L'Église romaine et la Révoluiion
On est donc fondé à traiter celles-ci chimériques.
La question serait mieux posée si l'on se bornait à dire que le Concordat fut une nécessité transitoire ; qu'après avoir assuré, pendant p"és de cent ans, des rapports tolérables entre les deux pouvoirs, il ne répond plus aux besoins de l'heure présente, et que le moment est venu de liquider l'association par une transaction équitable. Le jour où l'Etat français se montrera disposé à entrer dans cette voie, il est probable qu'il trouvera le Saint- Siège prêt à écouter ses propositions. Une rente inscrite au Grand-Livre pour une somme inférieure à l'allocation actuelle du budget; l'abandon d'une partie du revenu servant de rachat à l'entière liberté de l'Église dans le choix de ses pasteurs, dans l'administration des fabriques et le gouvernement intérieur des personnes et des choses sacrées ; enfin une loi sur les personnes morales qui rendrait possible la propriété ecclésiastique sous la protection du droit commun, telles sont les données essentielles qui sembleraient pouvoir servir de base à un nouveau règlement d'intérêts. Rien ne fait prévoir qu'un tel arrangement soit possible d'ici à longtemps. Demander à l'Église de renoncer, sans ces garanties, aux avantages qu'elle possède et qu'on lui fait payer si cher, serait l'engager à jouer bénévolement un rôle de dupe. On la dépouillerait sans l'affranchir. Voilà pourquoi c'est encore parler à la légère que d'inscrire la rupture du Concordat au programme de la a conversion de l'Église ».
Et puis, n'est-ce pas se flatter étrangement que d'asseoir sur un changement de régime extérieur tout l'espoir d'une rénovation spirituelle? Les conditions matérielles ne jouent qu'un rôle secondaire dans une œuvre morale de cette importance. De fait, l'Église, depuis l'origine, a passé par toutes les phases des relations possibles avec la puissance séculière ; aujourd'hui même, elle les expéri-