fil d’or
Se dénoue en laissant tomber ses perles fines,
Ta voix sème dans l’air ses notes cristallines,
Et tu ne chantes plus que l’on t’écoute encor.