‹ Mélanges (volume 2)Chapitre 41 sur 54 · M'ie d'Haussonville, convertie depuis au catholicisme · texte numérisé non relu

M'ie d'Haussonville, convertie depuis au catholicisme

2. « Quand on vous poursuivra dans une ville, fujez dans l'autre (Matth., X, 23),

^. Athanase, traité De fug a.

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qui arriva. Avisés par de faux frères, les émissaires de Raoul Rigault se présentent à la maison de Sainte-Anne. N'y trouvant plus l'otage illustre, ils s'emparèrent de l'otage obscur. L'abbé Planchât est traîné en prison. Encore quelques semaines, et le saint prêtre, l'ami des pauvres, tombera parmi tant de nobles victimes le long du mur de la rue Haxo.

L'abbé de Broglie avait pu gagner Versailles. Il ignora, jusqu'à l'entrée des troupes dans Paris, le sort de son confrère. Tout l'autorisait à croire qu'il le retrouverait au milieu de ses enfants, lorsqu'il apprit à la fois son arrestation et son martyre.

A Versailles, Paul de Broglie n'avait pas de ministère : il sut s'en créer un en s'occupant des soldats ; il suivit, comme aumôniervolontaire, l'armée assiégeante et entra, avec elle dans Paris. L'œuvre de Gharonne avait perdu l'un de ses deux apôtres; c'était pour le survivant un motif nouveau de s'y attacher. Il s'y dévoua pendant deux années encore, jusqu'à épuiser sa santé. En outre, sa charité légendaire, sa notoriété, la fortune qu'on lui attribuait, son impuissance à se défendre, son peu d'aptitude à discerner les vrais pauvres des intrigants, tout concourait à rendre sa tâche chaque jour plus lourde. II était comme submergé dans cet océan de misères réelles et feintes. La Société des Frères de Saint-Vincent de Paul avait donné un successeur à l'abbé Planchât. Il était temps que l'autorité ecclésiastique intervînt pour ouvrir à l'activité de l'abbé de Broglie un nouveau champ d'action où ses dons intellectuels trouvassent leur emploi. Ce fut alors que j'eus avec M'"® de Staël l'entretien mentionna plus haut. Appelé moi-même depuis quelques m.ois pnr M^'^Guibert à faire partie de son administration diocésaine, je signalai la situation au vénérable archevêque. Une occasion s'offrit bientôt d'y pourvoir. Le département de la

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Seine, qui, jusque-là, avait recruté ses instituteurs parmi les candidats volontaires munis du brevet, venait de décider la création d'une école normale et d'acquérir, pour l'y installer, le beau collège fondé par l'abbé Levêque, à Auteuil. Dans une autre partie de cette vaste propriété on avait ouvert une école municipale supérieure, conforme au type de la célèbre école Turgot et qui reçut le nom à' Ecole Jean-Baptiste Say. Placée sous l'habile direction d'un pédagogue renommé, M-^Marguerin, celle-ci devint bientôt florissante. L'abbé de Broglie fut nommé en d873 aumônier des deux établissements. Les cours de religion qu'il professait à l'École municipale lui fournirent l'occasion de révéler son talent, fait de clarté et de précision, M. Marguerinenfut si frappé, qu'il voulut conserver pour l'avenir un enseignement aussi précieux ettitautographier les leçons de l'aumônier. La renommée s'en répandit au dehors, et, plus tard, 1 éminent directeur du collège Stanislas, le regretté abbé de Lagarde, eut recours à l'ancien aumônier d'Auteuil pour dresser un programme complet d'instruction religieuse adapté à renseignement des classes de grammaire, des classes d'humanité et des cours de l'Ecole préparatoire.

Le ministère de l'abbé de Broglie rencontra plus de difficultés à l'Ecole normale. Une certaine défiance des élèves l'accueillit au début. Cette disposition céda bientôt à la franche cordialité du prêtre et de l'ami qui s'intéressait à leurs études, à leur avenir, entrait dans leurs préoccupations, les consolait dans leurs peines. Mais l'administration n'avait pas eu ici la main aussi heureuse qu'à l'École voisine, dans le choix du directeur. M Menu de Saint-Mesmin fut accusé de complicité dans les malversations d'un économe, poursuivi avec celui-ci et condamné, par le tribunal correctionnel, à deux ans de prison,peine à laquelle il put se soustraire en passant la f ron-

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